Lucie l’exploratrice à roulettes

Les nouvelles aventures de Lucie Carrasco et Jérémy Michalak sont à découvrir en prime time sur France 5

Condamnée par une maladie génétique incurable à vivre sur un fauteuil roulant, Lucie Carrasco s’est lancé un défi fou : parcourir la planète, et prouver que rien ne peut  l’arrêter. Ni la maladie, ni le handicap ! Accompagnée de Jérémy Michalak, la styliste, passionnée de mode et de voyages, relève une troisième fois le pari avec une traversée du Brésil.

Photo de Lucie Carrasco et Jérémy Michalak
« Lucie, mission Brésil » / Lucie Carrasco et Jérémy Michalak. © Prolifilms

 

Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait.

Mark Twain

Entretien avec Lucie Carrasco, une femme hors du commun

Pouvez-vous rappeler comment votre collaboration avec Jérémy Michalak a débuté ? Pourquoi lui et pas un autre ?
Lucie Carrasco : J’ai toujours été honnête sur le fait que Jérémy n’est pas le seul que j’aie contacté mais bel et bien le seul qui ait répondu ! Outre ce fait, j’ai toujours eu envie que cela soit lui plus qu’un autre, et c’est pour cela que j’ai insisté et qu’il a fini par m’accorder un rendez-vous en 2012 à Paris. Je voyais en lui, au travers de la radio et la télévision, quelqu’un de pêchu, plutôt drôle et qui me paraissait honnête. Je n’ai été déçue sur aucun de ces points. 

Avant même de vous envoler pour le Brésil, qu’est-ce qui vous attirait dans ce pays ? 
L. C. : Le fait que cela soit en Amérique du Sud. J’ai toujours rêvé d’y poser le pied ! L’inconnu, car j’ai effectivement rêvé de voyager sur ce continent, mais je n’ai jamais imaginé ce pays précisément. Peut-être naturellement parce que je parle l’espagnol, mais pas le portugais... Mais le fait de ne jamais l’avoir prévu a rendu la chose encore plus magique.

Et sur place, par qui ou par quoi avez-vous été séduite ?
L. C. : Par qui ? Tout le monde ! Par quoi... La chaleur des gens. Leur sourire. La végétation absolument incroyable. La ville de Rio de Janeiro qui a un je-ne-sais-quoi de magique et de tellement séduisant. Le fait d’être, pour la première fois de ma vie, vraiment totalement dépaysée. Le court séjour à Praia do Sono et la rencontre avec les enfants de l’école. Je crois que cela reste le plus bel endroit que j’ai vu, les plus belles personnes que j’ai rencontrées et la plus douce nuit que j’ai passée — parole d’insomniaque ! L’unicité de ces moments avec des personnes préservées de notre monde trop moderne, qui tourne à l’envers et n’a pas conscience de la beauté et de la fragilité de la planète. J’ai d’ailleurs également ressenti cela auprès des Indiens Guarani. 

L'équipe, Jérémy Michalak et Lucie Carrasco
L'équipe, Jérémy Michalak et Lucie Carrasco.
© La Grosse Équipe



