Les Victoires de la Musique classique : votez pour votre artiste préféré

En attendant de retrouver la 29e édition des Victoires de la Musique classique, retransmise en direct sur France 3 et France Musique depuis le Grand Théâtre de Provence à Aix-en-Provence, vous pouvez dès à présent voter pour votre candidat favori dans les catégories ouvertes au public : « Révélation, artiste lyrique » et « Révélation, soliste instrumental ». Et les nommés sont…

Les Victoires de la Musique classique. © DR

Soliste instrumental


Emmanuelle Bertrand, violoncelle
Personnalité rayonnante et généreuse, Emmanuelle Bertrand se distingue par sa capacité à rendre accessibles et à faire partager au plus grand nombre des choix de répertoire audacieux et une curiosité insatiable. Dès 1999, elle travaille avec le compositeur Henri Dutilleux qui parle d’elle comme d’une « véritable révélation ». Elle est dédicataire d’œuvres de Nicolas Bacri, Édith Canat de Chizy, Pascal Amoyel, Bernard Cavanna ou Thierry Escaich. Elle a également donné en première mondiale Chanson pour Pierre Boulez de Luciano Berio.
Révélée au grand public par une Victoire de la Musique en 2002, élue Artiste de l’année 2011 par le magazine Diapason et les auditeurs de France Musique, elle reçoit en 2017 le prestigieux Prix d’interprétation Simone et Cino Del Duca de l’Académie des beaux-arts.
Passionnée de musique de chambre, elle forme un duo avec le pianiste Pascal Amoyel et enregistre une dizaine de disques à ses côtés. En 2017, elle fonde le Stimmung Trio avec le violoniste Christophe Giovaninetti et le pianiste Michaël Levinas. Elle enseigne au Conservatoire national supérieur de musique et de danse à Paris et se consacre aussi à l’écriture et à la création de spectacles tels que Le Block 15 qui raconte l’histoire vraie de musiciens rescapés des camps durant la Seconde Guerre mondiale.
Elle joue depuis 2016 un violoncelle de Carlo Tononi datant du début du XVIIIe siècle.

Sol Gabetta, violoncelle
La violoncelliste franco-argentine Sol Gabetta est née en 1981 en Argentine. L’année 2021 célèbre ses 40 ans et marque ses 30 ans de concerts en tant que soliste avec orchestre. Elle a reçu d’innombrables distinctions, dont récemment le prestigieux Prix Herbert von Karajan pour l’ensemble de sa carrière Elle est régulièrement invitée en résidence ou en tournée auprès des plus grands orchestres et festivals. Parallèlement, Sol Gabetta dédie une partie de son travail à la pratique du répertoire baroque, classique et romantique. En 2010, elle fonde son propre ensemble de musique baroque, la Capella Gabetta, avec lequel elle a enregistré un important cycle de concerto de Vivaldi entre 2011 et 2014 et, plus récemment, des airs baroques originaux pour voix et violoncelle avec Cecilia Bartoli. 
Sol Gabetta s’adonne par ailleurs intensément au répertoire de musique de chambre tant du XIXe et XXe siècle que contemporain. Elle entretient une collaboration régulière avec ses partenaires de prédilection, les pianistes Bertrand Chamayou, Kristian Bezuidenhout et Nelson Goerner, les violonistes Patricia Kopatchinskaja, Vilde Frang et Baiba Skride, ainsi que le Quatuor Hagen. 
Elle porte une attention particulière à la transmission. Elle enseigne depuis 2005 à la Musikakademie de Bâle et donne de nombreuses masterclass à travers le monde. 

