Votez pour le monument préféré de votre région !

À l’occasion des 38es Journées européennes du Patrimoine, « Le Monument préféré des Français » fera son grand retour sur France 3 ! Grande nouveauté : vous pouvez dès à présent choisir le monument de votre région qui va concourir au titre ! Les 14 monuments plébiscités seront ensuite soumis au vote du public. Tour d’horizon, par région, du prodigieux patrimoine culturel, historique et architectural français.

Stéphane Bern
Stéphane Bern ©DR

Pour voter pour le monument préféré de votre région, rendez-vous sur ftvetvous.fr/monumentprefere, du 25 mai à 10.00 au 11 juin à 12.00
 

Auvergne-Rhône-Alpes

Château de Menthon-Saint-Bernard / Menthon-Saint-Bernard / Haute-Savoie 
À son origine, au XIIe siècle, le château de Menthon-Saint-Bernard n’était composé que de trois tours carrées reliées par des chemins de ronde. Il s’est progressivement transformé en lieu d’habitation au cours de la Renaissance. À la fin du XIXe siècle, il se pare de ses atours romantiques qui auraient inspiré Walt Disney en villégiature en Haute-Savoie pour créer le château de la Belle au bois dormant. Lové sur un éperon rocheux dominant le lac d’Annecy, le monument inscrit au titre des Monuments historiques est occupé par la même famille depuis plus de 1 000 ans sur 23 générations connues. Parmi les 105 pièces du château, la galerie à colombages, la cuisine avec son passe-plat de 15 mètres de long creusé dans le rocher, la bibliothèque contenant 12 000 volumes antérieurs à la Révolution française, la chambre de la maîtresse de maison aux murs recouverts de tapisseries d’Aubusson ou encore la salle des pèlerins sont à découvrir. 

Rotonde ferroviaire de Chambéry / Chambéry / Savoie 
Au début du XXe siècle, la situation ferroviaire de Chambéry, chef-lieu du département de la Savoie, conduit la compagnie des chemins de fer Paris-Lyon-Méditerranée à construire une rotonde pour faciliter les manœuvres et l’entretien des locomotives. Montée selon la technique de Gustave Eiffel, cette rotonde toute en fer et en métal est la plus grande jamais construite en France : 110 mètres de diamètre, 34 mètres de hauteur et une masse de plus de 900 tonnes. Elle couvre par ailleurs 36 voies rayonnantes et permet le remisage de 72 locomotives. Menacée de destruction en 1980, elle est sauvée par des cheminots passionnés et classée Monument historique en 1984. Ce trésor du patrimoine industriel toujours en activité abrite aujourd’hui le technicentre de maintenance des TER et du fret de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Site Le Corbusier à Firminy / Firminy / Loire
C’est à Firminy, non loin de Saint-Étienne, que Le Corbusier conçoit son plus grand ensemble architectural en Europe. En 1953, Eugène Claudius-Petit, maire de Firminy mais aussi ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme d’après-guerre, et Le Corbusier souhaitent redonner à la ville un nouveau souffle et mettre en pratique les principes de l’architecture moderne. Composé d’une maison de la culture, d’une unité d’habitation, d’une église, d’un stade et d’une piscine, ce site témoigne à lui seul de l’utopie corbuséenne et de son ambition : imaginer un espace où les habitants ont accès à la culture, au sport et à la spiritualité. Lorsque Le Corbusier décède en 1965, seule la construction de la maison de la culture – aujourd’hui classée au Patrimoine mondial de l’Unesco – est presque achevée. Trois architectes se succèdent jusqu’en 2006 pour parachever la « Ville radieuse » imaginée par l’urbaniste visionnaire.  
 

Auvergne-Rhône-Alpes
Auvergne-Rhône-Alpes
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Bourgogne-Franche-Comté

Basilique Sainte-Marie-Madeleine à Vézelay / Vézelay / Yonne
Haut lieu de pèlerinage au Moyen-Âge, étape sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, la basilique Sainte-Marie-Madeleine se dresse sur la colline de Vézelay, dans le département de l’Yonne. Cette ancienne abbatiale qui trouve son origine au IXe siècle, fut sauvée de la ruine au XIXe siècle par Viollet-le-Duc. L’ensemble architectural qu’elle dévoile aujourd’hui est des plus remarquables : un portail central au tympan exceptionnel où le Christ en gloire bénit les apôtres et leur assigne la mission de convertir les nations, une nef lumineuse aux proportions majestueuses décorée d’une centaine de chapiteaux sculptés. En réponse aux éléments romans, un transept et un chœur de style gothique sous lequel s’étend une crypte datant de l’époque carolingienne. Un chef-d’œuvre de l’art roman bourguignon classé au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979.

Maison de Louis Pasteur / Arbois / Jura
Les parents de Louis Pasteur achètent cette maison à Arbois, dans le Jura, en 1830. Pasteur a alors 8 ans et va toute sa vie fréquenter cet endroit : il y passe sa jeunesse, vient y travailler et s’y reposer. Le scientifique y reçoit sa famille, ses amis, ses confrères et même Joseph Meister, le premier bénéficiaire de son vaccin contre la rage. La bâtisse qui surplombe le ruisseau de la Cuisance est restée intacte. On y découvre les objets, les meubles et même les papiers peints d’une maison bourgeoise de la fin du XIXe siècle. Parmi les pièces maîtresses, la bibliothèque et le laboratoire de Louis Pasteur, dans lequel il a mené ses travaux sur les fermentations et mis au point la fameuse pasteurisation. Il s’agit de l’unique lieu de travail du savant conservé en l’état en France. Classée Monument historique, la Maison de Louis Pasteur d’Arbois a reçu le label Maison des illustres en 2011.

