« Redonner confiance à ces jeunes-là »
Et si marcher permettait de sauver des jeunes en rupture ? Avec « Compostelle », Alexandra Lamy et Julien Le Berre nous emmènent sur les chemins de Saint-Jacques. Inspiré d’une histoire vraie, le film retrace le chemin terrestre et mental de deux êtres que tout oppose : lui, jeune à quelques pas de la prison, elle, professeur en instance de divorce. Les deux comédiens nous racontent le sens de cette histoire à travers leur regard de randonneurs.
Le film
Fred et Adam, un adolescent en rupture, ne se connaissent pas. Pourtant, grâce à une association, ils entreprennent ensemble le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle cherche à apaiser son passé, il tente de canaliser sa colère et son sentiment d’abandon. Au fil des kilomètres, entre affrontements et instants suspendus, un lien fragile se tisse. Face aux épreuves du chemin, chacun découvre en lui une force insoupçonnée.
Un tournage en conditions réelles
Pour incarner cette histoire avec justesse, l’équipe du film a fait le choix de tourner en conditions réelles, directement sur le chemin de Compostelle. Pas de studio, pas de fond vert : les comédiens ont réellement parcouru les paysages que l’on découvre à l’écran.
On est sur le chemin, on n’est pas en studio, en fond vert. C’est pas de l’IA, c’est vraiment nous.
Alexandra Lamy
Ce parti pris donne au film une dimension terre à terre. La fatigue, les émotions, les tensions… tout est amplifié par l’effort physique et l’immersion totale des comédiens. Alexandra Lamy et Julien Le Berre ont ainsi vécu une expérience proche de celle de leurs personnages, pour délivrer une interprétation remarquable.
L’association SEUIL
Le film s’inspire du travail de SEUIL, une association engagée auprès de jeunes en grande difficulté. SEUIL accompagne des adolescents en rupture scolaire, sociale ou familiale, parfois engagés dans la délinquance. Lorsqu’ils ont épuisé les dispositifs classiques, l’association leur propose une alternative radicale : partir marcher. Pendant trois mois, ces jeunes parcourent environ 1 500 km, seuls avec un adulte accompagnateur. Une expérience hors du commun, loin de leur environnement habituel, pour se reconstruire pas à pas. Chaque année, une trentaine de jeunes, âgés de 14 à 18 ans, bénéficient de ce dispositif, en lien avec l’Aide sociale à l’enfance ou la Protection judiciaire de la jeunesse. Les résultats parlent d’eux-mêmes : là où les parcours classiques échouent parfois, la marche ouvre de nouvelles perspectives.
En termes de réussite, t’as 70 % de récidive, je crois, quand tu sors de prison. Et là t’as 70 % de réussite.
Julien Le Berre
🎥 Une immersion qui redonne foi en l’humanité, à découvrir au cinéma le 1er avril.