« Symphonissime » par Yvan Cassar

Après le succès du premier numéro, « Symphonissime, les plus belles chansons en version symphonique » est de retour sur France 2. Samedi 13 mars à 21.05. 
 

Symphonissime
© Denoual Coatleven

Symphonissime, c’est quoi ?
Yvan Cassar : Une soirée exceptionnelle présentée par Stéphane Bern qui réunit, sur la scène du Théâtre du Châtelet, les plus grands artistes de la chanson française, accompagnés d’un orchestre symphonique. Ça faisait longtemps que je souhaitais proposer ce type d’émission, alliant musique pop et symphonique, dans la grande tradition de la « variété symphonique ». Qu’il s’agisse du dernier single d’un artiste ou d’un classique, chaque chanson a été spécialement réarrangée et adaptée pour l’occasion. C’est l’orchestration symphonique qui fait le lien entre elles, qui constitue le fil rouge de la soirée.

Une soirée « exceptionnelle » à plus d’un titre, en cette période où la crise sanitaire nous prive des salles de concerts… 
Y. C. : Oui, il a fallu relever le défi du respect des règles sanitaires et de la distanciation sociale. Mais, en même temps, dans ce contexte, l’enregistrement de l’émission a été comme une bouffée d’air pur, une véritable petite bulle… Musiciens, artistes, techniciens, mais aussi spectateurs étaient tellement heureux de se retrouver ! L’expérience nous a dépassés. Elle a dépassé le cadre strict d’un tournage d’émission de télévision… Quand on joue en live, qui plus est avec de tels artistes, il y a toujours quelque chose de suspendu, un équilibre qui se tisse, fragile et magique – ce qui fait que j’aime tant mon métier. Mais là, la situation a décuplé cette sensation. C’était encore plus fort que ce que le projet pouvait, au départ, laisser supposer. Quand Vianney a repris, pour la première édition, Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai de Francis Cabrel, avec ces nappes de cordes qui le soutiennent, son bonheur est tellement communicatif !

Comment s’est fait le choix des artistes et des titres qu’ils interprètent ?
Y. C. : La chance de cette période, si je puis dire, c’est que les artistes n’étant pas en tournée, nous avons pu constituer un plateau magnifique, très varié et multigénérationnel, qui nous a permis de traverser et revisiter tous les styles, du jazz à la comédie musicale, du rock à la variété française, etc. Le choix des chansons était vertigineux ! Il s’est fait en concertation avec les artistes, en fonction d’envies communes, mais aussi de petits défis qu’on a pu se lancer mutuellement. Il y a eu comme ça de nombreuses et belles surprises, avec cette sensation, pour chacun, de partager un moment unique.

Yvan Cassar
Yvan Cassar.
© Delphine Ghosarossian / FTV

En tant qu’arrangeur, notamment pour Johnny Hallyday, Roberto Alagna ou Florent Pagny, vous œuvrez depuis longtemps à la croisée de la musique symphonique et de la variété…
Y. C. : Ça fait vingt ans que je dis que l’orchestre est vecteur de modernité. On entend tous les jours de la musique symphonique – ne serait-ce que dans les BO de nos films préférés – sans pour autant nous en rendre compte. Mais, bizarrement, on a encore tendance à la considérer comme quelque chose de ringard (avec ce cliché des cordes sirupeuses) ou, au contraire, comme un plaisir qui ne serait réservé qu’à une élite qui se rend à l’opéra. Alors que l’orchestre, pour moi, c’est l’instrument ultime ! On peut passer d’un pianissimo intimiste à un puissant fortissimo qui vaut toutes les guitares électriques du rock ! L’orchestre est, en ce sens, parfaitement adapté à la chanson. D’abord, au moment de l’arrangement, puisqu’il offre toute une gamme de couleurs, d’éclairages et de nuances. Ensuite, pendant l’interprétation elle-même, car les musiciens sont à l’écoute, savent se fondre dans la dynamique du morceau. Un tapis de cordes qui vient embrasser la voix d’un chanteur, c’est bouleversant… 

Vos réarrangements ne sont pas une simple transposition symphonique des morceaux, mais une véritable réinterprétation. Comment les artistes ont-ils réagi à vos propositions, notamment pour leurs propres titres ?
Y. C. : Je trouvais assez excitant de chercher à les déstabiliser… Mais, après tout, une bonne chanson, c’est d’abord un bon texte, une bonne mélodie et une bonne interprétation. Mes réarrangements ne changent rien à cet ADN. Ils se contentent d’offrir un éclairage différent, d’interpeller, de susciter une nouvelle écoute… Et je pense que les téléspectateurs vont prendre beaucoup de plaisir à redécouvrir ainsi certains titres.

Un mot sur l’OD’YC, l’orchestre qui vous accompagne ? 
Y. C. : J’avais en tête, depuis longtemps, de former mon propre orchestre, de m’entourer bien sûr de musiciens de haut niveau, mais aussi et avant tout de personnes, de personnalités, qui seraient prêtes à me suivre, avec lesquelles on partage un même état d’esprit. Vu le contexte sanitaire, les conditions d’enregistrement n’étaient pas évidentes (un musicien par pupitre, distanciation qui nous éloignait les uns des autres, etc.). Heureusement que j’ai pu compter sur eux ! Un orchestre, c’est tout de même soixante personnes : une vraie petite ville ! Au-delà des qualités musicales et de la polyvalence (indispensable pour ce type de projet), ce qui compte, c’est l’entente, cette sorte d’osmose qui fait que l’on va pouvoir créer ensemble quelque chose de magique.

Patrick
Patrick Fiori et Florent Pagny.
© Delphine Ghosarossian / FTV

Symphonissime

Divertissement. Enregistré au Théâtre du Châtelet. Maître de cérémonie Stéphane Bern. Réalisation Julien Faustino avec Julien Bloch - Direction musicale Yvan Cassar - Production Morgane Production.
Avec Patrick Fiori, Bénabar, Calogero, Passi, Pomme, Cali, Vianney, Pascal Obispo, Florent Pagny, Neïma Naouri, Kimberose, Louane, Julien Doré, Olivia Ruiz, Vincent Niclo, Carla Bruni, Natasha St-Pier, Imany, Jane Birkin, Salvatore Adamo, Gaëtan Roussel, Philippe Jaroussky, Hugh Coltman, Natalie Dessay...

Symphonissime est à voir et revoir sur france.tv

 

Publié le 21 janvier 2021
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