Michael Jackson lui doit les arrangements de ses trois premiers albums : Off the Wall, Thriller et Bad, qui se sont vendus à plusieurs millions d’exemplaires et dont 17 titres se sont hissés dans le Top 10.
Trompettiste, arrangeur, producteur, compositeur et réalisateur, Quincy Jones a traversé les courants musicaux depuis les années 1950, a collaboré avec les plus grands artistes et a remporté 28 Grammy Awards.
Ma plus grande récompense, c’est quand on a la chair de poule lorsqu’on joue un morceau enregistré quinze ans plus tôt et qu’on a les mêmes frissons qu’à l’époque où il a été enregistré pour la première fois.
Quincy Jones
Qu’est-ce qu’il avait de plus que les autres ? « Un son, des premières mesures qui accrochent immédiatement, un swing obsessionnel, une façon de convoquer le corps entier… cette énergie très jazz, lascive, chaloupée, qui génère un groove immédiat, diaboliquement efficace. »
Dans ce documentaire d’Olivier Lemaire, raconté par MC Solaar, on découvre l’histoire d’un enfant né dans la misère, élevé par son père et sa grand-mère dans la banlieue de Chicago.
Lorsque, à 12 ans, il déménage à Seattle, Quincy Jones découvre le piano et fait la connaissance de Ray Charles. À 15 ans, il prend des cours de trompette ; à 18 ans, il est engagé dans un orchestre de jazz et recruté par la diva Dinah Washington pour les arrangements de son premier album. Il commence à voyager et rencontre Astor Piazzolla, Lalo Schifrin, João Gilberto et Antonio Carlos Jobim.
En 1957, il est appelé par la femme d’Eddie Barclay et découvre en France une vie sans ségrégation raciale. Il y passera cinq ans, y suivra les cours de Nadia Boulanger – l’un des professeurs de musique les plus influents de cette époque et qui deviendra la première cheffe d’orchestre du New York Philharmonic – et s’immergera dans la vie nocturne du Paris de Saint-Germain-des-Prés : « J’ai toujours eu un amour insensé pour la France. » Mais la tournée avec le big band qu’il a créé le conduit au bord du gouffre financier, et de la dépression.
Il rentrera aux États-Unis pour devenir directeur musical, puis vice-président de Mercury Records. Et commencera bientôt une carrière de compositeur de musiques de films. Il ne cessera dès lors d’enchaîner les succès, d’attirer les plus grandes stars de la musique et d’accompagner les tournants musicaux à chaque décennie, jusqu’à favoriser l’émergence des rappeurs : « Il n’y aurait pas Snoop Dog s’il n’y avait pas eu Quincy Jones, lui déclarera Snoop Dog. On te remercie d’être qui tu es. »
Jusqu’à présent, je n’ai pas trouvé d’expérience plus plaisante que de passer deux, trois nuits devant une page blanche ou une partition, et tenter alors d’imaginer et d’entendre le son de l’orchestre qui se trouvait dans ta tête. Et de coucher sur le papier le son que tu imaginais, pour chaque instrument. Lorsque enfin tu te retrouves face à ton orchestre et que tu entends les premières notes, il n’y a rien de comparable.
Quincy Jones











