Votez pour le monument préféré de votre région !

Le monument préféré des Français est de retour. Vous pouvez dès à présent choisir le monument de votre région qui va concourir au titre ! Les 14 monuments plébiscités seront ensuite soumis au vote du public. Tour d’horizon, par région, du prodigieux patrimoine culturel, historique et architectural français.

Pour voter pour le monument préféré de votre région, rendez-vous sur france.tv, du 5 mai à 10h00 au 22 mai à 23h59.

Auvergne-Rhône-Alpes

AURA
 
 


Villa Lumière et Hangar du Premier-Film / Lyon / Rhône
Construite entre 1899 et 1902, la villa Lumière domine le quartier de Monplaisir, à Lyon. Somptueuse demeure de style Art nouveau, elle témoigne de l’ascension sociale et de la réussite industrielle d’Antoine Lumière et de ses deux fils, Auguste et Louis, inventeurs du Cinématographe. Labellisée Maison des illustres, elle abrite aujourd’hui le musée Lumière, qui présente les différentes créations techniques des frères Lumière et explore le processus de l’invention du cinéma. De l’autre côté du parc qui borde la villa, le hangar du Premier-Film est le dernier vestige des usines Lumière historiques. Il apparaît en arrière-plan du premier film des Lumière : Sortie d’usine (1895). Il échappe de justesse à la démolition à la fin des années 1970 et demeure isolé au milieu d’un terrain vague durant deux décennies avant d’être rattaché à l’Institut Lumière fondé en 1982. Il abrite aujourd’hui la plus grande des salles de cinéma de l’Institut. Les deux monuments font partie intégrante de l’Institut Lumière, une cinémathèque qui regroupe un ensemble d’activités liées à la diffusion, la conservation et la valorisation du patrimoine Lumière mais aussi du cinéma mondial, d’hier à aujourd’hui.


Château de Grignan / Grignan / Drôme
Entre Valence et Avignon, au cœur de la Drôme provençale, le château de Grignan est bâti sur un promontoire rocheux surplombant le village. Témoin de l’architecture Renaissance et du classicisme français, l’édifice a connu une histoire mouvementée. Château fort mentionné dès le XIe siècle, il est transformé à la Renaissance en une prestigieuse demeure de plaisance par la famille des Adhémar. Au XVIIe siècle, la marquise de Sévigné y séjourne auprès de sa fille Françoise-Marguerite. Démantelé à la Révolution française puis reconstruit au début du XXe siècle, il appartient depuis 1979 au Département de la Drôme, qui poursuit un programme ambitieux de restaurations et d’acquisitions. Classé Monument historique en 1993 et labellisé Musée de France, le château de Grignan offre aux visiteurs de précieux témoignages sur l’art de vivre à différentes époques et propose une programmation culturelle variée, dont le festival de théâtre Fêtes nocturnes de Grignan chaque été. En 2026, le monument célèbre le 400e anniversaire de la naissance de la marquise de Sévigné et inaugure un agrandissement de la visite permanente sur 500 mètres carrés au deuxième étage.

Bourgogne-Franche-Comté

Bourgogne
 
 


Villa Perrusson / Écuisses / Saône-et-Loire
Située à Écuisses en Saône-et-Loire, à proximité du canal du Centre, la villa Perrusson est l’ancienne demeure patronale de la famille d’industriels céramistes Perrusson-Desfontaines. Un premier corps de logis, le pavillon Perrusson, est érigé en 1869. Il s’agit d’une bâtisse à l’architecture et aux décors simples, entourée d’un parc arboré, disposant d’une orangerie et d’un jardin potager. Entre 1892 et 1895, alors que l’entreprise familiale est en pleine apogée, le pavillon Desfontaines, très orné, est édifié contre la façade nord. Les deux édifices dont les décors sont alors harmonisés forment la villa Perrusson, une maison patronale métamorphosée en outil publicitaire. Briques, tuiles émaillées, épis de faîtage, frises, médaillons, carreaux de pavement, faïences murales, plafonds : toute la diversité des produits fabriqués dans l’usine familiale est exposée à l’extérieur et à l’intérieur de la demeure-catalogue. Inscrite aux Monuments historiques depuis 2001, la villa Perrusson est acquise par la Communauté urbaine Creusot Montceau en 2008 et bénéficie d’une importante campagne de restauration entre 2014 et 2022. 2023 marque l’ouverture au public de l’ensemble du site. Cet ensemble architectural d’exception, vitrine du savoir-faire céramique, plonge les visiteurs dans l’univers de Gabriel Desfontaines, petit-fils du fondateur de l’entreprise qui reprend la direction de l’usine d’Écuisses en 1909. Les différentes pièces, qu’elles soient intimes, comme les chambres, ou plutôt commerciales, à l’image du bureau, offrent une découverte immersive d’un intérieur bourgeois industriel foisonnant.

