France.tv propose ce documentaire bouleversant dans lequel la jeune réalisatrice Néhémie Lemal, 21 ans, invite ses amies d’enfance à se livrer face caméra, à travers ce qu’elles imaginent comme une forme de « caméra-thérapie ». L’autrice tente de panser les blessures invisibles et les émotions refoulées des trois sœurs devenues orphelines. Un exercice particulièrement difficile pour la benjamine, Esmeralda, encore très jeune au moment de la disparition de ses parents.
Dans Celles qui restent, il est question – sans jamais vraiment le nommer – du suicide. Mais aussi du long et tumultueux chemin qu’est le deuil, la résilience et la reconstruction. Le film évoque également l’amour, les liens du sang, la sororité et, surtout, cette amitié indéfectible sans laquelle le projet n’aurait jamais vu le jour.
Le rapport de confiance entre la réalisatrice et ses amies, Jenethe, Jenifer et Esmeralda, joue un rôle essentiel dans la puissance du film. Ce qui le rend si singulier, c’est précisément l’approche de Néhémie Lemal : tenir le récit avec pudeur tout en se faisant la plus discrète possible. Filmant sur une longue période, la réalisatrice prend le temps nécessaire, et n’hésite pas à interrompre le tournage lorsque les émotions deviennent trop lourdes.
Au fil du temps, l’évolution psychologique des protagonistes est intéressante à observer. Celles qui restent en devient intimiste, délicat et d’une finesse particulière.
Au-delà de la perte, le film célèbre la force du lien, la sororité et la capacité de résilience de celles qui restent...
Note d’intention de Néhémie Lemal, réalisatrice
Grandir sans parents, la plupart des gens ne savent pas ce que ça veut dire.
Ce n’est pas le cas de Jenethe, Jennifer et Esmeralda, trois sœurs qui les ont perdus très jeunes.
Cela faisait plus de dix ans que je photographiais les gens de mon village. Et j’ai commencé à photographier une des sœurs. C’est lors de ce photoshoot qu’elle a commencé à me raconter leur histoire de famille. Pendant sept ans, j’ai filmé mes trois amies. J’ai commencé par des séances photo, puis des entretiens filmés. Petit à petit, j’ai enregistré leur vie quotidienne, leurs engueulades, leurs déjeuners de famille, pour finalement proposer de participer avec ma caméra à leur travail de deuil.
Le film suit les étapes du deuil, depuis le choc jusqu’à la reconstruction. Il raconte aussi une histoire de notre amitié, celle où l’on cherche à se réinventer quand les référents parentaux font défaut. Tout se déroule à Saint-Cyr-sur-Mer, notre village d’enfance, une petite ville en apparence paisible sur la Côte d’Azur, où Jenethe, Jenifer, Esmeralda et moi avons grandi.
Mon premier film, On ne peut plus rien dire, racontait déjà une histoire de famille, la mienne. Je suis la dernière adoptée d’une famille de quatre enfants. Mes frères et sœurs, adoptés eux aussi, viennent tous de pays différents. Les trois sœurs sont comme moi, toutes issues de familles où les liens maternels ont été brisés : elles par le suicide, moi par l’adoption. C’est certainement une des raisons pour lesquelles elles ont accepté de me faire une place dans leur intimité familiale.
Celles qui restent

Documentaire France TV Slash (inédit) – Un film de Néhémie Lemal – Productrice exécutive Fanny Glissant –Producteur délégué Stéphane Millière –Une production Gedeon Programmes
