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La guerre des robots

L’IA révolutionne le domaine militaire et le maintien de l’ordre. Déjà autonomes, les machines bientôt prendront des décisions, promettant de limiter les erreurs humaines, de rendre les combats moins meurtriers ou de prévenir l’éclatement de nouvelles guerres. Mais qui les contrôlera dans un monde où la démocratie perd chaque jour du terrain ? Dans ce documentaire, des experts en robotique nous alertent sur les dangers qui nous guettent.

  • « Robots tueurs, des armes aux mains de l’IA ».
  • © DR

Le drone Koub-BLA, commercialisé par l’entreprise russe ZALA, est un petit engin furtif d’un peu plus d’un mètre d’envergure. Cette « munition rôdeuse » (3 kg d’explosif embarqué), dirigée par une IA, survole une zone donnée le temps de détecter sa cible... sur laquelle elle s’écrase. C’est aussi simple que cela et c’est pourtant vertigineux. Car, bientôt, de tels appareils, dits systèmes d’armes létales autonomes (SALA), pourront opérer sans intervention humaine et sous la forme d’essaims.

L’IA est potentiellement aussi dangereuse que les armes nucléaires... C’est le multimilliardaire d’extrême droite Elon Musk – lui-même l’un des acteurs dans le domaine de l’intelligence artificielle – qui l’affirme. Et rien ne dit qu’il s’en désole. Certes, le bonhomme fait volontiers dans l’outrance, pour ne pas dire plus. Mais, sur ce point, il n’est pas certain qu’il exagère énormément. On ne parle pas seulement de puissance de destruction mais aussi de prolifération. Drones kamikazes, chiens-robots démineurs ou patrouilleurs, ciblage par reconnaissance faciale ou dômes de défense antiaérienne : de la science-fiction ? Non, cet arsenal est en train d’être déployé par les armées ou les forces de maintien de l’ordre du monde entier.

L’IA, à vrai dire, n’est pas une technologie particulière mais une avancée technologique susceptible d’affecter sans retour tous les domaines. Si les États européens ont d’abord – et avec raison – pointé ses répercussions sur l’économie, les marchés de l’emploi ou les politiques sociales, d’autres, notamment les États-Unis, y ont vu tout de suite une question de politique de sécurité. Pandémies, troubles sociaux, tentatives d’ingérence étrangère, traque des opposants politiques ou des migrants…, l’IA se nourrit de tout ce qui travaille aujourd’hui les sociétés autoritaires ou les démocraties défaillantes.

À ce titre, elle est en train de révolutionner la pratique de la guerre. Et pas en bien, on s’en doute. Des experts à travers le monde tentent d’alerter sur les risques de perdre le contrôle. Mais feront-ils le poids face à l’industrie de l’armement qui prospère grâce à la multiplication de nouveaux conflits ? Pour ses partisans, l’IA permettrait rien de moins que rendre la guerre plus propre (ben voyons) et plus... humaine (!), et surtout de résoudre un dilemme qui se pose à chaque État : réduire les pertes humaines de soldats (de plus en plus difficiles à faire accepter aux opinions occidentales) tout en poursuivant et en atteignant des buts militaires. Les voix critiques, elles, dénoncent un processus insidieux qui relègue l’humain au second plan.

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« Robots tueurs, des armes aux mains de l’IA ».
© DR

Ce qu’on recherche désormais, ce sont des machines plus rapides, plus précises, plus efficaces mais surtout capables de raisonner (si on ose dire), d’apprendre sans notre supervision et de prendre des décisions « adaptées ». Déjà, les défenses aériennes, tels le fameux Dôme de fer israélien ou son équivalent américain, ne laissent à l’opérateur humain que la seule possibilité de désactiver le système en cas de doute. Mais qui doute d’un algorithme ? Quant aux drones d’attaque, ils accomplissent déjà, en Ukraine ou à Gaza, le plus gros de leurs missions de façon autonome.

De nombreux États démocratiques affichent encore quelques réticences. Mais participent néanmoins au mouvement, persuadés que tout retard les rendrait vulnérables. Quel sera le prix à payer ? En attendant des législations internationales plus strictes – qui vaudront ce que valent les législations –, il est difficile, on le sait, de doter les machines d’une morale et de notions d’éthique. Et leurs victimes civiles, elles, ne sont pas près d’être remplacées par des robots...

« Robots tueurs, des armes aux mains de l’IA » : à voir ici 👇
 

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Publié le 25 juin 2026
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