Palais des Ducs et des États de Bourgogne / Dijon / Côte-d’Or
Derrière la belle ordonnance classique de sa façade, le palais des Ducs et des États de Bourgogne révèle plusieurs siècles d’Histoire. L’ancien logis ducal, à l’est, reconstruit au XVe siècle sous Philippe le Bon, devenu logis du roi et du gouverneur de la province à partir du XVIe siècle, se retrouve uni au palais des États de Bourgogne édifié à l’ouest, à partir du XVIIe siècle. Jules Hardouin-Mansart, premier architecte du roi, missionné pour dessiner la nouvelle place Royale –l’actuelle place de la Libération –, unifie la façade de cet ensemble de bâtiments doté d’une cour d’honneur et encadré par la cour de Flore à l’ouest et la cour de Bar à l’est. Le palais abrite aujourd’hui l’hôtel de ville, les archives municipales et l’office de tourisme. Classé Monument historique, l’édifice recèle de nombreux trésors. Installées dans les plus belles salles historiques du palais, les collections du musée des Beaux-Arts de Dijon sont parmi les plus riches de France, couvrant une vaste période allant de l’Antiquité à l’art contemporain. Elles incluent des chefs-d’œuvre médiévaux, les tombeaux des ducs valois de Bourgogne, ainsi que des œuvres de grands maîtres européens, flamands et d’artistes bourguignons. Les cuisines ducales et la salle des gardes, ancienne grande salle de réception des ducs, sont visibles au sein du musée. Culminant à 46 mètres de hauteur, la tour Philippe le Bon domine le palais et offre une vue panoramique sur la ville de Dijon et ses environs. Aussi discrète que sublime, la chapelle des Élus, construite entre 1738 et 1739, est un bijou d’architecture baroque. Les salles du palais – escalier Gabriel, salle des États et salle de Flore – se dévoilent, quant à elles, lors de manifestations culturelles ou de visites guidées. 

Bretagne

Bretagne
 
 


Manufacture des tabacs de Morlaix / Morlaix / Finistère
La Manufacture des tabacs de Morlaix est construite entre 1736 et 1740 par Jean-François Blondel, maître du classicisme et architecte de Louis XV. C’est alors l’une des premières manufactures royales en charge de la transformation du tabac. À son apogée, en 1880, elle emploie 1 800 personnes, façonnant le quotidien de la ville et de ses habitants. À partir du XIXe et jusqu’à la fin du XXe siècle, la Manufacture est confrontée à la mécanisation de sa production, aux délocalisations, mais aussi à une certaine désaffection des Français pour la consommation de tabac. Sa fermeture en 2004 marque la fin d’une ère. Loin de sombrer dans l’oubli, la Manufacture des tabacs de Morlaix, classée Monument historique, est réhabilitée, passant de son apogée industrielle à une reconversion ambitieuse, alliant préservation du patrimoine et innovation. En 2024, l’Espace des sciences ouvre ses portes au public. Ce nouvel établissement valorise non seulement l’histoire industrielle et ouvrière de l’ancienne Manufacture des tabacs, mais propose également une immersion dans les sciences à travers des expositions interactives et des dispositifs de médiation innovants. L’Espace des arts et le cinéma La Salamandre s’installent à leur tour à la Manufacture, achevant de faire de ce joyau du patrimoine industriel breton un véritable quartier culturel vivant au cœur de Morlaix.

Domaine de Suscinio / Sarzeau / Morbihan
Bâti entre terre et mer, sur la presqu’île de Rhuys, dans le golfe du Morbihan, le château de Suscinio jouit d’un cadre enchanteur. Prieuré au XIIIe siècle autour duquel se développe un domaine agricole, il fait l’objet de nombreux travaux sous l’impulsion des ducs de Bretagne qui y implantent un premier manoir. Remanié et agrandi, il devient l’une de leurs résidences favorites. Il est classé Monument historique par Prosper Mérimée en 1840. Le domaine de Suscinio est racheté en 1965 par le Département du Morbihan, qui assure depuis sa restauration et sa valorisation. Huit cents ans après la pose de sa première pierre, le domaine, classé Espace naturel sensible pour la richesse de sa biodiversité, offre l’image et la splendeur d’un château résidentiel du Moyen Âge avec courtine, chemin de ronde, pont-levis, meurtrières et mâchicoulis. Les visiteurs y découvrent tout à tour le logis ducal pour plonger en 1485 dans les pourparlers du futur mariage d’Anne de Bretagne, puis le logis merveilleux  dans lequel les mythes qui ont imprégné la Bretagne, depuis le début du XIIe siècle jusqu’à nos jours, sont mis en scène. Le trésor de Suscinio, découvert lors de fouilles en 1975, révèle les pavements de près de 300 mètres carrés qui recouvraient le sol de la chapelle du XIIIe siècle. Par la diversité de ses techniques et la richesse de son décor, cet ensemble est une pièce majeure de l’art décoratif de l’architecture médiévale. Promenade en barque, ateliers, démonstrations historiques, spectacle son et lumière : tout au long de l’année, le domaine de Suscinio propose un programme d’animations ludique et varié pour un voyage étonnant au temps de la Bretagne médiévale. 

