« Filme l’avenir » : une master class pour les apprentis cinéastes parrainée par Jamel Debouzze

Ils ont entre 15 et 35 ans. Ils sont tous candidats à la troisième édition de « Filme l’avenir », un dispositif de formation aux métiers du cinéma pour des jeunes éloignés des cursus artistiques classiques. Lundi 5 septembre, les 30 aspirants cinéastes ont été accueillis par les équipes de France Télévisions pour une master class inédite. Retour sur un après-midi riche en échanges et rencontre avec Jamel Debbouze, parrain de l’opération.

La master class Filme l'avenir. © Delphine Ghosarossian / FTV

Une master class pour démythifier les métiers du cinéma

« C’est énorme de pouvoir être ici, dans les locaux de France Télévisions ! » Farid Afifi vient de sortir du studio d’enregistrement des journaux de France 3. Il a les yeux qui brillent et le sourire aux lèvres. Il écoute attentivement un technicien expliquer comment fonctionne le fond vert pour l’enregistrement des émissions de Stade 2. Comédien, Farid Afifi est venu exprès de Lorient, en Bretagne, pour assister à cet événement.

Mais, plus que pour une simple visite de locaux, Farid Afifi et la trentaine de jeunes présents comme lui sont surtout venus interroger les professionnels de l’audiovisuel et du cinéma. « Comment se construit-on une culture cinématographique ? », « Comment fait-on pour rencontrer un producteur ? », « Faut-il apprendre les codes avant d’écrire un scénario ou se lancer sans formation ? Comment négocie-t-on avec un producteur ? » Les questions fusent pour les jeunes qui se retrouvent dans une salle face à Aurélie Cardin, productrice et fondatrice du festival Cinébanlieue, Baya Kasmi et Jean-Claude Barny, tous deux réalisateurs et issus de la diversité. Les intervenants transmettent leurs parcours semés d’obstacles ainsi que leurs victoires. Ils portent tous le même message : si les métiers du cinéma sont difficiles d’accès, tout est possible pour celle ou celui qui est convaincu d’avoir une histoire singulière à raconter. Et tous ces jeunes participants au programme Filme l’avenir semblent avoir cette certitude chevillée au corps.

Filme l’avenir, c’est quoi ?

Filme l’avenir est à la fois un concours de courts-métrages et une formation encadrée par des professionnels. Le dispositif a été lancé en 2020, à la sortie du premier confinement, par l’association Les Ami(e)s du Comedy Club (de Jamel Debbouze), en partenariat avec France Télévisions et le ministère de la Culture. Son but : permettre à des jeunes de faire entendre leur voix en les formant à l’écriture de scénario, à la réalisation ou au jeu de comédien. Ils étaient plus de 600 cette année à participer aux ateliers organisés dans 22 villes de France durant tout l’été. Encadrés par des professionnels, ils ont réalisé en tout 95 films de 90 secondes sur le thème : « Joue-la collectif ». Certains films sont d’ailleurs déjà disponibles sur la plateforme France TV Slash. D’autres seront révélés dans le courant du mois de septembre.

Jamel Debbouze, Master Class "Filme l'Avenir"
Jamel Debbouze, lors de la master class Filme l'avenir.
© Delphine Ghosarossian / FTV

À l’arrivée de Jamel Debouzze, le parrain de l’opération Filme l’avenir, toute la salle applaudit. « Voir Jamel, c’est une émotion pure », confie Farid Afifi. « Il représente la diversité. Il donne envie de se battre. Son parcours est des plus inspirant. Grâce à lui, plein de personnes ont été révélées. » Les messages d’humour, d’espoir, de ténacité et de tendresse qu’il porte au travers de son association Les Ami(e)s du Comedy Club et des initiatives comme Filme l’avenir se retrouvent notamment dans les films réalisés par ces jeunes réalisateurs.

Des films en lice pour le grand concours

Bonne fête !, Batterie faible, Corporate, les films réalisés dans le cadre des ateliers puisent dans l’expérience personnelle de chacun des participants.