Hôtel-Dieu de Beaune / Beaune / Côte-d’Or 
Rare témoignage de l’architecture civile de la fin du Moyen-Âge, l’Hôtel-Dieu de Beaune fut édifié en 1443, dans un style gothique flamboyant, à la demande de Nicolas Rolin, chancelier du duc de Bourgogne, pour venir en aide aux malades les plus démunis. À la fin de la guerre de Cent Ans, Beaune souffre de misère et de famine, trois quarts de ses habitants sont sans la moindre ressource. La salle des Pôvres avec sa charpente en lambris de chêne et ses lits à rideaux rouges, ainsi que la salle Saint Hugues réservée aux malades les plus riches témoignent de manière poignante de cette période. Mais le point d’orgue de la visite de l’Hôtel-Dieu, classé Monument historique depuis 1862, c’est le polyptyque du Jugement dernier, commandé à Rogier van der Weyden, l’une des plus célèbres œuvres de la peinture flamande du XVe siècle. Outre son exceptionnel patrimoine bâti et ses fameux toits polychromes en tuiles vernissées, l’Hôtel-Dieu de Beaune doit également sa notoriété à son prestigieux domaine viticole. Son vin est vendu chaque année aux enchères au profit d’œuvres caritatives, le troisième dimanche de novembre. 

 

Bourgogne-Franche Comté
Bourgogne-Franche-Comté
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Bretagne

Alignements de Carnac / Carnac et La Trinité-sur-Mer / Morbihan
Situés sur les communes de Carnac et de La Trinité-sur-Mer, dans le sud du Morbihan, ces menhirs, dolmens et tumulus répartis sur plus de quatre kilomètres forment le plus grand site mégalithique de ce type au monde. Érigés entre le Ve et le IIIe millénaire avant J.-C., les deux principaux sites – Ménec et Kermario – regroupent à eux seuls près de 3 000 menhirs. Les pierres sont placées par ordre décroissant et chaque alignement s’achève sur une enceinte mégalithique plus ou moins visible. Lieu de culte, site astronomique ou armée de pierres… Ce haut lieu de la préhistoire européenne classé au titre des Monuments historiques depuis 1889 n’a toujours pas livré tous ses secrets et continue de fasciner chercheurs et visiteurs. 

Remparts de Saint-Malo / Saint-Malo / Ille-et-Vilaine
Les remparts de Saint-Malo ont été érigés dès le XIIe siècle, bien avant l’âge d’or des corsaires du roi. Détruite par le grand incendie de 1661, la célèbre muraille de granit est entièrement reconstruite avant d’être agrandie au XVIIIe siècle par Siméon Garangeau, ingénieur militaire, disciple de Vauban. La haute muraille qui entoure la ville de Saint-Malo forme une boucle d’environ deux kilomètres. L’enceinte fortifiée de la cité corsaire la plus connue de Bretagne comprend aujourd’hui huit portes, trois poternes et trois bastions. Épargnés durant les bombardements américains du mois d’août 1944, les remparts, garnis de mâchicoulis et flanqués de plusieurs tours, sont classés Monuments historiques depuis 1886. Ils offrent un fabuleux panorama sur le front de mer et sur l’architecture de l’intra-muros. 

Château de Dinan / Dinan / Côtes-d’Armor
Construit à partir de 1380, à la demande du duc Jean IV pour affirmer son pouvoir sur une ville qui lui était hostile, le château de Dinan s’impose comme un témoignage exceptionnel des résidences princières de la fin de l’époque médiévale. Le monument est érigé à la verticale comme mise en scène du pouvoir princier. Les six étages du château représentent également la hiérarchie sociale. Le niveau inférieur est réservé au personnel de service, les espaces intermédiaires destinés aux fonctions politiques, tandis que les niveaux supérieurs concernent les proches du duc de Bretagne. Cuisine, salle de banquet, chambre d’apparat, chapelle, chambre de retrait font du château de Dinan une véritable tour-palais. Un ambitieux programme de valorisation et de restauration permet depuis 2019 de plonger dans l’histoire de ce lieu classé au titre des Monuments historiques. 
 

Bretagne
Bretagne
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Centre-Val de Loire

Pont-canal de Briare / Briare et Saint-Firmin-sur-Loire / Loiret
Construit notamment par l’entreprise Eiffel entre 1890 et 1896, ce canal suspendu enjambe la Loire pour relier le canal latéral à la Loire au canal de Briare. Une prouesse technique et architecturale. Long de 662 mètres soutenus par 15 travées de 40 mètres de long et de 11,50 mètres de large, le tout suspendu à 11 mètres au-dessus du fleuve, le plus grand pont-canal métallique de France contient 13 000 tonnes d’eau. 72 lampadaires bordent le pont-canal de Briare, encadré par de superbes pilastres ornés d’armoiries à chaque extrémité. Inscrit aux Monuments historiques, ce patrimoine fluvial d’exception accueille aujourd’hui essentiellement un trafic de plaisance et les promeneurs sur les esplanades de part et d’autre du canal, avec une vue unique sur la Loire et la ville de Briare.

Domaine de George Sand / Nohant-Vic / Indre
Situé à Nohant-Vic, dans le sud du Berry, le Domaine de George Sand est un château du XVIIIe siècle. La grand-mère paternelle de la romancière achète cette demeure au cours de la Révolution française, en 1793, et l’entoure d’un vaste parc. Très attachée à la campagne berrichonne dans laquelle elle a passé son enfance, George Sand hérite du domaine en 1821. Elle y écrit la majeure partie de son œuvre et s’y entoure de sa famille et de ses amis. Franz Liszt, Honoré de Balzac, Eugène Delacroix, Pauline Viardot, Théophile Gautier, Gustave Flaubert ou encore son compagnon, Frédéric Chopin. Le jardin qui entoure la maison, labellisé Jardin Remarquable, témoigne également de la riche personnalité de George Sand et de son attachement à la nature. Décédée en 1876, George Sand repose dans le petit cimetière familial, en bordure du jardin.

