« Une autre idée du monde » : programmation spéciale Afghanistan

Soirée événement consacrée à l’Afghanistan dans « Le Monde en face » dimanche 12 septembre à partir de 20.55 sur France 5. En ouverture, « Une autre idée du monde » est un film à la première personne de Bernard-Henri Lévy, qui se veut témoin sur le terrain des guerres oubliées d’aujourd’hui. Après le débat, animé par Mélanie Taravant, suivront deux documentaires consacrés au commandant Massoud. Sur france.tv, cette programmation spéciale Afghanistan inclut deux films jeunesse.

Bernard-Henri Lévy avec les combattants de la vallée du Panshir © Madison Films

Face à ces scènes, ces images de ce que l’homme peut faire de pire à l’homme, je réponds comme je l’ai toujours fait : écrire bien sûr, témoigner sans doute, mais d’abord… y aller.

Bernard-Henri Lévy 

Bernard-Henri Lévy est retourné dans les régions du monde où jadis il accompagna des révolutions. Là où la guerre, la misère ou l’insécurité continuent de faire rage, loin des médias occidentaux, il rencontre hommes, femmes, enfants qui vivent en enfer. Ces témoignages ont constitué une série de huit reportages, publiée dans Paris-Match. Ce film de l’écrivain-reporter en est le témoignage poignant.

Les premières images sont terrifiantes. Corps par dizaines, un village endeuillé, une femme enceinte, mutilée à la machette, qui pleure son mari et ses quatre enfants… Dans cette région du Nigeria où « se livre une des guerres les plus sanglantes du XXIe siècle », Boko Haram poursuit ses massacres dans l’indifférence générale.
Dans ce film à la première personne, Bernard-Henri Lévy se place en marge de la citation de Hegel* qui promet à la philosophie un décalage perpétuel : « Et si pour une fois l’oiseau de la philosophie se levait non pas à la nuit tombée mais au point du jour, quand la partie n’est pas jouée et quand le désastre peut encore être conjuré ? Je l’espère, je le promets… »
Alors l’écrivain se remet en route et part au Rojava, le Kurdistan syrien en première ligne contre Daesh « et qu’on a honteusement laissé tomber en octobre 2019 quand Erdogan l’a envahi ». Il rencontre des prisonniers français et les enfants des combattants de Daesh, puis rejoint les combattantes kurdes sur le front : « Je m’engage à témoigner de leur indomptable courage. »
Puis BHL retourne en Ukraine, où en 2014 il prononçait un discours sur la place de Kiev en pleine fièvre. Mais, cette fois, il est sur la ligne de front, plus de deux cents kilomètres de tranchées face à l’ennemi russe, témoin d’une guerre européenne qui continue de faire des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.
En Somalie, à Mogadiscio, il marche dans les pas du mercenaire Richard Rouget qui, à la tête de sa petite société de sécurité, Bancroft, garantit la seule zone protégée dans ce pays livré au chaos. « Il faudra raconter que dans cet enfer sur terre vit une humanité délaissée presque damnée. Mais qui entendra ? »
Mais bientôt la pandémie frappe le monde. Qu’importe, BHL reprend son bâton de pèlerin et revient sur son premier théâtre de guerre : « Bangladesh : l’universel reportage exige parfois un retour à la petite patrie, quand c’est là que tout a commencé. » Il y retrouve d’anciens compagnons de route, mais rend visite aussi aux Rohingyas, dans le plus grand bidonville du monde, bientôt encore plus asphyxié par le confinement.
Celui-ci ramène l’écrivain en Europe, qui fait escale sur l’île de Lesbos, dans le camp de migrants de Moria. C’est l’endroit en Europe où le taux de suicide d’enfants est le plus élevé, et où Aube dorée a déjà brûlé une école. Le camp brûlera après son départ. « L’enfer, c’est l’enfer. On ne le répare pas, surtout quand il est comme ici, aux portes de la liberté. »
Le retour en Libye, gangrené par la guerre civile, réserve à BHL de fortes émotions lorsque son véhicule est pris dans une embuscade… Puis, en Afghanistan, il retrouve le fils du commandant Massoud : « Une des plus belles histoires de transmission qu’il m’ait été donné d’écouter. »
C’est au Kurdistan irakien qu’il termine son périple – « Ce pays où je me sens depuis trente ans un peu chez moi. » Désormais livrés à eux-mêmes, les peshmergas qui affrontent seuls les islamistes « sont plus que jamais les sentinelles de notre liberté ».

