Quel sera « Le Monument préféré des Français » ?

À l’occasion des 38es Journées du patrimoine, Stéphane Bern vous convie au cœur du majestueux hôtel de la Marine, à Paris, pour dévoiler le classement 2021 du « Monument préféré des Français ». L’occasion de découvrir les plus beaux trésors culturels, historiques et architecturaux de notre pays. Alors, qui succédera à la Citadelle et au Lion de Belfort ? Réponse ce mercredi à 21.05 sur France 3.

Stéphane Bern. © DR

Pour nous dévoiler le classement de 2021, Stéphane Bern nous invite dans un lieu exceptionnel et nous ouvre en avant-première, après quatre ans de travaux de restauration, le majestueux hôtel de la Marine, place de la Concorde, à Paris. Depuis ce monument emblématique, magnifique ensemble architectural créé au XVIIIe siècle, il nous fait parcourir les routes de France à la découverte des plus beaux trésors de notre histoire.

Cette année, ce sont les Français qui ont plébiscité les 14 monuments en lice pour la grande finale, parmi une sélection de 42 lieux issus de l’exceptionnel patrimoine culturel, historique et architectural français. Tour d’horizon.

Auvergne-Rhône-Alpes

Rotonde ferroviaire de Chambéry / Chambéry / Savoie 
Au début du XXe siècle, la situation ferroviaire de Chambéry, chef-lieu du département de la Savoie, conduit la compagnie des chemins de fer Paris-Lyon-Méditerranée à construire une rotonde pour faciliter les manœuvres et l’entretien des locomotives. Montée selon la technique de Gustave Eiffel, cette rotonde toute en fer et en métal est la plus grande jamais construite en France : 110 mètres de diamètre, 34 mètres de hauteur et une masse de plus de 900 tonnes. Elle couvre par ailleurs 36 voies rayonnantes et permet le remisage de 72 locomotives. Menacée de destruction en 1980, elle est sauvée par des cheminots passionnés et classée Monument historique en 1984. Ce trésor du patrimoine industriel toujours en activité abrite aujourd’hui le technicentre de maintenance des TER et du fret de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

 

Rotonde ferroviaire de Chambéry
Rotonde ferroviaire de Chambéry.
© Florian Pépellin CC-BY-SA

Bourgogne-Franche-Comté

Hôtel-Dieu de Beaune / Beaune / Côte-d’Or 
Rare témoignage de l’architecture civile de la fin du Moyen Âge, l’Hôtel-Dieu de Beaune fut édifié en 1443, dans un style gothique flamboyant, à la demande de Nicolas Rolin, chancelier du duc de Bourgogne, pour venir en aide aux malades les plus démunis. À la fin de la guerre de Cent Ans, Beaune souffre de misère et de famine, trois quarts de ses habitants sont sans la moindre ressource. La salle des Pôvres avec sa charpente en lambris de chêne et ses lits à rideaux rouges, ainsi que la salle Saint-Hugues réservée aux malades les plus riches témoignent de manière poignante de cette période. Mais le point d’orgue de la visite de l’Hôtel-Dieu, classé Monument historique depuis 1862, c’est le polyptyque du Jugement dernier, commandé à Rogier van der Weyden, l’une des plus célèbres œuvres de la peinture flamande du XVe siècle. Outre son exceptionnel patrimoine bâti et ses fameux toits polychromes en tuiles vernissées, l’Hôtel-Dieu de Beaune doit également sa notoriété à son prestigieux domaine viticole. Son vin est vendu chaque année aux enchères au profit d’œuvres caritatives, le troisième dimanche de novembre. 
 

Côte-D'or - Hôtel-DieuDe Beaune
L'Hôtel-Dieu de Beaune.
© F. Vauban

Bretagne

Remparts de Saint-Malo / Saint-Malo / Ille-et-Vilaine
Les remparts de Saint-Malo ont été érigés dès le XIIe siècle, bien avant l’âge d’or des corsaires du roi. Détruite par le grand incendie de 1661, la célèbre muraille de granit est entièrement reconstruite avant d’être agrandie au XVIIIe siècle par Siméon Garangeau, ingénieur militaire, disciple de Vauban. La haute muraille qui entoure la ville de Saint-Malo forme une boucle d’environ deux kilomètres. L’enceinte fortifiée de la cité corsaire la plus connue de Bretagne comprend aujourd’hui huit portes, trois poternes et trois bastions. Épargnés durant les bombardements américains du mois d’août 1944, les remparts, garnis de mâchicoulis et flanqués de plusieurs tours, sont classés Monuments historiques depuis 1886. Ils offrent un fabuleux panorama sur le front de mer et sur l’architecture de l’intra-muros.
 

