Votez pour le monument préféré de votre région !

En 2021, vous aviez élu la place Stanislas de Nancy. De la préhistoire à l’architecture contemporaine, quel sera votre choix cette année ? N’hésitez pas à désigner, dès maintenant, le monument de votre région qui va concourir pour le titre ! Les 14 édifices plébiscités seront ensuite soumis au vote du public, et le classement dévoilé lors de l’émission présentée par Stéphane Bern. Tour d’horizon de ce prodigieux patrimoine culturel français !

Stéphane Bern

Pour voter pour le monument préféré de votre région, rendez-vous sur ftvetvous.fr/monumentprefere

Auvergne-Rhône-Alpes

Rocher et Chapelle Saint-Michel dAiguilhe / Aiguilhe / Haute-Loire
Au nord du Puy-en-Velay, sur la commune d’Aiguilhe, au sommet d’un rocher volcanique culminant à 82 mètres de hauteur, se dresse une magnifique chapelle dédiée à saint Michel. L’évêque du Puy-en-Velay et premier pèlerin de Saint-Jacques-de-Compostelle, Godescalc, est à l’origine de la construction de ce monument au Xe siècle. Devant l’affluence des pèlerins, la chapelle primitive est agrandie au XIIe siècle et dotée d’éléments remarquables : inspiration orientale, décor d’arabesques, mosaïques de pierres et façade romane trilobée. À l’intérieur, le plan irrégulier épouse avec ingéniosité les courbes du Rocher. Classée depuis 1840 aux Monuments historiques, la chapelle est accessible via un escalier de 268 marches qui serpente le long de la paroi rocheuse et offre un panorama à couper le souffle sur Aiguilhe.
 
Villa La Casamaures / Saint-Martin-le-Vinoux / Isère
À Saint-Martin-le-Vinoux en Isère, La Casamaures est une villa de style néo-mauresque construite entre 1855 et 1867 par le négociant grenoblois Joseph Jullien, dit Cochard. Située sur les premières pentes du massif de la Chartreuse, en limite des fortifications de la ville de Grenoble, la villa est établie en belvédère au bord de l’Isère avec deux niveaux en terrasses. Colonnades, arabesques, moucharabiehs, vitraux colorés et jardin d’hiver de neuf mètres de hauteur sous plafond témoignent de l’engouement pour l’Orient qui animait l’Europe au XIXe siècle. Une des particularités de la Casamaures réside dans l’utilisation du ciment moulé, appelé aussi or gris, une technique novatrice pour l’époque. Ce bijou orientaliste, sauvé de la destruction et classé aux Monuments historiques en 1986, a retrouvé sa splendeur d’antan grâce à son actuelle propriétaire et une association de passionnés. 

Moulin à papier Richard de Bas / Ambert / Puy-de-Dôme
Dans la vallée de Laga, à Ambert, le Moulin Richard de Bas est le dernier moulin à papier d’Auvergne. Cette région fut l’une des premières à produire du papier en France, dès le début du XIVe siècle. Aujourd’hui encore, quelque 200 feuilles de papier y sont produites à la main chaque jour, destinées à la restauration d’écrits, d’aquarelles ou de lithographies. Classé aux Monuments historiques depuis 1983 et entreprise du Patrimoine Vivant depuis 2020, le Moulin à papier Richard de Bas abrite le Musée historique du Papier, premier musée vivant de France. Après la découverte de l’histoire du papier inventé il y a plus de 2 000 ans en Chine, les artisans papetiers, gardiens de leur savoir-faire régional depuis 1326, dévoilent aux visiteurs tous les secrets de la fabrication de la pâte à papier, du découpage des chiffons jusqu’au séchage dans les étendoirs. 

Auvergne Rhône-Alpes
Auvergne Rhône-Alpes
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Bourgogne-Franche-Comté

Maison de Louis Pasteur / Arbois / Jura
Les parents de Louis Pasteur achètent cette maison à Arbois, dans le Jura, en 1830. Pasteur a alors 8 ans et va toute sa vie fréquenter cet endroit : il y passe sa jeunesse, vient y travailler et s’y reposer. Le scientifique y reçoit sa famille, ses amis, ses confrères et même Joseph Meister, le premier bénéficiaire de son vaccin contre la rage. La bâtisse, qui surplombe le ruisseau de la Cuisance, est restée intacte. On y découvre les objets, les meubles et même les papiers peints d’une maison bourgeoise de la fin du XIXe siècle. Parmi les pièces maîtresses, la bibliothèque et le laboratoire de Louis Pasteur, dans lequel il a mené ses travaux sur les fermentations et mis au point la fameuse pasteurisation. Il s’agit de l’unique lieu de travail du savant conservé en l’état en France. Classée Monument Historique, la Maison de Louis Pasteur d’Arbois a reçu le label “Maisons des Illustres” en 2011.

Abbaye de Fontenay / Marmagne / Côte-d’Or
Située au nord de la Bourgogne, l’Abbaye de Fontenay est fondée en 1118 par Saint Bernard de Clairvaux, un des plus grands saints français. Classée Monument Historique dès 1862 et inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco en 1981, elle est la plus ancienne abbaye cistercienne conservée au monde. Après la Révolution française et le départ des moines, elle est reprise comme bâtiment industriel, ce qui a permis de préserver l’ensemble des bâtiments de style roman : l’église abbatiale, le dortoir des moines, le cloître, la salle capitulaire, la salle des moines et la forge. Nichée au creux d’un vallon qui s’étend sur plus de 1200 hectares, l’Abbaye de Fontenay est agrémentée d’un parc paysager labellisé Jardin remarquable. Propriété d’une même famille depuis 1820, le site accueille chaque année plus de 100 000 visiteurs.

