Un des paradoxes du camping, c’est son origine sociale. (...) Le camping a des origines aristocratiques. C’était de jeunes gentlemen britanniques, des bourgeois allemands qui avaient du temps libre, de l’argent, de la mobilité. Des gens comme ça qui, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, ont inventé le camping comme une forme d’aventure qui leur permettrait de rompre avec leur quotidien de jeunes aristocrates ou bourgeois.
Ivan Jablonka, historien et écrivain
Il y a les irréductibles qui s’y rendent année après année, ceux qui y séjournent ponctuellement et les plus réfractaires qui ne poseraient pour rien au monde leurs valises ou leurs sacs à dos sous une tente, dans une caravane, un chalet, un mobile home, voire un camping-car. Mais qui dit que ces derniers ne se laisseront pas tenter par l’expérience du camping une fois ce documentaire regardé. Parce que, soyons clair, ce 90 minutes réalisé par Sylvain Bergèreet commenté par Karin Viard et Franck Dubosc (l’inoubliable Patrick Chirac dans la trilogie Camping) n’est pas destiné aux seuls amoureux de l’hôtellerie de plein air. Il y a trop à dire et à découvrir sur ce mode de villégiature. Ainsi, saviez-vous qu’au départ le camping était un loisir sportif pour personnes aisées et/ou citadines, quand d’autres y voyaient un moyen de préparer la jeunesse à défendre sa patrie (à l’ère victorienne ou après la Première Guerre mondiale) ? C’est seulement avec les premiers congés payés, en 1936, que le camping se démocratise. « On a découvert que c’était le meilleur mode d’hébergement pour ceux qui découvraient les vacances, la nature, précise Jacques Goût. Et le camping est parti dans un style très différent. Les vacances pour tout le monde (...). Le camping familial est entré dans les mœurs, largement après la Seconde Guerre. » Un phénomène de mode qui s’est peu à peu codifié, légalisé, modernisé. Du camping sauvage, on est passé à l’ère du regroupement dans un espace alloué à cet effet. « Tout le monde va vous dire que ce qu’il aime dans le camping, c’est vivre avec rien, la liberté d’avoir peu de choses. Et en fait les gens sont attachés aux choses qu’ils ont apportées avec eux », explique la journaliste Guillemette Faure. Attachés aussi à ce moment hors du temps où il est possible de se promener du soir au matin en short, maillot de bain et tongs, où les repas ne se prennent pas à heure fixe, où les apéros se partagent et où les parties de pétanque ou de palet se disputent sans ombrage.
Le mot est tellement puissant qu’il va dissimuler à beaucoup de gens ce que vous faites réellement quand vous campez. C’est l’endroit où il n’y a plus de barrières sociales, tout le monde est en maillot de bain et on ne distingue plus l’ouvrier de l’employé.
France Poulain, autrice de « L’Esprit du camping »
Hôtellerie de plein air (campings)
« Les campings sont destinés à l’accueil de tentes, de caravanes, de résidences mobiles de loisirs et d’habitations légères de loisirs. Ils sont constitués d’emplacements nus ou équipés de l’une de ces installations, ainsi que d’équipements communs.
Les hébergements classés sont évalués selon trois grands axes : la qualité de confort, la qualité des services, les bonnes pratiques en matière de respect de l’environnement et d’accueil des clientèles en situation de handicap. »
Source : Insee

En 90 ans, la loi sur les congés payés a profondément transformé la société. Il existe désormais un nouveau moment pour le bonheur : les vacances.
Jean Viard, sociologue, directeur de recherche associé au Cevipof-CNRS (Observatoire Huttopia des vacances, publication mai 2026)
Le Camping, un siècle de bonheur français
Raconté par Franck Dubosc et Karin Viard, ce documentaire célèbre bien plus qu’un mode d’hébergement : un art de vivre. Le camping y apparaît comme un espace de liberté, de convivialité et de brassage social, où se fabriquent les souvenirs d’enfance, les amitiés de toujours et un certain bonheur français. Le film célèbre cette convivialité si particulière et si propre aux Français. Il montre aussi les mutations contemporaines du camping : montée en gamme, villages-clubs, glamping, et tension entre modernité et authenticité.
Documentaire (90 min – 2026 – inédit) – Auteur et réalisateur Sylvain Bergère – Commentaires Franck Dubosc et Karin Viard – Production Siècle Productions, avec la participation de France Télévisions, du Centre National du Cinéma et de l’Image animée, de la RTBF et de Public Sénat
Ce documentaire est diffusé mercredi 24 juin à 21.10 sur France 3
Le Camping, un siècle de bonheur français est à voir et revoir sur france.tv
