La France comme le reste du monde connaît le réchauffement climatique, la montée des eaux et bientôt un épuisement des ressources naturelles… La litanie ambiante alimente la peur de demain pour toutes les générations. Et plus encore, elle profite d’une culture collective puissante : la science-fiction, où le monde de demain se conçoit post-apocalyptique.
Et si on se trompait ? Et si penser la France de demain ne nous menait pas à la fin de notre histoire mais au contraire au début d’une nouvelle histoire ?
Pour le savoir… il faut faire un voyage à travers la France de 2100 à la recherche de ce qui pourrait changer en Normandie et dans le Pas-de-Calais avec la montée des eaux.
Comment pourrions-nous réinventer notre agriculture dans la Beauce, nous adapter à la fonte des glaciers alpins et vivre avec l’aridification en Occitanie.
Ou encore comment pourrions-nous repenser nos villes, de Paris à Chartres ou encore Marseille.
Et découvrir ce que sera notre mobilité demain pour imaginer ce que deviendront nos si chères voitures et nos avions… La France de nos enfants et de nos petits-enfants.
France, il était une fois demain est un voyage imaginaire mais documenté, basé sur les travaux d’un corpus d’experts pour se redonner envie de demain.
Ce film repose sur la synthèse des connaissances de quarante-trois experts issus de toutes les disciplines et dont les compétences, incontestables, sont réunies pour la première fois.
Michael Pitiot

C’est l’histoire d’un voyage en France en 2100 qui commencerait sur les côtes de la Normandie. Cette région, exposée à la montée des eaux, nous mènera à choisir entre élever des digues toujours plus hautes ou au contraire nous adapter à un nouveau tracé côtier.
Plus au nord, dans le marais Audomarois, entre Saint-Omer et Dunkerque, la montée des eaux pourrait même redessiner un tout autre Pas-de-Calais et l’on y vivrait une expérience différente mais plaisante entre terre et mer.
Vivre plus proche des éléments naturels pour demain est un défi. Notre société actuelle est au contraire tournée vers la technologie, au point que même notre agriculture est industrielle ! Or, on sait désormais que ce modèle ne résistera pas à un changement climatique et l’on cherche dans la science et la technologie des solutions pour demain. Et si la solution n’était pas tout simplement de redonner des arbres à nos paysages et une place à nos paysans en revenant à l’agroforesterie ? Cette méthode ancestrale associe les arbres et les champs, elle préserve la ressource en eau, un enjeu d’autant plus pressant que le réchauffement climatique annonce la fin des glaciers permanents dans les Alpes notamment.
Avec la fin des neiges éternelles, le Rhône mais surtout l’Occitanie pourrait devenir en été une zone semi-aride. Serons-nous condamnés à vivre dans des biosphères climatisées, coupées du monde ? Peut-être pas. Il existe de nombreuses réponses pour adapter à la chaleur notre agriculture et nos villes comme par exemple Carcassonne.

Et du fait de l’action combinée du climat et de la montée des eaux, la Camargue pourrait devenir une mangrove. On appelle ce phénomène la tropicalisation de la France.
En 2100, les orangers pousseraient en pleine terre au château de Chambord ! Ces changements n’ont rien d’exceptionnel dans la nature, qui est en perpétuelle évolution. Au fond, c’est plutôt nous qui avons de la peine à accepter que notre monde change.
Notre monde est complexe et fragile à la fois, car dépendant du pétrole.
C’est dans nos grandes villes comme Paris qu’on le perçoit le mieux. Vivre ici nécessite toujours plus de ressources pour construire et se déplacer sans cesse. L’étalement urbain montre déjà ses limites. Alors à quoi ressemblera l’Île-de-France demain quand on sait que la voiture est au cœur de nos vies, que même l’Arc de triomphe est devenu un rond-point routier ? Tout d’abord, la fin du pétrole signifiera moins de voitures et la conversion de nombreuses routes en zones vertes. Des milliers d’hectares pourraient même devenir des parcelles agricoles comme les Champs-Élysées et le Champ-de-Mars à Paris. Végétaliser permettrait de protéger la ville du changement climatique. On s’y déplacerait différemment, sans pétrole, et l’immense agglomération d’Île-de-France pourrait voir sa taille se réduire et ses habitants choisir de vivre à nouveau dans les villes moyennes de France.

La fin du pétrole pourrait en réalité donner à la France un autre visage favorisant la proximité et la qualité de vie. De même en 2100, la production et la circulation des biens à travers le monde ne sera plus la même, en particulier pour le textile qui en France pourrait voir un retour à des fibres naturelles locales comme le lin.
On resterait mobile grâce à un réseau ferroviaire redéployé dans le pays. Avec moins de route, on pourrait préserver des espaces sauvages pour favoriser la biodiversité française. Le parc automobile serait à recycler en de plus petits véhicules sans doute ultralégers pour être économes car l’énergie de demain se fera nucléaire, solaire, à hydrogène ou électrique mais surtout elle appellera à la sobriété. De fait nos avions voleront moins nombreux dans notre ciel et pour les longues distances ; en 2100, on leur préférera peut-être le voyage en mer.
Difficile de prédire à quoi ressemblera la France demain sans être prophétique mais ne pas chercher à l’imaginer est pire encore. Car il est temps de faire des choix.
Un autre monde est possible.
Il a peut-être même déjà commencé.
La suite dépend de nous…

