« Enquête de santé - Traitements hormonaux : le nouveau scandale sanitaire ? »

Un méningiome en embuscade

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Société

C’est l’histoire d’un scandale, de ceux à provoquer des sueurs nocturnes. Celui des traitements hormonaux, dont l’Androcur, prescrits pendant des années sans que soit évoqué le risque de développer un méningiome. Pire, bien que l’alerte fut donnée au début des années 2000, il a fallu attendre 2018 pour citer officiellement cet effet indésirable sur la notice. L’enquête d’Élise Richard, elle-même atteinte d’un méningiome, est à découvrir mercredi 7 octobre sur france.tv.

« Enquête de santé ». © 17 Juin Média

Pendant près de dix ans, de 2009 à 2018, j’ai donc pris ce traitement quasiment tous les jours sans jamais avoir été informée des risques pour ma santé.

Élise Richard, journaliste et victime de l’Androcur

C’est une question lancinante, de celles dont on ne peut que difficilement se départir tant elle touche à l’intime. Suis-je ou non concernée par le scandale de l’Androcur (et plus généralement des traitements hormonaux mis en cause dans l’affaire des méningiomes) ? Suis-je de celles qu’on considère comme « à risque », à risque d’avoir accueilli un corps étranger à son corps défendant ? Pour mesurer l’impact de cette question sur toutes ces femmes qui ont suivi et suivent encore un traitement progestatif, il est vivement conseillé de regarder cette enquête d’Élise Richard, elle-même atteinte d’un méningiome.

Les premiers cas, et c’est très important, de pharmacovigilance remontent à partir de la fin des années 1990. Au début, ces cas de pharmacovigilance sont peu nombreux. Un par an. Deux par an. En réalité, il faut voir à partir de quel moment il y en a tous les ans et suffisamment pour faire émerger un signe de risque (...). Selon nous, il faut attendre 2003-2004 pour qu’un signal de pharmacovigilance émerge.

Maître Charles Joseph-Oudin, avocat de victimes de traitements hormonaux progestatifs

Pour ces femmes cohabitant avec cet indésirable et qui vivent avec un épée de Damoclès au-dessus de leur tête, cette perte de temps avant la confirmation officielle en 2018 du risque, même minime, de développer un méningiome est incompréhensible. Si elles avaient été informées à l’époque, peut-être n’en seraient-elles pas là aujourd’hui à subir les conséquences de cette tumeur intracrânienne au quotidien, à devoir risquer une intervention chirurgicale jugée hautement délicate. « Là, cela fait cinq centimètres sur cinq, précise Sabine en dévoilant les images de son IRM. On m’a expliqué que vu les symptômes que j’ai et vu la taille, surtout, il va falloir l’enlever, il n’y a pas d’autre choix. On m’a dit : “Dans votre cas, il y a100 % de bénéfices [si vous le retirez] et 100 % de risques si vous le gardez” (…). [À savoir] que les symptômes s’aggravent, que je devienne hémiplégique, que je tombe dans le coma et après il y a le décès. » 

Tous les méningiomes ne sont pas dus à un médicament progestatif. On estime à entre 10 et 20 % des méningiomes ceux qui résultent d’un traitement progestatif.

 Association Amavea
Symptômes du méningiome AMAVEA
Amavea.
 

 

Qu’est-ce que l’Androcur 50 mg, comprimé sécable et dans quels cas est-il utilisé ?

« Androcur est un médicament hormonal qui s’oppose aux effets des hormones sexuelles mâles (androgènes), produites également en faible quantité par l’organisme féminin. 
Chez la femme, ce médicament est préconisé dans le traitement de certaines maladies hormonales se manifestant par une augmentation du système pileux. Vous ne devez prendre de l’acétate de cyprotérone à 50 mg que lorsque l’utilisation d’acétate de cyprotérone à plus faible dose ou d’autres options de traitement n’a pas permis d’obtenir des résultats satisfaisants.
Chez l’homme, ce médicament est préconisé pour atténuer les symptômes du cancer de la prostate. »
Source : Base de données publique des médicaments

Enquête de santé 

Magazine (débat – direct – 48 min) – Présentation Marina Carrère d’Encausse, avec la participation d’Enora Malagré

Avec Pr Michel Kalamarides,neurochirurgien à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière et chercheur à l’Institut du cerveau ; Pr Sophie Catteau-Jonard, gynécologue et endocrinologue au CHU de Lille et présidente du collège des enseignants de gynécologie médicale, et Yann Mazens, conseiller produits et technologies de la santé à France Assos Santé et membre du CST « Progestatifs et risques de méningiomes » de l’ANSM.

Traitements hormonaux : le nouveau scandale sanitaire ?

Enquête de santé propose une soirée consacrée aux traitements hormonaux, et plus particulièrement à l’Androcur, un progestatif de synthèse. Après avoir découvert qu’elle était elle-même atteinte d’un méningiome à la suite de plusieurs années de traitement, la réalisatrice Élise Richard entreprend une enquête personnelle et journalistique. Son documentaire révèle les risques liés à ces médicaments et recueille les témoignages de femmes victimes d’effets secondaires graves.

Documentaire (inédit – 52 min – 2026) – Autrice et réalisatrice Élise Richard – Production 17 Juin Média, avec la participation de France Télévisions

Ce documentaire est diffusé mercredi 13 octobre à 21.05 sur France 5
Enquête de santé – Traitements hormonaux : le nouveau scandale sanitaire ? est à voir dès le mercredi 7 octobre sur france.tv

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