Château de Bazoches / Bazoches / Nièvre
Construit au XIIe siècle au cœur de la vallée du Morvan, le château féodal de Bazoches présente une architecture trapézoïdale constituée de quatre tours et d’un donjon entourant une cour intérieure. Propriété successive des seigneurs de Bazoches, Chastellux, Montmorillon et La Perrière, Bazoches est acquis en 1675 par le maréchal de Vauban qui le transforme en garnison militaire. C’est dans la grande galerie du château que Vauban, fondateur du Génie, réalise les études et les plans de plus de trois cents ouvrages et places fortes. C’est là aussi qu’il élabore les méthodes d’attaque et de défense des fortifications qui firent de lui un maître incontesté de la stratégie des sièges et de l’architecture militaire. Descendants de Charlotte de Vauban, fille aînée du maréchal, les propriétaires actuels conservent de nombreux souvenirs de leur ancêtre dans ce château classé aux Monuments historiques depuis 1994 et labellisé “Maison des Illustres”.

Bourgogne-Franche-Comté
Bourgogne-Franche-Comté
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Bretagne

Chapelle de la Maison Saint-Yves / Saint-Brieuc / Côtes-d'Armor
Entre 1927 et 1969, le Grand Séminaire de Saint-Brieuc imaginé par l’architecte Georges-Robert Lefort a formé des générations de prêtres. Aujourd’hui devenu la Maison diocésaine Saint-Yves, le site abrite une chapelle consacrée en 1929, véritable joyau de l’Art déco. Du sol au plafond, grille en fer forgé, peintures du chemin de croix, mosaïques des chapiteaux et autels signés Isidore Odorico présentent tous des motifs géométriques caractéristiques du mouvement Seiz Breur. Ce courant artistique breton de l’entre-deux guerres mêlait les motifs celtiques à l’Art déco pour créer un style unique et résolument moderne. Inscrite à l’inventaire des Monuments historiques en 1995 et restaurée dans son esprit d’origine, la chapelle de la Maison Saint-Yves est ouverte au public depuis 2017.

Château du Taureau / Plouezoc'h / Finistère
Le château du Taureau est construit au XVIe siècle sur un îlot rocheux, en pleine mer. Les habitants de Morlaix entendent ainsi protéger la ville des pillages anglais. Il est restauré et agrandi par Vauban, à la demande de Louis XIV. Il assume alors successivement les fonctions de défense, de prison, de résidence secondaire, puis d’école de voile, avant d’être menacé par la ruine au début des années 1980. Après huit ans d’un chantier de restauration d’envergure soumis aux conditions océaniques, le château du Taureau retrouve son âme d’antan et rouvre au public en 2006 avec, pour point d’orgue de la visite, sa terrasse, qui offre un panorama à 360 degrés sur la baie de Morlaix. Classé aux Monuments historiques en 1914, le château du Taureau s’impose désormais, avec ses presque 500 ans d’histoire, comme un fleuron du patrimoine breton. 

Haras national d’Hennebont / Hennebont / Morbihan
Le Haras national d’Hennebont s’implante en 1857 sur les terres de l’ancienne abbaye Notre-Dame de la Joie. Sa vocation première, depuis sa création par Napoléon III : produire des chevaux pour la guerre, puis pour l’agriculture. En lisière du Blavet, le site classé aux Monuments historiques en 1995 compte aujourd’hui 32 bâtiments organisés selon des règles empruntées à l’architecture militaire — 7 écuries, 3 maisons de maître, 1 forge — et un parc arboré de 23 hectares possédant des essences rares. Dédié initialement à la sélection et la reproduction de chevaux de différentes races et berceau des imposants chevaux de trait bretons, le Haras d’Hennebont est devenu le témoin de la relation privilégiée entre l’Homme et le cheval. Visites, animations, spectacles et concours d’équitation rythment les saisons, faisant du Haras d’Hennebont une scène équestre régionale.

Bretagne
Bretagne
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Centre-Val de Loire

Domaine de George Sand / Nohant-Vic / Indre
Situé à Nohant-Vic, dans le sud du Berry, le Domaine de George Sand est un château du XVIIIe siècle. La grand-mère paternelle de la romancière achète cette demeure au cours de la Révolution française, en 1793, et l’entoure d’un vaste parc. Très attachée à la campagne berrichonne dans laquelle elle a passé son enfance, George Sand hérite du domaine en 1821. Elle y écrit la majeure partie de son œuvre et s’y entoure de sa famille et de ses amis : Franz Liszt, Honoré de Balzac, Eugène Delacroix, Pauline Viardot, Théophile Gautier, Gustave Flaubert ou encore son compagnon, Frédéric Chopin. Le jardin qui entoure la maison, labellisé Jardin Remarquable, témoigne également de la riche personnalité de George Sand et de son attachement à la nature. C’est en bordure de ce lieu que George Sand, décédée en 1876, repose dans le petit cimetière familial.

Château d’Azay-le-Rideau / Azay-le-Rideau / Indre-et-Loire
Le château d’Azay-le-Rideau est bâti sur une île au milieu de l’Indre, sous le patronage de François Ier. Subtile alliance de traditions françaises et de décors innovants venus d’Italie, il est une icône du nouvel art de bâtir du Val-de-Loire au XVIe siècle. Son parc paysager, conçu dans la seconde moitié du XIXe siècle, lui offre un véritable écrin naturel. Ses propriétaires successifs ont contribué à en faire un des joyaux architecturaux les plus harmonieux du Val-de-Loire. Propriété de l’État depuis 1905, ce château est classé au titre des Monuments historiques neuf ans plus tard. Depuis 2017, un vaste programme de restauration, dans le cadre d’un partenariat avec le Mobilier national, a redonné tout son éclat à celui qu’Honoré de Balzac comparait à un “diamant taillé à facettes serti par l’Indre”.

