« Les Routes de l’impossible : Colombie, la conquête d’une nouvelle vie »

Il était une fois l’artiste, le placide et le séducteur

France 5

Documentaires

Ils ont en commun d’emprunter quotidiennement des routes ou pistes colombiennes. Des trajets vitaux pour acheminer là des denrées alimentaires, ailleurs des produits importés. Un maillon essentiel dont les villageois ne sauraient se passer tant leur survie dans des endroits reculés dépend de ces valeureux as de la route. À découvrir vendredi 14 août à 21.00 sur France 5.

« Les Routes de l’impossible : Colombie, la conquête d’une nouvelle vie ». © Tony Comiti

On roule à trois, comme cela on peut s’entraider. Tout seul, c’est trop dangereux. À plusieurs, c’est plus sûr (...). La piste est toute nouvelle. Ce sont les paysans qui l’ont taillée à coups de pelle et de tronçonneuse.

 Alex,  surnommé « l’artiste », au volant de son pick-up

Situé au nord de l’Amérique du Sud, ce pays deux fois plus grand que la France, dont les côtes maritimes donnent d’une part sur la mer des Caraïbes et d’autre part sur l’océan Pacifique, partage ses frontières avec le Panama, le Venezuela, le Brésil, le Pérou et l’Équateur. Une place stratégique utilisée par certains à mauvais escient et qui pousse des villageois et citadins colombiens à s’installer au cœur même de la forêt amazonienne. Un choix qui n’est pas sans conséquence. 
Depuis le début du XXIe siècle, l’Amazonie colombienne a perdu 3 millions d’hectares. Et rien ne semble pouvoir arrêter cet appétit destructeur. Les terres, vendues 15 centimes d’euros le mètre carré, attirent toujours plus de monde. « Les gens qui arrivent de la région du Cauca n’en pouvaient plus de la violence et de tous ces conflits (liés aux narcotrafiquants ou aux guérillas), explique Alex. Ils vivent surtout de la culture du café et de la grenade. Disons qu’ici la situation est plus tranquille. On vit de l’élevage. Il y a énormément de terre et même les plus pauvres peuvent s’offrir une centaine d’hectares (…). Il y a ici des gens qui possèdent des milliers d’hectares. Ils rasent tout et, en quelques semaines, cela devient une ferme avec des pâturages. Et là, personne ne leur dit rien. Ils sont devenus des éleveurs. Ce sont eux les principaux destructeurs de la forêt. » Il a beau s’offusquer de l’attitude de certains, cela ne l’empêche nullement de continuer, avec ses deux amis, à livrer matériaux et denrées alimentaires à ces anciens et nouveaux arrivants. Il faut dire que chacun de ces trajets, aussi périlleux soit-il, lui rapporte 500 euros (une somme équivalente au salaire moyen mensuel colombien).

C’est une habitude pour nous en Colombie. Que Dieu nous protège des dangers. On ne sait jamais ce qui peut nous arriver en roulant.

 Raoul, faisant le signe de la croix, au volant de son bus

Ailleurs, les routes ne valent pas toujours mieux que ces pistes sommaires. Chacun y va de sa débrouille pour parvenir à destination en évitant les nids-de-poule ou les glissements de terrain, et en se préservant au maximum des guérilleros et des trafiquants qui, un peu partout dans le pays, dictent leur loi et n’hésitent pas à réclamer des droits de passage, comme le précise Raoul, au volant de son bus : « Tout ce que je sais, c’est qu’on doit s’acquitter d’un impôt (auprès des guérilleros). Un simple impôt, c’est tout. Moi, je ne m’en occupe pas, c’est mon entreprise qui gère cela. Elle est en contact avec eux et c’est elle qui me dit combien on doit leur donner. Et c’est comme cela depuis des années. »

Les Routes de l’impossible : Colombie, la conquête d’une nouvelle vie

En Colombie, certaines routes ne figurent sur aucune carte officielle. Au cœur de l’Amazonie, des pistes ouvertes à la tronçonneuse s’enfoncent dans la forêt vierge et attirent chaque année de nouveaux colons venus fuir la pauvreté, les cartels ou les conflits armés. Pour ravitailler ces territoires oubliés, Don Ever, « le Placide », Don Miller, « le Séducteur », et Don Alex, « l’Artiste », affrontent des bourbiers géants où 100 kilomètres peuvent demander plus de vingt-quatre heures de voyage. 
Dans les montagnes du sud, sur des pistes escarpées, Emerson et Edwin, deux frères jumeaux, assurent une ligne de bus indispensable à des villages isolés. Enfants, ils traversaient les fusillades entre guérilleros et armée régulière pour rejoindre l’école. Aujourd’hui encore, ils refusent l’argent facile des trafiquants. 
Plus au nord, dans le village lacustre de Nueva Venecia, les habitants luttent contre une plante invasive qui étouffe leur lagune et menace leur unique ressource : la pêche. 
Entre Amazonie défrichée, régions encore marquées par la guérilla et communautés oubliées de l’État, ce film raconte la Colombie des travailleurs, des pionniers et des résistants. Une Colombie loin des clichés où, malgré les dangers, les habitants gardent intactes leur foi en l’avenir et leur incroyable joie de vivre.

Série documentaire (52 min – 2026 – inédit) – Idée originale Tony Comiti – Auteurs Frédéric Elhorga et Patrice Lucchini – Réalisation Frédéric Elhorga et Antonin Marcel – Rédaction en chef Patrice Lucchini – Compositeur Julien Baril – Production Tony Comiti, avec la participation du Centre National du Cinéma et de l’Image animée, de France Télévisions

Ce documentaire est diffusé vendredi 14 août à 21.00 sur France 5
Les Routes de l’impossible : Colombie, la conquête d’une nouvelle vie est à voir et revoir sur france.tv

Voir la grille des programmes TV disponibles cette semaine