« J.D. Vance : la revanche d’une Amérique »

Méga MAGA

France 5

Documentaires

Un an après l’investiture de Donald Trump à la tête des États-Unis et la nomination de J.D. Vance en tant que vice-président, Thomas Snégaroff et David Thomson nous proposent de découvrir la personnalité de celui qui murmure à l’oreille du président dans le documentaire « J.D. Vance, la revanche d’une Amérique ». À découvrir dans « Le Monde en face » dimanche 18 janvier à 21.05 sur France 5 et dès vendredi 16 janvier sur france.tv.

J.D. Vance, vice-président des États-Unis. © Together
J.D. Vance, la revanche d'une Amérique 

Après l’enlèvement du président vénézuélien, Nicolás Maduro, par Donald Trump, on a vu Marco Rubio, l’expansionniste, se tenir aux côtés du chef de la Maison Blanche mais, surtout, on a constaté l’absence du vice-président J.D. Vance. L’homme, grand défenseur de la culture MAGA (Make America Great Again), soutient, lui, une politique protectionniste, néoréactionnaire, nationale-conservatrice, populiste de droite et post-libérale. Mais qui est réellement cet homme ?

J.D. a progressivement perdu la foi dans le dogme libéral qui a longtemps dominé la politique étrangère.

Patrick Deneen, professeur en science politique à l’université

Son passage en Irak l’a dégoûté de la guerre.

Ian Ward, journaliste à Politico

Ce documentaire retrace le parcours idéologique de cet ex-critique particulièrement virulent de Donald Trump devenu son fervent défenseur, puis le troisième plus jeune vice-président des États-Unis. De son enfance chaotique à Middletown (Ohio) jusqu’à la Maison Blanche, J.D. Vance incarne la revanche de l’Amérique MAGA. Grâce à des archives récentes et des images de ses interventions publiques, avant et après son enrôlement dans la campagne de Trump, on découvre les revirements du futur bras droit du président. Alors, pour aller plus loin et mieux cerner ce personnage énigmatique, les journalistes Thomas Snégaroff et David Thomson nous emmènent aux quatre coins des États-Unis afin de rencontrer celles et ceux qui l’ont côtoyé tout au long de sa vie. Une dizaine de personnes, rares dans les médias, ont accepté d’être interviewées pour la première fois par des reporters français. Elles nous racontent qui est réellement J.D. Vance, comment l’homme a évolué idéologiquement et comment il s’est transformé politiquement. Ces interviews, avec son cercle de proches, nous livrent les secrets de ses ambitions et de ses projets pour transformer l’Amérique et l’Europe.

À l’époque, j’étais déjà ouvertement transgenre .../... et pour lui ça n’a jamais été un problème. Il m’a même toujours soutenu.

Sofia Nelson, ex-amie de J.D. Vance à Yale

En plus des questions LGBT, il y a toute une série d’autres sujets sur lesquels il a fait un revirement complet.

Sofia Nelson

Quelques-unes des personnes interviewées 
Beverly Vance, mère du vice-président, est une ancienne toxicomane. Elle était aux premières loges lors de l’accession de son fils au poste de vice-président à la Maison Blanche en janvier dernier. Désormais engagée dans un tour de l’Amérique pour raconter sa rédemption après des années d’addiction, elle est devenue une figure de proue du « vancisme », symbole de la revanche des « hillbilly » [crétin des Alpes,  plouc, ndlr]. Elle a accepté de témoigner pour nous raconter la destinée de son fils.

David Frum, le mentor, est l’ancienne plume de George W. Bush et auteur du célèbre concept de « l’axe du mal ». Il fut le premier mentor politique de J.D. Vance. Mais le jeune vétéran de l’Irak qui frappe à sa porte pour demander conseil n’a pas grand-chose à voir avec le Vance d’aujourd’hui. À l’époque d’Obama, alors que le Parti républicain est secoué par la fronde du Tea Party, David Frum, républicain modéré et néo-conservateur, lance un forum pour contrer les extrêmes. J.D. Vance y participe activement, cherchant à freiner la radicalisation du parti – bien loin du futur héraut du mouvement MAGA.

