Quand l’intime éclaire l’histoire : l’exposition « Simone Veil. Mes sœurs et moi »
Grâce à France TV & Vous, des visiteurs ont découvert l’exposition « Simone Veil. Mes sœurs et moi » lors d’une visite guidée au Mémorial de la Shoah, à Paris. Accompagnés par David Teboul, commissaire de l’exposition, ils ont parcouru l’histoire intime de la famille Jacob, de l’insouciance niçoise à la déportation.
L’exposition plonge au cœur de l’intimité de la fratrie Jacob. On y découvre Madeleine, dite Milou, Denise et Simone, trois sœurs qui grandissent à Nice dans les années 1920, au sein d’une famille juive française. Avant la femme d’État, avant les combats politiques et les grands discours, il y a une jeune fille, une sœur, une fille, une enfant entourée des siens.
C’est une exposition qui s’appuie sur l’intime pour aborder la grande histoire.
David Teboul, commissaire de l’exposition
Inspirée de l’ouvrage et du film éponymes réalisés par David Teboul, l’exposition repose sur des correspondances, des journaux intimes, des récits et des photographies issues des archives des familles Jacob et Vernay. Elle donne à voir une Simone Veil souriante, vivante, parfois insouciante, loin des représentations figées de la figure publique.
Une traversée sensorielle de la mémoire
Le parcours a été conçu comme un chemin. Dès les premières salles, les visiteurs retrouvent quelque chose de la douceur niçoise : le chant des cigales, les fleurs, les images d’enfance et même un parfum de mimosa. Une manière d’entrer dans l’histoire par les sens, avant que la guerre, l’Occupation et les persécutions antisémites ne bouleversent le destin de toute la famille.
J’ai souhaité que le visiteur puisse s’identifier à ces vies au pluriel.
David Teboul
Cette attention au sensible permet de rappeler que la Shoah a frappé des familles, des enfances, des liens, des quotidiens. Dans la vidéo, plusieurs visiteurs disent avoir été touchés par cette approche intime, qui montre Simone Veil non seulement comme une grande figure de l’histoire française, mais aussi comme une sœur, une fille et une survivante.
Trois sœurs face à l’histoire
Au fil de la visite, le parcours retrace le destin des trois sœurs Jacob. Denise s’engage dans la Résistance avant d’être déportée à Ravensbrück. Simone, Milou, leur frère Jean et leur mère Yvonne sont arrêtés. Simone, Milou et Yvonne sont déportées à Auschwitz au printemps 1944. Yvonne meurt à Bergen-Belsen. Milou revient très affaiblie. Simone survit. Leur père André et leur frère Jean, déportés par le convoi 73, ne reviendront pas.
Denise est une femme vraiment importante. Elle est interrogée à Lyon par les nazis et elle gardera le silence.
David Teboul
À travers ces archives personnelles, l’exposition éclaire l’expérience de la Shoah à hauteur de famille. Les voix des comédiennes Isabelle Huppert, Marina Foïs et Dominique Reymond accompagnent ce récit et donnent à entendre les mots, les silences et les traces laissées par les sœurs Jacob.
Transmettre pour ne pas oublier
Pour les visiteurs, cette immersion a aussi rappelé l’importance de la transmission. Lettres, photographies, récits familiaux et archives permettent de garder vivante une mémoire qui ne doit pas s’effacer. Plusieurs témoignages recueillis dans la vidéo soulignent la nécessité de raconter encore cette histoire, notamment aux jeunes générations.
L’histoire est un éternel recommencement. Si on ne fait pas attention à ce qu’on dit, à ce qu’on pense, à ce qu’on fait, ça peut recommencer très vite.
Membre France TV & Vous
Avec « Simone Veil. Mes sœurs et moi », le Mémorial de la Shoah propose une exposition à la fois intime, historique et profondément nécessaire. Une visite qui rappelle que la mémoire collective se construit aussi à partir des traces les plus personnelles.
Simone Veil. Mes sœurs et moi
Du mardi 10 février 2026 au jeudi 15 octobre 2026
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