Centre-Val de Loire

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Cathédrale Notre-Dame de Chartres / Chartres / Eure-et-Loir
En Eure-et-Loir, la cathédrale Notre-Dame de Chartres, grand sanctuaire marial, est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique française. Inscrite dès 1979 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, elle domine la ville et la plaine de la Beauce de sa silhouette emblématique. Après un incendie dévastateur en 1194 qui ravage la basilique romane du XIe siècle, la nouvelle cathédrale est reconstruite en un temps record – le gros œuvre est achevé en moins de vingt-cinq ans – puis consacrée en 1260. Son architecture est un exemple majeur du premier art gothique, caractérisé par l’utilisation d’éléments novateurs pour l’époque, comme les arcs-boutants. Remarquablement bien conservés, sa vaste nef du plus pur style ogival, ses porches présentant d’admirables sculptures du milieu du XIIe siècle, sa chatoyante parure de vitraux des XIIe et XIIIe siècles attirent les visiteurs du monde entier. Après sept ans de restauration, la cathédrale de Chartres a rouvert les portes de son Trésor au public en 2024. Près de 150 œuvres et objets dédiés à la célébration et à l’ornement du service divin sont présentés en majesté dans la chapelle Saint-Piat, élevée au XIVe siècle au chevet de la cathédrale.

Domaine de George Sand / Nohant-Vic / Indre
Situé à Nohant-Vic, dans le département de l’Indre, le domaine de George Sand se déploie autour d’un château du XVIIIe siècle. La grand-mère paternelle de la romancière achète cette propriété au cours de la Révolution française, en 1793, et l’entoure d’un vaste parc. Très attachée à la campagne berrichonne dans laquelle elle a passé son enfance, George Sand hérite en 1821 du domaine qui sera, pour elle, une source d’inspiration et un refuge. Elle y écrit la majeure partie de son œuvre et s’y entoure de sa famille et de ses amis : Franz Liszt, Honoré de Balzac, Eugène Delacroix, Pauline Viardot, Théophile Gautier, Gustave Flaubert ou encore son compagnon, Frédéric Chopin. Le parc de six hectares qui entoure la demeure labellisée Maison des illustres est classé Jardin remarquable. Il témoigne de la riche personnalité de George Sand et de son attachement à la nature. George Sand, décédée en 1876, repose dans le petit cimetière familial, en bordure du jardin. En 2026, le domaine commémore les 150 ans de la disparition de l’écrivaine, figure emblématique du XIXe siècle aux multiples facettes.

Corse

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Bibliothèque Fesch / Ajaccio / Corse-du-Sud 
À Ajaccio, la bibliothèque Fesch est créée à l’initiative de Lucien Bonaparte, frère de Napoléon. Le fonds se compose d’ouvrages pour la plupart issus des confiscations révolutionnaires et de la collection du cardinal Fesch, oncle de Napoléon. Sa constitution précède la construction de la bibliothèque ouverte en 1868, dans l’aile nord du palais Fesch qui abrite le musée des Beaux-Arts. Y sont réunis plus de 40 000 ouvrages, parmi lesquels des centaines de manuscrits, des dizaines d’incunables – ouvrages imprimés avant 1500 - ou encore un Thesaurum Hyeroglyphicorum, un traité d’égyptologie datant de 1610 dont seuls huit exemplaires sont connus dans le monde : un fonds ancien d’une richesse, d’une variété et d’une rareté exceptionnelles ! Les travaux d’extension à l’origine de la bibliothèque sont supervisés par l’architecte Jean Cazeneuve en collaboration avec Jérôme Maglioli. L’escalier d’honneur dans le hall d’entrée est gardé par deux lions de plâtre moulés sur les originaux du sculpteur Canova qui figurent sur le tombeau du pape Clément XIII à Saint-Pierre de Rome. Dotée de 16 fenêtres ouvrant sur la galerie, de rayonnages en noyer et d’une table de lecture longue de 18 mètres, la majestueuse salle patrimoniale de la bibliothèque Fesch mesure 30 mètres de long, 9 mètres de large et 10 mètres de haut. Lieu chargé d’histoire et légué par des hommes illustres, ce trésor patrimonial corse est classé Monument historique en 2011. Après une restauration d’envergure du bâti et des collections, la bibliothèque Fesch rouvre ses portes au public en mai 2025 pour continuer d’émerveiller lecteurs et visiteurs.


Église Saint-Michel de Murato / Murato / Haute-Corse
À Murato, en Haute-Corse, l’église Saint-Michel est un édifice roman de style pisan daté du XIIe siècle. La légende raconte qu’elle aurait été bâtie en une nuit par des anges qui détruisirent ensuite la forêt alentour pour que l’église soit visible. Son style typiquement pisan bicolore est reconnaissable à l’alternance de pierres de serpentine verte issue du petit fleuve le Bevinco et de calcaire blanc provenant de Saint-Florent et de Patrimonio, assemblées irrégulièrement. Son élégant clocher-porche avec colonnes, unique en Corse, rappelle ceux des édifices de Pise et de nombreuses églises de Toscane. En 1839, Prosper Mérimée, inspecteur général des Monuments historiques, évoque Saint-Michel comme « la plus élégante et la plus jolie église [qu’il ait] vue en Corse ». Sous son impulsion, celle-ci est classée Monument historique en 1840. Dédié à l’archange Saint-Michel, ce joyau du patrimoine corse est doté en façade d’un riche programme ornemental : chapiteaux gravés, modillons sculptés, encadrements des fenêtres meurtrières révèlent des motifs symboliques divers et variés que les visiteurs prennent plaisir à admirer et à tenter de décrypter. Chaque année, le 8 mai, une messe est célébrée dans l’église Saint-Michel à l’occasion de la fête patronale du village de Murato. 