Palais Jacques Cœur / Bourges / Cher
En 1443, l’argentier de Charles VII et homme d’affaires Jacques Cœur décide de construire dans sa ville natale, Bourges, un palais à la mesure de son prestige social. L’édifice incarne la grandeur d’une époque et la mégalomanie de son propriétaire. Ce chef-d’œuvre de l’art gothique flamboyant annonce les grands hôtels particuliers de la Renaissance. Les façades portent les armes — coquilles et cœurs — d’un Jacques Cœur fraîchement anobli par le roi, des scènes de la vie quotidienne et des fleurs de lys. À l’intérieur, tout le confort bourgeois de l’époque, avec une cheminée par chambre et une étuve pour la toilette. Jacques Cœur n’en profite guère, puisqu’il est arrêté en 1451, année de la fin de construction de son palais. Le monument passe ensuite entre plusieurs mains. Colbert, son dernier propriétaire privé, le vend à la ville de Bourges en 1682. Il devient Monument historique en 1840.

Centre-Val-de-Loire
Centre-Val-de-Loire
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Corse

Maison Bonaparte / Ajaccio / Corse-du-Sud
À Ajaccio, Napoléon Bonaparte naît le 15 août 1769 dans cette maison occupée par sa famille depuis la fin du XVIIe siècle, et y passe une partie de son enfance. Témoin de l’histoire de la famille impériale, la bâtisse aux façades ocre a reçu la visite de membres importants de la dynastie et de personnages illustres tels que Gustave Flaubert, Élisabeth d’Autriche ou Édouard VII. Offerte à l’État en 1923 par le prince Victor Napoléon, seul héritier de l’impératrice Eugénie, la demeure patricienne corse expose meubles d’exception et décors de styles divers, du Directoire au Second Empire. Classée Monument historique en 1924, la Maison Bonaparte devient Musée national en 1967. Ce monument incontournable pour comprendre l’histoire de la famille Bonaparte et de l’Empereur en Corse est aujourd’hui le musée le plus visité de l’île de Beauté.

Site préhistorique de Filitosa / Sollacaro / Corse-du-Sud
Situé dans la Vallée du Taravo, le site enseveli sous le maquis est découvert en 1946 par le propriétaire des lieux, Charles-Antoine Cesari. Il est fouillé et mis en valeur avec le soutien de l’archéologue et chercheur au CNRS Roger Grosjean. Statues-menhirs, monuments, vestiges mobiliers sont mis au jour. Fleuron de l’art mégalithique insulaire, Filitosa est considéré par les scientifiques comme l’une des plus belles collections d’art préhistorique en Europe. Classé Monument historique et inscrit sur la liste des cent sites historiques d’intérêts communs aux pays de la Méditerranée, Filitosa se dote en 2021 d’un musée archéologique destiné à accueillir des objets exhumés sur le site et à compléter la découverte de ce lieu aussi fascinant que mystérieux. Au cœur d’une nature préservée, ce sont 8 000 ans d’histoire, du néolithique à l’époque romaine, qui se dévoilent au travers de ces constructions laissées par les premiers hommes qui ont peuplé l’île. 

Citadelle de Calvi / Calvi / Haute-Corse
Site emblématique de la Balagne posé à l’extrémité nord-ouest de l’île de Beauté, la citadelle de Calvi est l’une des plus impressionnantes places fortes laissées par les Génois en Corse. À l’époque romaine, une petite colonie agricole s’implante là où, au Moyen Âge, la ville se développera. Pisane jusqu’en 1278, Calvi passe ensuite sous domination génoise. Qualifiée d’imprenable, la citadelle dresse les murailles ocre de son enceinte bastionnée au-dessus du port. Les travaux débutent en 1483 puis s’accélèrent avec la menace franco-turque au milieu du XVIe siècle. Plantés sur leur promontoire rocheux, les remparts sont constitués de puissants bastions — Malfetano, Teghiale, San Giorgio — et de courtines. La citadelle, ses remparts et la tour du Sel qui servait de poste de guet, sont classés aux Monuments historiques. À l’intérieur de la citadelle, le dédale des ruelles pavées et les maisons pittoresques à souhait racontent son histoire, tandis que les remparts offrent un panorama exceptionnel à 360 degrés sur la baie.

Corse
Corse
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Grand Est

Parc de Wesserling / Husseren-Wesserling / Haut-Rhin
Manufacture ancienne et de renommée internationale, la Manufacture d’Impression Textile de Wesserling est fondée en 1762 dans un pavillon de chasse entouré de beaux jardins appartenant aux princes abbés de Murbach, avant de devenir Manufacture royale en 1786. Wesserling est à l’époque la manufacture d’indiennes — des toiles de coton imprimées — la plus importante en France. Exceptionnellement préservé, le parc de Wesserling – Ecomusée Textile est l’un des rares sites industriels européens à être en mesure de faire découvrir à son public les différentes facettes historiques, sociales et techniques de l’industrie textile, du XVIIIe au XXIe siècle. Classée aux Monuments historiques et dotée de cinq jardins labellisés remarquables, la cité-usine, qui comptait 5 000 employés vers 1900, retrace cette aventure industrielle du textile alsacien qui a pris fin en 2003.

