Robert Capa est LE photographe de guerre aux images légendaires. Il en a inventé le modèle : forcément américain, désinvolte et séducteur, buveur et joueur, prêt à risquer sa vie pour prendre LA photographie iconique. Voilà pour le côté mythique du personnage et l’existence qu’il s’était choisie.
Cette représentation masque toutefois une autre histoire : celle d’un exilé hongrois à Paris dans l’entre-deux-guerres, qui se réinventa en Robert Capa, remarquable photographe de guerre. Capa en affina le métier, soucieux de produire des clichés diffusables par la presse, ainsi que le montrent les tirages et les magazines présentés. Au-delà du romanesque, interroger son parcours et ses images permet d’approcher sa vie, ses engagements et surtout de comprendre pourquoi, près d’un siècle plus tard, ses photographies restent légendaires.
Plus de soixante tirages de presse d’époque sont présentés aux côtés de magazines, ouvrages, documents et objets personnels. Ensemble, ces cent soixante pièces retracent le parcours d’un jeune immigré hongrois devenu une icône de la photographie moderne.
Métier : photographe de guerre
Robert Capa a inventé un style : le photographe de guerre, l’œil rivé à l’objectif, le scoop toujours à l’esprit. Témoin engagé, son regard a marqué durablement l’histoire du photojournalisme et a façonné la figure nouvelle du photographe de guerre.
Le « style Capa », cette manière directe et immersive de photographier la guerre, a profondément influencé la profession, toujours exposée aux dangers du terrain. En 2024, selon Reporters sans frontières, cinquante-quatre journalistes ont encore perdu la vie dans l’exercice de leur mission, pour la plupart dans des zones de conflit.