Théotime Langlois de Swarte, violon baroque
Passion et éclectisme définissent le répertoire du violoniste Théotime Langlois de Swarte, lequel s’étend du XVIIe siècle jusqu’à la création contemporaine. Il est membre régulier de l’ensemble Jupiter aux côtés de Thomas Dunford, Jean Rondeau, Bruno Philippe et Léa Desandre, mais aussi des Ombres (Margaux Blanchard, Sylvain Sartre), de Pulcinella (Ophélie Gaillard), de l’Ensemble Marguerite Louise (Gaëtan Jarry) et des Arts Florissants, où il se produit en soliste avec l’ensemble et en récital avec William Christie au clavecin. Il a également fondé avec le claveciniste Justin Taylor l’ensemble Le Consort. Ils collaborent avec des artistes lyriques tels que Eva Zaïcik, Véronique Gens et Mathias Vidal ; leurs premiers enregistrements (Alpha Classics) ont remporté un vif succès, à l’image de l’album Opus 1, couronné par un Diapason d’Or de l’année 2019.
Avec The Mad Lover, Théotime signe son premier enregistrement pour Harmonia Mundi en tant que soliste. Il sera suivi de deux autres parutions, l’une sur le violon Davidoff avec le pianiste Tanguy de Williencourt (collection Stradivari), l’autre consacrée à Leclair et Sénaillé, en duo avec William Christie.
Nommé aux Victoires de la Musique Classique 2020 dans la catégorie « Révélation soliste instrumental », il est lauréat de la fondation Banque Populaire et de la Jumpstart Foundation.  Il joue sur un violon de Jacob Stainer de 1665.
 

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Emmanuelle Bertrand et Pascal Amoyel /Sol Gabetta / Théotime Langlois de Swarte
© Harmonia Mundi / Matthias Muller / Jean-Baptiste Millot

Artiste lyrique


Sabine Devieilhe, soprano
Musicienne à part entière, Sabine Devieilhe étudie le violoncelle et la musicologie avant de se tourner vers le chant. C’est au sein des Chœurs de l’Opéra de Rennes qu’elle fait ses premières armes, avant de rejoindre le CNSM de Paris pour compléter sa formation. Elle en ressort avec un Premier Prix à l’unanimité, en 2011.
À peine sortie du CNSM, Sabine Devieilhe est lauréate des Révélations Classiques de l’Adami. Elle travaillera ensuite au sein d’ensembles prestigieux, comme Pygmalion, l’Atelier Lyrique de Tourcoing ou encore Les Musiciens du Louvre, et développe un vaste répertoire, de Mozart à Bach, en passant par Offenbach.
Sabine Devieilhe s’est produite dans les plus grandes salles françaises, comme le Théâtre des Champs-Élysées, la salle Pleyel, ainsi qu’aux grands festivals de musique lyrique, comme à Aix-en-Provence et au Festival d’Utrecht.
En février 2013, elle a remporté une Victoire de la Musique Classique en tant que « Révélation lyrique de l’année ». Élue Artiste lyrique 2018 lors de la 25e cérémonie des Victoires de la Musique Classique, elle enregistre depuis 2012 en exclusivité chez Erato Warner Classics.

Barbara Hannigan, soprano
Incarnant la musique avec une sensibilité dramatique incomparable, la soprano et cheffe d’orchestre Barbara Hannigan est une artiste à l’avant-garde de la création. Ses collaborations artistiques incluent des metteurs en scène et des chefs d’orchestre tels que Christoph Marthaler, Simon Rattle, Sasha Waltz, Kent Nagano, Vladimir Jurowski, John Zorn, Andreas Kriegenburg, Andris Nelsons, Antonio Pappano, Katie Mitchell, Kirill Petrenko, et Krszysztof Warlikowski…
En tant que chanteuse, cheffe d’orchestre – ou les deux simultanément –, cette musicienne canadienne fait preuve d’un profond engagement envers la musique de notre temps et a présenté en première mondiale plus de 85 nouvelles créations. Elle a collaboré avec des compositeurs tels que Boulez, Dutilleux, Ligeti, Stockhausen, Sciarrino, Barry, Dusapin, Dean, Benjamin et Abrahamsen.
Le premier disque de Hannigan en tant que chanteuse et cheffe d’orchestre, Crazy Girl Crazy (Alpha Classics, 2017), lui a valu le Grammy Award 2018 pour le meilleur album vocal classique solo. Au printemps 2020, elle a fait paraître son plus récent disque sur Alpha Classics, La Passione, avec des œuvres de Nono, Haydn et Grisey.
En 2020, elle a lancé Momentum : Our Future, Now, une initiative internationale majeure menée par des artistes de premier plan qui soutiennent leurs jeunes collègues. Elle poursuit également son travail acclamé avec l’initiative de mentorat Equilibrium Young Artists, qu’elle a lancée en 2017.

