« Fille de paysan »

Une fiction inspirée de l’histoire vraie de la famille Pécourneau

France 2

Séries & fictions

« Fille de paysan » est inspirée de l’histoire vraie des Pécourneau, une famille d’agriculteurs dont la détresse financière avait suscité une profonde émotion en 2019. Quand la fiction s’inspire de la force du vécu... Rendez-vous ce mercredi 17 juillet à 23.25 sur France 2.

« Fille de paysan ». © Christophe Lartige / FTV / Mintee Studio

« Fille de paysan » : de la réalité à la fiction

En 2019, l’histoire des Pécourneau, une famille d’agriculteurs en grande détresse financière, avait ému la France entière… En lançant une cagnotte solidaire en ligne, baptisée « Aider une famille au bord de la rue », Émilie Pécourneau, alors âgée de 15 ans, déclenche un immense élan de solidarité, sans oublier de provoquer, au passage, une prise de conscience collective sur les conditions de travail difficiles du monde agricole.

C’est de la force de ce vécu que s’inspire la fiction Fille de paysan, portée à l’écran par la réalisatrice Julie Manoukian, sur un scénario de Monica Rattazzi. « L’histoire d’une ferme au bord de la faillite, malheureusement semblable à tant d’autres en France », explique la production Mintee Studio. « L’histoire d’un couple d’agriculteurs qui tentent de se tenir debout, malgré les humiliations et les dettes qui s’accumulent. Et l’histoire, enfin, d’un cri de détresse lancé par une gamine de 15 ans à peine, devenu formidable geste de générosité et d’espoir. »
De cette histoire inspirante est né un film inspiré, fort et sensible, sur le monde agricole.

Fille de paysan
« Fille de paysan ».
© Christophe Lartige / FTV / Mintee Studio

Émilie Pécourneau : « Nous avons tous découvert que l’entraide pouvait exister »

Dans Fille de paysan, Émilie Pécourneau (incarnée à l’écran par la comédienne Justine Lacroix) est un personnage fort, prêt à tout pour sauver sa famille d’agriculteurs en détresse financière. Résolue et courageuse, l’adolescente surprend ses parents en prenant l’initiative de lancer une cagnotte solidaire en ligne. Rencontre avec la vraie héroïne qui a inspiré la fiction…

Comment vas-tu et que deviens-tu ?
Émilie Pécourneau : Je vais très bien ! Je suis des études d’assistante vétérinaire à distance depuis Madaillan, mon village dans le Lot-et-Garonne, et je passe mon permis de conduire. Parallèlement, je continue d’aider mes parents, l’après-midi, après mes cours. Dès la fin du déjeuner et jusqu’au soir, je les aide à préparer les terres. En ce moment, nous sommes en train de faire les semences. 

Pour revenir sur ce qui est arrivé en 2019, comment as-tu eu l’idée de la cagnotte en ligne ? 
É. P. : Je me suis rendu compte que les cagnottes en ligne fonctionnaient très bien pour les cadeaux en commun ! Alors, je me suis dit que, peut-être, cela valait la peine que j’essaie quelque chose pour aider mes parents. Je n’aurais jamais pu imaginer qu’une simple idée qui a germé dans ma tête le temps d’un instant puisse prendre une telle ampleur. 

Comment tes parents ont-ils réagi à l’initiative de la cagnotte en ligne ?
É. P. : Mes parents refusaient que mes sœurs et moi utilisions Internet lorsque nous étions petites. Donc, quand j’ai créé la cagnotte, je ne leur ai rien dit. Les rendez-vous avec les journalistes s’accumulant, j’ai bien été obligée de leur dire (rires). J’avais peur de leur annoncer car j’avais bravé leur interdit. Mais lorsqu’ils ont compris mes motivations, ils ont été émus aux larmes ; ils ne s’attendaient pas à ce que je fasse quelque chose de si important. Je dois admettre que, même moi, je ne m’imaginais pas capable de faire une telle chose (rires) ! 

Comment vont tes parents ? Que cultivent-ils maintenant ?
É. P. : Mes parents se portent bien, ils travaillent à la ferme ! Ma mère est en train de préparer les semences de tomates, courgettes et concombres ! Mon père, quant à lui, se concentre sur les champs de céréales. Nous avons déjà planté des fèves, des petits pois, des oignons, des échalotes et de l’ail. Nous faisons tout notre possible pour préparer une bonne saison ! 