Château d’Azay-le-Rideau / Azay-le-Rideau / Indre-et-Loire
Le château d’Azay-le-Rideau est bâti sur une île au milieu de l’Indre sous le patronage de François Ier. Subtile alliance de traditions françaises et de décors innovants venus d’Italie, il est une icône du nouvel art de bâtir du Val de Loire au XVIe siècle. Son parc paysager, conçu dans la seconde moitié du XIXe siècle, lui offre un véritable écrin naturel.
Ses propriétaires successifs ont contribué à en faire un des joyaux architecturaux les plus harmonieux du Val de Loire. Propriété de l’État depuis 1905, le château d’Azay-le-Rideau est classé au titre des Monuments historiques neuf ans plus tard. Depuis 2017, un vaste programme de restauration dans le cadre d’un partenariat avec le Mobilier national a redonné tout son éclat à celui qu’Honoré de Balzac comparait à un « diamant taillé à facettes serti par l’Indre ». 

 

Centre-Val de Loire
Centre-Val de Loire
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Corse

Couvent Saint-Dominique de Corbara / Corbara / Haute-Corse
Situé en Balagne, à quelques kilomètres de l’Île-Rousse, le couvent Saint-Dominique de Corbara est fondé en 1456 et reste franciscain jusqu’à la Révolution française. Inoccupé pendant plusieurs décennies, c’est à partir de 1857 que les frères dominicains l’occupent, le restaurent et construisent deux ailes supplémentaires pour créer un cloître. Ils y restent jusqu’en 1905. Pascal Paoli, Guy de Maupassant ou le futur pape Jean XXIII ont tour à tour séjourné au couvent Saint-Dominique. Durant la Première Guerre mondiale, le site devient un centre d’internement pour des prisonniers austro-allemands, comme en témoignent les décors peints de certaines cellules. Le couvent est remis en état par les dominicains en 1927, qui y demeurent. En 1993, une nouvelle congrégation religieuse, les Frères de Saint-Jean, s’y installe. Le couvent Saint-Dominique, le plus important de Corse, témoigne de l’empreinte franciscaine sur l’île de Beauté, terre de couvents. 

Citadelle de Bonifacio et Escalier du Roy d’Aragon / Bonifacio / Corse-du-Sud
À la pointe sud de la Corse, la citadelle de Bonifacio, réputée imprenable, est inscrite aux Monuments historiques depuis 1929. À partir du XIIe siècle, les Génois colonisent cette presqu’île calcaire de 1 500 mètres de long sur 200 mètres de large. Ils y bâtissent cet ouvrage militaire pour protéger Bonifacio, place stratégique pour la République de Gênes. C’est en 1768 que Gênes cède la souveraineté de la Corse à la France. Pièce maîtresse des fortifications, le bastion de l’Étendard bâti au XVe siècle domine le port de ses 25 mètres. C’est le bastion le plus haut de France. L’Escalier du Roy d’Aragon a, selon sa légende, été creusé de main d’homme dans la falaise calcaire en une nuit par les troupes du Roy d’Aragon en 1420. Composé de 187 marches, l’escalier classé Monument historique permet de longer la Méditerranée et offre une vue exceptionnelle sur la Sardaigne, toute proche. 

Palais des Gouverneurs de Bastia / Bastia / Haute-Corse
Dominant l’anse du vieux-port depuis ses jardins suspendus, ce château a été la résidence permanente des gouverneurs qui entretenaient des liens directs avec Gênes. Il s’agissait d’une construction fortifiée, « la Bastia », qui a donné son nom à la ville. Le palais des Gouverneurs fut le siège du pouvoir génois en Corse du XVe siècle jusqu’à la conquête française de 1768. Longtemps considéré comme une ville dans la ville, cet imposant édifice, devenu un temps une caserne militaire, a été rénové après les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Véritable forteresse au sein d’une citadelle tournée vers la Toscane voisine, le palais des Gouverneurs, accueille le musée de Bastia depuis 1952 et a été classé Monument historique en 1977.

 

Corse
Corse
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Grand Est

Gare de Metz / Metz / Moselle
Si cette gare a fait l’objet de tant d’efforts en matière architecturale et décorative, c’est pour une raison précise : l’empereur Guillaume II, alors maître de la région, voulait assurer et asseoir sa domination… Au début du XIXe siècle, le Kaiser confie à l’architecte Jürgen Kröger l’édification d’une gare dans le centre de Metz, ce sera le terminus de la ligne de chemin de fer stratégique Berlin-Metz. L’enjeu est de taille. Il s’agit de pouvoir accueillir  20 000 soldats, davantage de chevaux, des canons… Tout ce qui est nécessaire pour répondre à l’éventualité d’une guerre. Kröger construit un édifice aux dimensions impressionnantes : 300 mètres de long ! Mais, au-delà de ses qualités fonctionnelles, la gare de Metz est aujourd’hui reconnue comme l’une des plus belles de France. La décoration, dans un style néo-roman très expressif, donne une impression de force et de puissance. Rien d’étonnant, puisqu’elle était censée symboliser la grandeur de l’Empire allemand, sa glorieuse histoire, sa foi dans le progrès, ses avancées sociales.

