« Alex Hugo » : de l’Ouest américain aux Hautes-Alpes

Alors que s’achève dans quelques jours le tournage du 19e épisode d’« Alex Hugo », France 2 diffuse deux enquêtes inédites du policier rural et contemplatif incarné par Samuel Le Bihan, entre western et montagnes des Alpes. Mercredi 2 et mercredi 9 septembre à 21.05.

« Alex Hugo »
« Alex Hugo » ©François Lefebvre - FTV

Les bonnes nouvelles ne manquent pas. La série Alex Hugo ne cesse de rencontrer les faveurs des téléspectateurs – en moyenne plus de 5,5 millions au cours de la saison passée ; un nouveau tournage (le dix-neuvième) est en train de s’achever (réalisation de Muriel Aubin, scénario de Julien Guérif, l’un des créateurs de la série), et France 2 diffuse deux épisodes inédits.
Il y en a aussi de moins bonnes – encore que, le sont-elles vraiment pour les amateurs de polars ? Le monde ne va pas en s’améliorant. La bourgade de Lusagne où se déroule la série (quelque part par là... mais, en réalité, dans les superbes vallées de la Clarée, de la Grave et de l’Izoard, entre Briançon et la frontière italienne) a tout d’un paradis terrestre. Certes, les hivers y sont rigoureux, les lois de la nature sévères – l’aigle royal et la marmotte n’en sont pas encore à fraterniser –, mais la vie s’y écoule à son rythme presque immuable. C’est là qu’Alex Hugo, ancien flic marseillais écœuré par la violence, a choisi de se retirer, à la recherche de la paix de l’âme et d’une vie rude mais contemplative. Mais, comme on s’en doute, le monde n’en a pas fini avec lui et la folie des hommes s’invite jusque dans son repaire.
Dans Les Racines du mal, des randonneurs font une horrible découverte, des lettres anonymes dénoncent un habitant du canton, condamné jadis à la prison pour homicide et qui a tout d’un coupable idéal, les esprits s’échauffent, réclamant une justice plus rapide... Dans Le Prix de la liberté, trois criminels parviennent à s’échapper du fourgon qui les transportait et tentent de gagner l’Italie à travers la montagne, tandis que la police de Marseille organise une chasse à l’homme. Qui a imaginé qu’il ne se passait rien dans ces vallées paisibles ?

Du Montana à Lusagne

Tant par ses intrigues que par ses décors, Alex Hugo évoque une Amérique en miniature. Et ce n’est évidemment pas un hasard. Rappelons que le premier épisode de la série (diffusé en 2014), La Vie et la Belle Mort, était l’adaptation-transposition de l’unique roman, policier, du poète américain Richard Hugo (1923-1982), membre de ce que l’on a appelé parfois, faute de mieux, « l’école du Montana ». C’est un peu pompeux – de la même manière, on a comparé la ville de Missoula et son incroyable concentration d’auteurs rien moins qu’au Montmartre des années 20 ! –, mais il y a bien eu au Montana un groupe plutôt informel – et assez viril – d’écrivains (Raymond Carver, Richard Brautigan, Richard Ford, Rick Bass, Thomas McGuane, ou encore James Welch et James Crumley, anciens étudiants de Richard Hugo à l’université) qui, à des degrés (très) divers, ont convié dans leurs œuvres les grands espaces, un certain désarroi existentiel, le sentiment de la nature, le souci de l’environnement...
Dans ce glissement de l’Ouest américain à la France, des Rocheuses aux Hautes-Alpes, la série a trouvé son caractère hybride qui fait une bonne part de son charme. Angelo, le chef de la « police rurale », fait figure de shérif, les Gitans rappellent les Indiens (la jeune femme en qui Angelo retrouve les traits d’un amour de jeunesse ne s’appelle-t-elle pas Cheyenne ?), la PJ de Marseille a des airs de cavalerie US (de la force, mais peu d’instinct), et le flic taiseux et sage incarné par Samuel Le Bihan, qui connaît tous les chemins, sait lire les nuages et les traces sur le sol, a évidemment les traits des héros des westerns de notre enfance. Plus profondément, dans Alex Hugo, il s’agit moins de résoudre des enquêtes que de redonner au monde une certaine harmonie. Laquelle n’a peut-être jamais été qu’un rêve de pionnier.

Alex Hugo

Collection créée par Nicolas Tackian et Franck Thilliez – D’après les personnages principaux de La Mort et La Belle Vie de Richard Hugo (éd. Albin Michel) – Production France.tv studio & Dalva Productions – Avec la participation de France Télévisions – Avec le soutien de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur – En partenariat avec le Cnc – Avec la participation de la RTS, Radio Télévision Suisse
Avec Samuel Le Bihan (Alex Hugo) – Lionnel Astier (Angelo Batalla) – Mikaël Fitoussi (Renart) – Marilyne Canto (Commissaire Dorval) – Fabien Baïardi (Tony Leblanc) 

Les Racines du mal
Réalisateur Olivier Langlois – Scénaristes Franck Thilliez & Nicolas Tackian – Musique originale Jérôme Lemonnier
Des randonneurs font une macabre découverte en installant leur tente : le corps d’une jeune fille de Lusagne, sauvagement assassinée,  dissimulé sommairement dans les buissons. Rapidement, des lettres anonymes vont dénoncer un habitant de la région, qui s’avère avoir un lourd passé criminel…

Le Prix de la liberté
Réalisatrice Muriel Aubin – Scénario Julien Guérif – Musique originale David Salkin
À quelques dizaines de kilomètres de Lusagne, un dangereux criminel réussit à s’échapper du fourgon qui le transporte, entraînant de force avec lui deux autres détenus. Alors qu’ils s’enfoncent dans un massif sauvage, entre la France et l’Italie, la criminelle de Marseille cadenasse la région. C’est au même moment qu’Angelo voit revenir avec inquiétude un personnage de son passé, Tiago, un chef de clan gitan qui vient d’installer son campement au pied du village.

Diffusés mercredi 2 et mercredi 9 septembre à 21.05 sur France 2
À revoir sur france.tv

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