Grand Est

Grandest
 
 


Parc de Wesserling / Husseren-Wesserling / Haut-Rhin
Créé au XVIIe siècle par les princes abbés de Murbach, dans les Hautes-Vosges alsaciennes, le château de Wesserling devient une manufacture d’indiennes –tissus imprimés – en 1762. Au XIXe siècle, cette très grande usine textile de renom emploie jusqu’à 5 600 personnes, le long de la rivière Thur. Le site périclite à la fin du XXe siècle dans un contexte
de mondialisation. Il ferme définitivement en 2003. Après une restauration d’envergure, le parc de Wesserling, avec ses vingt hectares inscrits aux Monuments historiques, est aujourd’hui reconnu comme l’un des plus importants patrimoines industriels de France. Ses cinq jardins sont labellisés Jardin remarquable. En 2026, le parc de Wesserling inaugure un grand circuit écomuséal vivant baptisé « 250 ans d’odyssée textile dans les beaux Jardins de la Manufacture ». À travers sept espaces – le Château, les Jardins, la Ferme et son parc rural, la Grande Chaufferie, le Laboratoire et la Salle des Turbines – animés par des visites théâtralisées, le public découvre l’évolution des techniques du textile alsacien et des modes de vie depuis le XVIIIe siècle jusqu’à la fin du XXe siècle.


Gare de Metz / Metz / Moselle
La gare de Metz est construite entre 1904 et 1908, durant l’annexion de la Moselle et de l’Alsace par l’Allemagne (1871-1918). L’empereur Guillaume II, alors maître de la région, confie à l’architecte Jürgen Kröger l’édification d’une gare dans le centre de Metz. Élément-clé de la Nouvelle Ville allemande, elle sera le terminus de la ligne de chemin de fer stratégique Berlin-Metz. Elle est bâtie pour le transport des marchandises et des civils mais également, dans un but stratégique, pour déplacer le plus de soldats possible en un minimum de temps. Il s’agit de pouvoir faire partir en une seule journée 20 000 soldats, davantage de chevaux et de canons… Tout ce qui est nécessaire pour répondre à l’éventualité d’une guerre. Cet immense édifice inscrit aux Monuments historiques s’étend sur plus de 300 mètres. Toutes les techniques d’avant-garde du début du XXe siècle y sont employées : électricité, chauffage central, ventilation et béton armé. La gare de Metz est aujourd’hui reconnue comme l’une des plus belles de France. Son architecture et sa décoration dans un style néo-roman très expressif dégagent une impression de force et de puissance. L’intérieur de la gare possède une riche ornementation, médiévale et germanique. Rien d’étonnant puisque, au-delà de ses qualités fonctionnelles, le monument devait symboliser la suprématie de l’Empire allemand, jouant ainsi un rôle de propagande. 

Hauts-de-France

Hautsdefrance
 
 


Piscine Art déco Roger-Salengro / Bruay-la-Buissière / Pas-de-Calais
À Bruay-la-Buissière, la piscine Art déco Roger-Salengro, inaugurée sous le Front populaire en 1936, est l’œuvre de l’architecte Paul Hanote. Implantée au sein d’un ensemble sportif également composé d’un stade et d’un parc, elle est construite pour les mineurs et leurs familles, en plein avènement des loisirs et des congés payés. Style monumental, structures en béton armé, surfaces planes, lignes droites, épurées et symétriques prennent place au cœur de l’ex-bassin minier. Expression du style Art déco, le monument évoque résolument un navire, avec la présence d’une chaufferie cubique semblable aux grandes cheminées d’un paquebot transatlantique, l’alignement des cabines numérotées autour du bassin, les oculi décoratifs rappelant les hublots et les solariums évoquant les bastingages. Avec ses deux bassins symétriques de 33 mètres de long, sa pataugeoire en demi-cercle, ses plongeoirs et ses gradins, la piscine est conçue dans une approche fonctionnaliste et hygiéniste. Gérée par la communauté d’agglomération de Béthune-Bruay, elle est l’unique piscine Art déco de plein air encore ouverte à la baignade en France. Ce joyau architectural, inscrit aux Monuments historiques depuis 1997, se découvre, de mai à octobre, à l’occasion d’une baignade, et révèle tous ses secrets lors d’une visite en compagnie d’un guide-conférencier.