Remparts De Saint-Malo
Les remparts de Saint-Malo.
© DR

Centre-Val de Loire

Pont-canal de Briare / Briare et Saint-Firmin-sur-Loire / Loiret
Construit notamment par l’entreprise Eiffel entre 1890 et 1896, ce canal suspendu enjambe la Loire pour relier le canal latéral à la Loire au canal de Briare. Une prouesse technique et architecturale. Long de 662 mètres soutenus par 15 travées de 40 mètres de long et de 11,50 mètres de large, le tout suspendu à 11 mètres au-dessus du fleuve, le plus grand pont-canal métallique de France contient 13 000 tonnes d’eau. 72 lampadaires bordent le pont-canal de Briare, encadré par de superbes pilastres ornés d’armoiries à chaque extrémité. Inscrit aux Monuments historiques, ce patrimoine fluvial d’exception accueille aujourd’hui essentiellement un trafic de plaisance et les promeneurs sur les esplanades de part et d’autre du canal, avec une vue unique sur la Loire et la ville de Briare.
 

Pont-Canal De Briare
Le pont-canal de Briare.
© I.Rémy/OT Terres de Loire et canaux

Corse

Citadelle de Bonifacio et Escalier du Roy d’Aragon / Bonifacio / Corse-du-Sud
À la pointe sud de la Corse, la citadelle de Bonifacio, réputée imprenable, est inscrite aux Monuments historiques depuis 1929. À partir du XIIe siècle, les Génois colonisent cette presqu’île calcaire de 1 500 mètres de long sur 200 mètres de large. Ils y bâtissent cet ouvrage militaire pour protéger Bonifacio, place stratégique pour la République de Gênes. C’est en 1768 que Gênes cède la souveraineté de la Corse à la France. Pièce maîtresse des fortifications, le bastion de l’Étendard bâti au XVe siècle domine le port de ses 25 mètres. C’est le bastion le plus haut de France. L’Escalier du Roy d’Aragon a, selon sa légende, été creusé de main d’homme dans la falaise calcaire en une nuit par les troupes du Roy d’Aragon en 1420. Composé de 187 marches, l’escalier, classé Monument historique, permet de longer la Méditerranée et offre une vue exceptionnelle sur la Sardaigne, toute proche. 
 

Citadelle De Bonifacio Et EscalierDu Roy D'aragon
La citadelle de Bonifacio et l'Escalier du Roy d'Aragon.
© www.sperone.com

Grand Est

Place Stanislas / Nancy / Meurthe-et-Moselle 
Au XVIIIsiècle, Stanislas Leszczynski, ancien roi de Pologne devenu duc de Lorraine, conçut une vaste place somptueuse pour relier la Ville-Vieille et la Ville-Neuve de Nancy. Et il fallait qu’elle le soit, puisqu’elle devait honorer son gendre, Louis XV. 106 mètres de long sur 124 mètres de large, voilà les dimensions que Stanislas Leszczynski avait prévues pour sa place. En 1752, il y posa la première pierre& et, en 1755, l’inaugura. La place Stanislas est le parfait exemple du classicisme français, même si les nombreuses ferronneries, dorées à la feuille, adoucissent de leurs arabesques la rectitude des façades. L’hôtel de ville borde la place sur toute sa longueur au sud, les quatre pavillons abritent l’opéra, le Grand Hôtel de la reine et le musée des Beaux-Arts. Tandis qu’au nord se déploient les Basses Faces, les pavillons à un seul étage. La place Stanislas, aujourd’hui piétonne, forme avec deux autres places nancéiennes – les places de la Carrière et d’Alliance – un ensemble architectural du XVIIIe classé au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1983. 

 

Place Stanislas
La place Stanislas.
© Ville de Nancy

Hauts-de-France

Château de Pierrefonds / Pierrefonds / Oise
Avec ses allures de château de princesse, Pierrefonds et ses tours à clochetons est une merveille architecturale qui a pris le meilleur du Moyen Âge et de la Renaissance. À la lisière de la forêt de Compiègne, ce bel ouvrage défensif a été construit au XVe siècle, démantelé au XVIIe siècle sur ordre de Louis XIII puis recréé au XIXe par Viollet-le-Duc pour en faire la demeure impériale de Napoléon III. Difficile de ne pas s’extasier devant la silhouette à la fois puissante et élégante de ce château, dont les huit tours dominent une forêt de hêtres. Chacune d’elles porte le nom d’un personnage illustre, notamment Godefroy de Bouillon, Charlemagne ou encore Jules César.