Cette expérience a-t-elle changé ta vision des choses sur la solidarité ? 
É. P. : Cela a transformé ma perception de la solidarité. J’ai aussi découvert la puissance de la communauté en ligne. Mais les plus surpris, c’étaient sans aucun doute mes parents ; ils ne s’attendaient pas du tout à un tel élan de générosité ; ils pensaient que leur situation – et celle des agriculteurs en général – n’intéressait et ne touchait personne. Nous avons tous découvert que l’entraide pouvait exister, bien plus que ce que nous le pensions. Je serai toujours reconnaissante envers tous ceux qui nous sont venus en aide, et mes parents plus encore. 

As-tu rencontré Justine Lacroix, la jeune fille qui interprète ton rôle dans le film ? 
É. P. : Je suis venue trois jours sur le plateau du tournage de Fille de paysan, où j’ai rencontré toutes les équipes, avec qui j’ai pu beaucoup échanger. Justine m’a posé quantité de questions sur mon histoire, et j’espère que mes réponses lui ont été utiles. En tout cas, j’adore la façon dont elle interprète le rôle et je suis sûre qu’elle a un bel avenir devant elle. 

Aurais-tu imaginé que ton histoire puisse inspirer une fiction ?
É. P. : Je n’aurais jamais pu imaginer cela ! Un jour, Floriane Cortes et Jacques Salles
(ndlr : producteurs de Fille de paysan) sont venus nous parler d’un film basé sur notre histoire. Au départ, nous étions vraiment perplexes. Mais, après réflexion, nous nous sommes dit que si notre histoire pouvait aider les agriculteurs, alors cela en valait la peine. Nous sommes même fiers de partager notre témoignage et espérons que cela suscitera des réactions positives.

As-tu rencontré la réalisatrice, Julie Manoukian ? As-tu, avec ta famille, collaboré avec elle pour vous accorder sur la représentation de votre histoire ? 
É. P. : Nous avons eu l’honneur de la rencontrer. Nous lui avons raconté toute notre histoire. Elle a pris des notes pour écrire son scénario. Notre récit a été le point de départ de sa fiction, où elle ne raconte pas seulement notre vécu, mais aussi celui de beaucoup d’agriculteurs qui traversent les mêmes difficultés que nous. Je suis ravie du résultat final et j’ai beaucoup aimé le film ! 

Quel est le message que tu souhaites que les spectateurs retiennent du film ?
É. P. : Qu’il faut croire en l’entraide et ne pas avoir peur de parler de ses problèmes. N’oublions pas que nous sommes, nous paysans, tous liés à  la population, parce que nos produits la nourrissent. Si nous ouvrons nos cœurs et partageons nos histoires, peut-être serons-nous écoutés. Peut-être trouverons-nous ensemble une solution afin que tous les agriculteurs puissent s’en sortir.

Propos recueillis par Margaux Karp

Fille de paysan
« Fille de paysan »
© Christophe Lartige / FTV / Mintee Studio

Fille de paysan

Joël et Murielle Pécourneau, leurs deux filles, Émilie, 15 ans, et sa petite sœur Lola, forment une famille d’agriculteurs unie, malgré les dettes qui s’accumulent pour sauver leur exploitation. Jusqu’au jour où, en voulant dépanner une voisine, ils reçoivent une amende conséquente, pour vente « illicite » d’un poulet à 10 euros…
Cette nouvelle met la famille Pécourneau encore davantage sous pression. Comme ultime recours pour lever l’amende, ils se lancent véritablement dans l’élevage de volailles, contractant un nouvel emprunt à la banque. Mais une nouvelle réglementation européenne coupe net leurs espoirs et les place à nouveau dans une extrême difficulté.
Alors que la vie de son père est en suspens et que l’avenir de la ferme est grandement menacé, Émilie décide de médiatiser son histoire, mobilisant autant de monde que possible autour de la cause de ses parents.
Émilie, fille de paysan, réussira-t-elle à sauver sa famille ?

Fiction (90 min – 2023) – Réalisation Julie Manoukian – Scénario Monica Rattazzi – Production Mintee Studio (Asacha Media Group)

Avec Justine Lacroix (Émilie Pécourneau), Carole Bianic (Murielle Pécourneau), Thierry Godard (Joël Pécourneau), Astrid Bedu (Lolo Pécourneau), Christian Sinniger (Jean-Claude Pécourneau), Hubert Myon (Emmanuel Pinot), Renault Cestre (Jérémie), Pierre Gomme (Anatole), Quentin Gouverneur (Tomy), Mathilde Wambergue (Me Marques)…

Diffusion mercredi 17 juillet à 23.25 sur France 2
À voir et à revoir sur france.tv

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Publié le 06 juillet 2024
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