Jardin du peintre André Van Beek / Saint-Paul / Oise
Le jardin du peintre André Van Beek se situe à Saint-Paul, dans l’Oise, à quelques kilomètres de Beauvais. Sur un hectare et demi, le site créé en 2000 sur le terrain vague d’une ancienne scierie et enrichi au fil des années se dévoile telle une succession de tableaux post-impressionnistes. Né en 1947, André Van Beek est un artiste sensible à la beauté poétique des paysages de sa région natale, la Picardie, qu’il peint avec passion et auxquels il donne vie dans son jardin. Une œuvre d’art grandeur nature qui évolue magnifiquement au fil des saisons : du réveil vibrant du printemps au calme serein de l’hiver, chaque instant offre un mélange unique de couleurs, de textures et d’émotions. Son aménagement exceptionnel, son charme historique et sa richesse botanique lui valent d’être labellisé Jardin remarquable. Les arbres, les arbustes et les fleurs entourent sept bassins reliés par des cascades, que franchissent un pont décalé, un pont picard et des passerelles. Les éléments végétaux majeurs et emblématiques de ce jardin y sont représentés par des collections de nénuphars, d’hydrangeas, de dahlias. Ce paradis d’eau, de verdure et de couleurs est ouvert au public de mi-mars à fin octobre. Un paysage enchanteur et romantique à souhait dans lequel les visiteurs ont parfois la chance d’échanger avec le peintre jardinier André Van Beek ou de le voir en pleine création derrière son chevalet.

Île-de-France

Iledefrance
 
 


Petit Trianon et ses jardins / Versailles / Yvelines
Implanté sur l’ancien village de Trianon acheté par Louis XIV en 1661, le Petit Trianon est bâti par Ange-Jacques Gabriel pour Louis XV et la marquise de Pompadour, entre 1761 et 1768. Ce pavillon d’agrément constitue un véritable manifeste de l’architecture néo-classique, exemple parfait de la mode « à la grecque » qui se répandait alors en Europe. En 1774, le Petit Trianon est offert par Louis XVI à son épouse, Marie-Antoinette, qui en fait son séjour favori et entreprend d’importants travaux extérieurs. Les jardins du Petit Trianon révèlent tour à tour leurs élégants édifices : la Chapelle, le Théâtre de la Reine, le Belvédère, le Temple de l’Amour et la Grotte. Comme un couronnement, Marie-Antoinette y adjoint le hameau de la Reine, construit par Richard Mique entre 1783 et 1786. Lieu de promenade idyllique, celui-ci s’inscrit dans l’esprit du retour à la nature vanté par le philosophe Jean-Jacques Rousseau. Il se compose de dix fabriques, des petites maisons à l’aspect rustique, disposées autour d’un lac artificiel. Mêlant innovation et fantaisie, ces résidences et lieux de détente sont inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco. D’un esprit campagnard radicalement différent de celui du château de Versailles, ils évoquent à merveille la vie privée et l’intimité des souverains français.


Arc de triomphe / Paris 
De retour à Paris après la bataille d’Austerlitz, Napoléon Ier ordonne, dès 1806, l’érection d’un arc de triomphe à la gloire de la Grande Armée. En haut des Champs-Élysées, sur la place de l’Étoile, l’Arc de triomphe est inauguré en 1836 par le roi Louis-Philippe, qui le dédie aux armées de la Révolution et de l’Empire. Son principal architecte, Jean-François Chalgrin, s’inspire de l’arc romain de Titus à arche unique, mais s’en émancipe par des dimensions exceptionnelles – environ 50 mètres de hauteur, 45 mètres de longueur et 22 mètres de largeur – et l’abandon des colonnes. Depuis le 11 novembre 1920, la voûte du monument abrite la tombe du Soldat inconnu. Chaque soir, à 18 h 30, la flamme est ravivée par l’association La Flamme sous l’Arc de triomphe, qui représente les centaines d’associations d’anciens combattants en France. Des groupes sculptés aux collections des salles intérieures, les visiteurs peuvent découvrir tous les secrets de ce symbole national avant de gravir les 284 marches des escaliers historiques situés dans les piliers du monument et admirer le panorama unique offert par la terrasse de l’Arc de triomphe. Sans doute l’une des plus belles vues de Paris ! 

Martinique - Outre-mer

Martinique
 
 


Phare de la Caravelle / La Trinité / Martinique
Situé à La Trinité, le phare de la Caravelle veille sur la côte Atlantique de la Martinique et sur la mystérieuse baie du Trésor, berceau de légendes de pirates et de trésors engloutis. Construit entre 1860 et 1861, sous Napoléon III, il se dresse au bout de la presqu’île de La Caravelle, au cœur d’une réserve naturelle du Parc naturel régional de la Martinique. Édifié au sommet d’un pic basaltique, il culmine à 162,55 mètres au-dessus de la mer, ce qui en fait le phare le plus haut de France malgré sa taille modeste. Il se présente sous la forme d’une petite tourelle carrée en pierre et moellon peinte en rouge brique supportant une lanterne blanche. Outil de signalisation maritime toujours en activité, doté d’une portée de 22,5 milles nautiques, soit 42 kilomètres, il est automatisé depuis 1970. Inscrit aux Monuments historiques en 2013, le phare de la Caravelle est le plus ancien phare de l’île. Placé sous l’autorité de la Direction de la Mer, il ouvre ses portes au public pour les Journées européennes du patrimoine, lors de visites guidées. L’occasion d’explorer l’intérieur du bâtiment puis de gravir les marches jusqu’au sommet pour admirer le panorama exceptionnel qu’offre ce monument emblématique de la Martinique sur la presqu’île et l’océan.

