Les risques qui sont les plus importants, ce sont la hausse cyclonique, le mouvement de terrain et l’inondation. C’est cela qui est pris en compte. On peut rajouter le volcan, les séismes et les tsunamis. Cela fait beaucoup sur un petit territoire, mais on y vit depuis de nombreuses années, donc il faut faire preuve de résilience, mais en accompagnant les populations.
Rony Saint-Charles, directeur de l’Agence des 50 pas géométriques, Guadeloupe
On ne peut l’ignorer. On aurait beau vouloir faire l’autruche que cela n’y changerait rien. Il y a ici, comme ailleurs, des signes qui ne trompent pas sur ce changement inéluctable auquel tous les continents et/ou toutes les îles sont confrontés. Ce fameux recul du trait de côte, cette érosion implacable qui grignote plus ou moins rapidement des centimètres de sable, de terre ou de falaise. Il suffit parfois de franchir une porte ou de longer un mur pour en découvrir les conséquences. Ces stigmates donnent le ton sur l’urgence à trouver des solutions pérennes pour les populations touchées, car au-delà des écosystèmes durablement malmenés, des vies humaines sont en jeu. Preuve que les côtes guadeloupéennes sont de plus en plus concernées par ce phénomène, la liste nationale des communes particulièrement vulnérables au recul du trait de côte actualisée en février 2026 (décret daté du 13 février et paru le 26 février au Journal officiel) sur lesquelles apparaissent Capesterre-Belle-Eau [en Guadeloupe] et Capesterre de Marie-Galante. Comme le précise la journaliste Carole Petit (Guadeloupe La 1ère), elles « rejoignent les territoires déjà identifiés comme particulièrement exposés au recul du trait de côte. Avec ces deux nouvelles inscriptions, la Guadeloupe compte désormais 14 communesintégrées à cette liste nationale : Baillif, Basse-Terre, Bouillante, Capesterre-Belle-Eau, Capesterre-de-Marie-Galante, Deshaies, Goyave, Le Moule, Pointe-Noire, Port-Louis, Saint-François, Saint-Louis, Sainte-Anne, Terre-de-Haut ».
Pour mesurer pleinement cette avancée maritime, Morad Aït-Habbouche a non seulement pris de la hauteur mais il s’est aussi rendu au plus près, là où des fondations d’habitations peinent à se maintenir sur la terre ferme à flanc de falaise, là où des cimetières d’esclaves se retrouvent menacés par les vagues. Nul besoin de mettre des mots sur ces images pour en comprendre le sens. À défaut de pouvoir inverser la tendance, il est primordial d’accompagner ces changements, en prenant en compte les besoins de chacun et en acceptant de se projeter dans un avenir plus lointain. À l’image du CHU de la Guadeloupe, construire des infrastructures pensées pour résister aux aléas climatiques de plus en plus violents (cyclone, séisme, canicule) tout en faisant preuve de sobriété énergétique. Une démarche qui ne peut et ne doit pas se faire au détriment du vivant car, ne l’oublions pas, nos écosystèmes restent nos meilleurs alliés pour s’offrir un futur viable.
La zone des 50 pas géométriques (ZPG), anciennement « 50 pas du Roi », est une bande littorale de 81,20 mètres de large comptés à partir du rivage de la mer.
« Le Monde » (septembre 2024)
Sale Temps pour la planète : Guadeloupe, beauté fragile
Des couleurs éclatantes comme nulle part ailleurs… Un écrin de verdure, bordé par un lagon limpide qui abrite une faune marine exceptionnelle, en plein cœur des Caraïbes. Unique au monde avec sa forme de papillon, la Guadeloupe est une terre idyllique, où se précipitent chaque année des milliers de voyageurs en quête de soleil et de chaleur. Des célèbres plages de sable blanc de Marie-Galante, des Saintes et de la Désirade à la cascade du Petit Saut… Les petites Antilles concentrent une quantité de coins paradisiaques. L’île offre encore bien plus que ses plages de sable blanc, ocre ou noir selon les îles. Il suffit de s’aventurer plus loin pour découvrir les mangroves, forêts ou encore les îlets perdus, minuscule langue de sable. Tous plus ravissants les uns que les autres, ces paysages n’en demeurent pas moins très fragiles…
Collection documentaire (52 min – 2024) – Auteur-réalisateur Morad Aït-Habbouche – Production Elle Est Pas Belle La Vie ! / MAH Production, avec la participation de France Télévisions
Ce documentaire est diffusé lundi 6 juillet à 21.05 sur France 5
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