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« Méduses, les souveraines des océans » : alerte à la gélification !

Pollution, surpêche, effondrement de certaines espèces aquatiques, explosion du transport maritime et dérèglement climatique menacent les océans, bref, ça va mal. Pas pour tout le monde, cependant. Les méduses, elles, vont bien, même très bien : elles s’adaptent, elles profitent, elles prospèrent et pourraient étendre leur domination sur toutes les mers du globe.

  • « Méduses, les souveraines des océans ».

Il est difficile de ne pas se laisser prendre à la beauté et à l’élégance – parfois à couper le souffle – de ces translucides voiliers sous-marins. Et de ne pas se laisser tromper par l’extrême simplicité et l’impression de fragilité de ces êtres gélatineux dépourvus de squelette et de cerveau, composés d’un unique sac gastrique ouvert par une bouche faisant également fonction d’anus et prolongé par des tentacules. Les cnidaires (ou Cnidaria) sont là depuis 650 millions d’années et ont vu apparaître les poissons et disparaître les dinosaures. Leur quasi-perfection leur a permis de conquérir toutes les mers.

Tout chez la méduse est extraordinaire. De ses tentacules tapissés de milliers de cellules pourvues de petits harpons venimeux jusqu’à ses rhopalies, ces organes sensoriels lui permettant de capter l’intensité lumineuse, de goûter l’eau ou de se repérer dans l’espace, en passant par son mode de reproduction qui lui fait alterner la forme de polype (une sorte d’anémone de mer) capable de se cloner et celle de méduse, qui elle-même engendrera de nouveaux polypes...

Alors que tant d’espèces animales et végétales n’ont guère à se féliciter de leur fréquentation de l’homme, pour Aurelia aurita (la méduse commune) ou ses milliers de cousines connues, ça va, merci. Jetées, marinas, ports, bouées, plateformes..., toutes les structures solides construites dans l’océan par les humains sont autant de surfaces qui permettent aux polypes de se développer et d’attendre, parfois des années, le moment de répandre de nouvelles populations de méduses. Mieux : les immenses navires marchands venus de la côté est des États-Unis ont transporté depuis une vingtaine d’années Mnemiopsis leidyi (un cténophore, pas un cnidaire, mais pas si loin) qui n’en finit pas de coloniser la Méditerranée : hermaphrodite, il est capable de s’auto-régénérer, il mange dix fois son poids en une journée et rétrécit jusqu’à sa taille juvénile quand il est privé d’alimentation. Bref, il est quasiment immortel.

Mieux encore (et elle est sans doute là, la morale de l’histoire) : en Namibie, après l’effondrement de la population de sardines dû à la surpêche, au début des années 1970, les méduses se sont engouffrées dans la niche écologique ainsi ouverte et ont prospéré de façon inédite grâce au plancton désormais à leur disposition, bouleversant toute la chaîne alimentaire. Résultat : des effets désastreux aujourd’hui sur les colonies de pingouins, d’otaries à fourrure et d’oiseaux marins.

Le danger aujourd’hui porte un nom : la gélification des océans. L’heure de la domination des méduses a-t-elle sonné ? Menacera-t-elle l’espèce humaine qui l’a en grande partie rendue possible ?

« Méduses, les souveraines des océans », en partenariat avec Arte, est à voir ici 👇🏼

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Publié le 15 octobre 2026
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