C’est une carrière prestigieuse et atypique. Entrée à 14 ans à l’École de danse de l’Opéra de Paris, la jeune Landaise intègre le corps de ballet en 2002. Mais elle n’y est pas heureuse : si son talent lui permet d’interpréter des premiers rôles, elle échoue régulièrement aux concours internes qui pourraient la promouvoir « première danseuse » et « étoile ». En 2013, elle fait ses valises, répondant à l’appel de l’ancien danseur et chorégraphe islandais Helgi Tomasson, alors à la tête du San Francisco Ballet, qui la nomme « principal dancer » et lui ouvre – enfin – une carrière à sa mesure. Dix ans plus tard, son jeune enfant sous le bras, nouveau déménagement. Elle rentre chez elle et devient unique danseuse étoile au Ballet de l’Opéra de Bordeaux. Patatras ! Dès les premières répétitions, elle se blesse gravement au genou...
Ce n’est pas la première blessure. Mais, à l’approche de la quarantaine, c’est le genre de déboire qui sonne généralement la fin de la partie. Malgré la discipline de vie et l’entraînement de fer (ou peut-être à cause), le corps n’en peut plus. L’étoile se souvient du regard qu’elle portait vingt-cinq ans plus tôt sur les danseuses de 40 ans. « Cuites ! »
Mais Mathilde Froustey n’est pas cuite. Et l’on suit l’athlète obstinée et dure à la douleur de rendez-vous médicaux en répétitions jusqu’au retour sur scène (dans le Notre-Dame de Paris de Roland Petit) qui, pour certains, tient du miracle. La mère célibataire est tout de même parfois prise de doutes. A-t-elle eu raison de quitter le San Francisco Ballet en pleine gloire pour revenir vivre près de sa famille ? A-t-elle le droit d’éloigner son fils de son père (qui vit aux États-Unis) ? Et après ? En attendant – s’il lui reste trois ans, peut-être cinq –, elle veut danser jusqu’au bout.
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