Co-cathédrale Notre-Dame de l’Assomption / Saint-Pierre / Martinique
Nichée dans le quartier du Mouillage, à Saint-Pierre, la Co-cathédrale Notre-Dame de l’Assomption constitue un élément majeur du patrimoine religieux et historique martiniquais. L’origine de l’édifice remonte au XVIIe siècle, avec l’installation d’une première chapelle. Rapidement agrandie, elle devient une église paroissiale fréquentée par les habitants comme par les marins. Dès ses débuts, le bâtiment connaît un destin mouvementé : détruit une première fois, en 1667, lors d’un bombardement anglais de la rade, il est reconstruit quelques années plus tard, amorçant une longue série de transformations. Mais c’est la catastrophe du 8 mai 1902, lors de l’éruption de la montagne Pelée, qui marque durablement son histoire. Comme l’ensemble de la ville, l’église devenue cathédrale en 1851 est presque entièrement détruite. Seuls quelques éléments, notamment une partie de la façade, subsistent. Reconstruite à partir de 1923, elle conserve certains vestiges anciens, mêlés à une architecture plus moderne. Inscrite aux Monuments historiques depuis 1995, elle porte le titre de « co-cathédrale » car la Martinique fait partie des rares diocèses à posséder deux cathédrales : la cathédrale Saint-Louis de Fort-de-France et la co-cathédrale Notre-Dame de l’Assomption de Saint-Pierre. Une campagne de restauration d’envergure débute en 2013 pour reconstruire sa façade à l’identique de celle de 1902 et réduire sa vulnérabilité sismique. Symbole fort de mémoire collective et de résilience des Pierrotins, la co-cathédrale Notre-Dame de l’Assomption rouvre au culte et au public en 2024.  

Normandie

Normandie
 
 


Basilique Sainte-Thérèse de Lisieux / Lisieux / Calvados
Deuxième ville de pèlerinage en France après Lourdes, Lisieux est connue dans le monde entier grâce à Sainte-Thérèse. Thérèse Martin naît en 1873 à Alençon, d’un père horloger et d’une mère dentellière. À l’âge de 5 ans, suite au décès de sa mère, sa famille s’installe à Lisieux. Elle entre au carmel à 15 ans pour devenir religieuse. Atteinte de tuberculose, elle écrit ses souvenirs et sa façon de concevoir la religion avant de mourir en 1897, à l’âge de 24 ans. Thérèse est béatifiée en 1923 et canonisée en 1925. Construite entre 1929 et 1937 dans un style néo-byzantin mêlé d’Art déco, la basilique Sainte-Thérèse de Lisieux est consacrée en 1954. Elle se déploie sur une superficie de 4 500 mètres carrés et peut accueillir jusqu’à 3 000 pèlerins, son dôme culmine à 90 mètres de hauteur. Les vitraux figuratifs colorés et les 8 000 mètres carrés de mosaïques réalisés dans les ateliers de Pierre Gaudin révèlent l’essentiel du message de Thérèse. Dans la crypte, cinq mosaïques représentent les étapes de la vie de la sainte. Le campanile abrite, quant à lui, le bourdon et les 51 cloches chromatiques d’une exceptionnelle qualité sonore. Classée Monument historique, la basilique Sainte-Thérèse de Lisieux est l’un des plus grands édifices cultuels édifiés au XXe siècle.


Appartement témoin Perret / Le Havre / Seine-Maritime
Inauguré en 2006, dans la dynamique de l’inscription du centre-ville reconstruit du Havre sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, l’appartement témoin Perret fête cette année ses 20 ans. Installé face à l’hôtel de ville, au cœur de l’îlot V40 des Immeubles sans affectation individuelle (ISAI), l’appartement est conforme aux plans et aux logements témoins présentés par l’architecte Auguste Perret à Paris en 1947, puis au Havre entre 1949 et 1953. Il s’agit alors de montrer l’habitat de demain aux nombreux sinistrés vivant encore dans des baraquements provisoires suite aux bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Ce lieu inédit permet de comprendre un nouveau modèle d’habitation, non seulement l’architecture extérieure imaginée par Auguste Perret, mais aussi l’aménagement intérieur de ces logements. La pensée architecturale de la Reconstruction vise à faire entrer l’air, la lumière, elle allie confort et mobilier de série dans des logements standardisés, conçus pour répondre à une urgence sociale et urbaine. Plan intérieur, meubles, tissus, luminaires, céramiques et objets usuels permettent une immersion dans le quotidien de cette époque résolument moderne. Depuis son ouverture, l’appartement témoin Perret replace la reconstruction du Havre dans son contexte humain le plus intime, celui des familles relogées après-guerre et témoigne de la profonde mutation des modes de vie qui s’amorce, en France, au début des années 1950. Un patrimoine incontournable comme une leçon d’histoire et d’urbanisme accessible à tous qui se découvre lors de visites guidées.