Ludovic Tézier, baryton
Originaire de Marseille, le baryton français a débuté à Lucerne et à Lyon dans des rôles mozartiens et belcantiste. Sa carrière de soliste prend son envol en 1999 et il chante depuis dans les plus importants opéras du monde et sous la baguette des plus prestigieux chefs d’orchestre : Glyndebourne, Deutsche Oper Berlin, la Scala de Milan, le Met de New York, le Royal Opera House Covent Garden, La Monnaie à Bruxelles. Ludovic Tézier a incarné de nombreux rôles du répertoire lyrique : comte d’Almaviva (Le Barbier de Séville), Enrico (Lucia di Lammermoor), Jeletzki, Albert (Werther), Luna (Il trovatore), Marcello (La Bohème), Escamillo (Carmen), Ankarström (Un bal masqué), Wolfram (Tannhauser), Don Giovanni, Belcore (L’Elixir d’amour), Eugen Onegin, Ford (Falstaff), Rigoletto, Rodrigo (Don Carlo) – parmi tant d’autres. Il est l’un des plus grands barytons de notre époque. 
Son disque Verdi, sorti en 2021, lui a permis de nous offrir un panorama de son talent dans le répertoire verdien. Élégance, distinction du chant, diction d’une clarté qui ne cède jamais à la ligne vocale, et un timbre somptueux… (Forum Opéra)
 

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Sabine Devieilhe / Barbara Hannigan / Ludovic Tézier
© Warner / Marco Borggreve / Sony

Révélation, soliste instrumental


Manon Galy, violon
Manon Galy débute le violon à 7 ans. Elle est admise à 16 ans au CNSMDP. Elle y obtient ses diplômes de licence, master et DAI interprète (doctorat). Actuellement, elle effectue un Certificate Masterclass à la Hochschule de Munich dans la classe de Julia Fischer.
En 2021, Manon remporte le 1er prix et 5 prix spéciaux au Concours international de musique de chambre de Lyon, en sonate avec le pianiste Jorge Gonzalez-Buajasan. Elle se produit régulièrement, en soliste comme en chambriste, dans des salles prestigieuses : Philharmonie de Paris, Seine Musicale (Paris), Rohm Theater à Kyoto (Japon)… Ainsi que dans des festivals comme La Roque d’Anthéron, Les Folles Journées de Nantes, Radio France Montpellier, le Festival de Pâques d’Aix-en-Provence, les Sommets musicaux de Gstaad ou encore Les Rencontres musicales d’Évian. Depuis 2019, Manon multiplie ses expériences en soliste et a ainsi été amenée à interpréter plusieurs concertos pour violon et orchestre, notamment à la Philharmonie de Paris et au Lithuanian National Philharmonic Hall de Vilnius. 
Chambriste dans l’âme, Manon fonde en 2018 le trio Zeliha aux côtés de Jorge Gonzalez-Buajasan et Maxime Quennesson. Leur premier disque est sorti chez le label Mirare en novembre 2020 et est salué par la critique. Manon est également membre de l’Ensemble K, dirigé par Simone Menezes ; leur disque Accents est sorti chez le label Aparte en janvier 2021. 