Parc de Wesserling / Husseren-Wesserling / Haut-Rhin 
En Alsace, au XVIIIe siècle, le secteur du textile est à son apogée. Pour preuve, les imposants bâtiments encore visibles de la manufacture de Wesserling. Ils abritaient des ateliers de fabrication des fameuses indiennes, des toiles de coton alors très réputées. Usines, hangars, château des patrons, maisons de maître, friche industrielle, ferme, grande chaufferie… C’est une vraie collection de monuments qui retrace, dans un vaste parc, l’histoire de l’économie locale. Elle débute en 1762, avec l’arrivée d’entrepreneurs protestants. Les ouvriers-paysans, qui travaillent en partie à domicile, rejoignent peu à peu le site de production. Des écoles, un lieu de culte, des écuries, un dispensaire, un théâtre sont construits pour eux. En 1786, la Manufacture royale de textile de Wesserling devient l’une des plus importantes de France. Aujourd’hui, c’est dans un ancien bâtiment d’impression édifié en 1819 qu’un écomusée retrace toute l’histoire de ce grand site industriel à la gestion paternaliste. 

Place Stanislas / Nancy / Meurthe-et-Moselle 
Au XVIIIsiècle, Stanislas Leszczynski, ancien roi de Pologne devenu duc de Lorraine, conçut une vaste place somptueuse pour relier la Ville-Vieille et la Ville-Neuve de Nancy. Et il fallait qu’elle le soit, puisqu’elle devait honorer son gendre, Louis XV. 106 mètres de long sur 124 mètres de large, voilà les dimensions que Stanislas Leszczynski avait prévues pour sa place. En 1752, il y posa la première pierre et, en 1755, l’inaugura. La place Stanislas est le parfait exemple du classicisme français, même si les nombreuses ferronneries, dorées à la feuille, adoucissent de leurs arabesques la rectitude des façades. L’hôtel de ville borde la place sur toute sa longueur au sud, les quatre pavillons abritent l’opéra, le Grand Hôtel de la reine et le musée des Beaux-Arts. Tandis qu’au nord se déploient les Basses Faces, les pavillons à un seul étage. La place Stanislas, aujourd’hui piétonne, forme avec deux autres places nancéiennes – les places de la Carrière et d’Alliance – un ensemble architectural du XVIIIe classé au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1983. 

 

Grand Est
Grand Est
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Hauts-de-France

Maison natale de Charles de Gaulle / Lille / Nord
Le 22 novembre 1890, Charles de Gaulle voit le jour au 9, rue Princesse à Lille dans la demeure de ses grands-parents maternels. Cette maison est le lieu de retrouvailles familiales pendant toute son enfance et sa jeunesse. Monument historique labellisé Maison des illustres, la Maison natale de Charles-de-Gaulle a fait l’objet d’une campagne de travaux de grande ampleur en 2020, qui a permis de conforter la structure de l’habitation mais aussi de la rénover complètement : décors restaurés, pièces de vie réhabilitées, jardin d’hiver restitué. La maison recrée l’ambiance d’un intérieur caractéristique de la bourgeoisie industrielle du Nord à la fin du XIXe siècle telle que Charles de Gaulle l’a connue enfant.

Château de Pierrefonds / Pierrefonds / Oise
Avec ses allures de château de princesse, Pierrefonds et ses tours à clochetons est une merveille architecturale qui a pris le meilleur du Moyen Âge et de la Renaissance. À la lisière de la forêt de Compiègne, ce bel ouvrage défensif a été construit au XVe siècle, démantelé au XVIIe siècle sur ordre de Louis XIII puis recréé au XIXe par Viollet-le-Duc pour en faire la demeure impériale de Napoléon III. Difficile de ne pas s’extasier devant la silhouette à la fois puissante et élégante de ce château, dont les huit tours dominent une forêt de hêtres. Chacune de ces tours porte le nom d’un personnage illustre, notamment Godefroy de Bouillon, Charlemagne ou encore Jules César.

Familistère de Guise / Guise / Aisne 
En 1857, un riche industriel, Jean-Baptiste Godin, acquiert en face de son usine un vaste terrain situé dans les méandres de l’Oise, du côté de Guise, et décide d’y construire un « palais social », sorte de Versailles pour tous. Ce familistère est constitué d’habitations pour ses ouvriers et leurs familles. Un endroit inspiré et adapté des théories de l’économiste philosophe utopiste Charles Fourier. Ce bâtiment social est entièrement pensé pour les ouvriers et la vie en communauté, en leur apportant les équivalents de la richesse. Il s’agit notamment d’améliorer l’hygiène et la salubrité des logements, ainsi que le confort. Toute la vie s’ordonne autour d’une grande cour intérieure, et les 500 logements, qui pouvaient accueillir plus de 2 000 habitants, étaient complétés par des écoles, une piscine, un théâtre à l’italienne, une buanderie… Si l’expérience a pris fin en 1968, le Familistère de Guise fait l’objet depuis 1998 d’un grand programme de valorisation culturelle, touristique, sociale et économique baptisé Utopia.
 

Haut-de-France
Hauts-de-France
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Île-de-France

Colonne de Juillet et Génie de la Liberté / Paris
Depuis plus de cent soixante-quinze ans, la colonne de Juillet domine de sa haute silhouette la place de la Bastille, dans l’Est parisien. En 1830, la révolution des Trois Glorieuses porte au pouvoir Louis-Philippe. Pour rendre hommage aux victimes et à leur combat, il ordonne la construction d’une colonne triomphale surmontée du Génie de la Liberté, perché à 52 mètres de haut. Deux architectes travaillent à cette réalisation : Alavoine, puis Duc. Bâtie à l’emplacement de la prison de la Bastille, la colonne de Juillet est inaugurée en 1840. Après la révolution de 1848, le trône de Louis-Philippe est brûlé au pied de la colonne et les dépouilles des émeutiers déposées dans le second caveau du monument. À la chute de Napoléon III, en 1871, durant la Commune, le monument échappe de peu à la destruction. Classée Monument historique en 1995, la colonne de Juillet devrait prochainement rouvrir à la visite. 

