À Marseille, au lendemain de l’effondrement de deux immeubles dans la rue d’Aubagne, qui a traumatisé toute la ville, Rosa, infirmière bientôt à la retraite et militante écologiste, tente de rassembler les forces politiques de gauche désunies en vue des élections municipales de 2020. Rosa (en référence à Rosa Luxemburg) est d’origine arménienne. Autour d’elle, un père mort qui lui apparaît en rêve, un frère (Antonio, en référence à Gramsci), communiste invétéré, deux fils médecins, Minas (Grégoire Leprince-Ringuet) – sa femme, ses enfants... – et Sarkis (Robinson Stévenin), qui a repris le bistrot paternel, les collègues, les amis, les voisins... On mange les mythiques pâtes aux anchois et aux noix, on se chamaille, on va à la plage... Sarkis présente à sa famille sa fiancée Alice (Lola Naymark), comédienne et activiste qui prépare avec des habitants du quartier la cérémonie d’hommage aux victimes de la rue d’Aubagne. Puis Rosa rencontre Henri (Jean-Pierre Darroussin), le père d’Alice, de passage à Marseille... Et, sans crier gare, arrive l’inattendu.
Sorti sur les écrans en 2023, Et la fête continue ! revisite l’une des grandes trames de l’œuvre de Robert Guédiguian : la chronique sociale de sa ville, inaugurée dès 1981 avec Le Dernier Été. Le réalisateur embarque sa troupe informelle de comédiens fidèles, enrichie au fil des années, rebat les cartes, réattribue les rôles, reprend les thèmes qu’il n’a jamais cessé de traiter et raconte, une fois encore : la solidarité, la vie de quartier, l’identité arménienne, la famille, l’engagement politique, l’amour, Marseille...
Moins sombre et désenchanté que Gloria mundi, cinq ans plus tôt, Et la fête continue ! s’offre comme une sorte de synthèse de l’art de Guédiguian, cette manière d’assumer le mélodrame, d’ancrer la politique dans le quotidien et le familier, de mêler trajectoires individuelles et portraits de groupe, mélancolie et sentiment amoureux. Certes, le monde a changé depuis Marius et Jeannette (1997), et pas en bien, tant de combats ont été perdus et tant de rêves oubliés, mais le titre lui-même, plutôt qu’un appel à l’insouciance et qu’une célébration de la légèreté, peut se lire comme la persistance du lien social, du sens de la lutte, de l’amour, malgré tous les effondrements.

22.50 Marseille, une symphonie urbaine
Dans cette cité façonnée par les migrations et les métissages, les sons racontent des histoires, expriment des identités, libèrent des émotions. Ils s’entrechoquent, se transforment, deviennent une matière vivante qui inspire les musiciens et donne à Marseille son énergie unique. Au fil de ses rencontres – de Massilia Sound System à IAM et la Fonky Family, de Soprano à JUL, en passant par la violoncelliste Nesrine, Titoff, Robert Guédiguian ou encore Kemmler, figure de la scène émergente –, André Manoukian recueille cette matière brute, confiée à Mosimann, qui transforme voix, accents, rires et musiques pour en faire une œuvre : métamorphoser le chaos en harmonie et faire surgir la symphonie urbaine de Marseille. À travers ce voyage sensoriel et profondément humain, le film nous invite à une expérience universelle : et si, pour comprendre une ville, il fallait d’abord réapprendre à écouter… à s’écouter ?
Autour d’André Manoukian et de Mosimann, des artistes marseillais se confient sur les sons de leur ville, des experts offrent leur éclairage : Fred Musa, animateur radio, spécialiste du rap ; Christian Hugonnet, directeur de la Semaine du son à l’Unesco ; Charles Rose, chasseur de sons, spécialiste des sons de notre environnement ; Hughes Kieffer, directeur du festival Jazz des cinq continents ; Sylvie Chokron, neuroscientifique.
Documentaire (2026 – inédit) – Écrit et réalisé par Marie-Claire Margossian – Raconté par André Manoukian – Avec la participation de Mosimann – Production Hokiss Prod – Avec la participation de France Télévisions

Et la fête continue !
Cinéma (102 min –2023) – Réalisation Robert Guédiguian – Production Agat Films & Cie – Coproduction France 3 Cinéma
Avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Lola Naymark, Robinson Stévenin, Gérard Meylan, Grégoire Leprince-Ringuet, Alice Da Luz Gomes...
Diffusion vendredi 1er mai à 21.05 sur France 5
À voir et à revoir pendant 7 jours sur france.tv
