C dans l’air l'invitée du 7 juillet 2026 avec Jean-François Colosimo, historien et essayiste, auteur de "L’Occident, ennemi public numéro 1" aux éditions Albin Michel.
Deux bombes ont explosé mardi à proximité de l'hôtel où Emmanuel Macron a passé la nuit à Damas, faisant 18 blessés et illustrant la fragilité de la transition politique en Syrie que le président français est venu soutenir. Le chef de l'Etat français, premier dirigeant d'une puissance occidentale à se rendre en Syrie depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste, a poursuivi normalement selon l'Elysée sa visite, marquée par la signature d'accords économiques.
Emmanuel Macron était arrivé lundi soir en Syrie, quelques jours après un attentat à la bombe qui avait fait dix morts dans un café du centre de Damas. Le pays traverse un fragile processus de pacification après 13 ans de guerre civile. "C'est une visite de courage", avait souligné l'Elysée, surtout qu'il a choisi de passer la nuit dans la capitale syrienne malgré les risques de sécurité.
Aujourd'hui, il a participé à un "forum économique consacré à la reconstruction de la Syrie", au cours duquel il a souligné, comme son homologue, le souhait de voir la Syrie retrouver son rôle de carrefour énergétique, notamment après le verrouillage par Téhéran du détroit stratégique d'Ormuz. "Nous voulons que la France soit notre premier partenaire dans ce parcours", a dit le président syrien Ahmed al-Charaa. Le chef de l'Etat français se rendra dans la foulée mardi soir à Ankara pour le sommet de l'Otan, et s'y entretiendra mercredi avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, avec lequel le dossier syrien pourra être évoqué. Dans la capitale turque, le président syrien rencontrera lui Donald Trump.
Quels sont les enjeux de cette visite du président Macron en Syrie ? Et comment appréhender ce sommet de l'Otan, alors que l'alliance est régulièrement la cible du président Trump ?
C dans l’air du 7 juillet 2026 - Marine Le Pen : les juges lui laissent le choix...
Le verdict est tombé après dix ans de procédure. Dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Rassemblement national, Marine Le Pen a été reconnue coupable de détournement de fonds publics et de complicité de détournement de fonds publics. Elle est condamnée à 3 ans de prison, dont deux avec sursis et un an aménagé sous surveillance électronique, ainsi qu'à une peine d'inéligibilité de 45 mois, dont 30 avec sursis. Une décision qui lui permet toutefois, sur le plan juridique, de rester éligible à l'élection présidentielle de 2027.
Lors du procès en appel, la dirigeante du RN avait profondément modifié sa stratégie de défense. Dans un premier temps, Marine Le Pen avait dénoncé une « chasse aux sorcières » et accusé la justice de vouloir l'empêcher d'accéder à l'Élysée, avant de changer de tonalité et d’infléchir sa stratégie de défense. Au-delà de la décision judiciaire, une question demeure : cette condamnation pèsera-t-elle durablement sur sa crédibilité auprès des électeurs, ou renforcera-t-elle sa position auprès de son socle électoral ?
Le verdict a accéléré la place prise par Jordan Bardella au sein du Rassemblement national. Longtemps considéré comme le fidèle lieutenant de Marine Le Pen, le président du parti s'est progressivement imposé comme son successeur naturel. Son ascension, de jeune militant en Seine-Saint-Denis à président du RN et vainqueur des élections européennes de 2024, l'a installé comme une figure incontournable de l'extrême droite et un possible candidat à l'Élysée.
Cette montée en puissance ne s'est toutefois pas faite sans difficultés. Jordan Bardella a parfois été critiqué pour certaines approximations sur des sujets économiques, ainsi que pour son manque d'expérience dans l'exercice du pouvoir. Si les circonstances l'amenaient à porter les couleurs du RN en 2027, il lui faudrait convaincre qu'il possède non seulement la popularité, mais aussi la stature présidentielle attendue par une majorité de Français.
L'histoire politique française rappelle que des ambitions présidentielles peuvent être brutalement brisées par une affaire judiciaire ou un scandale. Dominique Strauss-Kahn en 2011, puis François Fillon en 2017, ont vu leur trajectoire vers l'Élysée s'effondrer en quelques semaines. Jacques Chaban-Delmas, sans avoir été condamné, avait lui aussi vu ses chances compromises par des controverses qui avaient affaibli son image.
Quel avenir politique pour Marine Le Pen après sa condamnation ? Jordan Bardella est-il aujourd’hui le meilleur candidat du RN pour espérer remporter la présidentielle ? Peut-on survivre politiquement à une condamnation pénale ?
Nos experts :
- Jérôme JAFFRÉ - Politologue, chercheur associé au CEVIPOF
- Soazig QUÉMÉNER - Rédactrice en chef à "La Tribune Dimanche"
- Anne-Charlène BEZZINA - Politologue et constitutionnaliste
- Christophe BARBIER - Éditorialiste politique, conseiller de la rédaction à Franc-Tireur
+ 4 DUPLEX :
- Noémie SCHULZ - Grand reporter au service police-justice de France Télévisions
- Pascal PERRINEAU - Politologue, professeur à Sciences Po
- Fanny GUINOCHET - Éditorialiste économique à France Info
- Jérôme FOURQUET - Politologue, directeur du département opinion de l'institut de sondages IFOP
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