Nouvelle-Aquitaine

Nouvelleaquitaine
 
 


Gouffre de Proumeyssac / Audrix / Dordogne
Baptisé « cathédrale de Cristal », le gouffre de Proumeyssac est aujourd’hui la plus grande cavité aménagée du Périgord. Célèbre dès le XVIIIe siècle pour ses terrifiantes légendes, on le surnomme dans le village d’Audrix « le trou du Diable » : certains pensent qu’il s’agirait du cratère d’un volcan, d’autres qu’on y ferait disparaître les cadavres des voyageurs détroussés et assassinés dans les environs. Le site n’est exploré qu’en mars 1907 : sur demande de Pierre Francès, propriétaire du terrain, Gabriel Galou, puisatier de métier, entreprend l’exploration du gouffre au moyen de cordage et d’un éclairage sommaire et découvre les splendeurs du gouffre de Proumeyssac. Aujourd’hui, les visiteurs accèdent par un tunnel ou lors d’une descente en nacelle à cette immense voûte souterraine aux parois ornées d’une multitude de cristallisations d’une densité et d’une beauté exceptionnelles. Deux spectacles son et lumière subliment ce patrimoine naturel. De nombreuses animations permettent aux petits comme aux grands de s’initier à la géologie, à la minéralogie et à la spéléologie. Le gouffre de Proumeyssac, c’est aussi une aventure humaine familiale. La valorisation et la préservation du site est assurée par la cinquième génération des descendants des découvreurs de 1907.

Cassinomagus - Thermes de Chassenon / Chassenon / Charente 
À Chassenon, les vestiges des thermes de Cassinomagus figurent parmi les édifices antiques les mieux conservés de France. Ce joyau du patrimoine néo-aquitain, classé Monument historique, s’inscrit au cœur d’un parc archéologique de 15 hectares, véritable écrin de verdure. Datés du IIe siècle, les thermes bâtis sur 12 500 mètres carrés appartiennent à un ensemble monumental remarquable, témoin du passé antique des Lémovices et du développement d’une agglomération gallo-romaine de 140 hectares, sur l’un des axes majeurs de communication de la Gaule : la via Agrippa, qui relie Lyon à Saintes. Le site se révèle au fil de la visite : thermes accessibles sur deux niveaux, vestiges de l’aqueduc, vaste sanctuaire de sept hectares et son temple d’au moins 25 mètres de hauteur, à découvrir aujourd’hui en réalité virtuelle. Exposition des objets archéologiques emblématiques du quotidien antique, film de reconstitution en 3D, ateliers, animations, spectacle historique son et lumière offrent aux visiteurs une immersion ludique et vivante dans les thermes gallo-romains les plus monumentaux de France !

Occitanie

Occitanie
 
 


Viaduc de Millau / Millau et Creissels / Aveyron 
Le viaduc de Millau, ouvrage d’art multi-haubané conçu par l’ingénieur Michel Virlogeux et dessiné par l’architecte lord Norman Foster, s’élève majestueusement au-dessus de la vallée du Tarn. Maillon de l’autoroute A75, il est construit pour désenclaver le Massif central et représente sans conteste l’un des défis techniques majeurs du XXIe siècle. Avec son architecture résolument moderne et ses dimensions hors du commun, le viaduc de Millau, mis en service en 2004, ne laisse personne indifférent et s’intègre parfaitement dans le paysage naturel grandiose et préservé des Grands Causses. Record du monde de hauteur, le viaduc supporté par sept piles très élancées culmine à 245 mètres. La finesse de son tablier métallique soutenu par ses 154 haubans dessine une légère courbe et lui prodigue des allures de voilier. Ce géant de béton et d’acier construit en trois ans est définitivement l’ouvrage de tous les records et s’impose comme un emblème du savoir-faire français !

Observatoire du Pic du Midi / La Mongie / Hautes-Pyrénées
Depuis 1873, des hommes produisent de la science depuis l’Observatoire du pic du Midi. Ce dernier a servi de station d’études pour de multiples domaines de pointe pendant ses presque 150 ans d’observation, de la météorologie à la physique de la matière, de la botanique à l’aérologie. Mais l’astronomie, science des corps célestes, est le domaine d’excellence du site pyrénéen depuis le début du XXe siècle avec l’étude du soleil, des planètes, des étoiles et des objets du ciel profond. L’exceptionnelle transparence de l’atmosphère en fait un site idéal d’observation. Ouvert en 2000 au grand public, le pic du Midi, dont le sommet culmine à 2 877 mètres d’altitude, est classé, en 2003, Site naturel national au titre de la beauté de son paysage. En 2013, il est labellisé Réserve internationale de ciel étoilé, la première en France. C’est dans ce lieu magique que chercheurs et techniciens de l’espace observent, décryptent et photographient le ciel et toutes ses planètes jusqu’aux plus lointaines galaxies. Du planétarium le plus haut d’Europe au ponton dans le ciel en passant par l’Espace expériences, la Coupole de l’astronome et les terrasses panoramiques, l’Observatoire, aujourd’hui candidat au Patrimoine mondial de l’Unesco, offre aux visiteurs une immersion totale dans la formidable aventure scientifique et humaine du pic du Midi.