Propriété Caillebotte / Yerres / Essonne
En 1860, le père de Gustave Caillebotte achète cette résidence de campagne à Yerres, dans l’Essonne. Le peintre séjourne de 1860 à 1879, avec sa famille, dans cette villa néo-palladienne, aussi appelée « casin » (de l’italien, casino, maison de campagne). Dans cette maison aujourd’hui labellisée Maison des illustres, Caillebotte peint pas moins de 89 toiles. À l’intérieur, la salle à manger, le salon, la salle de billard, la chambre familiale et l’atelier d’artiste témoignent de l’art de vivre de la bourgeoisie au XIXe siècle. Le parc de 11 hectares borde la rivière Yerres et abrite la villa palladienne et les fabriques : de nombreuses constructions au style architectural varié, dont l’exèdre et ses philosophes grecs, le chalet suisse qui abritait la laiterie, la ferme ornée, l’écurie, la volière, l’orangerie, la chapelle Notre Dame du Lierre, la chaumière ou encore la glacière surmontée du kiosque oriental et le banc couvert japonais.

Château de Rambouillet / Rambouillet / Yvelines
Le château de Rambouillet doit sa renommée à la riche et giboyeuse forêt au cœur de laquelle il fut édifié. Ancienne forteresse médiévale, il est peu à peu transformé en demeure de plaisance et agrémenté d’élégants décors par ses illustres propriétaires : la famille d’Angennes, les Toulouse-Penthièvre, Louis XVI, Napoléon Ier ou encore les présidents de la République française. Au XXe siècle, le château est équipé pour accueillir les chefs d’État étrangers, confirmant son statut de haut lieu de la diplomatie. Le domaine forestier de Rambouillet ouvre également à la visite deux monuments exceptionnels : la Laiterie de la reine Marie-Antoinette et la Chaumière aux coquillages. Ces deux bâtisses ont été aménagées au XVIIIe siècle au cœur des 150 hectares de jardins historiques, classés Jardins remarquables.
 

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Île-de-France
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Normandie

Palais Bénédictine / Fécamp / Seine-Maritime
Gothique, Renaissance, romantique, Art nouveau… Les concepteurs du palais Bénédictine, édifié à Fécamp à la fin du XIXe siècle, ne se sont interdit aucune référence, livrant ainsi un fastueux palais à la gloire de la liqueur ressuscitée par Alexandre Legrand. En 1863, Alexandre Prosper Legrand, négociant en vin à Fécamp, fait la découverte d’un vieux grimoire provenant de l’abbaye bénédictine de Fécamp datant du XVIe siècle, dans la bibliothèque familiale. Il y découvre des formules médicinales dont il va s’inspirer, pour mettre au point la fameuse liqueur. Le succès est immédiat. En véritable précurseur du marketing, Alexandre Legrand décide d’ériger un palais-usine à la gloire de son breuvage. L’inauguration des nouveaux bâtiments a lieu en 1888, mais ils sont incendiés quatre ans plus tard. Qu’à cela ne tienne, l’homme d’affaires fait rebâtir un palais encore plus beau, stupéfiant d’audace et d’extravagance. Tout aussi foisonnant, l’intérieur du palais où l’on peut notamment admirer la salle des Épices, ses grandes cuves et le musée d’art sacré, parachève l’émerveillement de ses visiteurs.

Château de Falaise / Falaise / Calvados
Dans le département du Calvados, la ville de Falaise abrite l’un des châteaux les plus anciens de la région. Le château de Falaise, dit château Guillaume-le-Conquérant, est un exemple majeur de l’architecture médiévale des XIIe et XIIIe siècles. Guillaume le Conquérant, qui fut roi d’Angleterre et l’un des plus puissants monarques d’Europe, est né dans ce château en 1027. Construit sur le modèle des mottes fortifiées, le château est bâti au sommet d’un éperon rocheux. Il se compose de trois donjons et de remparts flanqués de 15 tours dominant la ville. Au fil des siècles, cette place forte, édifiée par les premiers ducs de Normandie, fut renforcée par les descendants de Guillaume le Conquérant et achevée par le roi de France Philippe II Auguste. Entre donjons-palais inspirés de l’architecture anglo-normande et tour de défense massive, des siècles d’histoire défilent sur ce site et racontent l’épopée de Guillaume le Conquérant. Abandonné au XVIIe siècle, le château de Falaise est classé aux Monuments historiques en 1840. Entièrement restauré, il offre aujourd’hui grâce à une scénographie immersive une plongée dans la réalité quotidienne des ducs et des rois du Moyen Âge.

Haras national du Pin / Le Pin-au-Haras / Orne
Dans le département de l’Orne, c’est au milieu de 1 000 hectares de prés bien verts, parfaits pour l’élevage du cheval, que fut construit le Haras du Pin en 1665. Une initiative de Colbert et Louis XIV, qui souhaitaient créer une administration des haras afin d’y élever des étalons, et de pousser les recherches sur l’amélioration des races. En 1789, le haras échappe de peu à la destruction. Il est par la suite occupé par les Prussiens en 1871, et les Allemands en 1940, et se trouve au cœur du site de la bataille de Normandie, sans avoir subi de dommage. À travers les siècles, le Haras du Pin a conservé son apparence originelle et son architecture classique du Grand Siècle. Les façades en brique rouge, les toitures en tuiles plates, les cours et jardins à la française, la grille en fer forgé, les douves à l’entrée de la cour d’honneur en fer à cheval, et l’allée appelée « avenue Louis XIV », sont classés parmi les Monuments historiques et confèrent au Haras du Pin son statut de « Versailles du cheval ». 