Musée de la Faïence et Moulin de la Blies / Sarreguemines / Moselle
À Sarreguemines, dans le département de la Moselle, deux sites retracent l’histoire de la faïence : le musée de la Faïence et le Moulin de la Blies. Installé dans les anciens appartements de Paul de Geiger, directeur des Faïenceries de Sarreguemines entre 1871 et 1913, le musée de la Faïence expose de riches collections de céramiques. Point d’orgue de la visite, le Jardin d’Hiver, classé Monument historique, se distingue par ses murs entièrement revêtus de faïence, sa fontaine monumentale en majolique et ses allégories de la Terre, de l’Eau et du Feu, éléments indispensables à la fabrication de la céramique. Le Moulin de la Blies, ancienne unité de production de la manufacture, était quant à lui dévolu à la fabrication des pâtes à faïence entre 1841 et la fin des années 1960. Il abrite aujourd’hui le musée des Techniques faïencières qui rassemble une collection de machines et d’outils permettant de saisir les étapes de fabrication de la faïence.

Fort de Schoenenbourg / Hunspach et Ingolsheim / Bas-Rhin 
Construit entre 1931 et 1935, l’ouvrage d’artillerie de Schoenenbourg est le plus grand fort de la Ligne Maginot visitable en Alsace. À trente mètres sous terre, un parcours de 3 kilomètres de galeries permet de découvrir les blocs dispersés sur plusieurs hectares et équipés de tout leur matériel : cuisine, usine de production électrique, centrale de filtrage de l’air, caserne, infirmerie, poste de commandement, bloc de combat avec tourelle équipée de canons. Inscrit aux Monuments historiques, le Fort est à l’époque à la pointe de la technologie et peut accueillir jusqu’à 630 soldats. En mai et juin 1940, il encaisse plus de 3 000 bombes et obus allemands, mais reste opérationnel. Il riposte en tirant près de 17 000 coups de canons. Attaqué mais invaincu, l’équipage du Fort de Schoenenbourg ne dépose les armes que sur ordre formel du Haut Commandement français six jours après l’entrée en vigueur de l’Armistice de juin 1940.

Grand-Est
Grand-Est
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Guadeloupe

Habitation Zévallos / Le Moule / Grande-Terre
L’Habitation Zévallos, située au Moule sur Grande-Terre, est l’une des premières sucreries industrielles de la Caraïbe, fondée au début du XVIIIe siècle. Le site témoigne de l’évolution économique de la Guadeloupe. Son histoire est traversée par celle des premiers colons, puis des esclaves, pour finir par l’arrivée de la main-d’œuvre d’origine indienne, en 1854. Classée Monument historique depuis 1990, l’Habitation Zévallos dont l’exploitation cesse en 1901, conserve sa maison à pans de fer avec des remplissages de parois réalisées en briques ocre sur quatre niveaux et sa case à vent, abri cyclonique en sous-sol. La maison, logement principal d’usine, de style Louisianais, est construite par Auguste Duchassaing de Fontbressin, vers 1870. Dans le parc bordé de plantes médicinales et d’arbres fruitiers, les vestiges — balance de l’usine, plateforme de retournement de la locomotive, cheminée de 17 mètres de hauteur — racontent l’histoire de la première usine centrale de Guadeloupe.

Église Saint-Pierre et Saint-Paul / Pointe-à-Pitre / Grande-Terre
Construite en 1807 à Pointe-à-Pitre, l’église Saint-Pierre et Saint-Paul est victime du tremblement de terre de 1843 et reconstruite en 1867. Petit à petit, son ancienne structure en bois est alors remplacée par une ossature métallique. Elle permet à l’édifice de résister aux cyclones et tremblements de terre qui ravagent la ville à plusieurs reprises. La façade néo-classique arbore ses deux saints patrons, saint Pierre et saint Paul, entourés des quatre évangélistes. À l’intérieur, l’ossature de fonte et d’acier présente des chapiteaux et des rivetages de style gothique, et peut accueillir jusqu’à 3 000 fidèles. La décoration a été réalisée par les artistes locaux Éverard de Bérard et Budan. Plus grand édifice religieux de Pointe-à-Pitre, la majestueuse église Saint-Pierre et Saint-Paul, appelée communément « cathédrale », est classée Monument historique depuis 1978.

Fort Delgrès / Basse-Terre
Classé Monument historique depuis 1977, le Fort Delgrès se situe à l’extrême Sud de la ville de Basse-Terre. Le gouverneur Charles Houël fait construire en 1650 une maison fortifiée qu’il baptise Fort Saint-Charles. L’édifice est un lieu sécurisé qui domine la ville, en symbole de son pouvoir sur la population. Régulièrement victime des attaques anglaises notamment depuis la mer, le Fort est peu à peu fortifié et prend le nom de Fort Royal. En 1794, durant la Révolution, Basse-Terre est occupée par les Anglais et le Fort devient le théâtre de violents combats. Victor Hugues parvient à reprendre le contrôle du Fort, mais aussi de la Guadeloupe, et abolit l’esclavage. C’était sans compter sur Napoléon, qui le rétablit en 1802. Le Fort est alors occupé par l’armée coloniale. En 1904, il est laissé aux Guadeloupéens. Il est rebaptisé Fort Delgrès en 1989 en hommage à Louis Delgrès, colonel d’infanterie des forces armées de la Basse-Terre qui s’est battu tout au long de sa vie pour la liberté et contre l’esclavage.

