« Laissez-vous guider... dans le Paris des Années folles »

Le sens de la fête

France 2

Documentaires

Stéphane Bern et Lorànt Deutsch nous font à nouveau remonter le temps. Destination, cette fois, les éblouissantes et transgressives années 1920 durant lesquelles une France meurtrie tenta d’oublier l’hécatombe de 14-18 en s’étourdissant dans le plaisir, le luxe et les arts. Mardi 2 juin à 21.10 sur France 2.

« Bande-annonce »

Au sortir d’une guerre épouvantable qui a fait en France 1,5 million de morts et près de 2 millions de blessés (10 millions de morts et 8 millions d’invalides dans toute l’Europe), Paris est en effet prise d’une frénésie de fantaisie qui n’a qu’un but : essayer d’oublier l’horreur, les tranchées de Verdun et une absurde boucherie. Années folles... il faut parfois prendre le terme au pied de la lettre tant fleurissent alors les défis les plus absurdes : courses d’hommes-sandwiches, de triporteurs, marathon des as de la picole (400 verres de vin au total), course de voitures au ralenti, descente des escaliers de la tour Eiffel à vélo, rallye automobile au huitième étage d’un immeuble, etc. Explosion du music-hall, apparition du jazz, liberté de mœurs..., en une décennie, la capitale française se tourne définitivement vers la modernité, et la société va s’en trouver profondément et durablement bouleversée. Pour nous faire revivre cette effervescence, mais aussi les lendemains qui bientôt déchanteront, nos deux guides très spéciaux font ressurgir du passé, grâce à la magie de la 3D, quelques lieux emblématiques aujourd’hui disparus.  

Le bal Bullier

Le Paris de l’après-guerre panse ses blessures en se jetant à corps perdu dans la fête. On compte alors plus de 300 bals publics dans la capitale, où l’on vient, après le travail, se rassasier de musique et de danse. Le plus grand et le plus populaire de tous est le bal Bullier, situé en haut célèbre jardin du Luxembourg, non loin du quartier de Montparnasse, au sein d’un îlot de verdure disparu depuis. Véritable institution de la nuit parisienne pouvant accueillir jusqu’à 4 000 personnes, créé en 1847 sous le nom de Closerie des Lilas et reconverti en 1870 en hôpital de fortune pour accueillir les blessés de la guerre franco-prussienne, il est longtemps le rendez-vous incontournable des étudiants du Quartier latin et des grisettes. Après la guerre, il attire une nouvelle clientèle d’artistes et de riches excentriques bien décidés à faire valser les codes et les bonnes manières au cours de fêtes jugées décadentes.

L’ancienne gare Montparnasse

Montparnasse, c’est LE quartier des Années folles à Paris, avec l’ouverture de nombreux cafés et brasseries où se retrouve une jeunesse qui a soif de liberté et se mêle à la bohème cosmopolite des Montparnos : Américains fortunés fuyant la prohibition et la ségrégation raciale américaines, attirés par l’atmosphère festive du quartier, artistes peintres du monde entier (Picasso, Modigliani, Chagall, Foujita...). La célèbre tour Montparnasse, construite à la fin des années 1960, ne fait évidemment pas encore partie du paysage, mais la gare d’alors, construite sous le Second Empire, permet déjà à de très nombreux provinciaux, en particulier des Bretons, de monter à Paris chercher du travail. Ce bâtiment disparu reste célèbre aujourd’hui encore à cause du spectaculaire accident ferroviaire survenu en 1895 (une locomotive traverse la gare surélevée et achève sa course dans la rue) et de l’une de ses boutiques, un magasin de confiserie et de jouets tenu par le grand Georges Méliès.

La Zone

Si elles symbolisent aujourd’hui la fête et la légèreté, les Années folles sont pourtant loin d’avoir été roses pour tous les Français. À Paris, ils sont à l’époque nombreux à vivre dans la misère, notamment dans ce qu’on appelle alors la Zone : un immense bidonville qui entourait la capitale et dont le nom est passé dans le langage courant pour désigner un endroit malfamé. C’est dans le parc de la Cité internationale universitaire, construite à la fin des années 1920, que Stéphane et Lorànt font revivre ce lieu à l’atmosphère très particulière.

L’exposition des Arts décoratifs

Organisée en 1925 entre les Champs-Élysées et l’esplanade des Invalides, cette exposition d’un genre nouveau met en lumière les innovations de l’époque et le savoir-faire français. Elle reflète le bouillonnement créatif d’une société d’après-guerre en pleine transformation et attire près de 6 millions de visiteurs, venus admirer ses bâtiments luxueux et modernes, sortis de terre en quelques mois seulement. Cette exposition laissera son nom au style « Art déco », qui va se répandre dans le monde entier, mais elle marque aussi le véritable début de ce qu’on appellera la société de consommation.

L’usine Citroën de Javel

À l’emplacement du dernier-né des grands parcs parisiens, le parc André-Citroën, se trouvait dans les Années folles une gigantesque usine de construction automobile de la marque Citroën, qui employait près de 30 000 personnes ! C’est en effet à cette époque que la voiture, jusqu’alors réservée à une élite, devient un moyen de transport populaire. C’est aussi à ce moment que le nombre d’ouvriers en France dépasse celui des paysans. Cette usine ultra-moderne s’inspire de celles de l’Américain Ford, où l’on applique une nouvelle méthode de travail, à la chaîne.

Laissez-vous guider... dans le Paris des Années folles

Magazine documentaire (2026 – inédit) – Une émission guidée par Stéphane Bern et Lorànt Deutsch – Écrite par Envelle Méar – Réalisation Julien Faustino – Production Morgane Production, Prod et Compagnie, Carpo 16 et Paris Le Perche Production

Diffusion mardi 2 juin à 21.10 sur France 2
À voir et à revoir sur france.tv

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Publié le 06 mai 2026