De vos trois tournages, ce fut le plus sportif : vous étiez-vous préparée à vivre des situations aussi tendues ? 
L. C. : L’avantage, c’est que quel que soit le programme, cela ne change rien pour moi. Je ne peux faire aucun sport, donc aucun entraînement ! J’étais tranquille. C’est les garçons qui devaient être préparés. Ils ne l’étaient d’ailleurs pas tous. Regardons simplement la masse musculaire de Jérémy ! J’ai été éprouvée physiquement durant le trek, car la chaleur humide était écrasante, mais j’ai la chance de ne pas bouger. Les garçons en ont plus souffert. Certaines postures étaient difficiles, car on a parfois dû me porter quasiment à l’horizontale à cause du terrain. Mais rien de méchant, pas plus que certaines douleurs quotidiennes dues à ma maladie. Là, au moins, c’était avec mes amis et dans un cadre unique. 
J’ai moi aussi eu ma part d’aventure 100 % une fois dans ma vie ! Et merci pour cela. Ils ont tous tout donné pour que je vive cette expérience incroyable et pour ne pas me laisser tomber. Remy a même posé la caméra pour nous aider. Il nous a rassurés. Jean a été encore une fois un allié infaillible. Tout le monde a mouillé la chemise, même le producteur, et je pense que c’est plutôt rare ! J’ai découvert quelque chose que je ne connaissais pas : l’esprit d’équipe et la confiance qui peut en découler.  
Là, j’ai compris ce que c’était. Que si l’un de nous faiblissait, les autres étaient là pour le relever et vice versa. Que si vous changiez l’un d’entre nous, cela ne fonctionnait plus. Cela a fonctionné car c’était nous ! Et, évidemment, si on avait su, on ne l’aurait pas fait puisque c’était impossible ! 

Parmi tous les endroits découverts au cours de ces trois tournages, quel est celui où vous aimeriez emmener votre père. On pourrait penser à Memphis ?
L. C. : Effectivement, aux États-Unis, car cet amour pour ce pays, je le dois en partie à mon grand-père et beaucoup à mon papa. Les films, les séries que l’on a regardés ensemble depuis toujours. Les retransmissions des concerts des plus grands, durant les Super Bowl ou les stades remplis. Il m’a aidée à m’évader et rêver car, enfant, ma santé était extrêmement fragile, bien plus encore qu’aujourd’hui. Un coup de froid et c’était des semaines, parfois des mois enfermée à la maison, quand ce n’était pas l’hôpital. Donc, notre temps, nous le passions à rêver devant les films américains, leurs stars du cinéma et de la musique, ce rêve d’un pays où tout est possible. 
 
Avec Jérémy, vous ne cessez de vous chambrer. Lequel de vous deux est le plus fort à ce jeu ?
L. C. : Évidemment moi ! Et lui prétendra le contraire... Je crois surtout que notre « duo » fonctionne. Comme une espèce de connexion dans la vanne et la blague nulle...

En tant que styliste, n’avez-vous jamais eu envie de refaire la garde-robe de Jérémy ou de le voir défiler pour vous ?
L. C. : Vous voulez dire couper sa barbe, changer ses shorts informes et ses chaussettes montantes ? Trop de travail, je n’ai pas les compétences de Cristina Cordula ! Blague à part, il met trop peu de chemises et cela lui va pourtant très bien. J’adorerais lui en faire une un jour. 

D’ailleurs, votre métier a-t-il une incidence sur le choix de vos destinations ?Destinations qui sont aussi une formidable source d’inspiration, comme en témoigne votre site.
L. C. : Je dirais plutôt que les destinations ont un impact fort sur mon métier. Mes inspirations sont puisées dans chaque voyage et, sans même m’en rendre compte, mon cerveau travaille déjà durant les tournages. Au retour, je laisse tout sortir et j’en fais des collections de jupes, d’accessoires, de sacs... En ce moment, je prépare une collection de haute couture très importante à mes yeux, puisqu’en 2020 ce sera mes 20 ans de carrière. Je prévois donc un défilé grandiose inspiré de ces vingt dernières années, mais principalement des trois dernières, « depuis Jérémy » et nos aventures. 

Il est plus aisé de se déplacer en fauteuil roulant aux USA, au Japon ou au Brésil qu’en France. Une réalité que vous et Jérémy ne cessez d’évoquer. À un an des municipales, avez-vous un message à transmettre à nos futurs élus ?
L. C. : Il s’agit uniquement d’une question de volonté, et que les actes valent tellement plus que les paroles. J’ai tendance à ne pas attendre des autres et à avancer. Cela va plus vite. Car la vie est bien trop courte et précieuse.   