 

Château de Pierrefonds
Le château de Pierrefonds.
© DR

Île-de-France

Propriété Caillebotte / Yerres / Essonne
En 1860, le père de Gustave Caillebotte achète cette résidence de campagne à Yerres, dans l’Essonne. Le peintre séjourne de 1860 à 1879, avec sa famille, dans cette villa néo-palladienne, aussi appelée « casin » (de l’italien casino, maison de campagne). Dans cette maison aujourd’hui labellisée Maison des illustres, Caillebotte peint pas moins de 89 toiles. À l’intérieur, la salle à manger, le salon, la salle de billard, la chambre familiale et l’atelier d’artiste témoignent de l’art de vivre de la bourgeoisie au XIXe siècle. Le parc de 11 hectares borde la rivière Yerres et abrite la villa palladienne et les fabriques : de nombreuses constructions au style architectural varié, dont l’exèdre et ses philosophes grecs, le chalet suisse qui abritait la laiterie, la ferme ornée, l’écurie, la volière, l’orangerie, la chapelle Notre-Dame du Lierre, la chaumière ou encore la glacière surmontée du kiosque oriental et le banc couvert japonais.

 

Propriété Caillebotte
La propriété Caillebotte.
© Christophe Brachet

Martinique

Jardin de Balata / Fort-de-France / Martinique 
Le jardin de Balata est un jardin botanique situé à 10 kilomètres au nord de Fort-de-France. En 1982, Jean-Philippe Thoze, horticulteur et paysagiste, rachète la propriété de sa grand-mère laissée à l’abandon pendant dix ans. Il retombe littéralement amoureux de Balata, où il a passé une partie de son enfance, et crée progressivement ce jardin composé de plus de 3 000 espèces de plantes tropicales. Organisé autour de l’habitation familiale à l’architecture créole typique, le jardin de Balata ouvre ses portes au public en 1986. Sur ce site paradisiaque bénéficiant d’un climat tropical s’épanouissent balisiers, hibiscus, broméliacées d’Amérique du Sud, roses de porcelaine, héliconias, anthuriums, orchidées sauvages et nymphéas exotiques. Les ponts suspendus à plus de 15 mètres de hauteur aux mahoganys géants offrent une vue imprenable sur le jardin de Balata, la baie de Fort-de-France et les pitons du Carbet. 

 

Jardin De Balata
Le jardin de Balata.
© DR

Normandie

Château de Falaise / Falaise / Calvados
Dans le département du Calvados, la ville de Falaise abrite l’un des châteaux les plus anciens de la région. Le château de Falaise, dit château Guillaume-le-Conquérant, est un exemple majeur de l’architecture médiévale des XIIe et XIIIe siècles. Guillaume le Conquérant, qui fut roi d’Angleterre et l’un des plus puissants monarques d’Europe, y est né en 1027. Construit sur le modèle des mottes fortifiées, le château est bâti au sommet d’un éperon rocheux. Il se compose de trois donjons et de remparts flanqués de 15 tours dominant la ville. Au fil des siècles, cette place forte, édifiée par les premiers ducs de Normandie, fut renforcée par les descendants de Guillaume le Conquérant et achevée par le roi de France Philippe II Auguste. Entre donjons-palais inspirés de l’architecture anglo-normande et tour de défense massive, des siècles d’histoire défilent sur ce site et racontent l’épopée de Guillaume le Conquérant. Abandonné au XVIIe siècle, le château de Falaise est classé aux Monuments historiques en 1840. Entièrement restauré, il offre aujourd’hui, grâce à une scénographie immersive, une plongée dans la réalité quotidienne des ducs et des rois.

 

Château De Falaise
Le château de Falaise.
© Jacky Hervieux

Nouvelle-Aquitaine

Tours de La Rochelle / La Rochelle / Charente-Maritime
Trois tours pour un port : il fallait bien cela pour protéger celui de La Rochelle au XIVe siècle. Grâce au commerce du sel et du vin, sa position était stratégique. Deux des tours pouvaient être reliées par une chaîne pour interdire l’entrée du port aux bateaux : la tour de la Chaîne, évidemment, et la tour Saint-Nicolas. La première servait aussi à surveiller le trafic et à percevoir droits et taxes. Elle fut aussi utilisée comme poudrière : l’explosion de 1652 la laissa éventrée durant trois siècles jusqu’à sa restauration au XXe siècle. La tour Saint-Nicolas, érigée au XIVe siècle, fit également office de prison pour les huguenots, puis des marins étrangers. Quant à la tour de la Lanterne, édifiée au XVe siècle, elle multiplia les fonctions : point de contrôle et de désarmement des bateaux, phare, prison et lieu de mémoire aujourd’hui avec ses 400 graffitis laissés par les prisonniers de toutes époques. Haute de 75 mètres, elle est aussi le plus ancien phare de la côte atlantique. 