Guadeloupe
Guadeloupe
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Hauts-de-France

Centre historique minier de Lewarde / Lewarde / Nord
Dans le Nord, le Centre historique minier de Lewarde se trouve au cœur du bassin minier. Le plus important musée de la mine en France est installé sur le carreau de l’ancienne fosse Delloye, qui regroupe 8 000 m² de constructions industrielles, sur un site de 8 hectares. Dans les bâtiments d’origine, les vêtements suspendus, les centaines de lampes authentiques, les imposantes bobines de la machine d’extraction plongent immédiatement les visiteurs dans l’univers de la mine. Ici, 270 ans d’une aventure industrielle et humaine passionnante se dévoilent : de la vie quotidienne des mineurs au rôle des chevaux dans l’exploitation minière. Dans les profondeurs de la mine, le vrombissement des machines en fonctionnement et les projections d’images d’archives permettent de comprendre toute l’évolution des techniques et des conditions de travail des mineurs. Ce site classé Monument historique accueille 150 000 visiteurs par an et constitue, depuis 2012, l’un des sites remarquables du bassin minier inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Domaine de Chaalis / Fontaine-Chaalis / Oise
Au cœur du massif d’Ermenonville, le domaine de Chaalis s’étend sur 1000 hectares de terres, de forêts et d’étangs. Fondée en 1137 par Louis VI, cette Abbaye royale est devenue au cours du XIXe siècle un lieu de séjour imprégné par le romantisme. À côté du bâtiment conventuel aménagé en demeure de plaisance s’élèvent les ruines de l’ancienne église. La chapelle ornée de fresques du grand Primatice au XVIe siècle est souvent présentée comme la “Sixtine de l’Oise”. En 1902, Chaalis est acquis par Nélie Jacquemart-André. Portraitiste du Tout-Paris sous le Second Empire, elle restaure le domaine et y rassemble une collection de près de 4 000 peintures, meubles et objets d’art. À sa mort, en 1912, elle lègue Chaalis à l’Institut de France, qui s’attache depuis à conserver et à promouvoir ce patrimoine exceptionnel. Labellisée “Jardin remarquable”, la roseraie de ce domaine enchanteur, témoin de neuf siècles d’Histoire, accueille chaque deuxième week-end de juin les Journées de la Rose. 

Hortillonnages d’Amiens / Amiens, Rivery, Camon et Longueau / Somme 
Les Hortillonnages d’Amiens sont constitués d’une multitude de petites parcelles cultivées entourées d’eau, accessibles uniquement en barque grâce à un réseau de petits canaux, les rieux. Situés dans l’ancien lit de la Somme naturellement marécageux, ils existeraient depuis l’Antiquité. Le nom du site provient du latin hortus qui signifie « jardin ». On y cultivait poireaux, choux et carottes pour les Amiénois. Désormais, seule une poignée d’hortillons travaille encore la terre noire et fertile des Hortillonnages et vend sa récolte chaque samedi lors du marché sur l’eau dans le quartier Saint-Leu. Façonné par des générations de maraîchers, le site offre un paysage unique en France. Aujourd’hui, plus de mille propriétaires partagent ces 300 hectares de jardins sur l’eau pour s’adonner au jardinage, à la pêche ou à la contemplation de la nature. Chaque année, de mai à octobre, le Festival international des jardins offre aux visiteurs une échappée belle et artistique dans cet écrin de verdure en milieu urbain.

Hauts-de-France
Hauts-de-France
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Île-de-France

Basilique de Saint-Denis / Saint-Denis / Seine-Saint-Denis
Construite sur la tombe de saint Denis, considéré comme le premier évêque de Paris martyrisé vers 250, l’abbaye royale de Saint-Denis accueille dès la mort du roi Dagobert en 639, et jusqu’au XIXe siècle, les sépultures de 43 rois, 32 reines et 10 serviteurs de la monarchie. En 1966, la basilique classée Monument Historique est élevée au rang de cathédrale. Avec plus de 70 gisants médiévaux et tombeaux monumentaux de la Renaissance, elle recèle en son sein le plus important ensemble de sculpture funéraire du XIIe au XVIe siècle. La nécropole des rois de France raconte l’évolution de l’art funéraire, des gisants du XIIe siècle, sculptés les yeux ouverts, aux grandes compositions de la Renaissance, associant la mort à l’espoir de la résurrection. Conçue par l’abbé Suger, conseiller des rois, de 1135 à 1144, achevée au XIIIe siècle sous le règne de Saint Louis, l’église inaugure la place centrale de la lumière, symbole du divin, dans l’architecture religieuse. 

Colonne de Juillet et Génie de la Liberté / Paris
Depuis plus de 175 ans, la colonne de Juillet domine de sa haute silhouette la place de la Bastille, dans l’Est parisien. En 1830, la Révolution des Trois Glorieuses porte au pouvoir Louis-Philippe. Pour rendre hommage aux victimes et à leur combat, il ordonne la construction d’une colonne triomphale surmontée du Génie de la Liberté, perché à 52 mètres de haut. Deux architectes travaillent à cette réalisation : Alavoine puis Duc. Bâtie à l’emplacement de la prison de la Bastille, la colonne de Juillet est inaugurée en 1840. Après la révolution de 1848, le trône de Louis-Philippe est brûlé au pied de la colonne et les dépouilles des émeutiers déposées dans le second caveau du monument. À la chute de Napoléon III, en 1871, durant la Commune, le monument échappe de peu à la destruction. Classée Monument historique en 1995, la Colonne de Juillet est ouverte à la visite depuis l’automne 2021.

Château de Vaux-le-Vicomte / Maincy / Seine-et-Marne
En Seine-et-Marne, le Domaine de Vaux-le-Vicomte est le fruit d’un esprit visionnaire et passionné, celui de Nicolas Fouquet, surintendant des Finances de Louis XIV. Pour bâtir sa demeure, il fait appel à trois des plus grands artistes de son époque : l’architecte Louis Le Vau, le jardinier paysagiste André Le Nôtre et le peintre décorateur Charles Le Brun. Ils unissent leur génie pour imaginer un modèle dont la majesté et l’équilibre inspirent Louis XIV qui s’entoure de la même équipe pour construire le Château de Versailles. Conçu dans les années 1650, le Domaine a appartenu à quatre familles successives. Le plus grand Monument Historique privé de France ouvert au public en 1968 a gardé une âme habitée. La visite du château s’organise sur quatre niveaux, meublés et décorés comme si Nicolas Fouquet et sa famille avaient récemment quitté les lieux. Joyau de l’Île-de-France, Vaux-le-Vicomte est un des rares décors restés intacts depuis le XVIIe siècle. 