 

Normandie
Normandie
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Nouvelle-Aquitaine

Château des Milandes / Castelnaud-la-Chapelle / Dordogne
Dans le Périgord Noir, le château des Milandes est construit en 1489 par François de Caumont, seigneur de Castelnaud, à l’initiative de son épouse Claude de Cardaillac. Ce château à l’architecture Renaissance avec de magnifiques éléments gothiques offre un superbe panorama sur la vallée de la Dordogne. Inscrit au titre des Monuments historiques, le parc est aménagé en 1908 par Jules Vacherot, l’architecte-paysagiste en chef de la ville de Paris. Mais la résidente la plus connue du château des Milandes est sans conteste Joséphine Baker. En 1937, la chanteuse et danseuse américaine tombe sous le charme du monument aujourd’hui labellisé Maison des illustres. Elle y vit pendant trente-deux ans et y élève sa « tribu arc-en-ciel », ses douze enfants venus du monde entier qu’elle avait adoptés. La demeure de charme est aujourd’hui aménagée en musée consacré à la carrière et à la vie de Joséphine Baker.

Église Saint-Jean-Baptiste / Saint-Jean-de-Luz / Pyrénées-Atlantiques 
Dans le département des Pyrénées-Atlantiques, à Saint-Jean-de-Luz, l’église Saint-Jean-Baptiste, classée aux Monuments historiques en 1931, affiche des dimensions spectaculaires, trois étages de galeries en chêne encadrent la nef et sa voûte en carène lambrissée. L’édifice accueille un retable monumental en bois doré du XVIIe siècle. Ce chef-d’œuvre de l’art baroque occupe toute la hauteur de l’abside, où se déploie une vingtaine de statues d’apôtres et de saints populaires. Bâtie dès le XIIe siècle, plusieurs fois incendiée et reconstruite, puis agrandie dès l’époque prospère de la chasse à la baleine et du commerce des Antilles, l’église est aussi célèbre pour avoir accueilli un événement historique : le 9 juin 1660, c’est ici que fut célébré le mariage du roi de France Louis XIV avec l’infante Marie-Thérèse d’Espagne.

Tours de La Rochelle / La Rochelle / Charente-Maritime
Trois tours pour un port : il fallait bien cela pour protéger celui de La Rochelle au XIVe siècle. Grâce au commerce du sel et du vin, sa position était stratégique. Deux des tours pouvaient être reliées par une chaîne pour interdire l’entrée du port aux bateaux : la tour de la Chaîne, évidemment, et la tour Saint-Nicolas. La première servait aussi à surveiller le trafic et à percevoir droits et taxes. Elle fut aussi utilisée comme poudrière : l’explosion de 1652 la laissa éventrée durant trois siècles jusqu’à sa restauration au XXe siècle. La tour Saint-Nicolas, érigée au XIVe siècle, fit également office de prison pour les huguenots puis des marins étrangers. Quant à la tour de la Lanterne, édifiée au XVe siècle, elle multiplia les fonctions : point de contrôle et de désarmement des bateaux, phare, prison et lieu de mémoire aujourd’hui avec ses 400 graffitis laissés par les prisonniers de toutes époques. Haute de 75 mètres, elle est aussi le plus ancien phare de la côte atlantique. 
 

Nouvelle-Aquitaine
Nouvelle-Aquitaine
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Occitanie

Pont du Gard / Vers-Pont-du-Gard / Gard 
Ancré dans les gorges du Gardon, le pont du Gard est un chef-d’œuvre de l’époque antique. C’est le pont-aqueduc romain le plus élevé au monde et l’un des vestiges romains les mieux conservés. Construit au Ier siècle pour assurer la conduite d’eau d’Uzès à Nîmes, près d’un millier d’hommes ont travaillé sur ce chantier colossal, achevé en seulement cinq ans. Haut de 49 mètres et long de 490, il est le seul exemple de pont antique à trois étages encore debout. Obstrué par le calcaire, il cesse de fonctionner au VIe siècle. Au Moyen Âge, les piles du deuxième étage sont échancrées afin que l’ouvrage soit utilisé comme pont routier. Véritable témoin de l’ingéniosité romaine, ce monument inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco offre un cadre hors normes. Il fut notamment la source d’inspiration de nombreux écrivains illustres, comme Jean-Jacques Rousseau, Stendhal ou encore Rabelais, qui fit de son héros Pantagruel l’auteur de ce pont en moins de trois heures.

Château royal de Collioure / Collioure / Pyrénées-Orientales
Construit sur un rocher battu par les vagues, sur le site d’un ancien castrum romain, le château de Collioure est aménagé entre 1276 et 1344 pour accueillir la cour des rois de Majorque. Jusqu’en 1642, la forteresse sera occupée par les Espagnols, puis passera aux mains des Français. Vauban fera élever l’enceinte extérieure et les glacis. Le château, classé Monument historique en 1922, reste le dernier château fort royal médiéval en France avec le château de Vincennes. Il fut également lieu de rétention pour des centaines de réfugiés républicains espagnols, et notamment des soldats de l’armée républicaine et des membres des Brigades internationales. Aujourd’hui, propriété du conseil départemental des Pyrénées-Orientales, il est l’un des plus beaux emblèmes de Collioure, dont il domine toute la baie. 

