Entretien avec Mélanie Taravant

La journaliste Mélanie Taravant présente cette année « Le Monde en face », désormais diffusé le dimanche à 20.55 sur France 5. Un documentaire suivi d’un débat, résolument tournés vers les enjeux géopolitiques. Avant de la retrouver, ce dimanche 3 octobre, où elle reviendra avec ses invités sur les défis qui attendent l'Allemagne d'après la chancelière Merkel, elle nous raconte comment elle appréhende cette nouvelle saison. 

Mélanie Taravant présente « Le Monde en face » © Nathalie Guyon / FTV

Entretien avec Mélanie Taravant

Vous présentez à partir de cette semaine Le Monde en face, qui sera diffusé désormais le dimanche soir. Pourquoi avoir accepté ce nouveau défi ?
Mélanie Taravant :
 Après Marina Carrère d’Encausse, je suis honorée de reprendre le flambeau. C’est une des émissions de référence sur les grandes questions géopolitiques. Mais, cette année, une couleur plus géopolitique est donnée à cette case pour qu’elle retrouve tout le sens de son titre : regarder le monde en face de nous et dans les yeux. Se poser, prendre le temps de parcourir le monde et de mieux comprendre les enjeux politiques internationaux. C’est un défi excitant pour moi, et cohérent dans ma carrière. Me nourrir de mon expérience professionnelle très diverse et mettre ma personnalité et mon regard neuf au service de cette émission : c’est ce qui m’intéresse.

La géopolitique est au cœur de cette nouvelle case, avec un documentaire suivi d’un débat. Quel ton souhaitez-vous insuffler lors de ces échanges avec les invités ? 
M. T. : Le Monde en face, c’est soixante-dix minutes de documentaire, suivies de quarante minutes de débat avec des acteurs de cette actualité et des experts. L’idée est de privilégier le décryptage, c’est-à-dire d’apporter les clés afin de mieux comprendre les soubresauts du monde. Pour mieux penser le monde, on a besoin d’aide et d’être guidé, d’aller un peu plus loin pour apporter de la nourriture à la réflexion. Notre défi est de recevoir sur le plateau ceux qui font cela très bien. Avec un défi supplémentaire, qui est de ne pas se retrouver noyé sous les chiffres ou des données brutes. Mais nous souhaitons aussi accueillir les témoins quand le documentaire le justifie : un témoin très fort, un journaliste qui a suivi l’enquête sur le terrain ou qui connaît le sujet depuis longtemps… On souhaite, plus que le débat où l’on s’invective, un débat apaisé, constructif, où on prend du recul. D’où l’importance de ne pas avoir trop de personnes sur le plateau et de prendre le temps afin d’offrir un véritable éclairage au téléspectateur.
Je présenterai la case désormais diffusée le dimanche soir après C politique et suivie par La Case du siècle. Il y a une grande cohérence dans cette soirée dédiée aux grands enjeux sociétaux, politiques, internationaux et historiques.

Parmi les prochaines soirées, la première est consacrée à Angela Merkel qui quitte le pouvoir bientôt, et une autre le sera à l’armée française. Que pouvez-vous nous en dire ?
M. T. :
 L’idée est de revenir sur ces grandes questions qui vont agiter l’actualité et la réflexion géopolitique de l’année. Celle du départ de Merkel dans le documentaire Recherche Merkel désespérément, qui va avoir une influence sur l’Allemagne mais aussi sur les relations avec la France, l’Europe et avec le monde. Celle que soulève L’Armée à bout de souffle, produit par Maximal, est plus prégnante que jamais, car elle s’est posée avec le départ de l’armée américaine de l’Afghanistan, et va se poser bientôt avec le départ de l’armée française du Mali. On y découvre des témoignages très forts de personnalités engagées dans l’armée, des questions qu’elles se posent sur le sens de leur action.

Sur quels enjeux souhaitez-vous rebondir le plus en cette année de campagne pour l’élection présidentielle ?
M. T. :
 Les événements géopolitiques qu’on traverse ont des répercussions sur la politique de notre pays, et c’est comme ça qu’on va les traiter. À travers ce prisme-là, on ne s’interdit pas d’aborder des sujets un peu moins internationaux mais avec une dimension géopolitique. Car l’idée, c’est vraiment de s’ouvrir sur le monde. Les questions politiques seront du ressort de Caroline Roux, qui plusieurs fois dans l’année animera une soirée événement C dans l’air à la place du Monde en face. Le dimanche permettra de se focaliser aussi sur les grands enjeux environnementaux incarnés une fois par mois par Sur le front et Vert de rage, et puis toujours La Fabrique du mensonge sur les infox. La case du mardi soir sera désormais anglée conso, santé et société.

Quelques mots sur la présentation de C à dire ?! que vous présentez toujours et C l’hebdo où vous continuez à intervenir…
M. T. : 
Dans C l’hebdo, mon rôle est d’éclairer des sujets d’actualité. La forme est légère et le ton est bienveillant malgré la densité des sujets d’actualité de la semaine. En fin d’émission, le zapping Vu donne un ton plus ludique. La politique est passée au gril de Jean-Michel Apathie. C à dire ?! garde cette idée de la boîte à surprises de l’actu. On a cette chance de pouvoir faire un pas de côté, sur le grand sujet du jour, avec un acteur fort de cette actualité qui vient en parler seul. On prend le temps pendant dix minutes de l’écouter, sans le couper, ce qui est rare. Une façon parfois de détricoter les infox. Il peut aussi être le témoin incroyable d’une petite histoire qui raconte la grande histoire. 

Propos recueillis par Anne-Laure Fournier

 

Commentaires