Ile-de-France
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 Normandie

Palais Bénédictine / Fécamp / Seine-Maritime
Gothique, Renaissance, Art Nouveau… Les concepteurs du Palais Bénédictine, édifié à Fécamp à la fin du XIXe siècle, ne se sont interdit aucune référence, livrant ainsi un fastueux palais à la gloire de la liqueur ressuscitée par Alexandre Le Grand. En 1863, ce négociant en vin fait la découverte d’un vieux grimoire provenant de l’Abbaye bénédictine de Fécamp datant du XVIe siècle. Il y déchiffre des formules médicinales dont il va s’inspirer pour mettre au point la fameuse liqueur. Le succès est immédiat. En véritable précurseur du marketing, Alexandre Le Grand décide d’ériger un palais-usine à la gloire de son élixir nommé Bénédictine. L’inauguration des nouveaux bâtiments a lieu en 1888, mais ils sont incendiés quatre ans plus tard. Qu’à cela ne tienne, l’homme d’affaires fait rebâtir un palais encore plus beau, stupéfiant d’audace et d’extravagance. Tout aussi foisonnant, l’intérieur du Palais, où l’on peut notamment admirer la distillerie, les caves et le musée d’art sacré et ancien, parachève l’émerveillement des visiteurs.

Gare Maritime Transatlantique de Cherbourg et Sous-Marin Le Redoutable / Cherbourg-en-Cotentin / Manche
Conçue par l’architecte René Levavasseur, la Gare Maritime Transatlantique de Cherbourg, fleuron de l’Art déco français, est inaugurée en 1933. Taillé pour accueillir les plus grands paquebots de l’époque, le bâtiment rapidement surnommé “Notre Dame des Queens” devient la plus grande Gare Maritime Transatlantique du monde et la plus vaste construction de France après le Château de Versailles. À la fin des années 1970, avec l’essor du trafic aérien, la Gare Maritime Transatlantique de Cherbourg tombe dans l’oubli. Classée Monument Historique en 1989, elle abrite aujourd’hui la Cité de la Mer et Le Redoutable. Le premier sous-marin nucléaire lanceur d’engins français, fleuron de la politique de dissuasion d’après-guerre, est construit à l’Arsenal de Cherbourg et mis à l’eau en 1967 en présence du Général de Gaulle. En 2022, la Cité de la Mer dont les créateurs ont relevé l’incroyable défi de marier ces deux géants du patrimoine maritime fête son vingtième anniversaire. 

Château de Carrouges / Carrouges / Orne 
Dans l’Orne, Carrouges est d’abord au XIVe siècle une place forte de la guerre de Cent Ans. Il devient un logis seigneurial au XVe siècle, augmenté au XVIe siècle d'un châtelet d'entrée considéré comme le premier témoin de l'architecture de la Renaissance en Normandie. De nouveau fortifié au temps des guerres de Religion, sa fonction de demeure de prestige s’affirme par la construction, à la fin du XVIe siècle, de deux ailes classiques et des escaliers qui les desservent. Situé au cœur du parc naturel régional Normandie-Maine, le Château de Carrouges est resté dans la même famille de ses origines à 1936 et a reçu des hôtes célèbres comme le roi Louis XI et Catherine de Médicis. Construit en briques est entouré d’un parc de dix hectares, cet édifice classé aux Monuments historiques en 1927 a conservé, grâce à la qualité de son mobilier et à la richesse de ses œuvres d’art, le charme particulier d’une demeure habitée, illustrant à merveille l’art de vivre au château dans la campagne normande. 

Normandie
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Nouvelle-Aquitaine

Église Monolithe de Saint-Émilion / Saint-Émilion / Gironde
L’église Monolithe de Saint-Émilion est un édifice religieux souterrain aux proportions impressionnantes — 38 mètres de long et 12 mètres de haut — creusé au début du XIIe siècle. Certainement commanditée pour accompagner le développement de la cité autour des pèlerinages sur le tombeau du saint patron Saint Émilion, elle intrigue par sa conception hors du commun. Doté d’un clocher haut de 68 mètres, de trois ouvertures en façades et d’un portail gothique, l’édifice classé Monument Historique est creusé dans un seul bloc de pierre à l’intérieur du plateau calcaire. Peinte au XIVe, dévastée au XVIe, malmenée au XVIIIe pendant la Révolution et restaurée au XXe siècle, la plus vaste église monolithe d’Europe accueille des cérémonies religieuses, des concerts, des visites guidées mais aussi des cérémonies d’intronisation de la confrérie des vins de Saint-Émilion – La Jurade.

Château des Milandes / Castelnaud-la-Chapelle / Dordogne
Dans le Périgord Noir, le Château des Milandes est construit en 1489 par François de Caumont, seigneur de Castelnaud, à l’initiative de son épouse Claude de Cardaillac. Ce château à l’architecture Renaissance avec de magnifiques éléments gothiques offre un superbe panorama sur la vallée de la Dordogne. Inscrit aux Monuments Historiques, le parc est aménagé en 1908 par Jules Vacherot, l’architecte-paysagiste en chef de la ville de Paris. Mais la résidente la plus connue du Château des Milandes est sans conteste Joséphine Baker. En 1937, la chanteuse et danseuse américaine tombe sous le charme du monument aujourd’hui labellisé Maison des Illustres. Joséphine Baker vit au Château des Milandes pendant 32 ans, entourée de sa “tribu arc-en-ciel”, les 12 enfants venus du monde entier qu’elle avait adoptés. La demeure de charme est aujourd’hui aménagée en musée consacré à la carrière et à la vie de Joséphine Baker, résistante et militante antiraciste entrée au Panthéon en 2021.