 

Tour d ela Rochelle
Les tours de La Rochelle.
© Francois Leblond

Occitanie

Pont du Gard / Vers-Pont-du-Gard / Gard 
Ancré dans les gorges du Gardon, le pont du Gard est un chef-d’œuvre de l’époque antique. C’est le pont-aqueduc romain le plus élevé au monde et l’un des vestiges romains les mieux conservés. Construit au Ier siècle pour assurer la conduite d’eau d’Uzès à Nîmes, près d’un millier d’hommes ont travaillé sur ce chantier colossal, achevé en seulement cinq ans. Haut de 49 mètres et long de 490, il est le seul exemple de pont antique à trois étages encore debout. Obstrué par le calcaire, il cesse de fonctionner au VIe siècle. Au Moyen Âge, les piles du deuxième étage sont échancrées afin que l’ouvrage soit utilisé comme pont routier. Véritable témoin de l’ingéniosité romaine, ce monument inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco offre un cadre hors normes. Il fut notamment la source d’inspiration de nombreux écrivains illustres, comme Jean-Jacques Rousseau, Stendhal ou encore Rabelais, qui fit de son héros Pantagruel l’auteur de ce pont en moins de trois heures.

 

Pont du Gard
Le pont du Gard.
© Aurélio Rodriguez

Pays de la Loire

Passage Pommeraye / Nantes / Loire-Atlantique 
Nantes, 1837. Un jeune notaire, Louis Pommeraye, propose au maire de la ville de créer dans un quartier insalubre un passage bordé de boutiques de luxe comparable à ceux qui fleurissent dans les capitales européennes. Après l’achat des parcelles et l’expropriation des résidents, il faut trois ans aux architectes Buron et Durand-Gasselin pour en assurer la réalisation. Inauguré en 1843, le passage établit une liaison entre la rue de Santeuil et la rue de la Fosse, 9,40 mètres plus bas. Sur le plan financier, cette entreprise fut pour Louis Pommeraye un terrible échec : il meurt en 1850 totalement ruiné. Sur le plan architectural, le passage est une réussite. Il est organisé sur trois niveaux autour d’un grand escalier bénéficiant d’un éclairage zénithal délivré par une grande verrière. Colonnes de pierre, réverbères au gaz, statues allégoriques représentant notamment l’industrie, les arts, l’agriculture ou encore les sciences font de ce lieu un palais du commerce. Joyau de la ville de Nantes, le passage Pommeraye est considéré comme l’un des plus remarquables passages du XIXe siècle. 

 

Passage Pommeray
Le passage Pommeraye.
© J.D. Billaud/Nautilus Nantes

Provence-Alpes-Côte d’Azur

Théâtre antique d’Orange / Orange / Vaucluse
Construit sous le règne d’Auguste, au Ier siècle, par les vétérans de la IIe légion de Jules César, le théâtre antique pouvait accueillir environ 9 000 personnes. Les spectateurs, répartis dans les gradins selon leur classe sociale, assistaient alors à des représentations théâtrales. Sous le règne d’Auguste, dans les grands théâtres, ce sont surtout des spectacles ludiques qui sont donnés, les plus populaires étant l’atellane – une farce d’origine étrusque –, les mimes et les pantomimes. Le bâtiment fut fermé en 391, mais il fut utilisé ensuite à d’autres fins. Ainsi, au XVIe siècle, il devint le refuge des populations lors des guerres de religion. Aujourd’hui, le théâtre antique d’Orange doit sa renommée à son imposant mur de façade – 103 mètres de long et 36 mètres de haut – et à son magnifique mur de scène, qui lui confère une acoustique exceptionnelle. Il est d’ailleurs devenu un haut lieu de la musique classique et de l’opéra, notamment au moment des fameuses Chorégies d’Orange.

 

Théâtre antique d'Orange
Le théâtre antique d'Orange.
© Arome/Culturespaces

Le Monument préféré des Français

130 min– Présentation Stéphane Bern – Production Morgane et Kisayang

Diffusion le mercredi 15 septembre à 21.05 sur France 3
À voir et à revoir sur france.tv 

Publié le 01 juillet 2021
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