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« On les appelle samouraïs » : derrière le cliché hémoglobine-katana-bushido

Le créateur de contenus Benjamin Brillaud, alias « Nota Bene », part au Japon sur les traces des samouraïs. L’occasion de brasser mille ans d’histoire et de faire la part des choses entre mythe et réalité.

  • « On les appelle samouraïs ».
  • © TSVP - Tournez S’il Vous Plaît

Armure en fer, masque grimaçant, sabre tranchant et code d’honneur à toute épreuve : les samouraïs, figures légendaires de l’histoire japonaise, charrient tout un imaginaire hérité de la culture populaire. Et pourtant, la réalité de ces guerriers de l’époque féodale est bien différente de celle forgée par la trilogie « hémoglobine-katana-bushido ». 
Si toi aussi, tu en est resté aux clichés véhiculés par les films de chanbara, par le jeu vidéo Sekiro ou par Tom Cruise dans Le Dernier Samouraï, ce documentaire concocté par Benjamin Brillaud, alias « Nota Bene », est pour toi. 

Voyage initiatique sur les traces des samouraïs

Avec ses talents de conteur, son érudition gourmande et son goût pour la pop culture, le youtubeur spécialisé en histoire (qui, avec 2,7 millions d’abonnés, est le créateur de contenus historiques le plus suivi de France) parcourt le Japon, sur les traces des samouraïs et t’aide à démêler l’histoire de la légende. 
Du sanctuaire d’Omishima à l’ancienne école de samouraïs de Matsushiro, des palais de Kakegawa aux champs de bataille de Nagashino, il remonte le fil de près de mille ans d’histoire japonaise et confronte les idées reçues aux découvertes des historiens et éclaire autrement la naissance, l’essor, la disparition de ces guerriers médiévaux et l’instrumentalisation de leur histoire dans le Japon moderne. 

Les 7 (idées reçues sur les) samouraïs

 

1. Le guerrier solitaire

Petits rappels linguistiques et historiques pour déconstruire le cliché du guerrier solitaire. Dérivant du verbe saburai, samouraï signifie « se tient auprès [d’un supérieur] pour le servir », d’après la définition de Nathalie Kouamé dans 80 mots du Japon (éd. L’Asiathèque). 
Apparus à l’âge d’or du Japon impérial, à l’époque Heian (IXe siècle), les samouraïs sont en fait des gardes professionnels, élite militaire au service de l’empereur et de la cour impériale. 
C’est à partir des guerres civiles secouant le pays du XIIe au XVIe siècle qu’est instauré le « shogunat » : l’empereur n’a plus alors qu’une fonction spirituelle, tandis que le « shogun », chef militaire suprême, détient le pouvoir politique. Sous ses ordres, les samouraïs se constituent en classe dominante, instruite et raffinée. 
Seul le ronin, littéralement « celui qui fluctue », est un samouraï sans maître.

2. L’éternel combattant

Durant la période Edo (de 1603 à 1868), deux siècles de paix intérieure et de repli diplomatique, les samouraïs se fixent en caste héréditaire, troquant l’armure pour la toge, et deviennent administrateurs, bureaucrates, magistrats ou comptables au service de leur clan.

3. La fin des samouraïs

En  1868, la « restauration » met fin au shogunat pour rétablir le pouvoir direct de l’empereur Meiji, ce qui conduit à l’abolition du système féodal médiéval. C’est la fin « officielle » des samouraïs. Cependant, beaucoup d’entre eux intègrent l’élite politique et industrielle et contribuent à l’édification du Japon moderne. 

4. L’inséparable katana

Si le samouraï allie raffinement et arts de la guerre, son fameux « katana », sabre long, au maniement complexe, n’était pas son arme principale, contrairement à ce qu’en a retenu l’imagerie populaire. En effet, les samouraïs étaient principalement des archers équestres utilisant un arc traditionnel, le « yumi », de plus de deux mètres, et au galop qui plus est !

5. Le bushido

Même si la supposée fidélité des samouraïs au « bushido » a inspiré quelques-uns des plus beaux films japonais (notamment Contes cruels du bushido de Tadashi Imai ou Les Sept Samouraïs d’Akira Kurosawa) ou américains (Ghost Dog de Jim Jarmusch), ce fameux « code d’honneur » prônant soumission absolue au maître, absence de peur face à la mort et discipline de fer n’a que peu de réalité historique. Il correspond plutôt à une relecture moderne idéalisée, popularisée bien après l’âge d’or des samouraïs, notamment à la fin du XIXe siècle pour exalter le nationalisme japonais. Les valeurs, certes, ont existé, mais n’ont pas empêché trahisons et retournements d’alliance. 

6. Le seppuku plutôt que le déshonneur

De même, l’idée qu’un samouraï vaincu, plutôt que de vivre dans le déshonneur, aurait préféré se donner la mort (le fameux suicide rituel « seppuku », vulgarisé sous le terme « hara-kiri ») a été largement amplifiée, voire romantisée, notamment par une vision occidentale héritée du choc des premiers missionnaires européens du XVIe siècle.

7. Une affaire d’hommes

Les femmes de la classe guerrière, appelées « onna-musha », occupaient une place méconnue dans l’histoire féodale japonaise. En l’absence des hommes, c’est elles qui, maniant la « naginata » (hallebarde) ou le poignard, défendaient le foyer, le domaine ou le château.

Regarde « On les appelle samouraïs » sur france.tv👇

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Publié le 28 septembre 2026
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