Pont Transbordeur / Rochefort et Échillais / Charente-Maritime 
Construit entre 1898 et 1900 par l’ingénieur français Ferdinand Arnodin, le Pont Transbordeur enjambe le fleuve Charente entre les villes de Rochefort et d’Échillais en Charente-Maritime. Son tablier, haut de 50 mètres, laisse libre le passage des grands navires de l’Arsenal de Rochefort et sa nacelle suspendue à un chariot roulant permet le passage des véhicules jusqu’en 1967. Après une longue période d’abandon, ce géant d’acier est sauvé de justesse de la démolition puis classé Monument Historique en 1976, après une campagne de mobilisation locale. Chef d’œuvre de l’architecture métallique du XXe siècle, le Pont Transbordeur est le dernier ouvrage de ce type en France. Devenu un site emblématique du territoire Rochefort Océan depuis sa réouverture touristique en 1994, l’ouvrage a fait l’objet d’une grande campagne de restauration entre 2016 et 2020. Symbolisant l’entrée au port de Rochefort côté terre et l’ouverture vers le monde côté mer, le Pont Transbordeur s’emprunte désormais à pied ou à vélo.

Nouvelle Aquitaine
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Occitanie

Abbaye Saint-Martin-du-Canigou / Casteil / Pyrénées-Orientales
Au cœur du massif du Canigou, l’abbaye millénaire Saint-Martin-du-Canigou, classée Monument historique depuis 1889, est perchée sur un piton rocheux à 1050 mètres d’altitude. Son clocher orné d’arcatures, ses chapiteaux de marbre, son abbatiale et sa crypte voûtée en font un joyau du premier art roman régional. Redécouverte à la fin du XIXe siècle grâce au poème Canigó de Jacint Verdaguer, elle est restaurée avec enthousiasme au XXe siècle par Jules de Carsalade du Pont, "l’évêque des Catalans", puis par le père Bernard de Chabannes, moine bénédictin de l’abbaye d’Encalcat. Elle est confiée en 1988 par l’Évêque de Perpignan-Elne à la Communauté Catholique des Béatitudes. Sur cette étape du chemin de Saint-Jacques de Compostelle, celle-ci accueille touristes et pèlerins, pour des visites guidées de l’Abbaye et pour la liturgie. Elle y reçoit aussi des personnes désireuses de vivre quelques jours de ressourcement spirituel dans cet écrin de verdure surplombant la Vallée du Cady.

Gouffre de Padirac / Padirac / Lot
Dans la Vallée de la Dordogne, le Gouffre de Padirac, curiosité géologique majeure, est exploré pour la première fois par Édouard-Alfred Martel en 1889. Père fondateur de la spéléologie moderne, pionnier de l’exploration et de la conservation du monde souterrain, ses découvertes et travaux lui valurent le titre de Bienfaiteur de l'Humanité. Premier site du patrimoine naturel souterrain en France, le Gouffre de Padirac, avec son puits de 35 mètres de diamètre et de 103 mètres de profondeur, est une formation géologique unique au monde. La légende dit que ce gouffre béant aurait été formé par un coup de talon de Satan. Déambuler dans les galeries souterraines de calcaire façonnées par les sédiments marins du Jurassique, admirer la salle du Grand Dôme — cathédrale minérale dont le plafond culmine à 94 mètres — avant de glisser sur la rivière souterraine formée au cœur des roches karstiques offrent aux visiteurs une expérience inoubliable depuis 1899, année de l’ouverture du site au public. 

Viaduc de Millau / Millau et Creissels / Aveyron 
Le viaduc de Millau, ouvrage d’art multi-haubané conçu par l’ingénieur Michel Virlogeux et dessiné par l’architecte Lord Norman Foster, s’élève majestueusement au-dessus de la Vallée du Tarn. Maillon de l’autoroute A75, il est construit pour désenclaver le Massif central et représente sans conteste l’un des défis techniques majeurs du XXIe siècle. Avec son architecture résolument moderne et ses dimensions hors du commun, le viaduc de Millau mis en service en 2004 ne laisse personne indifférent et s’intègre parfaitement dans le paysage naturel grandiose et préservé des Grands Causses. Record du monde de hauteur, le viaduc, supporté par sept piles très élancées, culmine à 245 mètres. La finesse de son tablier métallique, soutenu par ses 154 haubans, dessine une légère courbe et lui prodigue des allures de voilier. Ce géant de béton et d’acier construit en trois ans est définitivement l’ouvrage de tous les records et s’impose comme un emblème du savoir-faire français !

Occitanie
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Pays de la Loire

Musée Robert Tatin / Cossé-le-Vivien / Mayenne
En 1962, Robert Tatin achète, avec son épouse Lise, une petite maison au lieu-dit La Frénouse sur la commune de Cossé-le-Vivien en Mayenne. L’artiste imagine sa “Maison des Champs”, une œuvre monumentale ancrée dans la nature, qui se ferait le carrefour de toutes les civilisations à travers la création d’un langage universel, un “pont entre l’Orient et l’Occident”. Rapidement, les premières sculptures de ciment armé peint apparaissent dans ce qu’il appelle “le Jardin des Méditations”, qui constitue le cœur du musée. En 1967, le chemin communal menant à son espace de vie et de création se voit doté du premier des vingt Géants qui le bordent aujourd’hui. C’est le début de vingt et un ans de création, sculpturale, architecturale et picturale. Robert Tatin décède en 1983. Depuis cette date, et hormis les campagnes de restauration qui se succèdent, cette œuvre aussi envoûtante qu’insolite, labellisée Maison des Illustres, est restée la même. 

