Depuis toujours l’être humain cherche à accélérer les choses.
Avec l’invention de la roue, de la locomotive ou de l’avion, les lieux se sont rapprochés, bouleversant notre rapport au temps et à l’espace. Pour te donner une image de cette évolution, c’est comme si, depuis le XVIIIe siècle, le monde avait rétréci pour faire 1/60 de sa taille.
Du transport à la production, en passant par la communication, l’accélération de notre société se confond ainsi avec l’histoire de la modernité. Mais alors, si nous gagnons du temps, pourquoi en manque-t-on aujourd’hui ?
Et figure-toi que la réponse est plutôt simple. Si, si ! Et elle tient même en une phrase : la croissance dépasse l’accélération. En bref, même si nous voyageons, communiquons et produisons plus vite aujourd’hui, nous perdons du temps car nous voyageons, communiquons et consommons davantage. Tu suis toujours ?
Des racines historiques à notre manque de temps ?
Pour la philosophe sociale Marianne Gronemeyer, notre manque de temps aurait des racines historiques. Et c’est le choc médiéval provoqué par la peste noire qui aurait radicalement changé notre rapport au temps et à la vie.
« La vie devient une simple parenthèse prise en étau entre la naissance et la mort. Une parenthèse chroniquement trop courte. » Autrement dit, on passe du royaume infini de Dieu à l’étincelle furtive de la vie. Et c’est de cette raréfaction du temps que nait justement le concept d’accélération.
Et aujourd’hui plus personne n’échappe à l’essor des technologies de communication. On reste joignable en permanence dans un environnement où la distraction est, elle aussi, omniprésente. Mais ce flot d’infos toujours plus important nous impose, sans en avoir l’air, une pression pour suivre le rythme effréné de notre époque. C’est notamment le cas des ados qui, pour rester à la page, consomment toujours plus de contenus, toujours, toujours plus vite, en passant trois à quatre heures par jour sur leur smartphone. Une course qui a aussi des effets délétères sur notre temps d’attention sur un écran (47 secondes aujourd’hui !).
Tu l’auras compris, si l’accélération peut améliorer notre quotidien, elle peut se révéler néfaste quand elle mène à l’aliénation.
Pour Hartmut Rosa, sociologue et philosophe allemand, « nous ne résoudrons pas le problème de l’accélération en modifiant notre gestion du temps mais en entrant dans un échange vivant avec le monde ». C’est ce qu’on appelle « la résonance ».
En bref, il s’agit de s’ouvrir aux choses pour interagir avec elles et accepter qu’elles nous touchent. Que ce soit lors d’une conversation avec un ami, face à un paysage, un livre, un film…
Alors que nous sommes désormais connectés au monde entier, le défi serait donc de taille : comment être à la fois présent dans le monde numérique et le monde réel ?
L’idéal serait d’apprendre à utiliser la technologie pour amplifier nos propres capacités. Et, de manière plus consciente, en se demandant, le temps d’une pause, ce que nous allons vraiment chercher…
Pour voir le documentaire, c’est par ici 👇🏼
En partenariat avec Arte












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