C dans l’air l'invité du 1er juin 2026 - Christian Chesnot, Grand reporter à la rédaction internationale de Radio France, auteur de Le Qatar, les secrets d’une influence planétaire en 100 questions.
Les images du Paris Saint-Germain au pied de la tour Eiffel, double vainqueur consécutif de la Ligue des champions, faisaient partie du rêve et de l’objectif que s’était fixé le Qatar en 2011 lors du rachat du club. Après un lourd investissement, une quête de soft power et des échecs, le PSG est devenu une marque planétaire. Un pari réussi donc, pour un pays qui a notamment choisi le sport pour asseoir son influence. Quinze ans après avoir acheté 70 millions d'euros le club, et après avoir investir des sommes colossales, le club est aujourd'hui valorisé à 4,9 milliards d'euros. Et l'émirat ne compte pas s'arrêter là : après avoir organisé la Coupe du monde 2022, le Qatar est candidat à l'organisation des Jeux olympiques en 2036. Quel est l'objectif du Qatar ? Quelle est son influence en France ? Comment pourrait-il peser sur la situation au Moyen-Orient ? Comment se porte son économie en ce moment ?
C dans l’air du 1er juin 2026 - Une victoire, une fête... et encore des violences
Un week-end d’euphorie et de tensions. Alors que le coup de sifflet final retentissait, samedi soir, la capitale explosait de joie : le PSG remportait, au bout d’un long suspense, la deuxième Ligue des champions de son histoire et conservait son titre. Dès lors, des scènes de liesse ont été observées un peu partout dans la capitale. Mais, comme l’an dernier, la fête a toutefois été émaillée d’incidents, de dégradations et d’affrontements avec les forces de l’ordre. Des actes de vandalisme et des pillages de commerces ont également été constatés dans plusieurs villes, comme Rennes, Clermont-Ferrand ou encore Strasbourg.
Ce dimanche, les joueurs du Paris Saint-Germain ont fait un retour triomphal à Paris, acclamés par une foule immense massée au Champ-de-Mars, avant d’être reçus à l’Élysée par Emmanuel Macron. Mais les festivités ont été gâchées par les violences de samedi soir. « On a vu des scènes de violence inacceptables à Paris et dans d’autres villes », a dénoncé Emmanuel Macron, ajoutant : « On sera intraitables avec ceux qu’on a attrapés. On ne veut plus voir ça, on en a ras le bol. » Le ministre de l’Intérieur a fait état, ce lundi 1er juin, de « 890 interpellations » ce week-end, soit une hausse « de plus de 45 % » par rapport à 2025 et au premier sacre européen du Paris Saint-Germain. Il a également indiqué que « 178 » policiers et gendarmes avaient été blessés au cours de ces deux jours. Même tonalité de la part du préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, qui, sur RTL, a mis en avant une hausse des interpellations à Paris à mettre en regard avec « une baisse de 30 % des faits » par rapport à 2025.
« Nous savions que ces célébrations allaient donner lieu à des débordements, des violences urbaines, des pillages et des attaques contre les forces de l’ordre. Nous avions déployé un important dispositif et donné des consignes d’extrême fermeté pour les interventions. C’est ce qui a été fait systématiquement », a déclaré Laurent Nuñez. Au total, 22 000 policiers et gendarmes avaient été mobilisés en France, dont 8 000 à Paris et dans son agglomération, afin de sécuriser la soirée.
Mais l’action du gouvernement est très critiquée depuis plusieurs heures. La France insoumise a déploré l’absence de fan-zones pour « éviter ce type de débordements » et a accusé les forces de l’ordre d’avoir « chargé des gens qui ne commettaient aucun débordement ». « Ils ont tiré des grenades sur des familles, sur des jeunes gens, simplement parce qu’ils étaient rassemblés », a écrit la députée Clémence Guetté sur X. « La doctrine du maintien de l’ordre en France doit être revue de fond en comble, notamment concernant les grands événements », a-t-elle ajouté. Le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, a, de son côté, estimé que la situation de samedi soir n’était « pas acceptable, c’est une évidence ». Mais il a regretté que les autorités aient refusé la mise en place de fan-zones. Le député EELV Emmanuel Duplessy, quant à lui, demande des explications et s’interroge sur la logique de dispersion de la foule, notamment à l’aide de gaz lacrymogènes dans le centre-ville d’Orléans, alors que le rassemblement de samedi était essentiellement festif, estime-t-il.
Alors, que s’est-il passé samedi soir à Paris et dans plusieurs villes de France en marge des festivités ? Quelle stratégie de maintien de l’ordre a été mise en œuvre ? Pourquoi ces débordements ?
Nos experts :
- Laurent VALDIGUIÉ - Journaliste d’investigation à Marianne
- Pascal PERRINEAU - Politologue, professeur des Universités à Sciences Po, auteur de Inventaire des peurs françaises
- Audrey GOUTARD - Grand reporter à France Télévisions, spécialiste des faits de société
- Hakim EL KAROUI - Essayiste et expert associé chez Terra Nova
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