Maison Radieuse de Rezé / Rezé / Loire-Atlantique
Au sud de Nantes, la Maison Radieuse de Rezé construite entre 1953 et 1955 est l’œuvre de Le Corbusier. Pour répondre à une grande demande de logements au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, l’architecte y développe son système constructif visant à établir des appartements à l’intérieur d’une ossature de poteaux et de poutres en béton armé. Entouré d’un parc de six hectares, ce bâtiment sur pilotis doté de couleurs et de caractère est emblématique de sa vision : une architecture destinée à l’épanouissement humain. Avec ses 108 mètres de long, 52 mètres de haut et 19 mètres de large, ce village vertical accueille 294 logements répartis sur 17 étages et accessibles par six rues intérieures ainsi qu’une école maternelle posée sur son toit-terrasse. La Maison Radieuse, classée Monument Historique, et son appartement-témoin resté intact depuis 1955 se découvrent lors de visites guidées organisées par la mairie de Rezé. 

Maison de Georges Clemenceau / Saint-Vincent-sur-Jard / Vendée
Georges Clemenceau s’installe en 1919 dans cette maison posée sur la dune face à l’océan Atlantique, à Saint-Vincent-sur-Jard. Il vient alors de signer le traité de paix au terme de la Grande Guerre de 1914-1918, au prix d’un investissement personnel intense. Il désire se reposer d’une longue carrière consacrée à la politique, et revenir dans sa Vendée natale. Cette petite maison isolée, simple location où il viendra séjourner à chaque belle saison jusqu’à sa mort, il la surnomme “La Bicoque”. Patiemment, il compose son jardin, attentif aux conseils de son grand ami, le peintre Claude Monet, et suit ses propres envies en dépit du sable, des vents marins et des fortes marées. Il y reçoit des personnalités prestigieuses comme les ambassadeurs du Japon et des États-Unis. Sa résidence de villégiature est achetée par l’État peu après sa mort en 1929. Classée Monument Historique et labellisée Maison des Illustres, elle conserve les traces de la présence du Tigre, ainsi que des témoignages de ses amitiés et de ses passions : littérature, chasse et arts extrême-orientaux.

Pays de la Loire ©DR
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Provence-Alpes-Côte d’Azur

Amphithéâtre d’Arles / Arles / Bouches-du-Rhône
Inspiré du Colisée de Rome, l’Amphithéâtre d’Arles est construit à la fin du Ier siècle pour accueillir des combats de gladiateurs et de chasses. Répondant au défi d’accueillir 21 000 spectateurs, les architectes romains organisent un système de circulation efficace tandis que sa forme ovoïde permet de voir la piste quelque soit sa place. Dès le VIe siècle lors de la chute de l’Empire romain, l’Amphithéâtre devient un refuge pour la population. Il est transformé en forteresse et occupé par des habitations pour devenir un véritable quartier de la ville. La défense est renforcée par l'édification de tours qui lui donnent sa physionomie si particulière. Lors du dégagement du monument au XIXe siècle, il subsiste 212 maisons et deux chapelles. Comptant parmi les amphithéâtres antiques les mieux conservés d’Europe et perpétuant sa fonction première, il accueille tout au long de l’année des manifestations culturelles et sportives, quelque deux millénaires après son édification. 

Villa et Jardins Ephrussi de Rothschild / Saint-Jean-Cap-Ferrat / Alpes-Maritimes
Située entre Nice et Monaco, la Villa Ephrussi de Rothschild est un magnifique palais de la Belle Époque entouré de neuf jardins, dominant la Méditerranée. En 1905, Béatrice Ephrussi de Rothschild, fille du baron Alphonse de Rothschild, régent de la Banque de France, choisit le Cap Ferrat pour construire la villa de ses rêves, dans laquelle elle séjourne à partir de 1912. Richissime à souhait par sa naissance, puis par son mariage avec Maurice Ephrussi, elle explore le monde et rapporte des œuvres d’art de ses voyages. L’extravagante propriétaire constitue dans sa villa rose classée Monument historique une collection de chefs-d'œuvre incomparable et éclectique : porcelaines de Sèvres et de Vincennes, toiles de maîtres — Fragonard, Boucher, Carpaccio, Tiepolo — et meubles Louis XVI. Sur le site de sept hectares, neuf jardins thématiques, tous labellisés “Jardin remarquable”, entourent ce joyau architectural et artistique de la French Riviera et offrent sans conteste l’un des plus beaux points de vue de la Côte d’Azur. 

Synagogue de Carpentras / Carpentras / Vaucluse 
La synagogue de Carpentras est la plus ancienne synagogue de France en activité. Construit en 1367 puis restauré en 1740, ce Monument historique témoigne de la présence des communautés juives qui, persécutées dans le Royaume de France, se mettent sous la protection pontificale et s'installent en Comtat Venaissin dès le XIIIe siècle. La salle de culte présente un décor baroque du XVIIIe siècle. Richement ornée, elle offre un magnifique ensemble décoratif typique de l’art judéo-comtadin : tabernacle, teba, chandeliers à sept branches, fauteuil du prophète Elie, lustres anciens en cristal, cuivre, fer décoré. Le rez-de-chaussée abrite les parties les plus anciennes : les bains rituels dont la piscine primitive du XIVe siècle, les deux boulangeries — l’une réservée au pain quotidien, l’autre à la confection du pain azyme, sans levain — et les salles d’études. Ce complexe synagogal unique, qui réunit lieu de vie et lieu de culte, attire chaque année plus de 10 000 visiteurs. 
 

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