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Enquête sur des dérives sectaires

Le féminin sacré attire de plus en plus de femmes qui, face à des douleurs longtemps restées sans réponse, se tournent vers les réseaux sociaux et des pratiques alternatives. La journaliste Astrig Agopian mène une enquête sur cette mouvance entre quête de sens, réappropriation du corps et dérives de certains acteurs. Un documentaire qui interroge notre rapport à la santé, au bien-être et à notre vulnérabilité face aux nouvelles formes d’influence.

  • « Féminin sacré ».
  • © Slash

Derrière les rituels, les cercles de lune, les bains sacrés, je sens qu’il y a un truc qui cloche...

Astrig Agopian, journaliste

Ce film est un documentaire d’investigation à deux voix : celles de Nadège, réalisatrice, et de la journaliste Astrig. Celle-ci souffre de douleurs menstruelles invalidantes. Faute de diagnostic et de réponses médicales, elle se tourne vers les réseaux sociaux. 
Au fil de ses recherches, elle découvre le féminin sacré, une mouvance en plein essor qui invite les femmes à se reconnecter à leur corps, à leur cycle et à leur spiritualité.

« Le féminin sacré, explique la réalisatrice Nadège Justinian, c’est un courant spirituel qui regroupe plein de croyances et de pratiques différentes autour d’une idée centrale : la femme détiendrait un pouvoir sacré et divin qu’il faudrait libérer. Et le centre de ce pouvoir se trouverait dans notre utérus. Oui, oui, vous avez bien entendu... »

Les deux jeunes femmes décident de filmer la progression d’Astrig dans cet univers parallèle. Car ce qui s’annonçait comme une alternative à la médecine – 87 % du territoire français est classé en désert médical –, et même comme une source de guérison, va s’avérer beaucoup plus dangereux. Derrière les rituels et les promesses de sororité se cache un monde de dérives sectaires et d’emprise psychologique. 

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Astrig, dans un cercle de femmes.
© Slash


Le film explore ce moment précis, lorsque la santé mentale ou physique vacille, lorsqu’une brèche s’entrouvre dans le réel, juste assez grande pour laisser entrer ce qui était jusqu’alors impensable : le besoin de l’irrationnel, du sacré, du magique, de l’invisible.

Sans fracas, sans que cela paraisse suspect à leurs proches, ces femmes glissent progressivement vers un nouvel imaginaire : les séances de breathwork cosmique, les cérémonies pour Marie-Madeleine, l’utérus érigé en matrice universelle, l’apparition subtile d’une guide et de rituels… qui prennent de plus en plus de place.

Ce que découvre aussi la réalisatrice, « c’est que le féminin sacré est un business plutôt juteux ». Entre stages et formations à prix exhorbitants ou pyramide de Ponzi, les adeptes – aux revenus le plus souvent précaires – y ont laissé des plumes : « J’ai honte de m’être fait avoir », témoigne Maëlle.

Une prof de yoga a conseillé à des personnes : « Si un jour vous avez un cancer : mettez-vous un œuf de yoni, buvez du jus cru et n’allez pas chez le médecin. » Donc c’est juste un conseil qui fait mourir les gens.

Alessia, 28 ans, dont sept ans de féminin sacré

Plus grave, « ces personnes qui accompagnent des stages, explique Elisabeth Feytit, spécialiste du New Age, n’ont pas de formation de psychologue ou de psychiatre ». Or, lors de ces rituels, il n’est pas rare que ces femmes vulnérables connaissent des crises de pleurs ou entrent dans des formes de transe : un « état de conscience modifié », bien connu des psychiatres.

« C’est un des moments les plus intenses de ma vie », témoigne Clémence, maman d’une petite fille de 9 ans. Pourtant, il s’avérera qu’elle a vécu une crise psychotique. Pour Kaya, qui ne sait pas encore qu’elle souffre de troubles bipolaires, l’expérience est traumatisante : « Ce genre d’activation est super dangereuse car ça nous fait partir plus loin que loin. »
Clémence en est sûre : « Je pense sincèrement que si je n’avais pas eu ces garde-fou avec ma fille, je serais peut-être morte. »

Pour regarder « Féminin sacré », c’est ici 👇
 

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Publié le 10 septembre 2026
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