« Si vous n’êtes pas là, vous êtes irremplaçables » - « De la Comédie-Française », au cinéma le 22 juillet

« De la Comédie-Française », en salles le 22 juillet, nous plonge dans les coulisses d’une première à la Comédie-Française, entre coups de stress, imprévus en cascade et amour du spectacle vivant. Martin Darondeau et Bertrand Usclat reviennent sur la genèse de cette comédie menée tambour battant. Porté par Pauline Clément, sociétaire elle-même, le film a pu réunir la troupe du Français pour un tournage de quinze jours.

Une première qui déraille

Dans trois heures, Nina dévoilera sa première mise en scène à la Comédie-Française. Mais dans l’agitation des dernières répétitions, rien ne se passe comme prévu : retards, problèmes techniques, tensions d’ego, badge oublié… Pourtant, Nina n’a pas d’autre choix que d’aller jusqu’au bout. Car s’il y a bien une règle d’or dans la Maison de Molière, c’est qu’on n’annule pas.

« De la Comédie-Française » : rencontre avec Bertrand Usclat et Martin Darondeau
 
 

On a fait la liste de toutes les catastrophes qui pouvaient arriver, et sur les quatre mille qu’on a trouvées, on en a gardé un petit tiers.

Bertrand Usclat

Avec cette course contre la montre, les réalisateurs installent une mécanique comique fondée sur la pression, l’urgence et l’accumulation des catastrophes. Le spectateur est embarqué dans un tourbillon où chaque minute compte.

Faire rire avec la pression du théâtre

Pour Bertrand Usclat et Martin Darondeau, la Comédie-Française constituait le décor idéal pour raconter une première sous tension. Parce qu’elle concentre un imaginaire fort, mais aussi parce qu’elle impose une exigence très concrète : quoi qu’il arrive, la représentation doit avoir lieu.

Il y a un peu un effet machine à laver dans le film. C’est de là que naît vraiment le comique, parce que le spectateur est vraiment mis sous pression.

Bertrand Usclat

Derrière l’énergie burlesque du film, l’interview aborde aussi la question de l’autorité, de la bienveillance et de la place des femmes dans la mise en scène. Le personnage de Nina doit apprendre à tenir son cap, à dire non et à assumer son rôle de cheffe.

La Comédie-Française, une troupe avant tout

Si le film s’amuse avec le prestige de la Comédie-Française, il cherche aussi à montrer ce qui se cache derrière la façade : une troupe, une famille, des rivalités, des histoires d’ego, mais aussi des contraintes très quotidiennes. Garde d’enfants, fatigue, corps malade, pression financière : le théâtre apparaît ici comme un lieu de représentation, mais aussi comme un lieu de vie.

On voulait montrer que derrière cette façade, c’était vraiment une troupe, une famille, des gens qui avaient des problèmes comme tout le monde.

Martin Darondeau

Interprété par des comédiens et comédiennes de la Comédie-Française, le film prend ainsi la forme d’un hommage joyeux à une institution nationale. Pour les réalisateurs, cette maison reste à la fois celle de Molière et celle du public : un « bijou national » fait pour tous.


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