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« Miles Davis - 100 ans d'avance », cinq albums cultes revisités en cinq lives cultes

À l'occasion du centième anniversaire du trompettiste, la nouvelle génération (Erik Truffaz, Avishai Cohen, Yazz Ahmed, Hermon Mehari, Emma-Jean Thackray) s'empare de son œuvre et revisite cinq de ses albums cultes.

  • « Miles Davis - 100 ans d'avance »
  • © Oléo films

Il disait voir des couleurs quand il entendait de la musique (attention minute culturelle : cette faculté à percevoir simultanément des sens normalement distincts se nomme « synesthésie »). Miles Davis (1926-1991), génial compositeur (entre autres) du révolutionnaire Kind of Blue en 1959 (littéralement « une sorte de bleu », quelque chose comme un monochrome d'Yves Klein avant l'heure), jouait donc comme un peintre (qu'il était, par ailleurs). Autrement dit, il œuvrait par touches discrètes, à-plats et dégradés. Il ne pensait pas gammes et harmonies, mais paysages et abstraction, couleurs et proportions. 

 La véritable musique est le silence et toutes les notes ne font qu'encadrer ce silence.

 Miles Davis

Trompettiste à la sonorité unique, immédiatement reconnaissable (avec ce grain fragile et tendu, loin des démonstrations de virtuosité de certains solistes de son temps), il maîtrisait toute une palette de nuances et de styles, qu'il mettait au service d'un art en perpétuelle évolution. Pas étonnant qu'il fut surnommé le « Picasso du jazz » : comme le maître catalan, il a su non seulement devancer toutes les tendances, mais également les transcender et les sublimer. En 67 albums studio et 57 albums live, il a traversé le siècle, accompagnant et donnant naissance (tout autant que leurs lettres de noblesse) à des styles comme le cool, le hard bop, le jazz modal, le jazz fusion, ainsi que, dans ses derniers albums, le hip-hop (il est d'ailleurs un des musiciens les plus samplés au monde : de Jay-Z à Cypress Hill, du Wu-Tang Clan à Akhenaton). 
Pour fêter le centenaire de sa naissance et donner à entendre la formidable actualité de sa musique et son influence sur toute une génération de musiciens, la plateforme france.tv a demandé à cinq artistes contemporains (d'Erik Truffaz à Avishai Cohen en passant par Emma-Jean Thackray) de revisiter cinq des albums cultes de Miles Davis en cinq concerts déjà cultes. Résultat : cinq films musicaux inédits, véritables bulles d'émotions captées dans le cocon du Studio de l'Ermitage à Paris. 

« Miles Davis, 100 ans d'avance » : cinq albums cultes revisités en cinq concerts cultes

  • Kind of Blue (1959) par Hermon Mehari
    Avec des tubes comme So What, All Blues ou Flamenco Sketches, c'est probablement l’un des albums de jazz les plus célèbres au monde, le premier chef-d'œuvre de Miles Davis en tout cas. Avec son quintette (l'immense John Coltrane au saxophone), le trompettiste rebat les cartes de l'improvisation, tout en sensibilité, échos et minimalisme. Passé la frénésie be-bop de ses débuts, Miles Davis invente là une certaine idée de l'épure. 
    Kind of Blue est réinterprété par le trompettiste Hermon Mehari accompagné de Billy Mohler à la contrebasse, Jonathan Pinson à la batterie, Francesco Bigoni au saxophone et Tony Tixier au piano.
  • Sketches of Spain (1960) par Erik Truffaz
    Changement de registre avec ce disque suivant. Avec la complicité de Gil Evans, Miles Davis dirige un important effectif de cuivres et de bois, une harpe et une ribambelle de percussions, pour une relecture originale de la musique traditionnelle espagnole. Moins d'improvisation, plus de ritournelles accrocheuses, mais toujours une poignante sensibilité mélancolique : l'album idéal pour découvrir Miles.
    Erik Truffaz, accompagné d’Antonio Lizana, signe cette réédition en y apportant un souffle méditerranéen aux sonorités espagnoles aux côtés d’Ana Perez à la danse, Renaud Gabriel Pion à la clarinette, au cor anglais et aux arrangements, Pau Figueres à la guitare flamenca, Arin Keshishi à la basse électrique, Manuel de la Torre à la batterie et Vincent Thomas aux percussions.
  • Bitches Brew (1970) par Yazz Ahmed
    L'album de la rupture : fini contrebasse et piano, Miles Davis introduit des instruments électriques (basse, claviers, percussions) et va même jusqu'à brancher sa trompette pour recréer tout son univers sonore dans un album-concept totalement psychédélique et halluciné (certifié Disque d'or en 1973), qui contribue à l'émergence du jazz-rock.
    La compositrice et trompettiste Yazz Ahmed propose une nouvelle version de cet album novateur, entourée de Samuel Hällkvist à la guitare, Jason Singh au beatbox organique, Rod Youngs à la batterie, Alcyona Mick aux claviers et Rosa Brunello à la basse.
  • A Tribute to Jack Johnson (1971) par Avishai Cohen
    Composé en hommage à Jack Johnson, le boxeur qui divisa les États-Unis pour avoir été, en 1910, le premier Afro-Américain champion du monde des poids lourds, l'album orchestre une détonnante collision entre jazz, rock et funk, comme une certaine idée du chaos et du métissage. 
    Avishai Cohen le revisite aux côtés d’Uzi Ramirez à la guitare électrique, Yonathan Albalak à la basse électrique, Aviv Cohen à la batterie et Ziv Ravitz à la batterie et aux effets.
  • Tutu (1986) par Emma-Jean Thackray
    L'album de la renaissance : après des années de silence, marquées par des crises existentielles et des problèmes de santé, Miles Davis revient sur le devant de la scène. S'entourant du bassiste et arrangeur Marcus Miller, il crée un mélange unique de pop et jazz qui redéfinit rien de moins que le son des années 1980. 
    Tutu est repris par Emma-Jean Thackray avec Lyle Barton aux claviers, Matthew Gedrych à la basse et Dougal Taylor à la batterie. 

Regarde « Miles Davis - 100 ans d'avance » sur france.tv👇

Publié le 08 juillet 2026
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