Mohamed Bidaoui, réalisateur
Mohamed Badaoui, réalisateur.
© Delphine Ghosarossian / FTV

 

Mohamed Badaoui, en pleine reconversion vers le métier de réalisateur, est l’auteur de Batterie faible. « C’est l’histoire de quatre personnes qui attendent un bus en banlieue parisienne, avec des écouteurs sur les oreilles. Elles sont forcées de sortir de leur isolement quand leur batterie de téléphone vient à lâcher… » Pour cet ancien entrepreneur, le déclic a opéré dès le premier atelier à Saint-Ouen : « C’était un plaisir de fou. On nous a mis une caméra dans la main, j’ai senti un grain de confiance, et j’ai rencontré les personnes avec qui je travaille désormais aujourd’hui. »

Rose Payé
Rose Payé, comédienne.
© Delphine Ghosarossian / FTV

Rose Payé, quant à elle, est artiste-peintre et comédienne. Au-delà des techniques de jeu enseignées lors des ateliers, elle a retiré de ces moments intenses un enseignement qui lui servira tout au long de sa carrière : « J’ai appris à écouter les autres, à écouter les conseils, à les suivre, à ne pas chercher tout le temps à m’imposer. »

France Télévisions veille à proposer une meilleure représentation de la France dans toute sa diversité, devant et derrière la caméra. Cette action permet de découvrir de nouvelles réalisatrices et réalisateurs qui vont demain pouvoir travailler sur des fictions de France TV.

Manuel Alduy, directeur du cinéma, des fictions numériques et internationales de France Télévisions

Présent pour accueillir les participants, Manuel Alduy, directeur du cinéma, des fictions numériques et internationales de France Télévisions, salue une initiative qui permet de participer au renouvellement des talents : « France Télévisions veille à proposer une meilleure représentation de la France dans toute sa diversité dans les métiers de l’image, devant et derrière la caméra. Cette action permet de découvrir de nouvelles réalisatrices et réalisateurs qui vont demain pouvoir travailler sur des fictions de France Télévisions. » Un prix France Télévisions du meilleur scénario permettra à deux lauréats de recevoir un tutorat dans le cadre du programme « Talents en Court » au Comedy Club, suivi du préachat d’un court-métrage par France 2.

Les participants ont jusqu’au 30 septembre pour déposer leurs films sur la plateforme Films l’avenir. Pour connaître les lauréats du Grand Concours de courts-métrages, rendez-vous au mois de novembre sur la plateforme France TV Slash !


Questions-réponses à Jamel Debbouze,
parrain du dispositif Filme l’avenir

Jamel Debbouze, au cours de la Master Class "Filme l'Avenir"
Jamel Debbouze, au cours de la master class Filme l'avenir.
© Delphine Ghosarossian / FTV

Qu’est-ce qui vous a le plus ému aujourd’hui au cours de cette master class ?
Jamel Debbouze : Je vois le gamin que j’ai pu être chez ces jeunes. On voit dans leurs yeux de l’espoir, on voit qu’il y a une possibilité de faire quelque chose, qu’il y a une opportunité à saisir. Et puis ce n’est pas rien de se retrouver à France Télévisions ! Ça représente beaucoup pour eux. Ça ressemble fortement au début de quelque chose…

Quel est l’objectif du dispositif Filme l’avenir ?
J. D. : L’objectif, c’est de descendre dans des endroits où, malheureusement, l’on ne descend plus. C’est de rappeler aux personnes de ces endroits qu’ils existent, qu’ils sont vivants, qu’ils sont pleins de bon sens, de créativité et qu’on en a tous besoin pour fédérer, s’assembler, s’amuser… C’est ça le pouvoir magique de la culture ! Ça fédère vraiment. J’ai eu le privilège de vivre ce parcours, et je souhaite absolument que tout le monde puisse le vivre à son tour.

Avez-vous un dernier message à passer ?
J. D. : J’ai un message pour France Télévisions ! Donnez le maximum d’oseille, le maximum de visibilité, pour aider le maximum de gens à faire le maximum de beaux films !

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Publié le 06 septembre 2022
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