« On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. » Même quand on est un génie, comme l’auteur de cette phrase ou comme l’Allemand Felix Mendelssohn Bartholdi (1809-1847), l’un des grands enfants prodiges de l’histoire de la musique. Pianiste, organiste, violoniste, altiste, chef d’orchestre, compositeur (avec ça, il trouvera encore le temps de s’essayer à la peinture !), l’adolescent est déjà à 16 ans l’auteur d’un opéra, de treize symphonies et de cinq concertos pour piano ou violon. En 1826, à 17 ans, il écrit l’ouverture du Songe d’une nuit d’été (Sommernachtstraum), sorte de résumé enjoué de la comédie fantastique de William Shakespeare (A Midsummer Night’s Dream), alors très en vogue chez les romantiques allemands. Et quelle intrigue ! Tandis que se prépare le mariage de Thésée, duc d’Athènes, un groupe d’artisans-comédiens se retrouve la nuit dans la forêt pour répéter la fable de Pyrame et Thisbé tandis que se noue entre quatre jeunes nobles athéniens un imbroglio amoureux dont Obéron, le roi des fées, tire les ficelles avec la complicité de Puck, lutin facétieux... « Nous avons grandi avec Le Songe d’une nuit d’été et Felix l’a fait sien », écrira Fanny, la sœur du compositeur.
La partition est complétée dix-sept ans plus tard, à la demande du roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV, pour devenir une musique de scène destinée à accompagner les représentations de la pièce de théâtre. On est en 1842 ; cinq années plus tard, le compositeur meurt d’une attaque cérébrale à 38 ans. Après sa disparition, Richard Wagner se déchaîne contre lui dans un pamphlet anonyme, laissant libre court à son antisémitisme maladif.
Ingrat, le « Magicien de Bayreuth » devait pourtant énormément à Mendelssohn et avait même salué en lui « un paysagiste hors pair ». Jean-François Zygel va jusqu’à parler d’un inventeur de la couleur orchestrale, dont le génie fait merveille dans cette histoire féerique pleine de fantaisie et d’humour. Ses accords « magiques » et son « ruissellement de jeunesse » (comme le dira Robert Schumann, grand ami de Mendelssohn) nous transportent du monde du jour vers celui de la nuit, du visible vers l’invisible et du réel dans l’univers du rêve, évoquant les mystères de la forêt et faisant surgir tout un monde de créatures fantastiques.
Les Clefs de l’orchestre de Jean-François Zygel : “Le Songe d’une nuit d’été” de Felix Mendelssohn
Émission musicale (90 min –2026 – inédite) – Conception et présentation Jean-François Zygel – Réalisation Jean-Pierre Loisil – Production Camera Lucida Productions– Capté en septembre 2025 à l’Auditorium de la Maison de la Radio et de la Musique
Avec Marielou Jacquard, mezzo-soprano, Delphine Guévar, soprano – la Maîtrise de Radio France et l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Riccardo Minasi
Diffusion vendredi 11 septembre à 21.00 sur France 4
À voir et à revoir sur france.tv

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