Quelques exemples
Carcassonne
Vivre à Carcassonne en 2100 pourrait se révéler assez simple. À condition de renoncer à tout climatiser. Ce qui changera en premier sera la rivière. L’Aude connaîtra de longues périodes sèches pendant l’été, faute de neige et de pluie. Il faudrait alors favoriser la végétation urbaine pour retenir l’eau et faire de l’ombre dans les rues. La ville prendrait l’allure d’une oasis !
Des doubles toitures et des terrasses végétalisées pourraient protéger les maisons du rayonnement. Ces techniques anciennes ne seraient pas les seules. Les maisons pourraient être équipées de vitrages à haute technicité, peut-être à énergie positive.
La technologie ne sera pas absente. Mais c’est dans nos modes de vie qu’il faudra chercher des solutions. Carcassonne a 3000 ans et n’a jamais cessé d’évoluer.
Ce patrimoine, c’est notre histoire, on aura à cœur de le conserver. Alors, pour les années à venir, vivre ici nous demandera de nous adapter au climat plutôt que de lutter contre lui.
Les champs de blé de la Beauce
La Beauce est la région céréalière la plus connue de France. Ici l’agro-industrie a imprimé sa marque partout dans le paysage. Pour faire passer nos machines, on a effacé les forêts, nivelé la terre. C’est l’origine même du mot paysage. En travaillant la terre, on a rendu le « pays sage ». Notre agriculture est sous contrôle. Dans nos moissonneuses, les ordinateurs pilotent les semis et les coupes. Mais le climat, lui, nous échappe.
Et si la révolution agricole de demain n’était pas tout simplement de redonner une place à nos paysans et des arbres à nos paysages ? Ce qui pourrait nous sauver, serait… de replanter des arbres dans nos champs. Cette pratique s’appelle l’agroforesterie. L’ombre des arbres protège les parcelles du rayonnement solaire. Et leur feuillage aide à conserver l’humidité de l’air. C’est une solution naturelle pour réduire l’évaporation du sol.
La mangrove de La Grande-Motte
Les immeubles de La Grande-Motte émergeraient d’un océan de verdure : la mangrove de Camargue… La fameuse station balnéaire de l’Hérault, qui doit son style aux pyramides précolombiennes du Mexique, prendrait un air de cité perdue au cœur de la jungle. Une mangrove, par son réseau de racines, a le pouvoir de ralentir l’érosion des côtes. Demain, ces arbres pourraient préserver la Camargue tout entière de la submersion. Et nous, on pourrait fêter ce cadeau naturel…

Biographie de Michael Ptiot
Michael Pitiot tourne ses premiers reportages à 21 ans entre Zaïre et Rwanda puis s’installe en Asie pour la télévision du Vietnam. Il a 30 ans quand il rentre en France après deux ans d’expédition à bord d’une jonque chinoise baptisée Sao Mai avec un équipage de 30 volontaires de tous les horizons. Il réalise à cette occasion un premier long-métrage, L’Odyssée de Sao Mai, diffusé par France 2, et publie deux récits sur cette aventure.
Il repart ensuite autour de l’Afrique avec le grand reporter Arnaud de La Grange et un équipage de douze écrivains parmi lesquels Erik Orsenna, J. M. G. Le Clézio ou encore Jean-Christophe Rufin pour réaliser la série documentaire Portes d’Afrique diffusée par Arte, puis tourne un road-movie en Super 8 à travers l’ex-Empire soviétique qui le mène en Afghanistan, réalise un documentaire sur l’histoire oubliée des poilus d’Alaska en 1915 et peu après écrit les scénarios d’une série en bande dessinée parue chez Casterman.
Dans le même temps, il tourne au pôle nord l’aventure Tara Arctic, navire scientifique dérivant sur la banquise pour étudier le climat, puis réalise pour France Télévisions la série documentaire scientifique Tara Oceans, révélant un monde marin inconnu. Il rencontre le photographe Yann Arthus-Bertrand pour lequel il réalise Planète Océan, long-métrage documentaire primé sur l’homme et l’océan, suivi de six autres, Méditerranée, qui traite des civilisations humaines, L’Algérie vue du ciel, Le Maroc vu du ciel, puis le long-métrage documentaire Terra, plaidoyer en faveur du respect de la vie sur Terre. Michael Pitiot réalise L’Égypte vue du ciel et co-écrit le projet Legacy, puis réalise le long-métrage France, une histoire d’amour, avec lequel il rend hommage à dix ans de travail avec Yann Arthus-Bertrand. Dans le même temps, il dirige France, le fabuleux voyage et s’intéresse à des innovations réservées au cinéma pour franchir la barrière du temps.
Michael Pitiot enquête depuis six ans sur l’éco-terrorisme et se consacre à l’écriture d’un long-métrage de fiction.
France, il était une fois demain
Suivi de « France 2100, le pourquoi du comment »

Documentaire (inédit – 82 min – 2025) – Un film de Michael Pitiot – Narration Stéphane Varupenne de la Comédie-Française – Production Les Bons Clients, avec la participation de France Télévisions et de Ushuaïa TV
France, il était une fois demain est diffusé sur France 2
Disponible dès le vendredi 23 janvier sur france.tv