Le bac, et après ? Entrer à l’université, intégrer une grande école, tenter une formation hors Parcoursup, viser une licence, un cursus « niveau bachelor », un BTS, un BUT, un titre professionnel du répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), un DipViGrL (diplôme visé conférant le grade de licence), un Master ou un Mastère (attention, l’accent grave et le « e »final font toute la différence : le premier est un diplôme national d’État, le second un label proposé par certains établissements) ?
Avant de te lancer dans des études, il y a tout un tas d’acronymes, d’appellations et de sigles à savoir décoder. Il suffit de parcourir un Salon de l’Étudiant fourmillant d’écoles en tout genre pour se rendre compte que l’orientation post-bac est en soi une course d’orientation – ou plutôt une course d’obstacles, tant les embûches sont nombreuses depuis l’essor, ces dix dernières années, du secteur de l’enseignement privé supérieur à but lucratif (on dit « privé », mais c’est bien souvent surtout « opaque »).
Une enquête du magazine d’actualité Enquêtes de région t’aide à te repérer dans le labyrinthe de l’enseignement supérieur pour éviter les arnaques et frapper aux bonnes portes.
On s’est inscrites pour passer un Bachelor immobilier, mais l’école proposait en fait, sous un nom trompeur, un « Titre professionnel » [...] qui équivaut à un bac +2, alors qu’on avait déjà tous un bac +2. C’est un gros business, les écoles privées [...], il y en a qui en profitent pour faire de l’argent et il n’y a pas de contrôle...
Agnès Villar et Manon Tordjman, anciennes étudiantes ESO – École supérieure occitane
La rentrée dernière, 3 millions de bacheliers se sont lancés dans des études supérieures. C’est vertigineux : depuis les années 1960, la population étudiante a été multiplié par neuf. Tant mieux, ça prouve un certain niveau de compétence. Problème : mal préparée et faiblement accompagnée par les pouvoirs publics, cette hausse pèse sur l’encadrement même des jeunes bacheliers. Aujourd’hui, un étudiant sur quatre est inscrit dans le privé. Il y a seulement dix ans, c’était un étudiant sur douze. L’université et les traditionnelles écoles de commerce et d’ingénieurs se sont ainsi laissé distancer par des groupes privés, souvent soutenus par de puissants fonds d’investissements qui, favorisés notamment par la loi du 5 septembre 2018 (pour la liberté de choisir son avenir professionnel), voient dans l’enseignement supérieur un marché à conquérir, un nouvel eldorado dont tirer des (juteux) profits, sur le dos même de leurs clients-étudiants.
Conséquence : les écoles, instituts et formations diverses pullulent plus vite que l’État n’est capable de les contrôler et de les réguler, les frais de scolarité sont exorbitants, les pratiques abusives, les diplômes pas toujours reconnus et les programmes parfois à la limite de l’escroquerie.
On ne peut pas contrôler toutes les écoles, tant il y en a qui s’ouvrent. [...] L’État régule ce qu’il lui est possible de réguler, à savoir l’ouverture des écoles, mais il faut savoir que l’enseignement libre, c’est quelque chose qui existe et qui est de plein droit et c’est la raison pour laquelle les démarches doivent être faites par les familles pour vérifier la validité des diplômes délivrés.
Véronique Dominguez-Guillaume, rectrice déléguée pour l’Enseignement supérieur, la Recherche et l’Innovation, Occitanie
Étudier, mais à quel prix ? Dans ce magazine proposé par ICI Occitanie, l’enseignement supérieur est passé au crible. Comment démêler le bon du mauvais, parmi les formations post-bac ? Quels sont les pièges à éviter ? Que faut-il penser des séances de coaching scolaire ? L’alternance, longtemps présentée comme une excellente filière pour réussir ses études et trouver un emploi, est-elle, justement, encore une bonne alternative ?
Les journalistes Anne-Sophie Mandrou et Nicolas Albrand parcourent la région à la rencontre d’étudiants, de chercheurs, de responsables d’écoles, et au-delà du seul cas de l’Occitanie, dressent un tableau des dérives du secteur.
Une enquête édifiante, à l’heure où l’Assemblée nationale s’apprête à examiner (à l’automne) le projet de loi relatif à la régulation de l’enseignement supérieur privé.
L’enseignement supérieur en chiffres
- 3,01 millions d’étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur
- 1 étudiant sur 4 (26,5 %) est inscrit dans un établissement privé d’enseignement supérieur
- De 2010 à 2022, les inscriptions d’étudiants dans le secteur privé ont augmenté de 72 % (contre 11 % dans le public)
[Sources : ministère de l’Enseignement supérieur]
Pour en savoir plus, regarde « L’après-bac : un diplôme à tout prix ? » 👇





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