Jérémie Moreau, piano
Né en 1999, Jérémie Moreau commence le piano à 7 ans avec Françoise Ragon. Il intègre le CNSM de Paris en 2015 dans la classe de Denis Pascal où il obtient en 2018 sa licence avec un Premier prix et les félicitations du jury à l’unanimité. Il est régulièrement conseillé et guidé par Bruno Rigutto, suit des master classes avec Daniel Barenboim, Jean-François Heisser, Jean-Marc Luisada… Il se produit en récital dans différents festivals, Piano aux Jacobins à Toulouse, Lisztomanias à Châteauroux, Festival Chopin à Bagatelle et à Nohant, Classique au Port à La Rochelle, Sommets-Musicaux de Gstaad, Les Pianissimes à Paris... Il joue aussi régulièrement en musique de chambre, notamment avec ses frères et sœur, à Séoul, aux Flâneries musicales de Reims, au Festival de Saint-Denis, à La Roque-d’Anthéron… et avec l’Orchestre national Bordeaux Aquitaine sous la direction de Victor Jacob, le triple concerto de Beethoven avec ses frères, David et Edgar. En 2020, Warner Classics Erato publie un premier disque de la fratrie Moreau, incluant des œuvres d’Erich Wolfgang Korngold et Antonin Dvorak.  Il travaille depuis septembre 2018 avec Sir András Schiff à la Barenboim-Said Akademie de Berlin. 

Valentin Tournet, viole de gambe
Baignant dans un environnement musical depuis sa naissance en 1996, Valentin Tournet débute la viole de gambe à l’âge de 5 ans. Il se passionne rapidement pour cet instrument qu’il étudie d’abord aux conservatoires d’Issy-les-Moulineaux et de Cergy-Pontoise (2001-2012), puis aux conservatoires de Bruxelles et de Paris (2014-2018) auprès de Christophe Coin et Philippe Pierlot. Il reçoit également les conseils de Jordi Savall.
Sa découverte de l’orchestre à l’Opéra de Paris au sein de la Maîtrise des Hauts-de-Seine (2007-2010) fait naître sa passion pour la direction, qu’il apprend auprès de Pierre Cao. En parallèle, il rencontre Philippe Herreweghe, qui l’invite à suivre son travail au sein de ses divers ensembles. En 2017, il fonde l’ensemble La Chapelle Harmonique qui réunit un chœur et un orchestre jouant sur instruments d’époque. Avec cet ensemble, il aborde les oratorios de Bach, Haendel et la musique de scène de Rameau dans un souci de retour aux textes originaux, d’interrogations esthétiques et stylistiques, tout en s’inscrivant dans notre époque.
Valentin Tournet et La Chapelle Harmonique ont fait leurs débuts au Festival de Beaune et à l’Opéra Royal du Château de Versailles (Les Indes galantes de Rameau, 2019), à l’Auditorium de Radio France et au Festival de Saint-Denis (LeMessie de Haendel, 2019, 2021). Soucieux d’irriguer le territoire creusois où a été tourné le célèbre film d’Alain Corneau Tous les matins du monde, Valentin Tournet fonde en 2019 le festival Musique à la source.
 

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Manon Galy / Jérémie Moreau / Valentin Tournet
© Jean-Baptiste Millot / Stéphane Delavoye / Manuel Braun

Révélation, artiste lyrique


Sarah Aristidou, soprano
Décrite par les critiques comme « extraordinaire » avec une « technique sans faille » et une « magnifique présence scénique », la soprano franco-chypriote Sarah Aristidou est une étoile montante du monde lyrique : elle a déjà travaillé avec plusieurs grands chefs d’orchestre comme Daniel Barenboim, sir Simon Rattle et François-Xavier Roth. Sarah a été nommée deux fois dans la catégorie « Révélation » (« Best Newcomer ») par Opernwelt pour ses interprétations de Franziska dans le Die arabische Nacht (2016) de Christian Jost et dans le Kopernikus : Rituel de la mort (2019) de Claude Vivier. En 2021, elle a reçu le prix Luitpold, qui récompense la performance exceptionnelle d’un jeune interprète du festival Kissinger Sommer. 
Son potentiel a été rapidement reconnu lorsqu’elle faisait partie du Studio du Staatsoper Unter den Linden à Berlin. Elle y a fait ses débuts dans le rôle de Zerbinette dans Ariadne auf Naxos, qu’elle a repris avec l’Opéra de Francfort, où elle retourne cette saison dans le rôle de Nausicaa dans l’Ulisse de Luigi Dallapiccola.
Cette saison, Sarah célèbre également la sortie de son premier album ÆTHER, sur le label Alpha Classics. 