Le handicap ? Ailleurs, c’est une différence, voire une expérience de vie permettant d’avoir d’autres dons et possibilités. Aux États-Unis, on voit un potentiel en chacun. Au Brésil, on voit une âme, tout simplement.

À quoi tient cette bienveillance rencontrée lors de vos différents tournages et la manière dont on s’adresse à vous sans passer par une tierce personne ?
L. C. : C’est une excellente question ! Effectivement, je dirais une ouverture d’esprit complètement différente. Le fait probablement que le handicap en France est considéré comme un problème d’emblée. Ailleurs, c’est une différence, voire une expérience de vie permettant d’avoir d’autres dons et possibilités. Aux États-Unis, on voit un potentiel en chacun. Au Brésil, on voit une âme, tout simplement. Ce pays est magique, je n’en suis toujours pas remise... J’y pense chaque soir en m’endormant. Je me dis que c’était si court mais si beau et unique.  

Quelle sera votre prochaine destination ou, si cela ne peut pas être dévoilé, quels seraient les cinq pays dans lesquels vous aimeriez partir avec Jérémy et le reste de l’équipe ?
L. C. : Partons du principe que, malgré le cliché, n’importe quel pays du monde m’intéresse dans l’absolu, et particulièrement si c’est ensemble. Mais j’ai envie d’évoquer ces cinq-là : l’Inde, le Canada, l’Afrique du Sud, l’Europe du Nord (pays scandinaves, Écosse, Irlande...) et la Colombie, qui a une place très spéciale dans mon cœur, et que j’espère particulièrement voir se réaliser. 

Lucie, mission Brésil, en résumé

Lucie, c’est une punk montée sur roulettes. Une jeune femme de 38 ans, styliste, passionnée de mode et de voyages... mais condamnée par une maladie génétique incurable à vivre sur un fauteuil roulant ! 
Pour le 3e volet de leurs aventures, Lucie et Jérémy partent à la découverte du Brésil ! De Rio jusqu’aux chutes d’Iguazu, en passant la jungle de la Costa Verde, et les plages jet set de Buzios. Un pays fascinant, qu’ils vont découvrir  pour la première fois, et qui leur réserve son lot de surprises... des bonnes et des moins bonnes. 

Documentaire (52 min - 2019) - Incarnation Lucie Carrasco et Jérémy Michalak - Écriture, réalisation et production Jérémy Michalak - Accompagnateur Jean Datry - Images Rémy Geoffroy - Chargé de production Romain Dupré - Traducteur Igor Olszowski - Production Prolifilms, avec la participation de France Télévisions 

Diffusion vendredi 30 août à 20.50 sur France 5
Lucie, mission Brésil est à revoir sur france.tv 

Lucie Carrasco et Jérémy Michalak
Lucie, au pays du Soleil-Levant.
© Prolifilms / La Grosse Équipe

Lucie, au pays du Soleil-Levant, en résumé

Durant dix jours, Lucie va traverser l’archipel nippon, entre mégalopoles électrisantes et campagnes préservées… De Tokyo au mont Fuji, de Kyoto à Osaka, et même jusqu’au mémorial d’Hiroshima ou dans les Alpes japonaises pour un onsen à ciel ouvert. Comment ce pays si éloigné du nôtre, géographiquement et culturellement, va-t-il accueillir Lulu ? Et comment Lulu va-t-elle s’adapter à toutes ces différences ?

Documentaire (52 min - 2017) - Incarnation Lucie Carrasco et Jérémy Michalak - Écriture et réalisation Jérémy Michalak - Accompagnateur Jean Datry - Images Rémy Geoffroy - Chargé de production Romain Dupré - Chauffeur et traducteur Yosuke Shimizu - Production Prolifilms et La Grosse Équipe, avec la participation de France Télévisions et Elle Girl

Diffusion vendredi 30 août à 22.25 sur France 5
Lucie, au pays du Soleil-Levant est à revoir sur france.tv 

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Publié le 28/08/2019
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