Le thon d’Ôma est réputé dans le monde entier. Ici, on grandit avec cette fierté depuis tout petit.
Hoshi Minami, patron pêcheur
C’est un poisson hors norme, à la chair rouge, victime autrefois de surpêche, dont les plus beaux spécimens peuvent se vendre à prix d’or. Il faut pour s’en convaincre partir dans l’hémisphère Sud et faire escale au nord du Japon. Depuis le village d’Ôma, sur l’île de Honshū, emboîter le pas de pêcheurs traditionnels, pour tenter de capturer à leurs côtés l’un de ces mastodontes des mers. Le capitaine et son second, frères dans la vie, sont devenus quasiment des légendes depuis qu’ils partagent leur quotidien, et surtout leurs prises, dans une émission de téléréalité. Diego Buñuel a eu le privilège de prendre place sur leur bateau, à taille humaine, pour découvrir ce quotidien dicté par la saisonnalité du poisson roi.
On veut bien t’emmener, mais attention, deux choses importantes : d’abord, pas certain du tout qu’on trouve du thon. Et ensuite, il faut que tu nous obéisses au doigt et à l’œil. Bien respecter nos consignes parce que la mer est dangereuse ici. Tu devras mettre un gilet de sauvetage.
Hoshi Minami à Diego Buñuel
De la mer à l’assiette, il y a un marché. Le plus grand au monde se trouve à Tokyo. Chaque jour, à Toyosu, des centaines de thons frais ou congelés sont vendus. Il suffit de s’y rendre, ne serait-ce qu’une fois, pour mesurer l’attrait, vorace, pour ce poisson. « Il est cinq heures du matin, précise Diego Buñuel en regardant sa montre. Dans quelques instants va commencer la grande vente aux enchères des thons. C’est ici que les plus grands chefs du pays, les chefs sushis, viennent s’approvisionner avec la meilleur chair, le meilleur poisson au monde. » En 2019, un spécimen de 278 kilogrammes s’y est vendu à près de 3 millions d’euros. Cette manne sortie tout droit de la mer qui faillit bien disparaître doit sa survie à des quotas. « Dis-moi, demande Diego à Hoshi, est-ce que cette pêche industrielle avec ces gros bateaux autour de nous crée un danger pour la ressource ? – Oui, c’est un problème, lui explique-t-il, tu as raison et d’ailleurs, c’est une pression sur la ressource, donc on est obligés de mettre des quotas et cela fonctionne, les thons sont là. Après, moi, je ne m’occupe pas de ce que font les autres pêcheurs, cela ne me regarde pas, j’essaye juste de faire mon métier de la meilleure façon possible. »
Le thon rouge est l’un des poissons les plus précieux du marché mondial. Prisé pour sa chair rouge vif et sa forte teneur en graisse, il est au cœur de la gastronomie japonaise, où il est transformé en sushi et sashimi de luxe. Le Japon absorbe à lui seul environ 80 % du thon rouge pêché dans le monde, et la concurrence pour alimenter ce marché est féroce.
« Le Figaro nautisme », 4 janvier 2026
Thalassa, aventures extrêmes : Japon, à la poursuite du thon rouge
Dans le détroit de Tsugaru, au nord du Japon, Diego Buñuel nous emmène à Ôma, village mythique, où se joue chaque hiver une pêche hors norme : celle du « maguro », le thon rouge géant du Pacifique. Aux côtés des frères Minami, pêcheurs artisans, devenus légendes locales, Diego Buñuel nous fera plonger au cœur d’une tradition rude et millimétrée. Entre nuits glaciales en mer, prières au temple et course contre la montre vers Tokyo, le thon devient bien plus qu’un poisson : un symbole. Un voyage spectaculaire, humain et immersif, du bateau de pêche aux enchères du plus grand marché aux poissons du monde de Toyosu, jusqu’aux cuisines d’un maître sushi étoilé. Une aventure extraordinaire et sensible sur un trésor marin, entre passion, économie, transmission et préservation des océans.
Magazine (52 min – 2025 – inédit) – Présentation Diego Buñuel – Réalisation David Geoffrion et Diego Buñuel – Rédacteurs en chef Agnès Gardet et Jérôme Laurent – Grand reporter Véronique Veber – Production France TV Studio et France Télévisions
Ce magazine est diffusé lundi 9 mars à 21.05 sur France 5
Thalassa, aventures extrêmes : Japon, à la poursuite du thon rouge est à voir et revoir sur france.tv
