« Matisse, comme un roman », l’exposition

Le Centre Pompidou rend hommage à Matisse, dont est célébré le 150e anniversaire de la naissance, dans le cadre d’une exposition exceptionnelle réunissant pas moins de 130 œuvres issues du monde entier. À voir du 21 octobre 2020 au 22 février 2021. 

À découvrir du 21 octobre 2020 au 22 février 2021.
À découvrir du 21 octobre 2020 au 22 février 2021.

Rejouant le titre de l’ouvrage de Louis Aragon, Henri Matisse, roman, paru en 1971, cette exposition reprend comme fil conducteur son principe, cherchant à capter « une lueur sur ce qui se passe ». Divisée en neuf chapitres, et autant d’interludes consacrés à l’écriture, l’exposition retrace la carrière de Matisse (1869-1954) selon un parcours chronologique. Dès ses débuts dans les années 1890, Matisse s’essaie à différentes écritures, avant de s’aventurer, durant la période fauve (1905-1906), dans une reformulation radicale de la couleur et du dessin. Cette authentique révolution du regard se reconfigure dans les années 1910 autour d’une réflexion sur le décoratif, dont l’un des exemples les plus magistraux est L’Intérieur aux aubergines (1911, Grenoble, musée de Grenoble), le seul des « intérieurs symphoniques » à être demeuré en France. 

Une exploration de l’intrication texte/image

Cette nouvelle écriture ne se fixe pas pour autant en un style : dans les années 1910, Matisse cherche à éprouver les diverses tendances qui traversent la scène artistique de son époque – le cubisme, notamment, avec Tête blanche et rose (1914, Paris, musée national d’Art moderne). La décennie qui suit son arrivée à Nice, en 1917, délaisse la dimension expérimentale d’un art parvenu presque au seuil de l’abstraction : le peintre choisit de retourner à un sujet modelé par la lumière. 

La question littéraire prend encore un nouveau tour à partir des années 1930, alors que Matisse entame le travail autour du livre illustré des Poésies de Mallarmé, travail qui nourrira certaines toiles iconiques de cette période comme La Verdure (1935-1943, Nice, musée Matisse). 

En 1947, Matisse parvient avec Jazz à entrelacer l’image et le mot, en réunissant des gouaches découpées et des textes manuscrits. Cette dialectique du caractère expansif de la couleur et du noir et blanc se retrouve dans le dialogue intime entre les Intérieurs de Vence et les dessins au pinceau. Enfin, les vitraux colorés et les céramiques de la chapelle de Vence témoignent à la fin de sa vie d’une migration ininterrompue de l’œuvre à l’écriture, avec ce que Matisse voyait comme un grand livre ouvert dans l’espace.

Les œuvres présentées sont issues du musée national d’Art moderne (Paris), mais aussi de la collection des deux musées dédiés à Matisse, celui du Cateau-Cambrésis et celui de Nice. Des prêts privés internationaux et ceux du musée de Grenoble magnifient le tout.

Le site de l’exposition Matisse, comme un roman

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