* « Ce n’est qu’au début du crépuscule que la chouette de Minerve prend son envol. »  

La première fois que j’ai vu une guerre, j’avais 22 ans et c’était au Bangladesh… Face à cette expérience-là, je suis le même : j'ai les mêmes épouvantes, le même chagrin et les mêmes illusions…

Bernard Henri-Lévy
Les combattantes kurdes dans « Une autre idée du monde »
Les combattantes kurdes dans « Une autre idée du monde ».
© Madison Films

Ce film sera suivi d’un débat animé par Mélanie Taravant 

Mélanie Taravant:Dans ce film très fort, coréalisé avec Marc Roussel, Bernard-Henri Lévy se présente comme un écrivain-reporter que l’on suit sur le terrain de théâtres de guerre parfois oubliés, des lieux où des exactions ont eu lieu, peu couverts par les médias, à la rencontre d’hommes, de femmes et d’enfants : des êtres humains malmenés par la vie dont il est encore possible de transformer le destin. On le suit au Nigeria, où il dit redouter un nouveau Rwanda, avec des images très poignantes et d’une réalité nécessaire. Ce film transpire l’urgence d’agir et de prendre conscience de ce qui se passe. C’est un reflet de son travail et un pèlerinage sur des endroits où il s’est déjà rendu. On le suit ainsi en Ukraine, en Somalie, au Kurdistan, à Lesbos dans un camp de réfugiés, au Bangladesh et en Afghanistan, où on le revoit avec le commandant Massoud, puis avec son fils. Sur le plateau, on recevra Bernard-Henri Lévy pour qu’il nous parle de sa démarche, des  conditions de réalisation, ce que ça veut dire pour lui… Nous donnerons la parole également à une personne qui va nous donner un éclairage géopolitique sur les relations internationales et le terrorisme qui agite le monde, vingt ans après le 11 Septembre, sur le lien avec l’Afghanistan, à un journaliste de terrain qui a suivi l’arrivée des talibans et nous fera revivre cette actualité, ainsi qu’à une personnalité plus transversale qui nous donnera son analyse.

Soirée spéciale Afghanistan sur France 5

20.55 Le Monde en face : Une autre idée du monde
Nigeria, Ukraine, Somalie, Grèce, Bangladesh, Kurdistan, Libye, Afghanistan… Pendant que l’Occident se confine dans la peur d’un virus inconnu, un écrivain-reporter se rend sur le terrain à la rencontre de femmes, d’hommes et d’enfants qui n’ont pas attendu la covid pour être malmenés par la vie, la guerre, l’exode, la pauvreté, la faim, et devenir les damnés de la Terre d’aujourd’hui. Tantôt reportage de guerre, tantôt témoignage sur les plus déshérités d’entre nous. Un film percutant.

Film (95 min – 2020) – Auteur-réalisateur Bernard-Henri Lévy – Coréalisation Marc Roussel – Production Madison Films (Kristina Larsen), en coproduction avec France 2 Cinéma, avec la participation de France Télévisions, Canal+ et Ciné+ 
(Film déconseillé aux moins de 12 ans)

Diffusion dans Le Monde en face, présenté par Mélanie Taravant, dimanche 12 septembre à 20.55 sur France 5
Une autre idée du monde est à voir et à revoir sur france.tv

23.10 11 Septembre, l’avertissement du commandant Massoud

« 11 septembre, l‘avertissement du commandant Massoud »
« 11 Septembre, l'avertissement du commandant Massoud ».
© Mediatika

