Pizzas et croque-monsieur sous vide, sodas, chips, nouilles instantanées, surimi, nuggets, biscuits, etc. font partie de la grande famille des aliments ultratransformés, ou « junk food » (malbouffe) pour les intimes. Ce sont des produits emballés, fabriqués à partir d’ingrédients traditionnels ayant subi d’importants procédés de transformation industrielle (chimique, physique, biologique).
Ces processus portent des appellations particulièrement effrayantes qui n’ont vraiment rien à voir avec la cuisine : fractionnement (ou cracking), soufflage, cuisson-extrusion, hydrogénation… Et pour finir, on y ajoute des arômes et des additifs (émulsifiants, exhausteurs de goût, antioxydants, conservateurs…) pour modifier la texture, le goût ou encore la durée de conservation de la préparation. Enfin, en rayon, on trouve un aliment prêt à consommer, « savoureux » et qu’on peut garder longtemps.
La fibre, on l’a ou on l’a pas
Ce numéro de Cash investigationenquête sur ces aliments ultratransformés, de plus en plus présents dans nos assiettes et la multiplication de leurs ingrédients. Comme les fibres, les derniers en date. L’agroalimentaire en ajoute dans les sodas, les bonbons, les brioches, les glaces ou encore la viande. Elles sont un moyen de faire baisser les coûts, notamment lorsqu’elles sont mélangées à de l’eau et de la viande. Et, derrière l’argument santé, ces fibres permettent aussi aux industriels d’améliorer artificiellement la note du Nutriscore. Gagnant-gagnant pour l’industrie et perdant-perdant pour le consommateur.
Émulsifiants
L’un des marqueurs de ces produits ultratransformés, ce sont également les additifs. Eugénie Yvrande a enquêté sur deux additifs qui font partie des plus consommés en France. Ces émulsifiants servent notamment à améliorer les textures, en rendant les aliments plus moelleux ou plus onctueux. On en retrouve dans les pains au lait, les brioches ou les viennoiseries, mais aussi les crèmes liquides, les desserts lactés et, plus étonnant encore, la volaille. Selon une étude de l’Inserm, ces deux additifs sont associés à un risque augmenté de cancer du sein et à d’autres maladies chroniques.
Nutrition degré zéro
Ces aliments ont une faible qualité nutritionnelle : il s’agit en effet souvent de produits non seulement riches en sel, en sucres et/ou en graisses saturées, mais aussi pauvres en fibres (sauf quand elles sont rajoutées) et en vitamines. Ces structures modifiées ne répondent pas à la demande de notre organisme, donc on en mange trop pour se sentir rassasié, et certains de leurs nutriments ne sont pas correctement assimilés par l’organisme. Enfin, ils renferment des substances dont on ne connaît pas encore bien l’impact à long terme sur la santé.
Mais de plus en plus d’études suggèrent que les personnes qui consomment beaucoup d’aliments ultratransformés ont plus de risque de développer des troubles métaboliques : surpoids et obésité, diabète, dyslipidémie, hypertension, risque de cancers, maladie de Crohn ou symptômes dépressifs.
Élise Lucet
Enfin, la journaliste dévoile les nouvelles tactiques de lobbying des industriels du secteur. Pour continuer à vendre leurs produits, ils sèment le doute sur les publications scientifiques qui mettent en évidence la nocivité des aliments ultratransformés. Grâce à des documents et des témoignages inédits, Cash investigation va vous révéler comment le lobby de l’agro-alimentaire a tout mis en œuvre pour faire supprimer le terme aliment ultratransformé de certaines politiques de santé publique en France.
Définition et chiffres
Les aliments bruts : les légumes et fruits frais, la viande du boucher, le poisson du poissonnier.
Les ingrédients culinaires transformés par des procédés simples (beurre, confiture, sel, sucre, huile).
Les aliments transformés : fabriqués à partir des denrées brutes par des procédés simples (jambon, pain, fruit et légumes en boîte).
Les aliments ultratransformés (AUT) : fabriqués par des procédés industriels à partir des aliments précédents de produits industriels et d’additifs (céréales, soda, knacki, biscuits, soupes instantanées...). Source : Inserm
35 % des calories ingérées par les adultes (et jusqu’à 60 % aux États-Unis) et jusqu’à 46 % chez les enfants proviennent de produits ultratransformés.
80 % des produits disponibles en supermarché sont des aliments ultratransformés en France.
338 additifs sont autorisés, en Europe.
Les Français en ingèrent, sans le savoir, près de 4 kg par personne et par an, selon l’UFC – Que choisir.

Cash investigation – Aliments ultratransformés : dans les arrière-cuisines des industriels
Après ce numéro, le magazine proposera un grand débat. Des invités de tous horizons, acteurs du secteur et experts, répondront aux questions d’Élise Lucet.
Magazine – Présentation Élise Lucet – Rédaction en chef Sophie Le Gall – Rédaction en chef adjointe Zoé de Bussierre – Enquête Eugénie Yvrande – Production Premières Lignes
Cash Investigation – Aliments ultratransformés : dans les arrière-cuisines des industriels est diffusé jeudi 25 juin à 21.10 sur France 2 et sur france.tv
