Streamroot et France Télévisions : histoire d'une rencontre

Nous sommes tous terriblement curieux de connaître la petite histoire d’une start-up qui réussit. Comment une jeune start-up française a-t-elle pu réussir à jouer au niveau international et surtout, comment France Télévisions a-t-elle pu l’y aider ?

Streamroot et France Télévisions

Première rencontre

Streamroot fait partie de ces « jeunes pousses » qui facilitent notamment la vie des entreprises médias internationales, grands utilisateurs de vidéos en streaming comme France Télévisions mais aussi TF1, Canal +, Eurosport ou Dailymotion.

 

Très actifs, ils développent une solution de diffusion sur internet distribuée permettant d’améliorer l’expérience utilisateur tout en réduisant les coûts de diffusion des contenus Live ou VOD. Cette technologie ne se contente pas de lire un contenu issu d’un serveur distant, mais y ajoute une intelligence d’échanges de données entre les téléspectateurs d’un même programme, permettant par là-même de décongestionner la bande passante nécessaire à la diffusion du contenu depuis le serveur. La technologie - baptisée Streamroot DNA - est basée sur une approche logicielle qui mutualise les ressources disponibles sur chaque ordinateur, permettant à ce-dernier d’être aussi bien client que serveur, couramment appelé système d’échange pair à pair (peer-to-peer en anglais).
La technologie de diffusion mise au point permet de décentraliser les échanges sans faire appel à une infrastructure particulière (serveurs), facilitant ainsi les partages de fichiers et la communication lors de lecture en continu (streaming).
 

France Télévisions avec de gauche à droite : Nikolay Rodionov et Pierre-Louis Théron au salon LeWeb 2013

Le challenge

 

En mai 2013, à l’occasion des Internationaux de Roland Garros, France Télévisions a proposé une diffusion en Ultra HD(1) 4K(2) sur téléviseur LG via les satellites d’Eutelsat. Fort de cette récente innovation, un challenge est proposé aux trois jeunes étudiants par le service Innovation : multiplier la difficulté par quatre en diffusant sur internet le même service au format ultra HD 4K. L’enjeu est d’importance car les usages s’orientent vers ce type de diffusion numérique. Plus il y aura d’utilisateurs de vidéos utilisant le « Peer to Peer Ultra-HD », plus le système sera vertueux en soulageant les réseaux des opérateurs. Cette voie nouvelle pour le streaming Ultra-HD devrait intéresser les constructeurs d’équipements grand public en y intégrant ce nouveau système de diffusion intelligent.
Le challenge est relevé et, après trois mois de travail, une maquette est réalisée qui sera présentée sur le stand France Télévisions du salon parisien Le Web 2013.
 

Streamroot est récompensée à la même époque par le trophée de la start-up numérique avec un prix d’une valeur de 75 000 € et par le prix Coup de pouce centralien en 2014.

1re mondiale en Ultra-HD et peer to peer sur le stand de France Télévisions

Naissance d'une entreprise

 

Sélectionnés après candidature par le très prestigieux Techstars Boston, un des deux plus renommés accélérateurs américains, Pierre-Louis Théron, Axel Delmas et Nikolay Rodionov acquièrent en trois mois et grâce à un travail intense l’état d’esprit « d’entrepreneur à l’américaine ». Cela leur vaut aussi d’être introduits auprès de grands médias ou de grands acteurs de la vidéo, de signer un partenariat et de lever rapidement 2,5 millions de dollars..

Le temps des preuves

 

À leur retour des États-Unis, le contact est repris avec les équipes techniques numériques de France Télévisions mais c’est vraiment à partir de 2016 que le groupe audiovisuel public travaillera avec Streamroot par le biais de POC(3) :

Gratuit pour le téléspectateur, cette solution technique innovante accroit notablement la rapidité de chargement des vidéos, diminue le coût de la bande passante et assure une meilleure qualité de service, notamment pour les connexions de qualité moyenne.
L’amélioration qui a été constatée se manifeste à partir du « buffering (4) ratio » qui, dit en termes moins techniques, consiste à mesurer le temps passé à mettre en mémoire la vidéo (temps de chargement).

Les indicateurs ci-dessous synthétisent les principaux résultats obtenus :

 

  • Buffering ratio : dès 7.500 utilisateurs simultanés, la solution Streamroot diminue le buffering ratio. Pour la tranche à 15 000 utilisateurs simultanés et plus, Streamroot diminue de 9% le buffering ratio par rapport à la valeur moyenne sans Streamroot"
  • Débit : dès 5.000 utilisateurs simultanés, la solution Streamroot augmente le débit binaire. dès cette tranche, Streamroot augmente de 5% le débit binaire(5) par rapport à la valeur moyenne sans Streamroot.
     

Et pour finir...

Streamroot en team de travail

Ces tests en conditions réelles ont conforté les équipes de france.tv dans l’intérêt et la pertinence des solutions peer-to-peer. Il a également alimenté nos expertises et nos réflexions en la matière. Une consultation en vue de déployer une telle solution a été lancée fin 2018. La proposition de Streamroot a finalement été retenue parmi d’autres, notamment grâce à une proposition pertinente, très détaillée et particulièrement adaptée aux besoins des services techniques de la Direction du numérique de france.tv.

 

 

Notes

 

(1)    Ultra HD : ultra haute définition
(2)    4 K : format d’image numérique supérieure ou égale à 4096 pixels
(3)    POC : preuve de concept (de l’anglais proof of concept)
(4)    Buffering : Un temps de buffering nul consiste à lire une vidéo de façon fluide sans interruption tandis qu’un taux de buffering élevé consiste à devoir attendre que la vidéo se charge.
(5)    Débit binaire : Le débit binaire s’exprime en bit/sec dans les télécommunications et équivaut à un octet. Un « bit par seconde », utilisé en informatique et dans les télécommunications se dit en anglais « bitrate » ou « bit rate ».