Prenez une rue, une route, un axe routier aux abords de votre domicile et jugez par vous-même de son état. Est-ce délabré, fissuré, rafistolé ici et là ou parfaitement homogène ? Cette question n’a rien d’anecdotique. Aujourd’hui, face à des aléas climatiques de plus en plus violents, notre réseau routier se trouve malmené. Victime collatérale des canicules, orages, inondations ou du recul du trait de côte auxquels nous sommes confrontés. Et si, à l’image de nos logements, des bâtiments publics, rien n’est entrepris pour y faire face, une partie de nos infrastructures risquent de devenir au mieux ponctuellement impraticables (le temps de les remettre en état), au pire définitivement abandonnées. Imaginez devoir faire ad vitam aeternam un détour important pour rejoindre, ici le cœur de votre village, ailleurs un hameau en montagne.
Si, en certaines circonstances, il faudra apprendre à faire sans (comme pour ces routes de bord de mer vouées à disparaître sous l’effet du recul du trait de côte), pour le reste voyons en compagnie de Jamy Gourmaud ce qu’il est possible d’entreprendre afin de préserver ce réseau routier et nous permettre de nous déplacer sans mettre nos vies en danger.
« On a ici tout le niveau de la rivière qui s’est abaissé, explique Florent Plassart en contrôlant la pile d’un pont. Historiquement, on marchait à cette hauteur-là (...). On va être à 85-90 centimètres d’affouillement sous la fondation. Ce mur commence à voler mais on voit qu’il y a encore quelques aciers, quelques pierres qui touchent. Il ne va pas tomber demain. Il faut surveiller, reprendre la protection à l’affouillement. » Là n’est pas la seule pathologie mise au jour lors de son inspection. L’autre, plus problématique, impose que les deux soient traitées rapidement pour pérenniser cet ouvrage d’un âge honorable.
N’allez pas penser que nos « petits » ponts de campagne soient à l’abri d’un tel constat. Celui-là en fait partie, niché dans un virage, à peine visible. Combien de ces ponts invisibles ou rarement empruntés n’ont pas à ce jour été inspectés depuis... faute de moyens, de temps ou de personnel ?
Outre ces ouvrages indissociables de nos trajets, nos chaussées méritent elles aussi d’être traitées avec beaucoup d’égard. Il n’est qu’à regarder ces tentatives estivales pour éviter qu’elles ne surchauffent. Un mélange d’eau et de chaux appliqué pour faire baisser la température de quelques degrés et ainsi ne pas se retrouver avec du goudron fondu sur nos pneus ou nos semelles.
Ailleurs, on cherche des solutions efficaces et durables face au retrait-gonflement des argiles car, « avec les effets du changement climatique, on a un phénomène qui évolue, précise Lamine Ighil-Ameur. Il y a une expansion géographique. Cela peut même toucher des sols qui sont moins argileux. La tendance est pour l’aggravation ».
En montagne aussi, on pourrait parler d’aggravation du risque de chutes de pierre, de glissements de terrain, de coulées de boue ou de lave torrentielle. Alors on s’évertue, comme en Savoie, à mettre en place des systèmes d’alerte pour stopper si nécessaire la circulation, des retenues pour limiter au maximum le risque de se retrouver avec un (quand ce n’est pas plusieurs) rocher au milieu de la voie.
Le réseau routier de la France comprend plus de 1 118 600 km en 2023, se répartissant en 11 751 km d’autoroutes, 9 474 km de routes nationales, 382 491 km de routes départementales et 714 883 km de routes communales. Les routes territoriales sont des routes gérées par les collectivités territoriales comme la Corse, la Nouvelle-Calédonie, les DOM-ROM et les COM. Elles correspondent à des liaisons d’importance régionale. Dans les DROM et dans les COM, elles sont sous forme de routes nationales.
Wikipédia, à propos du réseau routier de la France
Vidéo. Routes détruites, logements inondés… L'équivalent de deux mois de pluie tombent en quelques heures dans le Gard (30 septembre 2026)
Intervenants
Florent Plassard, responsable diagnostic ouvrage d’art - Cerema
Philippe Benit, chargé de mission (Cantal)
Laurent Cibot, service ingénierie routière (Cher)
Lamine Ighil-Ameur, docteur en mécaniques des sols - Cerema
Martin Lecointre, directeur des routes (Calvados)
Olivier Maquaire, professeur émérite à l’Université de Caen-Normandie
Mathieu Fressard, chercheur à l’Institut Écologie Environnement - CNRS
Anne Lescurier, responsable risques naturels (Savoie)
Franck Servant, chargée de projet - Geobrugg
Les infrastructures structurent l’ensemble de notre territoire. Aucun territoire ne sera épargné par le changement climatique. Il est donc urgent d’adapter nos infrastructures !
Alain Grizaud, président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP)
Vidéo. InfraClimat – Réduire la vulnérabilité des infrastructures existantes et futures
Le Monde de Jamy – Réchauffement climatique : nos routes vont-elles tenir ?
Routes fissurées par la sécheresse, ponts fragilisés par les crues, éboulements sur les routes de montagne… Le réchauffement climatique met à rude épreuve notre réseau routier, multipliant les risques d’accident.
De la Normandie aux Alpes, du Cantal à l’Ardèche, Jamy prend le volant pour rencontrer ceux qui sécurisent nos routes. De nouveaux moyens sont mis en œuvre pour remédier aux effets des canicules et des sécheresses, mais à quel prix ? Et surtout, sont-ils efficaces ? Que valent les filets de protection sur nos routes de montagne ? Comment éviter en France une catastrophe comme celle du pont de Gênes ?
Magazine (52 min – 2026 – inédit) – Présentation Jamy Gourmaud – Auteurs Emmanuel Pernoud, François Ducroux et Jamy Gourmaud – Réalisation Emmanuel Pernoud et Mathieu Duboscq – Compositeur Jérémy Raux – Production Elephant et France TV Studio, avec la participation de France Télévisions
Ce magazine est diffusé lundi 12 octobre à 21.05 sur France 5
Le Monde de Jamy – Réchauffement climatique : nos routes vont-elles tenir ? est à voir et revoir sur france.tv

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