Sophia Nelson, l’ex-amie transgenre de Yale, était l’une des plus proches camarades de J.D. Vance lorsqu’ils étudiaient ensemble à Yale Law School. Très différents politiquement : elle, femme trans en pleine transition, et lui, jeune conservateur. Ils s’étaient pourtant liés d’amitié grâce à leurs origines modestes du Midwest. Mais leur amitié n’a pas résisté à la conversion politique de Vance et à son ralliement au trumpisme et à ses discours anti-LGBT. Pour dénoncer ce virage qu’elle juge opportuniste, Sophia Nelson a rendu publics leurs échanges privés, où Vance comparait jadis Donald Trump à Adolf Hitler.

Rod Dreher, le compagnon spirituel, est l’un des amis les plus proches de J.D. Vance. C’est lui qui lui a présenté le moine dominicain qui l’a baptisé en 2019. Il partage avec nous des photos inédites de cet événement. Ancien journaliste conservateur du New York Post, Rod Dreher s’est fait connaître par ses essais sur le déclin spirituel de l’Occident et la nécessité d’un retour aux valeurs chrétiennes. Installé en Hongrie depuis 2022, il est une voix influente du conservatisme intellectuel américain et s’est engagé aux côtés de Vance dans la guerre culturelle qu’ils veulent mener en Europe.

Je savais que s’il se lançait en politique, cela l’obligerait, en tant que catholique sérieux, à prendre des positions que les membres de sa classe sociale et professionnelle n’apprécieraient pas. Par exemple : il allait devoir être contre le droit à l’avortement.

Rod Dreher, ami de J.D. Vance et écrivain

Les journalistes
Thomas Snégaroff et David Thomson, deux auteurs aux parcours singuliers et complémentaires.
Thomas Snégaroff, journaliste et animateur de C politique depuis dix ans, est aussi l’un des meilleurs historiens de l’Amérique contemporaine. 
Agrégé d’histoire, il est l’auteur de nombreux essais. De Star Wars, le côté obscur de l’Amérique à Little Rock, 1957, en passant par ses travaux sur les présidents américains, il creuse une approche historique, politique et culturelle des États-Unis. 
Il est également l’auteur de trois romans qui ont rencontré un large public : PutziLes Vies rêvées de la baronne d’Oettingen et, plus récemment, La Conspiration, récit inspiré de faits réels, qui relate la tentative d’un coup d’État qui a failli renverser l’Amérique de Roosevelt. Une manière d’approfondir la question du fascisme américain, qu’il prolonge jusqu’à l’Amérique d’aujourd’hui.
En 2016, David Thomson reçoit le prix Albert-Londres pour son enquête Les Revenants. Il s’impose comme un expert incontournable du djihadisme. Après des années d’enquête et de travail minutieux sur le terrain, son apport à la compréhension du phénomène djihadiste en France a été salué par les plus grands experts, lui valant même le titre de « journaliste anthropologue ».
Dix ans plus tard, il devient un correspondant reconnu aux États-Unis et c’est avec la même rigueur et le même sens de l’investigation qu’il poursuit son travail de journaliste pour comprendre le nouveau phénomène MAGA. Comme pour son travail sur le djihadisme, c’est au plus près des actrices et acteurs de cette mouvance politique qu’il décrypte la grande révolution idéologique à l’œuvre aux États-Unis et à venir en Europe.

Sofia Nelson amie de J.D. Vance
Sofia Nelson, amie de J.D. Vance à Yale.
© Together

Le Monde en face
J.D. Vance : la revanche d’une Amérique

Présenté par Aurélie Casse. Le documentaire sera suivi d’un débat.

Documentaire (73 min – 2025) – Auteurs Thomas Snégaroff et David Thomson — Réalisation David Thomson et Christophe Astruc — Production Together Media — Produit par Nathalie Darrigrand, Benjamin Oulahcene et Damien Pasinetti — Avec la participation de France Télévisions, du CNC et de la Procirep Angoa

J.D. Vance : la revanche d’une Amérique est diffusé le dimanche 18 janvier à 21.05 dans Le Monde en face sur France 5 et dès vendredi 16 janvier sur france.tv

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Publié par Diane Ermel