Marie-Andrée Bouchard-Lesieur, mezzo-soprano
Marie-Andrée Bouchard-Lesieur travaille depuis 2014 avec la soprano Maryse Castets au Conservatoire de Bordeaux-Aquitaine, où elle obtient son Prix de chant, après une formation à Sciences Po Bordeaux. Elle se perfectionne ensuite à l’Académie de l’Opéra national de Paris, qu’elle termine la saison dernière. Elle fait partie de la Nouvelle Troupe Favart de l’Opéra-Comique. La saison 2019-2020, elle participe au Young Singers Project du Festival de Salzburg et se produit en récital avec l’Orchestre du Mozarteum. Cette même saison, elle interprète les rôles de la Mère, de la Tasse Chinoise et de la Libellule dans L’Enfant et les Sortilèges de Ravel à l’Opéra national de Paris. Elle donne également des récitals à l’Opéra-Comique, des concerts à l’Opéra de Paris dans le cadre des concerts de l’Académie et un récital au Festival du Potager du Roi du Château de Versailles.
Cette saison, Marie-Andrée Bouchard-Lesieur interprète une Fille-Fleur dans Parsifal à l’Opéra national de Paris, Geneviève dans Pelléas et Mélisande avec la Fondation Royaumont, Ethel dans Les Éclairs de Philippe Hersant à l’Opéra-Comique à Paris, la Troisième Dame dans La Flûte enchantée au Théâtre du Capitole de Toulouse, Trashella dans Robert le cochon de Marc-Olivier Dupin à l’Opéra-Comique à Paris, Margret dans Wozzeck à l’Opéra national de Paris.

Eugénie Joneau, mezzo-soprano
Mezzo-soprano française, elle effectue ses études à Lyon auprès de Pierre Ribemont, puis se perfectionne avec Anaïk Morel, Françoise Pollet, Irene Kudela, Marie-Claude Papion et Antoine Palloc. En 2018, elle gagne le 1er prix Opéra et le 1er prix Mélodie du Concours de chant de Mâcon. En septembre 2019, elle intègre l’Opéra Studio, sous la direction de Vincent Monteil, à l’Opéra national du Rhin et participe aux productions de Rusalka et L’Heure espagnole.
En 2020-2021, elle chante notamment le rôle de Gertrude dans Hansel et Gretel, the German Mother/the Danish Lady/the Newspaper Seller dans LaMort à Venise et celui de Kate Pinkerton dans Madame Butterfly.
En 2021-2022, elle intègre la compagnie lyrique Opera Fuoco sous la direction de David Stern. Fin octobre 2021, elle gagne le 1er prix Révélations du 6e Concours Jeunes Espoirs d’Avignon. Elle enchaîne ensuite avec la prestigieuse Académie Bel Canto de la Fondation des Treilles où elle travaille avec Ivan Alexandre, Julien Benhamou, Alain Perroux et Patrizia Ciofi.
En mai 2022, elle chantera le rôle de Karolka dans Jenůfa au Grand Théâtre de Genève. 
 

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Sarah Aristidou / Marie-Andrée Bouchard-Lesieur / Eugénie Joneau,
© Neva Navaee / Romane Bégon / Océane Seyer