Collégiale Saint-Pierre / La Romieu / Gers 
Au nord du département du Gers, le village de La Romieu est au départ un modeste prieuré fondé par deux moines de retour d’un pèlerinage à Rome, d’où le nom « Larroumieu » signifiant en gascon « pèlerin ». Cette fondation serait datée de 1062. Au XIVe siècle, le village prend de l’importance lorsqu’Arnaud d’Aux, haut dignitaire de la cour pontificale et enfant du pays, élève dans le village la collégiale Saint-Pierre, le cloître et le palais. Il transforme la communauté bénédictine en un collège de quatorze chanoines réguliers, dirigés par un doyen et un sous-doyen. L’église collégiale construite entre 1312 et 1318 a le plan d’une grande chapelle. Bâtie entre deux tours de 33 mètres de haut, elle n’a pas d’accès direct à la rue, car elle est fermée au peuple jusqu’à la Révolution française. L’accès à l’église se fait au travers du cloître gothique. La collégiale Saint-Pierre figure au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1998, dans le cadre de l’inscription des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. 
 

Occitanie
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Outre-mer / Martinique

Jardin de Balata / Fort-de-France / Martinique 
Le jardin de Balata est un jardin botanique situé à 10 kilomètres au nord de Fort-de-France. En 1982, Jean-Philippe Thoze, horticulteur et paysagiste, rachète la propriété de sa grand-mère laissée à l’abandon pendant dix ans. Il retombe littéralement amoureux de Balata, où il a passé une partie de son enfance, et crée progressivement ce jardin composé de plus de 3 000 espèces de plantes tropicales. Organisé autour de l’habitation familiale à l’architecture créole typique, le jardin de Balata ouvre ses portes au public en 1986. Sur ce site paradisiaque bénéficiant d’un climat tropical s’épanouissent balisiers, hibiscus, broméliacées d’Amérique du Sud, roses de porcelaine, héliconias, anthuriums, orchidées sauvages et nymphéas exotiques. Les ponts suspendus à plus de 15 mètres de hauteur aux mahoganys géants offrent une vue imprenable sur le jardin de Balata, la baie de Fort-de-France et les pitons du Carbet. 

Bibliothèque Schœlcher / Fort-de-France / Martinique
Au cœur de Fort-de-France, cette bibliothèque doit son nom à Victor Schœlcher, député puis sénateur de Martinique qui participa à la rédaction du décret d’abolition de l’esclavage de 1848. En 1883, il fait don au conseil général de la Martinique de sa bibliothèque personnelle – près de 10 000 livres et 250 partitions de musique – à condition qu’une bibliothèque publique voie le jour et soit ouverte à tous, en particulier pour l’instruction des anciens esclaves noirs. La bibliothèque Schœlcher, conçue en 1884 par l’architecte Pierre-Henri Picq, est d’abord présentée à Paris entre 1886 et 1887, démontée puis transportée par bateau et reconstruite à l’identique en Martinique. Le bâtiment se caractérise par sa charpente métallique, sa coupole de verre, ses couleurs, convoquant tour à tour influences byzantines et Art nouveau. Classé Monument historique depuis 1993, la bibliothèque Schœlcher, toujours en activité, recèle désormais près de 130 000 ouvrages et poursuit sa vocation patrimoniale. 

Maison d’Aimé Césaire / Fort-de-France / Martinique
Sur les hauteurs de Fort-de-France, dans le quartier de Redoute, le poète et homme politique Aimé Césaire a vécu dans cette maison créole du début des années 1960 jusqu’à sa mort, en 2008. Après le décès du chantre de la négritude, sa famille vend la demeure à la commune de Fort-de-France. Les pièces et les objets conservés en l’état permettent de plonger dans l’intimité du grand homme. Autant de témoignages de la simplicité dans laquelle vivait l’ancien député-maire de Fort-de-France. Le bureau et la bibliothèque de plus de 3 000 ouvrages, en cours d’inventaire, reflètent son insatiable curiosité. Le jardin et les nombreuses encyclopédies botaniques illustrent, quant à eux, l’amour d’Aimé Césaire pour la nature dans laquelle il puisait son inspiration. Classée Monument historique depuis 2014, la maison d’Aimé Césaire a obtenu le label Maison des illustres en 2019. 
 

Outre-mer / Martinique
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Pays de la Loire

Abbaye royale de Fontevraud / Fontevraud-l’Abbaye / Maine-et-Loire 
S’étendant sur 13 hectares, l’abbaye de Fontevraud est aujourd’hui l’une des plus vastes cités monastiques d’Europe. Robert d’Arbrissel fonde l’abbaye en 1101, avant d’en confier la direction à une femme, Pétronille de Chemillé, ce qui lui vaudra d’être considéré comme un précurseur du féminisme. Nécropole royale, la cité abrite encore aujourd’hui les gisants de Richard Cœur de Lion et d’Aliénor d’Aquitaine. En 1738, Louis XV lui confie ses quatre filles pour parfaire leur éducation, mais la Révolution française va donner le coup de grâce à l’abbaye et, en 1804, Napoléon la transforme en prison. Réputée pour sa rudesse, elle accueille des prisonniers jusqu’en 1963. Communards tel Auguste Blanqui, résistants puis collaborateurs comme Charles Maurras, les prisonniers politiques sont nombreux à avoir occupé ces lieux. Ouverte au public en 1985 et classée au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2000, l’abbaye de Fontevraud a désormais à cœur de faire dialoguer patrimoine, culture, art de vivre et sens de l’hospitalité.