Pays de la Loire

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Sous-marin Espadon / Saint-Nazaire / Loire-Atlantique
Le sous-marin Espadon a vécu deux vies pleines de rebondissements. La première a commencé en 1957 dans les Chantiers Augustin Normand au Havre. En 1960, il reçoit le numéro S637 et commence sa carrière militaire. Pendant vingt-cinq ans, il sillonne les océans, allant de mission en mission dans le contexte de la guerre froide. La plus notable d’entre elles reste la mission « croisière nordique », réalisée en 1964. Il devient le premier sous-marin français, avec son frère le Marsouin, à naviguer sous les glaces de l’Arctique. Après avoir parcouru plus de 360 000 milles marins, soit l’équivalent de 17 fois le tour de la Terre, il est désarmé et condamné au démantèlement. En 1986, il est sauvé par la ville de Saint-Nazaire sur proposition du ministère de la Défense. Abrité par l’écluse fortifiée de l’entrée est du port, il entame sa seconde vie : à la fois objet de collection et musée, il devient le premier sous-marin visitable de France et reste encore aujourd’hui le seul présenté à flot. À Saint-Nazaire, le public peut découvrir le sous-marin Espadon –entièrement restauré en 2021 – dans un parcours de visite immersif autour de la mission sous la banquise de 1964. Bruits de sonar, récits d’anciens sous-mariniers, vie à bord des 65 hommes d’équipage et points de vue impressionnants sur le sous-marin fascinent les visiteurs. En 2026, Saint-Nazaire célèbre les 400 ans de la Marine nationale et les 40 ans de l’acquisition du sous-marin Espadon.


Abbaye royale de l’Épau / Yvré-l’Évêque / Sarthe
Aux portes du Mans, l’abbaye royale de l’Épau constitue l’un des plus beaux exemples de l’architecture cistercienne en France. En 1229, Bérengère de Navarre, veuve de Richard Cœur de Lion, décide de fonder l’abbaye où elle sera enterrée un an plus tard. L’architecture de l’ordre monacal cistercien n’a qu’un maître-mot : la sobriété. Autour de l’église abbatiale, du cloître et des bâtiments conventuels s’étendent sur treize hectares le parc et les jardins. À la Révolution française, l’abbaye, presque désertée par les moines depuis le XVIIIe siècle, est vendue comme bien national, elle est transformée en blanchisserie puis en exploitation agricole. En 1959, le département de la Sarthe achète le monument qui a préservé la quasi-intégralité de ses bâtiments et entreprend sa restauration qui dure depuis près de cinquante ans. Le parti pris est de restituer l’abbaye, classée Monument historique en 1973, dans son aspect originel du XIIIe siècle et d’en faire un des hauts lieux culturels de la Sarthe avec un programme riche en manifestations, conférences et expositions. Chaque année, au mois de mai, le festival de l’Épau propose une trentaine de concerts de musique classique dans ce cadre d’exception.

Provence-Alpes-Côte-d’Azur

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Centre de la Vieille Charité / Marseille / Bouches-du-Rhône
Situé dans le cœur du quartier du Panier, le Centre de la Vieille Charité est édifié au XVIIe siècle par l’architecte marseillais Pierre Puget, pour répondre aux mesures d’enfermement prises contre les pauvres et les mendiants. Au cours de son histoire, il connaît plusieurs fonctions : hospice pour enfants et personnes âgées à la fin du XVIIe siècle, asile, caserne militaire, logement social, jusqu’à son classement au titre des Monuments historiques en 1951, suivi de sa restauration entre 1961 et 1986. L’ensemble architectural construit en pierre rose et blanche se compose de quatre ailes de bâtiments fermés sur l’extérieur et ouverts par une galerie à trois niveaux sur une cour rectangulaire intérieure. Au centre de la cour, la chapelle construite entre 1679 et 1707 avec son dôme ovoïde est un parfait exemple du pur baroque italien. Symbole de la richesse du patrimoine marseillais, le Centre de la Vieille Charité est aujourd’hui un centre scientifique et culturel majeur de la cité phocéenne.


Château de la Napoule / Mandelieu-La Napoule / Alpes-Maritimes
Bâti entre la mer Méditerranée et le massif de l’Estérel, le château de la Napoule est une ancienne forteresse médiévale à l’histoire mouvementée : invasions, pillages, guerres et autres révolutions. En 1918, un couple d’artistes américains, Henry et Marie Clews, fait l’acquisition du site pour le restaurer. À force de recherches, de collectes de peintures et de gravures anciennes, ils s’appliquent à rendre au château l’aspect qu’il aurait eu s’il n’avait pas été détruit à maintes reprises, tout en y incluant leur interprétation personnelle du Moyen Âge et leur goût de l’éclectisme. Ensemble, ils passent dix-sept ans à faire de cette bâtisse un royaume d’art et de fantaisie. En 1951, Marie Clews crée La Napoule Art Foundation, à la mémoire de son époux décédé en 1937, afin d’assurer la préservation du château inscrit aux Monuments historiques en 1947 et du parc aujourd’hui labellisé Jardin remarquable. Elle instaure également à la Napoule un centre d’art international destiné à favoriser les échanges culturels et artistiques, organise de nombreuses expositions, des concerts et des récitals. La Napoule Art Foundation poursuit aujourd’hui encore cette vocation, accueillant, lors de séjours en résidence, des artistes de renom, de toutes nationalités et disciplines, mais aussi, tout au long de l’année, les visiteurs curieux de découvrir ce fantastique joyau de la Côte d’Azur et sa riche programmation culturelle.