Révélation, chef d’orchestre


Stéphanie Childress
Stéphanie Childress commence sa carrière musicale en tant que violoniste. Aujourd’hui, elle se fait remarquer en tant que cheffe d’orchestre et est comparée à d’autres jeunes chefs notables du passé, tels que sir John Eliot Gardiner et sir Simon Rattle. Son talent musical et sa maîtrise d’un large éventail de répertoires l’amène à travailler aussi bien avec des orchestres symphoniques, des ensembles contemporains que des opéras. Au cours de la saison 2020-2021, elle a fait plusieurs apparitions, notamment à la direction du Royal Liverpool Philharmonic Orchestra et du BBC Philharmonic. Elle est également encadrée par Simon Rattle grâce à son travail avec le London Symphony Orchestra. En novembre 2020, elle est invitée par Susanna Mälkki pour diriger le LSO dans un programme Sibelius, Mendelssohn et Saariaho. Pour la saison 2021-2022, elle continue comme cheffe assistante avec l’Orchestre symphonique de Saint-Louis. Grâce à son 2e Prix à la première édition du Concours international pour cheffes d’orchestre La Maestra, à Paris, elle a de nombreux engagements avec des orchestres français comme l’Orchestre de Paris, Paris Mozart Orchestra, Orchestre de Chambre de Paris… Elle assiste à des master classes avec des chefs d’orchestre estimés tels que sir Mark Elder, Paavo Järvi, Neeme Järvi, Sian Edwards et Colin Metters, et plus récemment avec Jukka-Pekka Saraste au LEAD! Festival en Finlande. 

Chloé Dufresne
Lauréate du 3e Prix au prestigieux Concours international de Malko 2021, Chloé Dufresne remporte pas moins de trois récompenses au Concours international de Besançon 2021 (le prix coup de cœur de l’Orchestre national de Lyon, le prix coup de cœur du public et une mention spéciale du jury). Diplômée d’un master de la Sibelius Academy d’Helsinki en direction d’orchestre dans la classe de Sakari Oramo, elle est également finaliste du Siemens-Hallé International Competition 2020 et Lauréate du Tremplin des jeunes cheffes de la Philharmonie de Paris 2018. Elle a dirigé LeRing de Wagner pour enfants au Helsinki Festival (2019), Norma de Bellini à l’Opéra de Narva et à Helsinki (2018, 2019, 2020), Pomme d’Api d’Offenbach à l’Opéra de Toulon (2019). Elle est également invitée pour des concerts symphoniques à l’Opéra de Rouen, de Vichy et à la Philharmonie de Paris, où elle a fait ses débuts avec l’Orchestre Pasdeloup en janvier 2020. Elle est invitée aux Journées « Tous à l’Opéra » à l’Opéra national de Lorraine pour y diriger plusieurs concerts. 

Pierre Dumoussaud
Révélé sur la scène lyrique internationale à l’occasion de son prix au Concours international de chefs d’orchestre d’opéra organisé par l’Opéra royal de Wallonie en 2017, Pierre Dumoussaud poursuit une belle carrière dans les fosses des opéras d’Europe. Son enthousiasme et sa méticulosité lui ont déjà valu bien des succès en France (Butterfly à Rouen, Fantasio à Montpellier, Hamlet à Nantes…) et au-delà. Il a déjà donné Mignon au Bayerische Staatsoper, La Belle Hélène à l’Opéra de Lausanne et Lucia di Lammermoor à l’Opéra national de Grèce où il reviendra en 2022 diriger Faust. Sa discographie confirme sa prédilection pour la musique française des XIXe et XXsiècle : Pelléas et Mélisande pour Alpha Classics à l’Opéra national de Bordeaux, la première version intégrale du Voyage dans la Lune d’Offenbach pour le Palazzetto Bru Zane. Un autre album, consacré au compositeur Olivier Greif (1950-2000), est paru cet automne sous le label B Records. Bassoniste passionné par le répertoire symphonique, Pierre Dumoussaud s’est formé à la direction d’orchestre au Conservatoire de Paris jusqu’en 2014. Il a fait ses débuts à l’Opéra national de Paris en mai 2021 lors d’un « Hommage à Roland Petit ». Il rencontrera cette saison l’Orchestre philharmonique de Radio France et la Karajan Akademie du Berliner Philharmoniker.
 

