Ma grand-mère me racontait notamment qu’elle invitait toujours tous les acteurs à déjeuner. Il était impossible pour Jean Marais de défaire son déguisement juste pour déjeuner. Il enlevait juste les dents et les griffes qui étaient sur ses doigts. Le déjeuner se passait donc avec la « Bête » qui était à table.
L’un des propriétaires du château de Raray à propos du tournage de « La Belle et la Bête » de Jean Cocteau
Qu’évoque pour vous la région des Hauts-de-France ? Quels hauts lieux ou faits d’armes, châteaux, places ou façades, mets ou spécialités culinaires, paysages ou rivages associez-vous à ce territoire du nord de la France qui s’étend jusqu’à la frontière belge ?
Peut-être vous souvenez-vous d’une anecdote ou d’un détail qui vous a suffisamment marqué pour l’associer à jamais à cette région. Telle une madeleine de Proust.
Quel que soit votre rapport à ce territoire, le mieux est encore de suivre Mathilde Deschamps Lotthé dans un périple qui, sans être exhaustif, mérite par ses nombreux pas de côté de présenter la région sous presque toutes ses coutures.
Et de fil, justement, il en sera question à Roubaix, puisque la ville abrite un atelier-bar (installé dans une ancienne manufacture de textile) dédié au tricotage sans couture. Nul besoin d’apporter vos aiguilles, ici des machines réalisent vos commandes sous vos yeux. On devine à travers ce projet l’envie de réimplanter un savoir-faire, de remettre au devant de la scène une expertise longtemps reconnue.
C’est avec la même volonté de perpétuer une tradition que des céramistes ont choisi de s’implanter à Desvres, haut lieu de la faïencerie du même nom, qui à son apogée employait jusqu’à trois mille salariés dans ses manufactures. La terre, un trésor précieux pour qui sait la façonner. Il n’est pas que dans les ateliers qu’on aime la travailler.
Dans les champs, elle est bichonnée pour offrir là des pâturages, ailleurs des espaces de culture. Si la renommée des choux-fleurs de printemps de Saint-Omer ou celle du maroilles n’est plus à faire, vous seriez sans doute étonné d’apprendre qu’on cultive le raisin à quelques encablures d’Arras.
Et si vous veniez à faire escale dans cette préfecture du Pas-de-Calais, retenez qu’elle renferme une spécificité unique en Europe, un ensemble de 155 maisons aux pignons baroques réparties entre la Grand’Place, la rue de la Taillerie et la petite place. Bien qu’en grande partie détruites (comme le reste de la ville) au cours la Première Guerre mondiale, elles ont été reconstruites à l’identique grâce à des dessins et des photos d’archives.
En 1930, avec les gains semble-t-il du casino, qui à ce moment-là est très prospère, la municipalité a de quoi se payer un hôtel assez somptueux. C’est le moins qu’on puisse dire, puisque vous voyez sa taille… Il a tous les signes du nord de la France, avec son beffroi qui est en plus d’une taille impressionnante. Il y a un pignon qui est lié plutôt à l’Artois. Puis une sorte du néogothique, mélange de style Tudor, une référence à la clientèle anglaise. C’est un hôtel de ville qui est dans la tradition éclectique du point de vue architectural. On articule des choses qui viennent d’horizons totalement différents.
Richard Klein, architecte, à propos de l’hôtel de ville du Touquet
Des racines et des ailes – Terroirs d’excellence dans les Hauts-de-France
Dans ce numéro inédit de Des racines et des ailes, nous vous emmenons dans les Hauts-de-France à la rencontre de femmes et d’hommes passionnés par leur territoire et attachés à leur patrimoine.
Magazine – Présentation Carole Gaessler – Production France 3
Documentaire – Réalisation Mathilde Deschamps Lotthé – Production Eclectic et France TV Studio
Le magazine est diffusé mercredi 28 octobre à 21.05 sur France 3
Des racines et des ailes – Terroirs d’excellence dans les Hauts-de-France est à voir et revoir sur france.tv

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