« Teddy » : dans l’intimité du sportif préféré des Français

Resté invaincu pendant près de dix ans, Teddy Riner est le plus grand judoka de tous les temps. Rassurez-vous, vous n'aurez pas à affronter ce décuple champion du monde et double champion olympique, mais simplement à le suivre dans son quotidien, sportif et familial. En attendant les prochains J.O., repoussés d’un an pour cause de coronavirus, installez-vous confortablement autour du tatami pour suivre ce documentaire intimiste diffusé lundi en prime time sur France 3. Hajime !

Teddy Riner s'entraînant (corde à sauter)
Teddy Riner © France.tv studio / Coproduction Riner Judo Production

Il n'a rien du colosse aux pieds d'argile. Bien au contraire. Son agilité et sa rapidité font craindre à ses adversaires une chute sur le dos, synonyme de ippon. Il est comme ça, Teddy Riner. Du haut de ses 2,04 mètres, il ne fait pas dans la demi-mesure. Il aime que cela aille vite. Du moins, il en était ainsi jusqu'à ce qu'il mette sa carrière en veille après les Championnats du monde toutes catégories de 2017. Une pause de un an jugée nécessaire par cet athlète de haut niveau qui, alors âgé de 28 ans, avait déjà décroché par deux fois l'or au Jeux olympiques, s'était imposé à dix reprises sur le tatami des Mondiaux et avait été honoré cinq fois du titre européen dans la catégorie des plus de 100 kg.

Cette coupure m'a permis de me retrouver, d'aérer mon esprit, de profiter un petit peu, de partir en vacances. Voir le monde, j'adore ça. J'ai passé du temps avec mes grands-parents. Et puis, on ne sait jamais de quoi demain sera fait. Je suis content d'avoir pris le temps... pour une fois depuis mes 14 ans.

Teddy Riner, judoka
Teddy Riner et son fils Eden
Teddy Riner et son fils Eden
France.tv studio / Coproduction Riner Judo Production

Benoît Durand, Brice Baubit et Laurent Lefebvre ont filmé ce retour en salle, sur tatamis, en France et à l'étranger, aux côtés de ses entraîneurs, lors de ses engagements caritatifs, de sponsoring ou dans l'intimité familiale. 
Comme tout athlète qui interrompt ses entraînements sur une aussi longue période, la reprise fut difficile. À l'heure de gravir en vélo le col de l'Espigoulier, en novembre 2018, le judoka est à la peine. Pour son préparateur physique, Yann Morisseau, l'idée est de lui faire détester d'être gros afin qu'il perde au plus vite sa vingtaine de kilos en trop. Et, pour y parvenir, il enchaîne les difficultés : les côtes à franchir, les marches à gravir, les poids à soulever, les tractions à tenir, les pompes à enchaîner... Des heures passées à se surpasser. Avec, en ligne de mire, le rêve de remporter une troisième médaille d'or aux J.O. de Tokyo, à l'été 2020. Soit décrocher le saint Graal dans le temple du judo. Ce serait une belle revanche sur la finale perdue des Championnats du monde toutes catégories disputées à Tokyo en 2010. Invaincu depuis cette date, il sait qu'il est l'homme à battre. « Quand tu es sur le toit du monde, explique l'ancien judoka David Douillet, le plus dur, c'est d'y rester. » Encore faut-il en avoir les capacités. Teddy Riner est de ceux-là. Mais, en cette année 2019, ses déplacements sont laborieux. Il a besoin d'un peu plus de temps avant de faire chuter ses adversaires. Il le sent ; eux le voient. Il se blesse. Interrompt entraînements et compétitions. Profite de sa famille et de ses amis.
À son retour, il réussit pourtant à rester maître du tatami. Puisant dans ses dernières ressources pour y parvenir. Avant de trébucher ce 9 février dernier en finale du Tournoi de Paris. Il vit cette défaite comme un soulagement. Le voici délesté d'un poids sur ses épaules. « Le patron » est redevenu l'outsider – et cette idée lui plaît.
Depuis, son objectif reste inchangé. Si l'annonce du report des Jeux a pu le faire douter, il a suffi de quelques mots de Luthna Plocus, sa compagne, pour le rebooster. Même le confinement n'a pas eu raison de sa détermination. Il s'est entraîné sans relâche, a retrouvé son poids de forme et a plus que jamais soif de combats et de victoires. Demain, lorsque les compétitions reprendront, famille et équipe technique seront de nouveau présentes pour le soutenir et l'acclamer. Avec parfois la boule au ventre, mais n'allez pas le lui répéter. Lui, quand il est stressé et qu'il ne dort pas, il regarde des vidéo de combats. Judoka un jour, judoka toujours !

Teddy et son staff

Teddy Riner leur doit beaucoup. Ils sont, au même titre que sa famille et sa psychologue, les piliers de sa réussite.
• Nico Kanning (partenaire sportif) : « Nico, c'est mon ombre. Je lui dois autant qu'à mes entraîneurs. Il a sa part de responsabilité dans chacune de mes victoires. »
• Yann Morisseau (préparateur physique) : « Vous savez, dans une formule 1, il y a un technicien qui fait qu'elle va pouvoir faire une pointe à 340, 400 [km/h]. Yann, c'est cette personne-là. »
• Franck Chambilly (entraîneur) : « Franck, c'est de l'amour avant tout. C'est mon gars, mon pote, mon fréro. C'est mon père. D'une manière générale, c'est l'architecte. »
• Laurent Calleja (entraîneur personnel) : « Laurent, c'est l'ingénieur qui met tout en place, qui fait que Franck, Yann, mes opérations extérieures, tout cela fonctionne. C'est avant tout de la confiance. On se surpasse ensemble, on est ensemble. On y va ensemble. »  

Il est énormément sollicité. Teddy a plusieurs planifications. Il y a sa vie personnelle, il y a son business et il y a son judo.

C'est difficile à gérer parce que tu sais qu'il s'est aussi construit grâce à cela. Tu sais que s'il est capable de se donner trois à quatre heures d'entraînement par jour, c'est parce que dans sa vie il est excité par tout ce qui se passe au quotidien. Il fait plein de choses super intéressantes. Donc cet équilibre est super important. Si demain tu dis à Teddy : « Maintenant c'est que du judo pendant six mois. Tu arrêtes le business, tes rendez-vous, etc. ». Tu lui dis cela, mais il meurt à petit feu. Il va plonger, c'est sûr que le judo va plonger.

Laurent Calleja, entraîneur personnel

 Teddy

Documentaire (90 min) - 2020 - Réalisation Benoît Durand, Brice Baubit et Laurent Lefebvre - Musique Senbeî - Production France.tv studio - Coproduction Riner Judo Production - Avec la participation de France Télévisions
Détenteur de dix titres de champion du monde dans sa catégorie et double champion olympique, Teddy Riner rêve d'ajouter une troisième médaille d'or à son palmarès lors de ces Jeux reportés à 2021. Pendant plus d'un an et demi (de fin novembre 2018 à juin 2020), une équipe de France Télévisions a suivi le judoka. Le sportif préféré des Français s'est laissé filmer au quotidien, en partageant sans tabou ses joies, ses doutes et ses failles. Découvrez un Teddy Riner comme vous ne l'avez jamais vu.

Teddy est diffusé lundi 20 juillet à 21.05 sur France 3.
À voir et à revoir sur france.tv
 

Publié le 17 juillet 2020
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