C dans l’air spécial, dimanche 31 mai 2026 : Chine / États-Unis : la guerre de l'IA
L'intelligence artificielle n'est plus une promesse abstraite : elle est dans nos usines, nos hôpitaux, nos champs de bataille. Elle supprime des emplois, réécrit les règles de la démocratie et redessine les rapports de force mondiaux.
C dans l’air vous propose une soirée spéciale consacrée à la bataille la plus décisive de notre siècle. Enquête sur un basculement planétaire en marche, éclairée par des experts et enrichie d'entretiens exclusifs menés par Caroline Roux.
Un documentaire suivi d'un débat avec de nombreux experts, ce dimanche 31 mai à 21.05 sur France 5 ! Vous pouvez poser vos questions dès maintenant en cliquant ICI.
C dans l’air l'invité du 27 mai 2026 avec Jacques Audibert, diplomate, ancien directeur politique du Quai d’Orsay, ancien négociateur français sur le nucléaire iranien.
Après des semaines de blocages et de menaces, Washington et Téhéran avaient fait état d’avancées ces derniers jours dans les négociations pour régler la guerre au Moyen-Orient. Donald Trump a même, au cours du week-end, laissé entrevoir un compromis imminent. Des espoirs de paix qui se sont éloignés ce lundi 26 mai, d’une part par l’annonce du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou d’une intensification de l’offensive de son armée au Liban, puis par l’attaque américaine contre l’Iran. Les Etats-Unis ont annoncé avoir frappé des sites de missiles dans le sud du pays, portant un coup au cessez-le-feu. Pour autant, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a fait savoir qu’un accord avec l’Iran restait possible. Les discussions tournent essentiellement « autour de la formulation précise du texte initial, cela prendra donc quelques jours », a-t-il déclaré lors d’une visite officielle en Inde. Jacques Audibert, diplomate, ancien négociateur français sur le nucléaire iranien, nous expliquera comment se passent des discussions avec les Iraniens, alors que la guerre dure désormais depuis trois mois et que le dossier de l’uranium enrichi iranien est au coeur des négociations.
C dans l'air du 27 mai 2026 - Alerte aux ambassades... Poutine veut-il détruire Kiev ?
Kiev à nouveau sous les bombes. Alors que, sur le front ukrainien, l’armée russe connaît des difficultés et perd du terrain depuis plusieurs mois, Vladimir Poutine intensifie ses menaces et multiplie les frappes massives sur l’Ukraine. Cent soixante-trois drones se sont abattus cette nuit sur le pays, après un déluge de feu le week-end dernier. Plus de 600 drones et 90 missiles ont été lancés sur Kiev. D’intenses bombardements qui ont fait au moins quatre morts, plus de 100 blessés et provoqué de très nombreux incendies. Les dégâts sont d'autant plus importants que Moscou a revendiqué l'usage d’un Orechnik, un missile hypersonique à capacité nucléaire.
La Russie a justifié cette escalade par les récentes attaques massives de drones qui ont frappé 14 régions russes, Moscou, la mer Noire et plusieurs territoires ukrainiens annexés. Fait rare, Moscou a demandé aux « ressortissants étrangers, y compris le personnel des missions diplomatiques et des organisations internationales », de quitter la capitale ukrainienne « au plus vite ». Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a également renouvelé cet appel lors d’un échange téléphonique avec son homologue américain, Marco Rubio, exhortant les États-Unis à évacuer leur ambassade à Kiev.
Parallèlement, Moscou a durci le ton contre les pays baltes. La Russie a notamment menacé de frapper des centres de décision en Lettonie, accusée d’abriter des opérateurs de drones ukrainiens. En Lituanie, des alertes aériennes ont été déclenchées après l’approche de drones suspects venus de Biélorussie, poussant ces derniers jours le gouvernement à se réfugier dans un bunker. Le ministère russe de la Défense a aussi publié les adresses d’entreprises européennes accusées de coopérer avec l’Ukraine dans la production de drones. Moscou a averti que la poursuite de l’aide militaire à Kiev pourrait entraîner des « conséquences imprévisibles » et une « forte escalade ».
Dénonçant une « escalade inacceptable », l’UE a annoncé que le chargé d’affaires russe à Bruxelles avait été convoqué ce mardi en signe de protestation et a assuré que la délégation de l’UE resterait présente à Kiev. Plusieurs pays européens ont, eux aussi, agi de la sorte. À l’ONU, une cinquantaine d’États ont dénoncé les « menaces » de la Russie. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, en visite mardi en Lituanie, a rappelé que toute pression sur les pays baltes concernait l’ensemble de l’Europe. « Quand les États baltes sont testés, toute l’Europe est testée » a-t-elle déclaré.
Cette montée de pression intervient alors que plusieurs services de renseignement occidentaux estiment que, depuis le mois de décembre, les pertes russes sur le front seraient très élevées, autour de 35 000 soldats par mois, un rythme supérieur aux capacités actuelles de recrutement du Kremlin. Sans mobilisation forcée, la poursuite de la guerre à ce niveau pourrait devenir de plus en plus difficile pour Moscou, qui multiplie pour l’instant les mesures afin de tenter d’étoffer son armée. En plus de salaires mirobolants, Vladimir Poutine vient de signer un décret accordant un allègement de dette aux nouvelles recrues engagées dans la guerre en Ukraine, ainsi qu’à leurs conjoints. La mesure s’inscrit dans un ensemble plus large d’incitations destinées à renforcer les effectifs militaires dans un contexte de guerre qui s’enlise et de contestation grandissante au sein de la population.
La période est compliquée pour le pouvoir russe. La popularité du maître du Kremlin est descendue en avril sous les 70 %, selon un institut de sondage officiel. Une première pour l’homme fort de la Russie, qui a dû reconnaître ces dernières semaines une situation économique en berne depuis deux mois et a « tiré la sonnette d’alarme ». Car si la Russie connaît une hausse de ses exportations de pétrole liée au conflit en Iran, entre ralentissement de la croissance, sanctions et dépendance énergétique, les voyants économiques sont au rouge et les autorités cherchent des leviers pour renflouer les caisses de l’État.
Parallèlement, les coupures Internet se multiplient et les États reprennent la main sur les réseaux. Malgré cela, en avril, le coup de gueule d’une influenceuse, Victoria Bonya, est devenu viral. Face au mécontentement grandissant, la sécurité de Poutine lui-même suscite des inquiétudes croissantes au sein du régime. Ces derniers mois, rapporte le Financial Times, le Service fédéral de protection (FSO) russe aurait drastiquement renforcé la sécurité autour de Vladimir Poutine, qui passerait de plus en plus de temps dans des bunkers souterrains.
Alors que, sur les fronts militaire, économique et intérieur, le maître du Kremlin accumule les revers, une inquiétude grandissante s’empare des capitales européennes : Vladimir Poutine serait-il tenté de rebattre les cartes en étendant le conflit à l’Europe ?
Nos experts :
- Général François CHAUVANCY - Rédacteur en chef de la revue Défense de l’Union-IHEDN, l’Institut des hautes études de défense nationale
- Paul GOGO - Journaliste, ancien correspondant indépendant en Russie de 2017-2026, auteur de Moscou Parano est publié aux éditions du Rocher
- Marie JEGO - journaliste au Monde, ancienne correspondante à Moscou de 2005 à 2014.
- Samantha DE BENDERN - Chercheuse pour le programme Russie/Eurasie au sein du think tank britannique « Chatham House », l’Institut royal des affaires étrangères.
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