« Alimentation : à qui profite la hausse des prix ? » dans « France grand format », présenté par Marie Drucker

La faute au covid ? À la guerre en Ukraine ? Aux industriels ? À la grande distribution ? Pourquoi les prix de notre alimentation flambent-ils et pourquoi notre porte-monnaie a-t-il fondu ? Et à qui cela profite-t-il ? Une enquête inédite de « France grand format », suivie d’un débat présenté par Marie Drucker, mardi 6 février à 21.10 sur France 2.


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À la fois facture de la crise sanitaire et conséquence de la guerre en Ukraine – nous répète-t-on –, la hausse des prix est générale. Selon les derniers chiffres, le pouvoir d’achat des salariés français a baissé en deux ans de 3 %. Mais il faut aller au-delà de ce simple chiffre pour mesurer l’ampleur de la situation, inédite depuis la grande crise du début des années 70. La plus forte augmentation concerne en particulier les produits alimentaires : elle atteint en effet 22 % depuis juillet 2021. Détaillons encore. Pâtes : + 38 %, huiles alimentaires : + 49 %, sucre : + 60 ! Comment les Français font-ils face à cette envolée des prix ? On commence à le savoir, et ce n’est guère réjouissant. Fin 2022, deux tiers des ménages confiaient avoir changé leurs habitudes, notamment alimentaires. En mai 2023, une étude du Crédoc révélait que près d’une personne sur six ne mangeait pas à sa faim. Soit une progression de 4 points par rapport à l’année précédente.
Aude, mère célibataire à Clermont-Ferrand, fouille chaque jour les poubelles des supermarchés pour remplir son réfrigérateur. Il n’y a pas si longtemps, elle était créatrice de bijoux et gagnait correctement sa vie en vendant sa production sur les marchés. Aujourd’hui, après un accident, elle ne travaille plus et vit grâce aux aides sociales – 815 euros par mois –, ce qui lui laisse, une fois ses charges déduites, environ 200 euros. On est le 22 du mois, il lui reste 21 euros... À Calais, Kevin, conducteur de camion, et sa femme se serrent la ceinture dans l’espoir de pouvoir acheter leur pavillon. Ils élèvent des poules pour économiser le prix des œufs, cultivent un potager, ont installé des prises de courant connectées... Mais tandis qu’ils consomment moins, leur facture d’électricité a bondi.
Fabrice, éboueur à Saint-Omer depuis l’âge de 17 ans, se voyait bientôt à la retraite mais réalise qu’il va devoir travailler plus longtemps s’il veut bénéficier d’une retraite tout juste supérieure au minimum vieillesse. Sonia et Tanguy, artisans boulangers dans le Loiret, n’arrivent plus à se verser un salaire décent. S’ils ont pu répercuter la hausse des prix des matières premières sur ceux de leurs pains ou de leur pâtisseries, ils font également face à des factures d’électricité qui sont passées de 900 à 2 700 euros !

Tiens, c’est l’inflation !

Y a tous les prix qui flambent !

Sur l'air de « Viens à la maison » de Claude François, chant de manifestation, CFDT

Mais pourquoi les prix de l’alimentation sont-ils ainsi montés en flèche ? L’inflation est-elle une conséquence du covid ? De la guerre en Ukraine ? Ou bien ces événements ont-ils bon dos ? Un trader à Paris explique, chiffres à l’appui, comment les marchés financiers ont, de façon très opportuniste, provoqué l’envolée des prix du blé (+ 60 %) dès l’invasion de l’Ukraine par les troupes russes et permis aux spéculateurs d’engranger de faramineux bénéfices. Moralité de l’histoire : les profits captés d’un côté de la chaîne doivent immanquablement être payés de l’autre… par les consommateurs.
La grande distribution, depuis sa naissance en 1958, offre la promesse de prix toujours plus bas et rend systématiquement responsables des hausses les industriels, lesquels retournent l’accusation. Qui dit vrai ? Personne, peut-être… En Bretagne, le gérant d’une supérette de proximité explique l’absurdité de sa situation et comment la centrale d’achat de son enseigne lui impose des prix plus élevés que ceux de ses concurrents —, chez qui il serait bien avisé d’aller faire ses propres achats ! Près du Mont-Saint-Michel, le directeur général d’une PME de biscuiterie a été contraint (puisque c’est la loi) de baisser les prix de ses produits, afin de répercuter la baisse récente des prix des matières premières. Mais il découvre au cours d’une discrète enquête dans les rayons d’un supermarché voisin que la baisse n’est pas répercutée par certaines grandes enseignes, qui profitent donc de l’occasion pour augmenter substantiellement leurs marges. De son côté, le CEPII (Centre d’études prospectives et d’informations internationales), organisme d’expertise économique dépendant du Premier ministre, offre un autre son de cloche. Ici, on étudie à la loupe les bilans des trois millions d’entreprises en France et on établit notamment leur « taux de transmission », c’est-à-dire la manière dont elles répercutent la hausse de leurs coûts de production. En tête des mauvaises élèves, on trouve justement, mais sans surprise, l’industrie alimentaire avec un taux moyen de 117 %.
Alors ? Du côté des politiques ? En novembre 2023, à l’Assemblée nationale, la proposition de loi « visant à lutter contre l’inflation par l’encadrement des marges des industries agroalimentaires, du raffinage et de la grande distribution et établissant un prix d’achat plancher des matières premières agricoles » – défendue par la France insoumise – a été rejetée par les députés… à six voix près.

Le documentaire sera suivi d’un débat animé par Marie Drucker sur le thème : « Alimentation, les prix vont-ils vraiment baisser ? » Avec : 

  • Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances ;
  • Sébastien Lernould, chef du service éco du journal Le Parisien ;
  • Karine Jacquemart, directrice générale de Foodwatch France ;
  • Sébastien Pautrel, directeur général de la biscuiterie La Mère Poulard ;
  • Thierry Cotillard, président de la société Les Mousquetaires (Intermarché) ;
  • Jean-Philippe André, président de l’ANIA (Association nationale des Industries alimentaires) ;
  • Fatima Belourrak, mère de famille en précarité alimentaire ;
  • Boris Tavernier, fondateur et délégué général de l’association VRAC (Vers un réseau d’achat en commun) ;
  • Maryvonne Lagaronne, éleveuse de bovins, vice-présidente de la Fédération nationale bovine (Pyrénées-Atlantiques).

     

 

France grand format

France grand format, présenté par Marie Drucker, propose une plongée au cœur des grandes questions qui animent, interrogent, fracturent ou rassemblent la société française : santé, logement, pouvoir d’achat, justice… Bien plus qu’un état des lieux, ce magazine mêle immersions, décryptages et enquêtes. À travers une diversité de récits et de points de vue, France grand format met en avant les Français, leurs initiatives, leurs difficultés et leurs espoirs, pour raconter les failles, mais aussi les grandes avancées de notre société. Pour ce premier numéro, France grand format enquête sur la hausse des prix. Une enquête en collaboration avec les équipes de la rédaction du Parisien.

Documentaire (2024 – inédit – 90 min) – Suivi d’un plateau de 60 min – Présentation Marie Drucker – Documentaire réalisé par Laure Delalex, Corinne Langlois, Joanne Saade – Production TV Presse – Réalisation plateau Philippe Miramon – Production plateau FTVS 

Diffusion mardi 6 février à 21.10 sur France 2
À voir et à revoir sur france.tv

Publié le 05 février 2024