« Glucides » seuls désigne l’ensemble des sucres, à la fois les sucres complexes comme l’amidon et les sucres simples, naturels et ajoutés.
Institut national de la consommation, à propos des étiquettes figurant sur les produits
« Dont sucres » inclut à la fois les sucres naturels et ajoutés.
« Sans sucre » signifie que le produit ne contient pas plus de 0,5 g de sucres pour 100 g ou 100 ml. Mais il peut y avoir des édulcorants.
« Sans sucre ajouté » signifie que seuls les sucres naturels sont inclus.
Le sucre a la capacité de masquer l’acidité, de conserver et de donner de la texture aux aliments. Il peut même faire office de cache-misère lorsque les ingrédients utilisés sont de piètre qualité. Utile au bon fonctionnement de notre corps, il est omniprésent dans notre alimentation. Encore faut-il ne pas le consommer avec excès. N’allez pas imaginer qu’en ayant une prédisposition pour le salé vous échappiez à sa présence dans vos plats ou vos produits préférés.
« Selon une étude de l’Anses de 2024, explique Jamy Gourmaud, 77 % des produits transformés contiennent un ingrédient sucrant ou, selon ses propres termes, “vecteur de goût sucré”. Autrement dit un édulcorant. » En somme, la grande majorité des produits que nous consommons contient sous une forme ou une autre du sucre. Or, par jour, un adulte (qui ne serait pas suivi pour un diabète) ne devrait pas dépasser l’équivalent de 10 morceaux de sucre. Autant dire que cela relève presque de l’exploit.
Pourtant, il est possible d’en limiter la surconsommation, à condition d’éviter les sucreries autant que possible, d’être attentif aux libellés des étiquettes, de se méfier de tous ces mots en « -ose », de prendre le temps de cuisiner (du moins le plus souvent possible). Car, et c’est à prendre en compte, il a été prouvé scientifiquement que « le sucre avait, comme l’explique le neurobiologiste Serge Ahmed, un potentiel addictif qui avait été relativement sous-estimé (…). Quand, par exemple, vous mangez ce plat qui contient du sucre ajouté, quand vous le mangez, il n’y a pas de goût sucré qui domine en bouche, mais néanmoins le sucre qui est ajouté, plusieurs minutes après, va activer ce circuit de la récompense via le petit intestin. À votre insu. Toutes ces activations-là vont agir et vous conduire dans le futur à répéter l’acte de consommation de produits qui contiennent du sucre ajouté. Et quand vous êtes plongé dans un environnement où vous avez du sucre partout, tout le temps, avec le cerveau que nous avons, c’est extrêmement difficile de résister, même avec la meilleure volonté du monde. »
Comme j’ai été addict à la cigarette, je connais très bien le mécanisme de l’addiction, et c’était exactement le même. Je prévoyais mes quantités de nourriture et de sucre avant de partir en week-end, je planquais ça dans mes valises (...). J’allais dire… ça me défonçait. Mais oui, un peu. J’étais vraiment accro au sucre.
Anna Roy, sage-femme et chroniqueuse
Intervenants
Dr Réginald Allouche, médecin et ingénieur biomédical
Christophe Lavelle, biophysicien et spécialiste du goût et de l’alimentation (Muséum national d’histoire naturelle - CNRS Paris)
Anna Roy, sage-femme et chroniqueuse
Serge Ahmed, neurobiologiste (CNRS Bordeaux)
Julie Chenu, diététicienne-nutritionniste
Elhadj Diop, pâtissier « Le Destin du gourmand » (Le Mans)
On a un rapport intime, voire presque génétique avec le sucre. Faut savoir que, quand on est bébé, dans le ventre de sa maman, on déglutit un liquide, le liquide amniotique, qui est légèrement sucré. Donc on est déjà un peu programmé pour aimer cela. Puis, quand on tète le sein de sa mère, si le lait est légèrement sucré, c’est qu’il est bon pour la consommation. Si le lait est acide, le bébé va faire un grimace. Cela veut dire que la maman a une infection.
Dr Réginald Allouche, médecin et ingénieur biomédical
Le Monde de Jamy : Sucre, comment réduire la dose ?
Pourquoi le sucre nous procure-t-il de l’énergie, mais aussi cette sensation de satisfaction immédiate ? Peut-on diminuer la dose sans sacrifier notre plaisir ? Comment nos ancêtres préhistoriques, qui n’avaient pas de sucre sous la main, se procuraient-ils le glucose indispensable à notre survie ? De notre cerveau à notre estomac, Jamy circule à l’intérieur de notre organisme pour nous révéler les pouvoirs insoupçonnés du sucre. Pourquoi est-il si bon marché ? Pâtisseries, conserves, pizzas, pourquoi en retrouve-t-on partout, et même dans les aliments industriels salés ? Des sodas aux plats cuisinés, Jamy établit le classement de ceux qui en contiennent le plus. Le sucre peut même devenir pour certains une drogue. À travers le témoignage d’Anna, qui a pris 58 kg en deux ans, nous découvrons la difficulté à se libérer de cette addiction. Les édulcorants sont-ils la bonne solution ? Sont-ils bons ou mauvais pour notre santé ? Il y a mieux : avec un pâtissier qui a lui-même souffert du diabète, Jamy nous apprend à cuisiner en utilisant le strict minimum de sucre, sans rien sacrifier de la douceur de nos desserts…
Magazine (52 min – 2026 – inédit) – Présentation Jamy Gourmaud – Auteurs Alexandra Combe, François Ducroux et Jamy Gourmaud – Réalisation Alexandra Combe et Mathieu Duboscq – Compositeur Jérémy Raux – Production Elephant et France TV Studio, avec la participation de France Télévisions – Avec le soutien du Centre national du cinéma et de l’image animée
Ce magazine est diffusé lundi 23 mars à 21.05 sur France 5
Le Monde de Jamy : Sucre, comment réduire la dose ? est à voir et revoir sur france.tv