Passage Pommeraye / Nantes / Loire-Atlantique 
Nantes, 1837. Un jeune notaire, Louis Pommeraye, propose au maire de la ville de créer dans un quartier insalubre un passage bordé de boutiques de luxe comparable à ceux qui fleurissent dans les capitales européennes. Après l’achat des parcelles et l’expropriation des résidents, il faut trois ans aux architectes Buron et Durand-Gasselin pour en assurer la réalisation. Inauguré en 1843, le passage établit une liaison entre la rue de Santeuil et la rue de la Fosse, 9,40 mètres plus bas. Sur le plan financier, cette entreprise fut pour Louis Pommeraye un terrible échec : il meurt en 1850 totalement ruiné. Sur le plan architectural, le passage est une réussite. Il est organisé sur trois niveaux autour d’un grand escalier bénéficiant d’un éclairage zénithal délivré par une grande verrière. Colonnes de pierre, réverbères au gaz, statues allégoriques représentant notamment l’industrie, les arts, l’agriculture ou encore les sciences font de ce lieu un palais du commerce. Joyau de la ville de Nantes, le passage Pommeraye est considéré comme l’un des plus remarquables passages du XIXe siècle. 

Château de Tiffauges / Tiffauges / Vendée 
Si les murs du château de Tiffauges pouvaient parler, ils auraient bien des histoires à raconter. S’étendant sur plus de 3 hectares, le château de Tiffauges, érigé à partir du XIIsiècle, est également appelé château de Barbe Bleue, en référence à Gilles de Rais. Né en 1404, il boute les Anglais hors de France avec Jeanne d’Arc. À 25 ans, il est fait maréchal de France, une distinction qui lui fait rapidement perdre pied. Le train de vie qu’il adopte dès lors mettant sérieusement à mal sa fortune personnelle, il se met en tête de trouver la pierre philosophale qui transforme le plomb en or. Pour cela, il s’adjoint les services d’un alchimiste italien qui le persuade d’utiliser des organes de jeunes enfants. Après avoir trucidé des centaines d’enfants, il est arrêté sur ordre de l’évêque de Nantes et brûlé vif en 1440. Aujourd’hui, outre l’exceptionnel conservatoire de machines de guerre médiévales qu’abrite le château, le donjon bien conservé du XIIe siècle et la chapelle accueillent spectacles et animations retraçant l’histoire de cet édifice classé Monument historique depuis 1957.

 

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Pays de la Loire
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Provence-Alpes-Côte d’Azur

Villa Kérylos / Beaulieu-sur-Mer / Alpes-Maritimes
Située sur la pointe rocheuse de la baie des Fourmis, à Beaulieu-sur-Mer, la villa Kérylos est une véritable invitation au voyage et un hommage à la civilisation grecque. Reconstitution originale d’une demeure de la Grèce antique, elle naît de la collaboration de Théodore Reinach, archéologue et homme d’État français fasciné par la civilisation grecque, avec l’architecte Emmanuel Pontremoli. Ensemble, ils bâtissent entre 1902 et 1908 la villa Kérylos sur le modèle des maisons nobles du IIe siècle avant J.-C. de l’île de Délos en Grèce. Ce joyau de la Côte d’Azur allie le luxe de la Grèce antique – architecture, décor, meubles, tissus et même vaisselle – et le confort moderne propre aux villas de la Belle Époque : le bassin est alimenté en eau par des robinets dissimulés, miroirs et bidets se cachent dans les salles de bain, tandis qu’un piano pliant réalisé par Pleyel s’efface dans un coffre en citronnier. Classée Monument historique en 1966, la villa Kérylos est aujourd’hui un lieu de référence incontournable pour la connaissance et la diffusion de la culture grecque.

Théâtre antique d’Orange / Orange / Vaucluse
Construit sous le règne d’Auguste, au Ier siècle, par les vétérans de la IIe légion de Jules César, le théâtre antique pouvait accueillir environ 9 000 personnes. Les spectateurs, répartis dans les gradins selon leur classe sociale, assistaient alors à des représentations théâtrales. Sous le règne d’Auguste, dans les grands théâtres, ce sont surtout des spectacles ludiques qui sont donnés, les plus populaires étant l’atellane – une farce d’origine étrusque – les mimes et les pantomimes. Le bâtiment fut fermé en 391, mais il fut utilisé ensuite à d’autres fins. Ainsi, au XVIe siècle, il devint le refuge des populations lors des guerres de religion. Aujourd’hui, le théâtre antique d’Orange doit sa renommée à son imposant mur de façade – 103 mètres de long et 36 mètres de haut – et à son magnifique mur de scène qui lui confère une acoustique exceptionnelle. Il est d’ailleurs devenu un haut lieu de la musique classique et de l’opéra, notamment au moment des fameuses Chorégies d’Orange.

Centre de la Vieille Charité à Marseille / Marseille / Bouches-du-Rhône
Situé dans le cœur du quartier du Panier, le Centre de la Vieille Charité a été édifié au XVIIe siècle par l’architecte marseillais Pierre Puget, pour répondre aux mesures d’enfermement prises contre les pauvres et les mendiants. Au cours de l’histoire, il a eu plusieurs fonctions : hospice pour enfants et personnes âgées à la fin du XVIIe siècle, asile, caserne militaire, logement social, jusqu’à son classement au titre des Monuments historiques en 1951, suivi de sa restauration entre 1961 et 1986. L’ensemble, construit en pierre rose et blanche, se compose de quatre ailes de bâtiments fermés sur l’extérieur et ouverts par une galerie à trois niveaux sur une cour rectangulaire intérieure. Au centre de la cour, la chapelle construite entre 1679 et 1707 avec son dôme ovoïde est un parfait exemple du pur baroque italien. Symbole de la richesse du patrimoine marseillais, le Centre de la Vieille Charité est aujourd’hui un centre scientifique et culturel de la cité phocéenne.
 

Provence-Alpes-Côte d’Azur
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