La ferme du Hitton, de Cécile et Emmanuel, élue « Ferme préférée des Français »

Vous avez élu la ferme du Hitton, représentant la région Occitanie, « Ferme préférée des Français ». Emmanuel et Cécile Guichard s’expriment pour la première fois depuis que leur domaine agricole a reçu cette distinction.

Les gagnants
Emmanuel et Cécile Guichard, heureux gagnants. © Morgane Production

À ceux qui se demanderaient s’ils s’attendaient à recevoir cette distinction, Emmanuel répond par la négative. « Les quatorze projets étaient différents et intéressants. J’ai remarqué qu’ils étaient plusieurs à proposer de la vente directe. Quel que soit son projet, pour s’en sortir, il faut privilégier le circuit court. Et si possible disposer d’un local à la ferme où vendre ses produits. C’est le choix que nous avons fait. » 
Aux autres, qui aimeraient savoir s’ils ont hésité lorsqu’on leur a proposé de participer, la réponse est « non, pas une seconde ». Ils étaient fiers et honorés, précise-t-il, d’avoir été choisis pour représenter l’Occitanie avec un métier méconnu dans un programme jugé de qualité et bienveillant, et animé par Stéphane Bern. Une émission qui, le couple en était persuadé, saurait mettre en valeur le travail et les initiatives des agriculteurs. 
Avec toute l’équipe, Emmanuel et Cécile se préparent à des changements en termes de fréquentation (actuellement, la ferme accueille gratuitement 6 000 visiteurs par an), de vente, de référencement de leurs produits ou de location de leurs hébergements (un espace dédié aux camping-caristes et un gîte, gérés par eux, et des lodges, en association avec Un lit au pré). Ils acceptent avec enthousiasme cette mise en avant vécue comme une reconnaissance du travail accompli depuis qu’ils se sont installés ici, il y a une dizaine d’années. Un coup de projecteur qui rejaillira sur le Gers et l’Occitanie, et amènera de nouveaux touristes, ils en sont certains. Une région dont ils louent le soutien financier et moral pour mener à bien leur projet et leur installation.

Paysan, un projet commun

Oui, c’est compliqué de se lancer dans l’agriculture. Pourtant, Emmanuel et Cécile ont un jour choisi de quitter leurs métiers respectifs pour travailler la terre de leurs mains et construire un projet familial (ils sont parents de deux enfants) qui ait du sens. Sa dernière affectation avait conduit Emmanuel dans le Gers. Ils ont donc cherché, dans le département, le lieu idéal pour débuter une nouvelle vie. « Nous avons trouvé ce magnifique espace de 45 hectares, avec vue sur les Pyrénées, composé d’une source, de bois, de coteaux et d’une ruine à restaurer. Tout était là et on s’est dit : “Y a plus qu’à.” Ce lieu nous a amenés vers le projet de paysans-savonniers et non l’inverse. » Emmanuel pourrait vous parler des nuits blanches, des semaines de 90 heures, des années sans congés, des multiples casquettes qu’implique ce métier, mais il préfère insister sur la vue plongeante sur la campagne environnante et le plaisir à pouvoir partager sa passion et son quotidien avec les visiteurs.

De paysans à paysans-savonniers

« Au début, nous vendions notre lait d’ânesse à des laboratoires cosmétiques qui l’utilisaient comme base dans la composition de leurs produits. Puis, nous avons réalisé qu’il était primordial d’aller au bout de notre métier, en transformant nous-mêmes la matière première. Et c’est là que nous sommes devenus paysans-savonniers. Un terme qui reflète à merveille notre activité puisqu’elle regroupe l’élevage d’une race menacée, la culture et la distillation des plantes aromatiques. Ça me plaît beaucoup de mettre en avant ce côté-là de l’agriculture. » Sans oublier l’attention portée à ce que lui ne produira jamais et qu’ils ont choisi d’acheter délibérément au juste prix dans les pays où poussent ces cultures. Quitte à trouver des solutions pour aider les cultivatrices et cultivateurs locaux afin qu’ils puissent, eux aussi, vivre décemment de leurs ressources. 

Participer à la sauvegarde d’une race locale menacée

« Ceux qui achètent nos produits, à base de lait d’ânesse, participent à la sauvegarde de l’âne des Pyrénées. Vous savez que pour obtenir du lait, il faut des naissances et donc des ânons. Mais pour nous, il était inconcevable d’élever des animaux pour prélever leur lait en envoyant les petits à l’abattoir à l’âge de 6 mois, comme cela se pratique dans certains élevages intensifs. Notre cheptel s’agrandit d’année en année et les naissances que nous avons représentent 20 % de cette race. » Des ânesses et leurs ânons vivant en semi-liberté sur lesquels veille Cécile et que les visiteurs sont invités à venir caresser et brosser dans un espace, pour l’occasion, délimité.

Des produits labellisés

Leur souhait ? Faire entrer la nature dans la salle de bains des gens en leur proposant des produits de qualité issus de l’agriculture biologique. « Avec Cécile, nous sommes attachés au respect de l’environnement et des hommes, au bien-être animal et à la qualité des produits que nous fabriquons et que nous utilisons. » Une démarche qui leur a permis de décrocher les labels Nature et progrès et Slow cosmétiques. 

La Ferme préférée des Français est à revoir sur france.tv

En toute fin d’émission, Stéphane Bern a annoncé l’appel au vote pour le « Village préféré des Français ». La sélection est à découvrir ici.

Publié le 04 mars 2021
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