« Le Canard à l’orange »

Le chef-d’œuvre du théâtre de boulevard anglais

France 4

Arts & spectacles

Mari trompé et bientôt abandonné, le spirituel et cabotin Hugh Preston entreprend de reconquérir son épouse au cours d’une désopilante soirée en forme de partie d’échecs. En 2018, Nicolas Briançon revisitait brillamment le classique de William Douglas Home aux côtés d’Anne Charrier, François Vincentelli, Alice Dufour et Sophie Artur. Vendredi 13 février à 21.00 sur France 4.

« Le Canard à l'orange » © Claude Hermaize

« Comme je travaille à la BBC, il est tout à fait normal que ce soit la télévision qui m’ait appris que je suis cocu. » Le sujet est planté, le ton est donné. Parvenant, grâce à un mensonge, à soutirer à sa femme, Liz, l’aveu de son adultère et le détail de ses projets de départ avec son amant, Hugh Preston n’en perd pas pour autant son cinglant esprit de repartie  – « Ce doit être humiliant pour une femme d’être mariée avec un cocu » – et, contre toute attente et grand seigneur, propose à Liz de prendre tous les torts à sa charge dans leur futur divorce en se laissant volontairement surprendre au lit avec sa secrétaire. Afin de régler tous les détails de l’affaire, il invite son riche et fringant rival, John Brownlow, ainsi que la piquante Mlle Forsyth, jeune beauté ambitieuse, à passer le weed-end dans sa maison. En attendant le canard à l’orange que la gouvernante, Mme Gray, prépare pour le dîner, Preston saoule les invités avec des bons mots absurdes et d’excellents alcools forts... pour mieux tromper son monde.
Deux monstres sacrés du théâtre de boulevard s’étaient illustrés dans le rôle de Preston, Jean Poiret en 1979 (dans une mise en scène de Pierre Mondy), Michel Roux en 1993 (dans une mise en scène de Pierre Mondy et Alain Lionel). Le metteur en scène et comédien Nicolas Briançon leur succède avec les honneurs dans cette nouvelle incarnation rajeunie du cabotin séducteur, manipulateur et irrésistible qui, en excellent joueur d’échecs, fait le fou pour sauver sa reine. Face à lui, Anne Charrier campe drôlement et subtilement une femme qui ne sait plus très bien qui elle trompe, François Vincentelli s’amuse à jouer les grands cornichons et Alice Dufour, une arriviste plus sympathique que réellement cynique. Finalement, tout comme Hugh est à la fois volage et amoureux, Liz, adultère et jalouse de son mari, ce Canard à l’orange est une comédie à la fois grinçante et romantique. À l’image de cette comparaison entre l’adultère et la bière brune : « Avant de la boire, je suis perplexe, quand je la bois, je suis inquiet, quand je l’ai bue, je suis malade. »

Le Canard à l’orange

Hugh Preston est un animateur-vedette de télévision, marié depuis quinze ans à Liz, qu’il trompe avec de nombreuses maîtresses. Un vendredi soir, Hugh apprend qu’elle a un amant. Au pied du mur, elle lui avoue alors sa liaison avec un homme, avec qui elle compte partir le dimanche matin suivant. Hugh offre à sa femme de prendre les torts à sa charge et de se faire prendre en flagrant délit d’adultère au domicile conjugal avec sa secrétaire, et invite l’amant à passer le week-end à la maison, afin de régler les questions du divorce. Liz refuse cette proposition qu’elle juge incongrue. Mais lorsque Hugh lui avoue qu’il lui a tendu un piège et qu’il ne savait rien de sa liaison avec John Brownlow, Liz, piquée au vif, accepte pour montrer à Hugh à quel point son amant est mieux que lui.

Pièce de William Douglas Home (120 min) Enregistrée au Théâtre de Paris Adaptation Marc-Gilbert Sauvajon – Mise en scène Nicolas Briançon – Réalisation Dominique Thiel – Production Bonne Pioche TélévisionetThéâtre de la Michodière 

Avec Nicolas Briançon (Hugh Preston), Anne Charrier (Liz Preston), François Vincentelli (John Brownlow), Alice Dufour (Mlle Forsyth), Sophie Artur (Mme Gray)

Diffusion vendredi 13 février à 21.00 sur France 4
Le Canard à l’orange est à voir ou revoir sur france.tv

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Publié le 16 avril 2023
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