« Les Enfants de la Soufrière, 50 ans après »

Le monstre généreux

France 3

Documentaires

Entre amour et défiance, les habitants de Basse-Terre, en Guadeloupe, entretiennent une relation ambivalente avec leur volcan. Ce documentaire ravive, cinquante ans après, le terrible souvenir de l’éruption de 1976 et explore le quotidien des riverains du généreux géant. « Les Enfants de la Soufrière, 50 ans après », lundi 6 juillet à 23.10 sur France 3, La1ere.fr et france.tv.

« Les Enfants de la Soufrière, 50 ans après ». © ADM Prod & Paramonti / Stève Siracuse

Appelé la « vieille dame » par les habitants de la Guadeloupe, le volcan de la Soufrière semble veiller sur eux en leur prodiguant les bienfaits de sa terre fertile, riche en phosphore, oligo-éléments et minéraux volcaniques. Tout pousse sur ses flans et la luxuriance de la forêt primaire l’atteste. Mais attention aux colères de la montagne ! La dernière en date (1976) a marqué les esprits à jamais tant la peur a été vive dans la population. 

Il y avait la cendre, mais il y avait le bruit aussi. C’était comme un Boeing qui décolle.

Gérard Lafleur

Ils s’appellent René, Francine, Marcelle, Patrice, Michel… et se souviennent,cinquante ans après, de la grande évacuation de 1976. Grâce à ces récits encore très vivaces et émouvants, à des explications scientifiques et des constatations in vivo, Les Enfants de la Soufrière explore le vertige de vivre à l’ombre d’un géant dont nul ne peut prévoir le réveil.

L’éruption de la Soufrière
Le 8 juillet 1976, un immense nuage de cendres plonge Basse-Terre et Saint-Claude dans l’obscurité. Explosions phréatiques, secousses et émanations toxiques sèment la panique. En quelques jours, plus de 25 000 personnes fuient sans avis officiel. Par la mer, les routes ou les airs, abandonnant leurs foyers dans la crainte d’une catastrophe comparable à celle de la montagne Pelée, qui détruisit Saint-Pierre en Martinique en 1902. Les familles sont parfois séparées, les enfants recueillis par des voisins. Heureusement la radio diffuse des messages rassurants et des rendez-vous aux proches. Pendant un mois, la population restée sur place hésite à partir. Jusqu’au 15 août, où le préfet décide par principe de précaution de faire évacuer toute la population concernée vers Grande-Terre, l’autre partie de l’île. En tout plus de 73 000 personnes seront déplacées.

La Soufrière est un volcan de subduction. Il se forme au-dessus d’une zone où une plaque tectonique s’enfonce sous une autre.

Jean-Christophe Komorowski, physicien du globe

Pas très bien accueillis au début par leurs voisins, ils sont appelés les « magmas ». Pendant plus de trois mois, les réfugiés vivent en exil, dans la crainte de tout perdre chez eux. Mais, heureusement, le cataclysme redouté n’aura finalement pas lieu et la solidarité s’organise. Pourtant, un demi-siècle plus tard, cette évacuation sans précédent laisse derrière elle un traumatisme profond. De cette épreuve naquit parfois, entre accueillants et rescapés, des liens qui perdurent encore.

La Soufrière aujourd’hui
La Soufrière compte actuellement parmi les volcans les plus étroitement surveillés au monde. Et, depuis une trentaine d’années, les manifestations de son activité se font plus intenses. Fumerolles, dégazages, modifications chimiques et activité sismique révèlent la fragilité de son sommeil. Il est placé sous la surveillance permanente de l’Observatoire volcanologique et sismologique de Guadeloupe, du Parc national de la Guadeloupe et des équipes de l’Institut de physique du globe de Paris. Cette vigilance de tous doit permettre, en cas de nouvelle éruption, une meilleure réaction face aux décisions à prendre et une meilleure gestion des déplacements de population. Entre mémoire du traumatisme, transmission aux nouvelles générations et alerte de chaque instant, tous tentent d’apprivoiser cette menace invisible, désormais pleinement inscrite dans leur quotidien.

La Soufrière en chiffres

  • 1 467 m : le volcan le plus haut des Petites Antilles
  • 900 m de diamètre à sa base
  • 3 dômes de lave entourent le cratère principal
  • 6 cônes volcaniques
  • 10 000 ans que le volvan est actif
  • 100 000 personnes visitent le site chaque année
  • 73 600 personnes ont été évacuées en 1976
  • 25 000 sont parties de leur propre chef dès les premiers jours suivant le 8 juillet 1976
  • Le volcan peut expulser des blocs de 100 tonnes à plus de 3 km
  • 320 000 m3 de matière sont sortis des cratères en 1976
     

Les enfants de la Soufrière, 50 ans après -
« Les Enfants de la Soufrière, 50 ans après ».
© ADM Prod & Paramonti / Stève Siracuse


Les Enfants de la Soufrière, 50 ans après

À l’occasion des 50 ans de l’éruption de 1976.

Documentaire inédit — Un film écrit par
Annalisa Guérin
et Alexandra Barbot — Réalisation Alexandra Barbot — Images
Stève Siracuse
et Samuel Caudal — Production
Autour du Monde et Paramonti — Avec la participation de France Télévisions

Les Enfants de la Soufrière, 50 ans après est diffusé lundi 6 juillet à 23.10 sur France 3, sur La1ere.fr et sur france.tv

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Publié par Diane Ermel