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Stéphanie Childress / Chloé Dufresne Pierre Dumoussaud
© F. Kaupokikkas / DR / N. Colmez

Compositeur


Benoît Menut – Une Odyssée, pour ensemble vocal prenant des percussions, commande de l’ensemble Musicatreize (création / France)
Une Odyssée, pour ensemble vocal prenant des percussions, résulte d’une commande de l’ensemble Musicatreize, dirigé par Roland Hayrabedian. Dans cette pièce, le compositeur narre un voyage maritime en cinq escales et autant de langues, de sa Bretagne natale à l’île grecque d’Ithaque, berceau d’Ulysse, en passant par le Pays basque, Gibraltar et Malte. C’est une sorte de voyage sonore vers les origines du monde occidental, une musique venant du fond des âges et voulant mêler l’exigence de l’écriture actuelle à une accessibilité directe pour les auditeurs. 
« De l’énergie en sons, portée par du sens. » C’est ainsi que le compositeur Benoît Menut aime à définir son travail. Il se passionne pour le lien étroit entre musique et mots, ces derniers étant une source d’inspiration permanente, tant dans sa musique vocale qu’instrumentale. Le simple rythme d’un vers, d’un mot ou d’une tournure de phrase peut être à l’origine d’une idée créatrice.
Né à la pointe ouest de l’Europe occidentale, cet ancien élève du Conservatoire de Paris poursuit aujourd’hui son chemin singulier. Il veille à marier l’exigence d’une écriture lyrique et structurée et une sincère volonté de rester proche du public et des interprètes, comme une sorte de « metteur en scène » des émotions. 
Sa musique est éditée aux Éditions Musicales Artchipel.

Alex Nante – Sinfonía del cuerpo de luz (création / France)
Alex Nante est l’un des compositeurs latino-américains les plus reconnus de sa génération.
Il est le compositeur en résidence de l’Orchestre national de Lille pendant les saisons 2021-2022 et 2022-2023. Les projets de la résidence comprennent trois nouvelles œuvres.
Sinfonía del cuerpo de luz est la première œuvre d’une trilogie. Les trois pièces sont inspirées de la lumière. Sinfonía del cuerpo de luz est basé sur le corps subtil, ou corps de lumière, présent dans plusieurs traditions spirituelles d’Orient et Occident par la tradition hindouiste et le système de chakras ou « centres psychiques ».
Alex a étudié avec les compositeurs sir George Benjamin, Peter Eötvös, Stefano Gervasoni, Luis Mucillo, Santiago Santero et Daniel d’Adamo. Diplômé au Conservatoire de Paris et l’Université nationale des arts d’Argentine, il réalise actuellement un doctorat au King’s College London. Sa musique a été présente dans des festivals de musique et des salles de concert renommés. Ses compositions ont été jouées par les ensembles Musikfabrik, Ensemble Intercontemporain, Accroche Note, Trio à Cordes de Paris, Ensemble of the Lucerne Festival Alumni, les solistes de l’Ensemble Linea, Filarmónica de Buenos Aires, Sinfónica Nacional Argentina, Orchestre national d’Île-de-France…
Sa musique est éditée par Durand / Universal Music Publishing Classical et Éditions Henry Lemoine.

Kaija Saariaho – Innocence, opéra (création / France)
Le nouvel opéra de Kaija Saariaho est l’occasion d’une rencontre inédite entre la grande compositrice et une autre artiste finlandaise, la romancière Sofi Oksanen, qui n’a pas son pareil pour confronter notre aujourd’hui avec les ombres du passé. Innocence, leur vaste drame choral pour solistes, chœur et orchestre, est une tragédie contemporaine rendue incandescente par une musique puissante et des mots qui brassent les langues du monde. Création mondiale dirigée par la cheffe finlandaise Susanna Mälkki et mise en scène par l’Australien Simon Stone au Festival d’Aix-en-Provence en juillet 2021.
Kaija Saariaho est membre éminent d’un groupe de compositeurs et musiciens finlandais. Elle a étudié la composition à Helsinki, Friburg et Paris, où elle vit depuis 1982.
Bien qu’une grande partie de son catalogue comprenne des œuvres de musique de chambre, depuis le milieu des années 1990, elle s’est orientée vers des œuvres plus importantes avec les opéras L’Amour de loin (présenté au Metropolitan Opera de New York), Adriana Mater et Emilie, ainsi que des œuvres vocales comme Château de l’âme (1996), Oltra mar (1999), Quatre instants (2002), True Fire (2014). Elle a été récompensée par de nombreux prix internationaux. 
 

