Nous voilà devant un édifice emblématique du port de Saint-Nazaire : l’usine élévatoire. On l’appelle ainsi, mais il y a aussi une usine électrique (...). On a du granit, du schiste, de la brique qui animent cette façade. Et un style classique qu’on retrouve souvent dans ce XIXe siècle, début XXe. Avec un très beau portail en fer forgé, une très grande horloge qui permet de donner l’heure à tous les marins qui passent.
Mathieu, guide-conférencier
C’est un périple côtier entre La Baule et l’île de Noirmoutier auquel nous convie la réalisatrice Laure Leibowitz. Une escapade touristique où l’on peut à loisir se laisser porter par l’histoire des lieux. Des maisons, hôtels ou bâtisses aux façades si reconnaissables. Indissociables, pour la plupart, de cette période d’avant-guerre (celle de 14-18) qu’on surnomma la « Belle Époque ». Un temps où le charme et les bienfaits du bord de mer attiraient une frange aisée de la population, où la révolution industrielle s’invitait jusque dans des villes portuaires, comme celle de Saint-Nazaire (qui était devenue au milieu du XIXe siècle l’avant-port de Nantes).
Pour imaginer l’allure de ces stations balnéaires à leurs débuts et en concevoir l’attrait, rien ne vaut l’aide de guides qui, au fil des escales, se plaisent à décrire avec moults détails les lieux parcourus, en ponctuant, pour notre plus grand plaisir, leurs explications d’anecdotes. Comme face à cette villa dénommée Sigurd en référence au rôle interprété par le ténor de l’Opéra de Paris, Henri Sellier, dans l’opéra du même nom. « C’était un peu le Johnny Hallyday de l’époque, précise Manuella Le Bohec à Géraldine Joigneault, en contemplant la façade. Un de ces personnages qui ont fait la notoriété et la célébrité de Pornichet (...). Il ne faut pas oublier qu’à l’époque, ce sont des personnes riches et influentes qui viennent sur le littoral. Les architectes qui ont fait construire ces villas venaient des grandes villes (...). Ici, c’est plutôt un laboratoire d’expérimentation. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Le seul cahier des charges qu’ils ont du propriétaire, c’est de faire la villa la plus originale possible. Plus la maison se voit, plus cela montre que vous avez une position sociale bien assise. »
Il faut imaginer les raisons pratiques qui ont conduit à la construction de l’estacade. À l’origine, les bateaux, ce sont quand même des bateaux à vapeur (...) qui ont un tirant d’eau un peu important. Donc ils ne peuvent pas arriver jusqu’au niveau du sable de la plage et sont obligés de s’ancrer un peu plus loin. Les passagers sont transportés à bord d’un canot et sont débarqués à dos de matelot (...). On peut supposer que certains ou certaines ont dû tomber à l’eau et donc, pour permettre un débarquement plus aisé des voyageurs, en 1885, on construit cette estacade.
Vincent, depuis l’estacade de l’île de Noirmoutier
Les 100 lieux qu’il faut voir : La Côte Atlantique à l’heure de la Belle Époque
Partons à la découverte de la côte Atlantique, à l’heure de la Belle Époque. Cette période, qui s’étend de la fin du XIXe siècle à la Première Guerre mondiale, a connu l’essor des stations balnéaires qui font encore aujourd’hui la joie des vacanciers.
De La Baule, où la villégiature huppée dans la région a commencé, à Noirmoutier, en passant par Saint-Nazaire et son patrimoine portuaire unique, redécouvrons cette page d’histoire, en compagnie d’habitants de la région heureux de la ressusciter…
Collection documentaire (inédit - 52 min - 2025) – Réalisation Laure Leibowitz – Production Morgane Production, avec la participation de France Télévisions et de TV5 Monde
Ce documentaire est diffusé dimanche 12 juillet à 21.00 sur France 5
Les 100 lieux qu’il faut voir : La Côte Atlantique à l’heure de la Belle Époque est à voir et revoir sur france.tv