Le 9 septembre 2001, Ahmad Chah Massoud, que l’on surnomme le « lion du Pandjchir », célèbre héros de la résistance afghane, est assassiné par deux membres d’Al-Qaida se présentant comme des journalistes. Ce tragique événement est vite mis de côté, car un autre attentat restera gravé dans les mémoires : le 11 septembre 2001, à New York. Ces deux attentats sont commandités par le même terroriste : Oussama Ben Laden. Un homme avait pourtant prédit que l’Amérique serait touchée. Du haut de ses montagnes afghanes, le commandant Massoud savait ce que préparait son célèbre adversaire. C’est à Strasbourg, au Parlement européen, et à Paris que le commandant Massoud était venu demander de l’aide afin d’empêcher la progression des talibans. Il a tenté de faire entendre sa voix, en vain. Ni l’Europe ni les États-Unis ne l’ont écouté. Le « lion du Pandjchir » réclamait aux Occidentaux d’exercer une pression à l’encontre du Pakistan, pays qui fournissait des armes, soutenait et abritait des talibans. Sa parole est passée sous silence, car très compromettante pour les affaires françaises : le Pakistan constituait alors le quatrième client en armement de la France. 

Documentaire(inédit - 52 min) – Auteurs Françoise Causse et Nicolas Jallot – Réalisation Nicolas Jallot – Production Mediatika, avec la participation de France Télévisions 

00.05 Massoud l’Afghan 
Après avoir contribué à forger la légende du « lion du Pandjchir » avec son premier film, Une vallée contre un empire, Christophe de Ponfilly s’est lié d’amitié avec le commandant Massoud. En 1997, il retourne en Afghanistan afin de le retrouver dans son nouveau maquis. Dans ce documentaire de référence, Christophe de Ponfilly filme cette figure charismatique de la résistance afghane lors des préparatifs de son offensive contre les talibans. Il nous livre ainsi le portrait fascinant d’un chef de guerre à l’heure de sa dernière bataille. Le commandant Massoud a été assassiné par Al-Qaida le 9 septembre 2001, deux jours avant les attentats du World Trade Center de New York.

Documentaire (rediffusion – 90 min) – Réalisation Christophe de Ponfilly – Production La Sept Arte et Interscoop

11 Septembre, l’avertissement du commandant Massoud et Massoud l’Afghan sont à voir et à revoir sur france.tv

Sur france.tv à partir du dimanche 12 septembre 

Parvana, une enfance dans l’Afghanistan
En Afghanistan, sous le régime taliban, Parvana, 11 ans, grandit à Kaboul ravagée par la guerre. Elle aime écouter les histoires que lui raconte son père, lecteur et écrivain public. Mais, un jour, il est arrêté et la vie de Parvana bascule à jamais. Car sans être accompagnée d’un homme, on ne peut plus travailler, rapporter de l’argent ni même acheter de la nourriture. Parvana décide alors de se couper les cheveux et de se travestir en garçon afin de venir en aide à sa famille. Risquant à tout moment d’être démasquée, elle reste déterminée à trouver un moyen de sauver son père. Parvana est un conte merveilleux sur l’émancipation des femmes et l’imagination face à l’oppression.

Film d’animation (93 min) – Réalisation Nora Twomey – Scénario Anita Doron – D’après le roman de Deborah Ellis – Production Aircraft Pictures, Cartoon Saloon et Mélusine Productions

Le Cahier

Sous les anciennes statues géantes de bouddhas détruites par les talibans, des milliers de familles tentent de survivre dans des grottes. Baktay, une petite fille de 6 ans, entend toute la journée son petit voisin réciter l’alphabet. Elle se met alors en tête d’aller à l’école, quitte à braver tous les dangers.

Film (2008) – Réalisation Hana Makhmalbaf – Scénario Marziyeh Meshkini – Production Wild Bunch et Makhmalbaf Film House 

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