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Benoît Menut Alex Nante /Kaija Saariaho
© Christophe Abramovitz / DR / Benoît Menut

Enregistrement


« BariTénor », Michael Spyres – Orchestre philharmonique de Strasbourg, Marko Letonja – Erato Warner Classics
Album visant à faire voler en éclats frontières et catégories, BariTénor relève du tour de force. Avec son ambitus très large, ce nouvel album de Michael Spyres passe en revue des emplois confiés aussi bien aux ténors qu’aux barytons. Au travers de ses dix-huit airs et de ses quinze compositeurs (Mozart, Donizetti, Verdi, Wagner, Thomas, Offenbach, Ravel…), l’album couvre trois siècles d’opéra – italien, français, allemand – alternant tubes et raretés. S’il doit sa notoriété aux multiples facettes de son talent, Michael Spyres emploie le terme de « bariténor » pour définir sa voix, laquelle allie aigus insolents et solidité du registre grave. Il ne s’agit pas d’une classification vocale « officielle », mais d’un terme établi de longue date qui a pris une plus grande ampleur au cours des dernières décennies, notamment avec le regain d’intérêt pour les operas seria de Rossini. 
Michael Spyres est accompagné par l’Orchestre philharmonique de Strasbourg, placé sous la direction de son directeur musical Marko Letonja, auquel se joint le chœur d’hommes de l’Opéra du Rhin.

« Cris », Thierry Escaich – Chœur et maîtrise de Radio France, Orchestre philharmonique de Radio France, Solistes de l’Orchestre national de France, Mikko Frank – Radio France
En 2018, le Festival Présences de Radio France mettait à l’honneur l’un des plus grands compositeurs français vivants – Thierry Escaich –, compositeur, mais également organiste et improvisateur. Thierry Escaich ne dissocie pas les trois aspects de son art, ce qui lui permet de mêler dans ses concerts création et interprétation dans les combinaisons les plus diverses. Organiste recherché et invité des salles les plus prestigieuses, il est naturellement de ceux qui enjambent allègrement les frontières entre composition, improvisation et interprétation. 
Biké hatali haku (« Venez sur la piste des chants ») : c’est par ces mots que s’ouvre un cérémonial navajo ; c’est donc ainsi que débute cette pièce pour chœur d’enfants et orchestre. Les « Visions nocturnes » s’appuient sur des textes poétiques inspirés par la nuit du Vendredi saint et La Descente de croix de Rubens – la signification spirituelle du tableau, mais aussi les variations de couleurs qui en font la trame. La base orchestrale de Cris est un ensemble formé par deux percussionnistes et un accordéon. La présence d’un groupe de 8 violoncelles répond au récitant et la possibilité d’un lyrisme noir s’est imposée pour cette commémoration d’une bataille. 

« The Mad Lover », Thomas Dunford et Théotime Langlois de Swarte – Harmonia Mundi
Un violon, un luth : deux artistes fréquemment réunis sur la scène musicale baroque ont décliné dans cette combinaison le secret d’un alliage précieux, puisé à la source de la melancholy anglaise du XVIIe. Ce « Mad Lover », cet amant inconsolé dont Théotime Langlois de Swarte et Thomas Dunford nous content l’histoire, c’est la figure autour de laquelle tous les violonistes gravitant autour de Charles II se sont retrouvés, dans le sillage du prodigieux Nicola Matteis. Les tournures envoûtantes de ce discours amoureux, renouvelé par l’exubérance et la liberté de ces musiciens venus d’Italie, résonnent jusque dans la musique populaire d’aujourd’hui.
 

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« BariTénor », Michael Spyres / « Cris », Thierry Escaich « The Mad Lover », Thomas Dunford et Théotime Langlois de Swarte
© DR
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