Dans un triangle vierge de fouilles de la cité perdue de Louxor, une équipe d’archéologues découvre une nouvelle tombe. Mais à qui appartient-elle ? Du bout de leurs truelles et de leurs pinceaux, dans la Thèbes antique, une nécropole oubliée depuis des millénaires refait surface. Les croyances en la vie dans l’au-delà, alors très importantes pour les Égyptiens, les conduisaient à élaborer des rites funéraires riches et complexes. Ouvrir une nouvelle sépulture pour un scientifique peut s’apparenter à desceller une capsule temporelle que le sable chaud et sec a figée pendant des siècles.
Ces tombeaux étaient l’endroit où le défunt allait passer son éternité. Comme sa maison pour... l’éternité.
Virginie Girod, historienne
Sur le terrain, les vrais Indiana Jones découvrent que les sépultures appartiennent à une époque singulière de l’Égypte antique : celle de la dynastie des rois venus du sud, les Kouchites. Aux XIIIe et XIIe siècles avant notre ère, après une période de division et de chaos, ces pharaons nubiens (originaires du Soudan actuel) ont réunifié et revitalisé la culture égyptienne. Et ils ont laissé une empreinte unique. Sous leur règne, les femmes ont accédé à des fonctions de pouvoir comme jamais auparavant et l’Égypte a retrouvé sa splendeur.
Les Kouchites vivaient dans une société matrilinéaire. Le statut social y est défini non par le père mais par la mère.
Julia Budka, université de Munich
Les fouilles révèlent statuettes, amulettes, vases à fard, canopes finement sculptés… Autant de trésors qui racontent la grandeur des Kouchites et dessinent la vie et l’identité de leur propriétaire : une femme de l’élite ayant vécu lors de la XXVe dynastie. Elle avait le statut de divine adoratrice du Dieu Amon. Une fonction d’abord honorifique, devenue au fil du temps politique et spirituelle. Ces prêtresses, chanteuses et danseuses du temple, ont peu à peu acquis une position presque égale à celle des pharaons. Cette investigation permet aux archéologues de réhabiliter le véritable pouvoir des femmes à cette période clé de l’histoire de l’Égypte antique.
Amenardis Ire est la première divine adoratrice d’Amon de la lignée nubienne. Elle devient la souveraine de la ville sainte (Thèbes) et participe à des rites interdits aux femmes auparavant.
Mariam Ayad, de l’université américaine du Caire
Restons en Égypte avec la rediffusion du documentaire Le Temple égyptien de Dendérah
Situé sur la rive ouest du Nil, le majestueux temple de Dendérah est considéré comme l’un des mieux préservés de toute l’Égypte. Entre autres richesses, il révèle un plafond astronomique remarquable et d’extraordinaires représentations polychromes des signes du zodiaque. Un patient travail de restauration a permis d’en révéler les couleurs d’origine. Dédié à la déesse Hathor, ce site était vénéré par les pharaons, notamment par la légendaire Cléopâtre. Des archéologues continuent d’explorer ce site majeur et nous dévoilent de nouvelles découvertes, en particulier sur le rôle des prêtres astronomes et les pratiques religieuses de l’Égypte antique.

Science grand format
Mathieu Vidard présente le grand spectacle de la science à travers des documentaires dédiés aux nouvelles découvertes archéologiques, spatiales et biologiques de notre planète.
Louxor et les prêtresses du Dieu Amon
Documentaire (52 min – inédit) – Auteure et réalisatrice Caterina Turroni — Production At Land Productions en association avec NOVA/GBH et ZDF Studios – Avec la participation de France Télévisions
Le Temple égyptien de Dendérah
Documentaire (52 min – rediffusion) – Un film de George Hill — Production Windfall Films pour Warner Bros. Discovery — Avec la participation de France Télévisions
Science grand format : Louxor et les prêtresses du Dieu Amon suivi du Temple égyptien de Dendérah jeudi 22 janvier dès 21.00 sur France 5 et sur france.tv
À (re)voir sur france.tv
